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    Loi spéciale: le chef du Bureau de lutte au crime organisé décroche

    21 février 2011 07h55 |La Presse canadienne | Justice
    L'adoption prévue ce lundi par le gouvernement Charest d'une loi spéciale qui forcera le retour au travail des quelque 1500 procureurs et juristes de l'État incite le Procureur en chef du Bureau de lutte au crime organisé (BLACO), Claude Chartrand, à demander à être relevé de ces fonctions qu'il occupe depuis cinq ans.

    Dans une note dont La Presse Canadienne a pris connaissance, Me Chartrand écrit au directeur du Bureau des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Louis Dionne, que le manque de ressources et la grogne ressentie par les procureurs mettent en péril non seulement le BLACO et toute l'institution que Me Dionne dirige, mais aussi la lutte au crime organisé en tant que telle.
     
    Claude Chartrand, un procureur comptant 32 ans d'expérience, signale que pour bien mener la lutte aux bandes criminelles, des procureurs dédiés se sont largement investis dans leur travail et que pour eux, la loi spéciale sera une gifle qui minera leur vigueur à la tâche.
     
    Entre-temps, Claude Chartrand se dit impuissant à combler les 16 postes disponibles requis par l'opération anti-motards SharQC, n'en ayant recruté que 10 jusqu'ici alors qu'aucune candidature ne s'annonce. Pendant ce temps, rappelle-t-il, la défense se compose d'une armada d'une soixantaine d'avocats, dont plusieurs étant parmi les plus chevronnés de la profession.
     
    Une chance inespérée pour les Hells

    À son avis, les 155 membres ou sympathisants des Hells Angels visés par des procédures criminelles voient en cette loi spéciale une chance inespérée de se tirer d'affaire.
     
    Le procureur en chef du BLACO rappelle que le Québec a été la première province canadienne à se doter d'une équipe spécialisée de lutte au crime organisé, ce qui a encouragé d'autres provinces à emboîter le pas en partageant leurs efforts avec le gouvernement du Canada. Devant l'état lamentable des ressources au Québec, Claude Chartrand recommande à Louis Dionne de laisser aux services des poursuites fédérales le soin de faire la lutte au crime organisé.
     
    Me Chartrand reconnaît ne pas avoir le courage d'assister à la déconfiture et il demande à Louis Dionne de lui confier des tâches de procureur afin qu'il entreprenne les démarches appropriées pour hâter sa retraite.
     
    Le Bureau de lutte au crime organisé a été créé à l'automne 2000 pour faire face au problème grandissant des organisations criminelles. Il concentre la quasi-totalité de l'expertise pour intenter les poursuites et conduire les procédures. Les procureurs sous les ordres de Claude Chartrand agissent aussi comme conseillers spécialisés auprès d'autres procureurs et de services policiers sur la lutte au crime organisé et sur l'application des dispositions sur le gangstérisme.












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