lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Écosociété réclame le rejet de la poursuite de Barrick Gold

L'éditeur de Noir Canada juge abusive l'action en justice de la minière canadienne

Alexandre Shields   9 décembre 2010  Justice



Poursuivis pour six millions de dollars par la minière Barrick Gold, les éditions Écosociété et les auteurs du livre Noir Canada demandent maintenant à la Cour supérieure du Québec de déclarer abusive l'action en justice intentée par la plus grosse société aurifère du globe et d'ordonner son rejet.

La requête présentée cette semaine fait valoir que la poursuite de la multinationale constitue «une procédure manifestement mal fondée, frivole et dilatoire, et qu'elle a pour effet de limiter la liberté d'expression des défendeurs dans le contexte de débats publics».

On fait notamment valoir que Barrick «n'a subi aucun dommage à sa réputation suite à la publication de Noir Canada» et que la somme réclamée en dommages-intérêts est «absolument exagérée compte tenu des paramètres établis par la loi et la jurisprudence». La requête se base sur les nouvelles dispositions au Code de procédure civile adoptées l'an dernier pour mettre un frein aux poursuites-bâillons.

Reste à savoir si la Cour acceptera d'entendre la requête. Barrick Gold — qui a dégagé des profits records de 837 millions de dollars au troisième trimestre de 2010 — devrait aussi la contester, selon ce qu'a dit hier l'avocat des auteurs, Me Normand Tamaro. Le procès en tant que tel doit débuter en septembre 2011. Il devrait s'étendre sur 40 jours d'audiences et les auteurs du livre affirment ne pas avoir les ressources nécessaires pour y faire face.

Toute cette saga judiciaire a débuté en 2008, à la suite de la publication du livre Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique. Cet ouvrage fait état de nombreux abus qu'auraient commis des sociétés minières canadiennes en Afrique. Écosociété estime qu'il s'agit en fait d'un «essai critique qui rend compte de questions d'intérêt public».

L'éditeur et les auteurs sont également poursuivis pour cinq millions de dollars devant les tribunaux ontariens. Les tentatives pour faire rapatrier la cause au Québec ont jusqu'ici échoué. À peine 80 exemplaires ont été distribués en Ontario.

Les auteurs et la petite maison d'édition ont reçu de nombreux appuis depuis le début des procédures. Des professeurs universitaires signent également une lettre aujourd'hui dans Le Devoir, en page A 7, en appui à leur requête de rejet.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    9 décembre 2010 07 h 19
    Des chiens de Pavlov ou des êtres libres ?
    Dans la saga de cette poursuite totalement abusive, c'est rien de moins que la liberté d'expression qui est mise en cause. Auprès d'une compagnie qui dégage des PROFITS de presque un milliard de dollars en aussi peu de temps que trois mois, le seul langage qui puisse être entendu, c'est celui de l'argent et il adonne que cette fois, beaucoup d'entre nous avons le pouvoir d'agir... pour peu qu'on s'en donne la peine. Voici comment.

    Ma Caisse populaire m'a récemment contacté pour revoir le dossier de mon REER, conformément à une nouvelle loi qui les oblige à le faire. Mon REER était dans un fonds mutuel Desjardins, mais j'aurais pu faire la même démarche auprès d'une banque. J'ai donc demandé à la conseillère de vérifier si mon fonds de placement avait des investissements dans Barrick Gold, ce qui était effectivement le cas. La vérification a pris à peine trois minutes. J'ai demandé à ce que mon REER soit placé dans un autre fonds, tout aussi rentable (enfin, c'est un grand mot...). Ce qui fut fait en quelques minutes en signant deux ou trois papiers.

    Et voilà. Bien sûr, il faut se donner la peine de le faire. Si on le le fait pas, si on baisse toujours les bras, si on laisse tout aller, si on devient totalement indifférent, si on perd la capacité de s'indigner et d'AGIR, en quelque part c'est notre liberté et notre libre-arbitre qu'on abandonne pour ne laisser place qu'aux comportements conditionnés que nous inculque cette société de consommation.

    Sommes-nous devenus des chiens de Pavlov ou sommes-nous toujours des êtres libres ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guylaine Vezina - Inscrit
    9 décembre 2010 09 h 14
    Écosociété et Wikileaks, même combat!
    Barrick Gold contre Écosociété; nos "démocraties" contre Wikileaks.
    Écosociété et Wikileaks rapportent des faits de sources crédibles qui visent à informer la population sur les dessous de notre système. Ils sont tous deux ligottés, étouffés, salis, etc.
    Bush et Blair déclarent la guerre à l'Irak (au moins 1 million de morts et de déplacés) sous de fausses allégations et ... on publie leur livre!
    Les citoyens exigent de leur gouvernement l'abolition des poursuites-baîllons, ils ont des miettes!
    Les citoyens exigent de leur gouvernement l'abolition des paradis fiscaux. "Logistiquement impossible", leur répond-on. Pourtant, en un très court laps de temps, les sources de financement (Paypall, Visa, Master Card, comptes de banque suisse et islandais) et de publication (Amazon) de Wikileaks disparaissent une après l'autre!
    Plus je me sens lésée, plus j'agis!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    9 décembre 2010 09 h 32
    Du despotisme pour bien faire
    Vous avez sûrement bien raison monsieur Vaillancourt, sauf ce petit ton un peu despote qui semble vous faire mépriser d'avance les gens qui ne feront pas comme vous. Pourquoi ce supplément moralisateur? Vous dites les mesures que vous avez prises, bien; vous suggérez de faire comme vous, d'accord. Mais pas nécessaire d'accabler, médecine que les chiens de Pavlov ont bien suffisamment goûtée. Et puis, qui l'eut cru, il y a peut-être moyen de faire encore mieux que vous, c'est-à-dire par exemple, n'investir nulle part et partager tous ses sous...pourquoi pas?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • 54lili - Inscrit
    9 décembre 2010 10 h 20
    @M.Vaillancourt
    Absolument..dernièrement j'ai transféré mon fond de pension dans une banque en m'assurant que le siège social était bien au Québec.

    Mon erreur a été d'oublier de demander si cette banque avait une filiale dans les paradis fiscaux, j'ai donc vérifié, malheureusement c'est le cas, pas moyen d'y échapper.

    Par contre, la transaction doit se terminer en janvier, à savoir ou serait investi ces fonds. Cette fois, je n'oublierai pas de voir à investir dans des fonds éthiques, quitte à perdre un peu sur le rendement.

    Chaque action citoyenne compte pour nuire au capitalisme sauvage.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sanzalure Sanzalure - Inscrit
    9 décembre 2010 10 h 26
    Culture préhistorique
    Les compagnies minières n'ont pas évolué semble-t-il. Elles continuent de vivre comme à l'époque du Far West, de la ruée vers l'or, où tous les coups étaient permis pour tirer un profit.

    Les Éditions Écosociété ont osé publier un livre qui critiquait leur comportement abusif. Et les compagnies minières ont réagi de façon exagérée pour faire taire à jamais les Éditions Écosociété et faire peur à toutes les personnes qui voudraient les critiquer à l'avenir.

    C'est finalement le même combat que pour Wikileaks.

    Moi, je ne baisserai pas les bras. Et je souhaite que le reste de la population comprenne assez rapidement qu'il y va de son intérêt de soutenir les initiatives des groupes comme Écosociété et Wikileaks qui font quelque chose pour que sorte la vérité.

    Car si les corporations et les gouvernements réussissent à fermer Wikileaks et Écosociété, ça va être de très mauvais augure pour toutes les autres initiatives du genre. Et après, une fois qu'il ne restera plus personne pour critiquer les puissants de ce monde, la population ne pourra s'en prendre qu'à elle-même pour la misère qui lui tombera dessus.

    Serge Grenier
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    9 décembre 2010 23 h 22
    Despotisme, vraiment ?
    Le despote est celui qui exerce une autorité tyrannique. Pour être un despote, il faut un pouvoir que je n'ai pas.

    Si mon texte semblait méprisant, là n'était pas mon intention. Peut-être aurais-je dû ajouter la conjonction OU entre chacun des éléments de l'énumération qui vous a choquée : « ... si on baisse toujours les bras, OU si on laisse tout aller, OU si on devient totalement indifférent, OU si on perd la capacité de s'indigner OU d'AGIR, en quelque part c'est notre liberté et notre libre-arbitre qu'on abandonne pour ne laisser place qu'aux comportements conditionnés que nous inculque cette société de consommation.»

    Quant aux chiens de Pavlov, l'image a pu vous déranger mais je la maintiens. Nous sommes tous, à différents degrés, conditionnés à vivre de manière individualiste, à travailler toujours plus pour acquérir un plus grand pouvoir de consommation, à adhérer au système sans le remettre en question, car c'est ainsi que notre système économique se maintient. Sinon, si nous n'étions pas tous devenus pour ainsi dire insensibles à ce qui se passe autour de nous, comment pourrions accepter la situation en Haïti, en Afrique sub-saharienne et j'en passe ?

    Il nous manque un Pierre Bourgault qui saurait nous brasser la cage et nous faire réaliser, avec une logique implacable et une éloquence hors du commun, qu'il faut au moins que nous gardions la capacité de nous indigner, à tout le moins la capacité de nommer notre indignation, c'est là un minimum. Ce n'est qu'à partir du moment où nous nommons notre indignation que nous pouvons passez à l'étape suivante, en parler à l'autre devant nous, et éventuellement poser d'autres gestes. En nommant notre indignation, nous n'adhérons pas totalement à ce qui se passe et nous participons à la recherche d'un changement.

    Mais c'est peut-être un Michel Chartrand qu'il nous manque. Baveux, intempestif, choquant, déstabilisant, dérangeant, révolté, parfois mépr
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Vaillancourt - Abonné
    10 décembre 2010 06 h 16
    Despotisme, vraiment ? / la fin
    ...

    Mais c'est peut-être un Michel Chartrand qu'il nous manque. Baveux, intempestif, choquant, déstabilisant, dérangeant, révolté, parfois méprisant.

    Mais toujours intègre.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Isabelle Robillard - Inscrite
    12 décembre 2010 00 h 12
    Avoir la conscience en paix: ça n'a pas de prix
    C'est très bien de vouloir faire le ménage de son REER! Mais il ne faut pas se contenter de le faire de façon expéditive et superficielle.

    De se débarasser de Barrick Gold, c'est déjà un bon début. Mais il ne faut pas se contenter d'aussi peu. Si cette importante compagnie aurifère est corrompue, dites vous bien qu'elle ne doit pas être la seule. Si le ménage vous tient vraiment à coeur, il serait préférable de ne pas prendre de chance et de s'assurer de ne détenir aucune compagnie qui touche de près ou de loin à l'or. Là, on pourrait commencer à parler d'une étape significative de franchie.

    Sauf que, une fois le ménage si bien entamé, que faire de l'or noir? Autre secteur souillé par la convoitise qui mène irrémédiablement à la corruption, la guerre, la destruction de notre chère planète? Comment ne pas suffoquer à la pensée que nos économies servent à nourrir cette immonde bête. Allez, un peu de courage et débarassez-vous de ses scabreux investissements que représente le secteur pétrolier.

    Ensuite, ce sera au tour des banques et des compagnies d'assurances puisque celles-ci s'abreuvent à ces infâmes mamelles pour s'enrichir!

    Avoir la conscience en paix à un prix: il faut être prêt à bien se nettoyer (ou devrais-je dire laver?) notre fond d'investissement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
6 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012