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    Écosociété réclame le rejet de la poursuite de Barrick Gold

    L'éditeur de Noir Canada juge abusive l'action en justice de la minière canadienne

    9 décembre 2010 |Alexandre Shields | Justice
    Poursuivis pour six millions de dollars par la minière Barrick Gold, les éditions Écosociété et les auteurs du livre Noir Canada demandent maintenant à la Cour supérieure du Québec de déclarer abusive l'action en justice intentée par la plus grosse société aurifère du globe et d'ordonner son rejet.

    La requête présentée cette semaine fait valoir que la poursuite de la multinationale constitue «une procédure manifestement mal fondée, frivole et dilatoire, et qu'elle a pour effet de limiter la liberté d'expression des défendeurs dans le contexte de débats publics».

    On fait notamment valoir que Barrick «n'a subi aucun dommage à sa réputation suite à la publication de Noir Canada» et que la somme réclamée en dommages-intérêts est «absolument exagérée compte tenu des paramètres établis par la loi et la jurisprudence». La requête se base sur les nouvelles dispositions au Code de procédure civile adoptées l'an dernier pour mettre un frein aux poursuites-bâillons.

    Reste à savoir si la Cour acceptera d'entendre la requête. Barrick Gold — qui a dégagé des profits records de 837 millions de dollars au troisième trimestre de 2010 — devrait aussi la contester, selon ce qu'a dit hier l'avocat des auteurs, Me Normand Tamaro. Le procès en tant que tel doit débuter en septembre 2011. Il devrait s'étendre sur 40 jours d'audiences et les auteurs du livre affirment ne pas avoir les ressources nécessaires pour y faire face.

    Toute cette saga judiciaire a débuté en 2008, à la suite de la publication du livre Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique. Cet ouvrage fait état de nombreux abus qu'auraient commis des sociétés minières canadiennes en Afrique. Écosociété estime qu'il s'agit en fait d'un «essai critique qui rend compte de questions d'intérêt public».

    L'éditeur et les auteurs sont également poursuivis pour cinq millions de dollars devant les tribunaux ontariens. Les tentatives pour faire rapatrier la cause au Québec ont jusqu'ici échoué. À peine 80 exemplaires ont été distribués en Ontario.

    Les auteurs et la petite maison d'édition ont reçu de nombreux appuis depuis le début des procédures. Des professeurs universitaires signent également une lettre aujourd'hui dans Le Devoir, en page A 7, en appui à leur requête de rejet.












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