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    Fusillade dans le Vieux-Montréal - Ducarme Joseph a-t-il cherché vengeance après l'attentat?

    La cible imperturbable a été vue avec un tueur à gages dans l'heure suivant les événements

    23 mars 2010 |Brian Myles | Justice
    Une heure après avoir échappé à la fusillade du 18 mars dernier, dans le Vieux-Montréal, Ducarme Joseph arpentait son quartier d'origine, Saint-Michel, à la recherche d'un tueur à gages. Vengeance planifiée?

    Dépeint par un enquêteur comme «l'un, sinon le plus influent membre de gang de rue à Montréal», Joseph a affiché un calme et un flegme surprenants, dans les heures suivant cette fusillade qui a coûté la vie à deux membres de sa garde rapprochée, Peter Christopoulos, 27 ans, et Jean Gaston, 60 ans (deux autres personnes ont été blessées).

    À en juger par le récit des événements fourni à la Cour par les policiers, hier, Ducarme Joseph connaît parfaitement l'identité des tueurs qui l'ont pris pour cible. Une heure après qu'il eut trompé la mort, un policier et un informateur l'ont vu en compagnie d'un tueur à gages au surnom explicite de «Gunman», à Saint-Michel.

    L'enquêteur Pascal Leclerc, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a interrogé Joseph dans la soirée. Le caïd s'est montré «complètement indifférent» face à cet attentat qui a coûté la vie à deux de ses hommes de main; une fusillade au cours de laquelle une cinquantaine de projectiles ont été tirés sans qu'il soit atteint. «Il se sent un peu intouchable», a témoigné M. Leclerc, hier lors de l'enquête pour remise en liberté de Joseph.

    À force de convoiter de nouveaux territoires de vente de drogue, Joseph s'est fait des ennemis chez les gangs, la mafia et les motards. Les policiers l'ont averti à trois reprises que sa tête était mise à prix dans les dix dernières années. À l'instar de nombreux membres de gangs de rue, Joseph porte sur lui des amulettes censées le protéger d'un destin funeste. «Il croit au rituel vaudou, à la protection divine», a témoigné hier Jean-Claude Gauthier, un spécialiste des gangs de rue au sein du SPVM.


    La riposte

    Le lendemain de la fusillade, Joseph a repris ses activités, sans se douter qu'il faisait l'objet d'une filature. Il a déjeuné en compagnie de Dutroy Charlotin et Stevenson Fleurant, deux individus qu'il n'avait pas le droit de fréquenter. Les trois présumés complices sont accusés d'agression armée sur un portier du restaurant Buona Notte.

    L'escouade tactique du SPVM a finalement procédé à l'arrestation du trio après que Joseph fut ressorti du bureau de l'entrepreneur en construction Antonio Magi. Le fils aîné de Vito Rizzuto, parrain de la mafia, a été assassiné récemment non loin des bureaux de Magi.

    Les policiers n'ont trouvé aucune arme sur Joseph, Charlotin et Fleurant. Joseph avait cependant un portrait-robot d'un individu, avec les inscriptions manuscrites «Fritz» et «est-ce qu'il a les photos des gens à éliminer?».

    Les trois hommes ont plaidé coupable à une accusation de bris de condition, hier. À la demande de la Couronne, le juge Gilles Garneau a refusé de les remettre en liberté, estimant qu'ils posent un risque pour la sécurité publique. Les trois hommes seront détenus à l'exclusion des autres membres du gang des bleus dans l'attente de leur procès pour l'affaire du Buona Notte.

    Joseph et ses présumés complices traînent de lourds casiers judiciaires. Joseph est d'ailleurs recherché en Ontario, où il aurait fait une transaction de crack avec un agent double. Considéré comme un suspect dans une tentative de meurtre, en mars 2003, il a pu échapper à la justice après que la victime, atteinte de deux coups de feu, eut refusé de porter plainte. De nombreuses affaires de violence, impliquant Joseph, ont été abandonnées faute de plaignants au cours des dernières années à Montréal.












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