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    Les gangs de rue, pas si dangereux

    En fait, ils ne sont responsables que de 1,6 % des actes criminels en 2009

    17 février 2010 |La Presse canadienne | Justice
    La police de Montréal a fait de la criminalité liée aux gangs de rue sa grande priorité, en dépit du fait qu'elle ne représente qu'une minuscule proportion de l'ensemble des crimes commis sur son territoire.

    Toutefois, ce sont les infractions commises par les membres des divers gangs qui préoccupent le plus les citoyens, estime le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à qui il n'en fallait apparemment pas plus.

    «C'est tout à fait justifié, a assuré le directeur adjoint Jacques Robinette, chef du service des enquêtes spécialisées, hier, en dressant le bilan 2009 des efforts du SPVM visant à contrer le phénomène des gangs. C'est sur le sentiment de sécurité du citoyen que nous intervenons.»

    Les gangs de rue étaient responsables de seulement 1,6 % des actes criminels recensés en 2009, a indiqué M. Robinette. Dans les faits, ce sont plutôt les crimes contre la personne qui constituent le plus grave problème que Montréal connaît sur le plan policier. Et les membres de gangs n'auraient commis que 4 % de ces crimes.

    De plus, la criminalité attribuée aux gangs de rues a subi une baisse de 25,5 % entre 2008 et l'année dernière. Le nombre d'homicides liés à ces gangs a reculé de 8 à 5, tandis que le nombre de tentatives de meurtre est passé de 42 à 39. Dans les deux cas, la baisse se poursuit depuis trois ans.

    «Les gangs de rue, ça se passe sur le terrain, dans un bar, dans le métro, dans la rue, tandis que la violence conjugale [par exemple] va se produire à l'intérieur d'un domicile, a expliqué Jacques Robinette. Ce qui préoccupe le citoyen, c'est ce qu'il voit.»

    «Les gens ont la perception que les gangs de rue prennent beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ampleur, et peut-être un peu plus d'ampleur qu'on le constate sur le terrain, a-t-il souligné. Bien entendu, quand on représente seulement 2, 3 ou 4 % de l'ensemble de la criminalité, mais qu'on obtient 60 % ou 70 % du temps d'antenne dans les médias, les gens ont l'impression, sur le terrain, que les gangs de rue foisonnent. Et ce n'est pas nécessairement le cas.»

    Quoi qu'il en soit, les 117 enquêtes liées aux gangs de rue que le SPVM a menées en 2009 lui ont permis d'effectuer 1150 arrestations et de saisir 168 armes, des armes de poing pour la plupart.

    L'île de Montréal compte entre 300 et 500 membres reconnus de gangs de rues, a indiqué M. Robinette. «Maintenant, les membres émergents, c'est très volatile, a-t-il poursuivi. Ça entre, ça sort, ça dure deux semaines, un mois, six mois, un an. Ça, c'est plus difficile à évaluer.»

    Dans le cadre de l'enquête publique du coroner sur la mort du jeune Fredy Villanueva, ces derniers mois, les agents Stéphanie Pilotte et Jean-Loup Lapointe ont tous deux été incapables de définir ce qu'est un membre de gang de rue, même s'ils travaillaient à Montréal-Nord, dans un secteur où les gangs de rue sont particulièrement actifs.

    Jacques Robinette ne s'en est pas étonné. «On donne des outils aux policiers. [...] On n'a pas la prétention de former 4500 experts policiers. D'ailleurs, les experts eux-mêmes ne s'entendent pas sur ce qu'est un gang de rue.»












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