Libre opinion - La justice-spectacle au service de l'impunité
L'opinion de M. Pierre-Claver Nkinamubanzi, du Congrès rwandais du Canada, sur le verdict du jugement dans le procès Munyaneza mêlant décision d'un juge, politique étrangère du Canada et travail des agents des douanes me laisse perplexe.
L'auteur de la lettre parue dans Le Devoir du 11 novembre 2009 doute de la culpabilité d'un condamné tout en déclarant coupables des personnes sur lesquelles ne pèse aucune accusation. Drôle de façon de considérer la justice, non?
M. Nkinamubanzi nomme deux prêtres québécois tués au Rwanda après le génocide des Tutsis de 1994. Curieusement, il ne mentionne nulle part dans son article, pourtant bien documenté, le nom de Mme Hélène Pinski, elle aussi une Québécoise, tuée au Rwanda en avril 1994. Est-ce parce que la victime était mariée à un Tutsi que son assassinat et l'extermination de toute sa famille (son mari et leurs deux enfants) n'intéressent pas le président du Congrès rwandais du Canada?
Est-ce parce que la Montréalaise a été victime d'un génocide que M. Nkinamubanzi semble persister à nier? Est-ce parce que Mme Hélène Pinski a été tuée par l'un de ceux-là dont M. Nkinamubanzi doute de la culpabilité, même au terme d'un procès?
L'auteur n'évoque nullement le nom du frère François Cardinal, un autre Montréalais tué au Rwanda le 29 novembre 1992. Serait-ce parce que le religieux d'origine québécoise a été tué par les membres de l'armée du gouvernement Habyarimana que M. Nkinamubanzi omet de mentionner son assassinat dans son article?
Pourquoi ne réclame-t-il pas qu'il y ait enquête sur les auteurs des deux assassinats? Pour utiliser ses propres mots, je m'étonne de ce que M. Nkinamubanzi «ferme les yeux, même lorsque des citoyens canadiens sont assassinés».
Une autre bizarrerie dans le commentaire de M. Nkinamubanzi consiste à lier «la bienveillance d'Ottawa envers le FPR» au travail des officiers de l'immigration. On dirait que pour lui, le parti au pouvoir au Rwanda a déployé ses éléments à l'agence des douanes et services frontaliers du Canada! Que des citoyens étrangers se voient refuser le droit d'entrée au Canada, M. Nkinamubanzi trouve en cela «la volonté du Canada de protéger les assassins».
Mais plus bizarre encore est que de la Cour supérieure du Québec juge et condamne un ressortissant d'origine rwandaise et que le président du Congrès rwandais du Canada voit dans ce jugement la partialité d'Ottawa! D'où vient cet amalgame entre une décision d'un juge et une politique étrangère d'Ottawa? L'auteur accuse le Canada de pratiquer la justice du vainqueur comme s'il était partie prenante du conflit rwandais. Et dans sa logique, M. Nkinamubanzi veut que cette loi canadienne ne s'applique pas pour des auteurs présumés du génocide rwandais pour la seule raison qu'ils sont du camp des vaincus!
Enfin, pas du tout drôle cette fois-ci, je vois très mal la lecture du procès Munyaneza de la part de M. Nkinamubanzi: il tient en effet à souligner que Désiré Munyaneza a été condamné parce qu'il est Hutu, et estime que «le jugement dans l'affaire Désiré Munyaneza contient une condamnation en vrac de l'ethnie hutue».
Je m'insurge contre cette solidarité avec un criminel du génocide de la part d'un leader communautaire qu'est M. Pierre-Claver Nkinamubanzi, en sa qualité de président du Congrès rwandais du Canada.
Je me révolte du fait qu'il veuille prendre en otage toute une ethnie, celle des Hutus pour ne pas la nommer, pour la solidariser contre le jugement au Canada d'un criminel du génocide contre les Tutsi du Rwanda.
Je me révolte enfin contre sa négation du génocide commis contre les Tutsis du Rwanda en 1994 en la singularisant en une guerre civile qu'auraient perdue les Hutus.
L'auteur de la lettre parue dans Le Devoir du 11 novembre 2009 doute de la culpabilité d'un condamné tout en déclarant coupables des personnes sur lesquelles ne pèse aucune accusation. Drôle de façon de considérer la justice, non?
M. Nkinamubanzi nomme deux prêtres québécois tués au Rwanda après le génocide des Tutsis de 1994. Curieusement, il ne mentionne nulle part dans son article, pourtant bien documenté, le nom de Mme Hélène Pinski, elle aussi une Québécoise, tuée au Rwanda en avril 1994. Est-ce parce que la victime était mariée à un Tutsi que son assassinat et l'extermination de toute sa famille (son mari et leurs deux enfants) n'intéressent pas le président du Congrès rwandais du Canada?
Est-ce parce que la Montréalaise a été victime d'un génocide que M. Nkinamubanzi semble persister à nier? Est-ce parce que Mme Hélène Pinski a été tuée par l'un de ceux-là dont M. Nkinamubanzi doute de la culpabilité, même au terme d'un procès?
L'auteur n'évoque nullement le nom du frère François Cardinal, un autre Montréalais tué au Rwanda le 29 novembre 1992. Serait-ce parce que le religieux d'origine québécoise a été tué par les membres de l'armée du gouvernement Habyarimana que M. Nkinamubanzi omet de mentionner son assassinat dans son article?
Pourquoi ne réclame-t-il pas qu'il y ait enquête sur les auteurs des deux assassinats? Pour utiliser ses propres mots, je m'étonne de ce que M. Nkinamubanzi «ferme les yeux, même lorsque des citoyens canadiens sont assassinés».
Une autre bizarrerie dans le commentaire de M. Nkinamubanzi consiste à lier «la bienveillance d'Ottawa envers le FPR» au travail des officiers de l'immigration. On dirait que pour lui, le parti au pouvoir au Rwanda a déployé ses éléments à l'agence des douanes et services frontaliers du Canada! Que des citoyens étrangers se voient refuser le droit d'entrée au Canada, M. Nkinamubanzi trouve en cela «la volonté du Canada de protéger les assassins».
Mais plus bizarre encore est que de la Cour supérieure du Québec juge et condamne un ressortissant d'origine rwandaise et que le président du Congrès rwandais du Canada voit dans ce jugement la partialité d'Ottawa! D'où vient cet amalgame entre une décision d'un juge et une politique étrangère d'Ottawa? L'auteur accuse le Canada de pratiquer la justice du vainqueur comme s'il était partie prenante du conflit rwandais. Et dans sa logique, M. Nkinamubanzi veut que cette loi canadienne ne s'applique pas pour des auteurs présumés du génocide rwandais pour la seule raison qu'ils sont du camp des vaincus!
Enfin, pas du tout drôle cette fois-ci, je vois très mal la lecture du procès Munyaneza de la part de M. Nkinamubanzi: il tient en effet à souligner que Désiré Munyaneza a été condamné parce qu'il est Hutu, et estime que «le jugement dans l'affaire Désiré Munyaneza contient une condamnation en vrac de l'ethnie hutue».
Je m'insurge contre cette solidarité avec un criminel du génocide de la part d'un leader communautaire qu'est M. Pierre-Claver Nkinamubanzi, en sa qualité de président du Congrès rwandais du Canada.
Je me révolte du fait qu'il veuille prendre en otage toute une ethnie, celle des Hutus pour ne pas la nommer, pour la solidariser contre le jugement au Canada d'un criminel du génocide contre les Tutsi du Rwanda.
Je me révolte enfin contre sa négation du génocide commis contre les Tutsis du Rwanda en 1994 en la singularisant en une guerre civile qu'auraient perdue les Hutus.
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