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La SQ visera aussi les firmes de génie-conseil

L'Ordre des ingénieurs lance une enquête interne

Alec Castonguay   27 octobre 2009  Justice
Les firmes de génie-conseil sont dans la mire de la Sûreté du Québec et de son escouade spéciale. Le mandat a été élargi pour que ces entreprises, aux liens étroits avec les entrepreneurs en construction et les gouvernements, ne soient pas épargnées. De plus, l'Ordre des ingénieurs du Québec réclame une enquête publique et affirme qu'il lance une investigation interne sur ses propres membres.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, le rôle de plus en plus important joué par les firmes de génie-conseil dans l'attribution des contrats publics fera l'objet d'une attention particulière au sein de l'escouade mixte qui a été annoncée jeudi dernier par la Sûreté du Québec (SQ) et le gouvernement du Québec.

«On n'a pas échappé les firmes de génie-conseil. Pas du tout», affirme le sergent Gilles Mitchell, porte-parole de la SQ. «C'est très clair, notre enquête va toucher toutes les professions.»

Jeudi dernier, pendant toute la conférence de presse du gouvernement et de la SQ — qui a duré plus de 60 minutes — il a été uniquement question du milieu de la construction. Jamais un autre secteur n'a été mentionné par les ministres ou par les enquêteurs. Le communiqué de presse est également muet sur les autres professions. Le nom de l'opération, «Marteau», fait également référence uniquement au secteur de la construction.

Or, enquêter sur le milieu de la construction ne sera probablement pas suffisant, reconnaît la SQ. «L'accent, depuis quelque temps, est sur l'industrie de la construction, mais à la base, il est question de corruption et de malversation. Le mandat de l'escouade sera plus large que ça», dit le sergent Mitchell.

Si l'enquête mène vers des élus ou des fonctionnaires, la SQ entend aussi y mettre le nez. «On enquête avant tout sur des crimes et des infractions. [...] Si ça touche le monde municipal, ben ça touchera le monde municipal, point à la ligne. Nul ne sera épargné. Il n'y aura pas de distinction», dit M. Mitchell.

Le rôle accru des firmes de génie-conseil

À la SQ, une source souligne que le Bureau de la concurrence du Canada, qui a été intégré à l'escouade spéciale, est là pour enquêter sur les allégations de collusion et que c'est dans ce domaine que les firmes de génie-conseil pourraient être plus vulnérables.

Les services spécialisés offerts par les entreprises de génie-conseil sont de plus en plus utilisés par les municipalités en amont des contrats. Comme l'a révélé Le Devoir dans les derniers jours, ces firmes préparent les appels d'offres, décident des travaux à effectuer et vont même jusqu'à préparer les plans d'immobilisation de certaines municipalités. Ces firmes sont également partenaires des compagnies de construction sur plusieurs chantiers.

Au ministère des Transports du Québec, un comité spécial, créé en 2004, permet d'ailleurs aux firmes de génie-conseil de brasser des affaires avec le gouvernement du Québec dans une vision partenariale.

Cette zone d'influence prend la forme d'un comité de concertation où sont attablés, d'un côté, des dirigeants du ministère et, de l'autre, les représentants des firmes Dessau, BPR, SNC-Lavalin, Roche et autres Génivar et Tecsult. Au moins deux réunions se tiennent par année.

Souvent, l'impartition des contrats est totale. C'est alors la firme de génie-conseil qui prend le contrôle du projet au nom du ministère des Transports. Dans ce contexte, les appels d'offres lancés par le ministère sont rédigés par les firmes de génie-conseil, qui déterminent les besoins du gouvernement et participent activement à la sélection des entrepreneurs.

L'Ordre des ingénieurs réclame une enquête publique

La présidente de l'Ordre des ingénieurs, Maud Cohen, a réclamé hier une enquête publique pour «restaurer la confiance du public». «Il est essentiel de procéder à une enquête publique sur l'attribution des mandats et la gestion des contrats publics d'infrastructures. L'objectif est de s'assurer que nous payons le juste prix, que le travail est bien fait et que la confiance du public est rétablie, parce qu'elle est sérieusement ébranlée», a dit Mme Cohen hier, qui réagissait pour la première fois aux allégations de corruption et de collusion qui flottent depuis quelques semaines.

Dans une lettre envoyée hier au Devoir, l'Ordre des ingénieurs souligne que le gouvernement va investir près de 40 milliards de dollars dans ses infrastructures d'ici 2013. Cette somme, nécessaire pour corriger un «grave déficit d'entretien», est un effort justifié, dit l'organisme. Mais, «à cause de malversations, cet effort est perverti», dit Mme Cohen.

Selon Mme Cohen, les enquêtes policières ne suffisent pas. «Il semble que nous payions beaucoup trop cher pour ces travaux. Devant l'étalement d'allégations de toutes sortes, on a le désagréable sentiment d'être floués», dit la présidente de l'Ordre des ingénieurs. «Sommes-nous en face d'un système établi, solidement implanté dans plusieurs municipalités? Je l'ignore. Dans quelle mesure des ingénieurs seraient-ils impliqués? Je l'ignore, mais la lumière serait faite» avec une enquête publique.

Maud Cohen affirme même que son organisme vient de lancer une investigation interne pour savoir si des membres ont contrevenu au code d'éthique. «L'Ordre a entrepris d'enquêter sur cette situation. [...] On a des témoignages et il faut réagir», dit-elle. «Les enquêtes policières, tout comme celle de l'Ordre, permettront d'identifier d'éventuels responsables. Mais le système, si tant est qu'il existe, doit être connu, mis au jour pour être mieux éliminé et faire place à des règles de gouvernance et de gestion claires et transparentes.»

Selon elle, il faut préserver la réputation des ingénieurs, un maillon important de l'économie québécoise. «Je suis choquée et navrée par les soupçons qui pèsent sur notre profession, d'autant plus que les ingénieurs se positionnent parmi les professionnels jugés les plus dignes de confiance par le public. Au-delà de nos propres enquêtes, nous avons l'intention de suivre et de participer à toute enquête publique que le gouvernement entreprendrait», a dit Mme Cohen.

Il n'a pas été possible de parler à l'Association des ingénieurs-conseils du Québec hier.






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  • Normand Carrier
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 06h08
    Jean Charest devra ménager ses partenaires ......
    Les firmes qui participent au comité de consultation tel Dessau , BPR , Tecsult , Roche , Génivar et Lavallin sont les mêmes qui sont impliqués dans tous les contrats du ministère des transport pour la construction de route et de viaducs et ces firmes déterminent les règles du jeu dans l'optention des contrats . Il sont dans certains cas juges et partis et comment seront-elles traités ?
    Le réveil est tardif pour l'ordre des ingénieurs mais il faut les féliciter pour faire toute la lumière ! Leur demande d'une enquête publique ajoute a la pression sur notre inéfable premier ministre qui fait tout pour retarder ou empêcher une commission d'enquête .....
    Normand Carrier

  • Normand Carrier
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 06h43
    Franchement madame Chouinard , un devoir de vérité s'impose ....
    Lors d'une envolée partisanne madame Chouinard écrivait :'' je ne pense pas que ce soit le parti de Jean Charest qui en sotira le plus éclaboussé , advenant une commission d'enquête car le parti Vision Montréal a laissé un héritage peu reluisant , est composé uniquement de pkiss ; Bourque , Labonté , Harel ect. . Quel est le parti qui sera le plus éclaboussé dans cette course a la vérité ? A votre place , je ne venderais pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ....! ''
    Commencons par rectifier que Benoit Labonté est un libéral qui vient de la mouvance libéral ayant été secrétaire de Paul Martin . Il se lanca en politique municipale dans le parti du maire Tremblay qui est un libéral . Avant d'entrer en politique Benoit Labonté était président de la Chambre de commerce du Grand Montréal et se battait pour les fusions . C'est lorsque qu'il s'est présenté a Vision Montréal qu' il appliqua les magouilles apprises chez le parti du maire Tremblay et ses collaborateurs Zampino , Dauphin qui sont aussi des libéraux notoires ......
    Comme vous êtes persuadée que votre ami Jean Charest est blanc comme neige et que c'est les méchants pkiss qui sont coupables comme a l'habitude , alors pourquoi ne pas pousser sur une commission d'enquête et pourquoi votre idole Jean Charest fait tout pour éviter une commission d'enqête ? Reconnaissant la grande stratège en vous madame Raymonde , profitez-en pour les prendre en défaut et les faire payer ces pkiss ?
    Comme le ridicule ne tue pas mais certain y perdre leur crédibilité a force de dire des faussetés , utiliser des sophismes et faire preuve d'une partisannerie aveugle .....
    Au lieu de traiter Pauline et les souverainistes de tous les noms , il serait plus important d'améliorer votre argumentaire et faire valoir vos idées avec un minimum d'objectivité et de vérité .....si on veut être pris au sérieux ......
    Normand Carrier

  • michel benoit
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 07h45
    un grand ménage s'impose
    La loi électorale du Québec est largement contournée depuis sa création en 1977.

    Les dons anonymes et les prête-noms pour les dons politiques sont affaires courantes car les québécois donnent très peu aux partis politiques.

    La porte est grande ouverte pour les abus et tout ce qui sort dans les médias ( corruption, collusion, malversations ) ces dernières semaines n'est que la pointe de l'iceberg.

    Michel Benoit

  • Guy Martin
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 08h18
    historiquement...
    Une seule fois dans son histoire l'Ordre des Ingénieurs du Québec a pris la défense d'un ingénieur qui refusait de poser un geste professionnel contraire à l'éthique sous les pressions de son employeur.
    Lorsqu'un ingénieur est menacé de renvoi par son patron que pensez vous qu'il fait...
    Il manque des dents à l'OIQ, et un syndicat des ingénieurs pour les défendre face à leur patron.
    Le titre ne vaut rien sans les moyens pour exercer ses droits et privilèges.
    J'ai eu recours une fois à mon ordre professionnel pour régler un conflit éthique avec une confrère qui me sabotait pour protéger son emploi et deux de ses comparses. Il utlisait illégalement le titre d'ingénieur, a eu une amende de 150$, et moi j'y ai laissé 40,000$ de facturation...
    J'ai agi pour protéger le client, au détriment de mes revenus. Ma réputation est intacte, mais j'ai dû ramer 3 ans pour éponger la perte.

  • Godefroy
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 08h28
    "On a des témoignages "
    Bravo pour vos articles. C'est grâce à vous les journalistes si l'enquête policière est élargie aux "génies-conseils".

  • marthe pouliot -duval
    Inscrite
    mardi 27 octobre 2009 09h35
    Bon journalisme indépendant!
    Monsieur Sam Hammad n'est-il pas un ingénieur issu de la firme ROCHE??? Faudrait peut-être vérifier...mais à l'allure où le rideau est lentement mais sûrement levé par nos journalistes,nous le saurons sous peu sans doute.
    Le DEVOIR fait toujours CE QUE DOIT et c'est tout en son honneur.
    M.Pouliot

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 10h16
    Aux députés libéraux de faire preuve de courage
    En parlant d'isolement, pour ne pas dire d'entêtement, j'en appelle à quelques députés libéraux qui sont entrés en politique en toute bonne foi et qui n'ayant rien encore à se reprocher et qui ne veulent pas mourir politiquement de voter pour la motion de censure présentée jeudi prochain par le Parti Québécois.

    À ces députés libéraux qui hésitent encore, cette crise de non-confiance envers votre gouvernement est grave et le Québec n'oubliera pas de sitôt que vous en faisiez partie.

    Il y a une limite qui s'appelle la conscience politique. Quand on sait une chose fondamentalement fausse c'est un devoir de réagir. Oubliez la ligne de Parti, vous représentez le peuple et vous n'êtes pas sous les ordres d'un général despotique. Nous sommes encore en démocratie et vous avez le droit sinon le devoir de vous prononcer.

    D'un autre coté, l'Ordre des Ingénieurs ne manque pas de courage. Demandez une Commission d'enquête publique et indépendante au gouvernement c'est ce qu'il y avait de mieux à conseiller au Premier Ministre qui se trouve vraiment tout seul dans son coin.

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 11h17
    Les firmes conseils, au coeur du problème.
    C'est ces firmes là qui proposent aux gouvernements des moyens de proceder et qui souvent font les contrats. C'est elle qui ont fait la promotion des PPP.

    L'ancien directeur de l'agence des PPP, Pierre Lefevbre a déjà travaillé pour PriceWaterHouse Coopers, une firme conseil qui a énormément à gagné des contrats de construction..... Particulièrement en PPP.

    Québec démontre qu'il est corrompu et qu'il ne veut pas que ça sorte, alors on fait appel aux nettoyeurs.

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 11h41
    La bombe de Gilles Taillon à TLMP
    Taillon a révélé sur le plateau à Guy A., entre deux farces stupides de Martin Matte et Stéphane Bureau, que c'était pareil dans l'industrie de l'informatique et chez les firmes-d'ingénieurs. UNE BOMBE passée inaperçue till now.

  • Alain Bonin
    Abonné
    mardi 27 octobre 2009 11h57
    Les gens se lassent et oublient rapidement.
    La commission Cliche a laissé un goût amer aux libéraux dans les années 70. Jean Charest le sait très bien et utilisera tous les moyens possibles pour éviter l'enquête publique. Le plus décevant dans tout cela est le problème à long terme que cette décision aura sur les finances du Québec.

    Tant que les gens seront dans une zone de confort économique ils oublieront les problèmes et se contenteront de peu. Est cela que nous voulons léguer aux générations futures? Il y aura toujours le laxisme envers la démocratie et la nécessité d'aller voter. Nous pouvons changer les choses en allant faire notre devoir de citoyen et passer un message clair à nos élu(e)s. Les gens à qui cela profite eux ont compris. Le pire ennemi du peuple est le peuple lui même.

    Dans mes cours de politique on nous enseigne que des million de gens sont morts pour ce droit fondamental. La démocratie est entretenue par la volonté du peuple de prendre en main son avenir.

    N'oubliez pas d'aller voter dimanche et de vous informer sur le sujet.

    Merci beaucoup aux journalistes pour leur magnifique travail et spécialement à Mme. Lise Payette pour sa chronique du 23 octobre il faut voter... mais pour qui?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 13h01
    J`oubliais le rôle de la SQ
    Je me demande si une enquête de la SQ sur la collusion au bureau du Premier ministre et cabinet Libéral du Québec aurait une meilleur chance de découvrir la source de tous ces scandales affectant autant de villes et ministères en même temps! Y aurait-il d`autres Lise Thibault à débusquer?

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 27 octobre 2009 22h41
    les beau libéraux
    Que se soit au fédéral ou au provincial guetter vous rapeller
    vous quand la grc n'a rien trouver avec cinar pouquoi hein
    la grc pouvait mais en en hipocrite les libéraux on arrèter
    la grc de fouiller dans cinar pourquoi cinar fournissait dans la caisse des libéraux ça ressemble pas mal au provincial grenier.martin@videotron.ca

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