Affaire Villanueva - L'enquête du coroner reprend, des protagonistes en moins
L'enquête du coroner sur la mort du jeune Fredy Villanueva reprend enfin aujourd'hui au palais de justice de Montréal, un examen essentiel qui permettra de savoir, une fois pour toutes, ce qui s'est réellement passé à Montréal-Nord, en cette soirée fatidique du 9 août 2008.
L'enquête est amputée de quelques protagonistes, à commencer par le juge Robert Sansfaçon, qui a annoncé sa retraite définitive, le 25 septembre dernier, en raison de problèmes de santé. Le juge de la Cour du Québec, André Perreault, a repris les travaux.
L'un des groupes retenus comme «personne intéressée» pour l'enquête, la Ligue des droits et libertés, renonce également à faire entendre son point de vue dans cette affaire. «À partir du moment où la famille et les blessés ont pu avoir une représentation par avocat, ça changeait la donne. Ces avocats ont tout intérêt à ce que la question du profilage racial soit abordée, et je crois qu'ils vont faire le nécessaire pour y arriver», explique Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés.
Un deuxième groupe, la Ligue des Noirs, pourrait aussi se désister. Aux dernières nouvelles, le président de l'organisme, Dan Philips, n'avait toujours pas trouvé les fonds nécessaires pour retenir les services d'un avocat.
Chose certaine, l'enquêteur principal au dossier, Bruno Duchesne, de la Sûreté du Québec (SQ), poursuivra son témoignage dès aujourd'hui.
Avant que l'enquête ne soit paralysée, le 26 mai dernier, le sergent détective Duchesne a expliqué brièvement ses démarches pour enquêter sur la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, aux mains du policier Jean-Loup Lapointe. Ni l'agent Lapointe ni sa coéquipière, Stéphanie Pilotte, n'ont été interrogés par la SQ.
Les enquêteurs ont cependant questionné les principaux témoins du drame, soit Denis Meas et Jeffrey Sagor-Metellus, tous deux blessés par le policier Lapointe, de même que leurs amis Jonathan Senatus et Anthony Clavasquin. Un témoin «extérieur» potentiellement important n'a pas été retrouvé. Il s'agit de Claude Laguerre, qui a porté secours à Meas.
M. Duchesne aura l'occasion de s'expliquer en long et en large durant l'enquête. Il a été interrompu par le juge Sansfaçon après une demi-journée, le 26 mai dernier.
Le juge Sanfaçon a estimé qu'il ne pouvait permettre le témoignage des policiers et des jeunes témoins de l'intervention du 9 août 2008 tant et aussi longtemps que ne seraient pas corrigées les apparences d'iniquité, d'injustice et de déséquilibre entre les deux clans. Les policiers disposaient d'avocats payés par l'État pour faire valoir leur point de vue, alors que la famille Villanueva et les blessés ne pouvaient compter sur aucune assistance.
Après avoir adopté la ligne dure, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a finalement accepté que l'État paie aussi les frais d'avocats des Villanueva et des deux blessés. L'entente, survenue à la mi-juillet, a donné espoir au camp Villanueva sur le fait que la question du profilage racial serait aussi abordée lors de l'enquête.
L'affaire Villanueva a fait couler beaucoup d'encre, plongeant même Montréal-Nord dans une émeute chaotique, au lendemain de la mort de Villanueva. Et pourtant, l'exercice de recherche de la vérité judiciaire ne fait que commencer.
Selon le scénario fourni en décembre dernier par le procureur de la Couronne chargé du dossier, François Brière, Lapointe était en droit d'utiliser la force mortelle dans les circonstances. C'est pourquoi aucune accusation n'a été portée contre lui.
Fredy Villanueva l'aurait saisi au cou d'une main et il aurait tendu l'autre main vers son ceinturon. L'agent craignait d'être désarmé. Il a tiré quatre fois devant lui, atteignant mortellement Fredy Villanueva et blessant Meas à l'épaule et Sagor-Metellus dans le dos.
Cette version des faits sera au coeur de l'enquête qui s'ouvre aujourd'hui pour établir les causes et circonstances de la mort du jeune Villanueva.
L'enquête est amputée de quelques protagonistes, à commencer par le juge Robert Sansfaçon, qui a annoncé sa retraite définitive, le 25 septembre dernier, en raison de problèmes de santé. Le juge de la Cour du Québec, André Perreault, a repris les travaux.
L'un des groupes retenus comme «personne intéressée» pour l'enquête, la Ligue des droits et libertés, renonce également à faire entendre son point de vue dans cette affaire. «À partir du moment où la famille et les blessés ont pu avoir une représentation par avocat, ça changeait la donne. Ces avocats ont tout intérêt à ce que la question du profilage racial soit abordée, et je crois qu'ils vont faire le nécessaire pour y arriver», explique Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés.
Un deuxième groupe, la Ligue des Noirs, pourrait aussi se désister. Aux dernières nouvelles, le président de l'organisme, Dan Philips, n'avait toujours pas trouvé les fonds nécessaires pour retenir les services d'un avocat.
Chose certaine, l'enquêteur principal au dossier, Bruno Duchesne, de la Sûreté du Québec (SQ), poursuivra son témoignage dès aujourd'hui.
Avant que l'enquête ne soit paralysée, le 26 mai dernier, le sergent détective Duchesne a expliqué brièvement ses démarches pour enquêter sur la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, aux mains du policier Jean-Loup Lapointe. Ni l'agent Lapointe ni sa coéquipière, Stéphanie Pilotte, n'ont été interrogés par la SQ.
Les enquêteurs ont cependant questionné les principaux témoins du drame, soit Denis Meas et Jeffrey Sagor-Metellus, tous deux blessés par le policier Lapointe, de même que leurs amis Jonathan Senatus et Anthony Clavasquin. Un témoin «extérieur» potentiellement important n'a pas été retrouvé. Il s'agit de Claude Laguerre, qui a porté secours à Meas.
M. Duchesne aura l'occasion de s'expliquer en long et en large durant l'enquête. Il a été interrompu par le juge Sansfaçon après une demi-journée, le 26 mai dernier.
Le juge Sanfaçon a estimé qu'il ne pouvait permettre le témoignage des policiers et des jeunes témoins de l'intervention du 9 août 2008 tant et aussi longtemps que ne seraient pas corrigées les apparences d'iniquité, d'injustice et de déséquilibre entre les deux clans. Les policiers disposaient d'avocats payés par l'État pour faire valoir leur point de vue, alors que la famille Villanueva et les blessés ne pouvaient compter sur aucune assistance.
Après avoir adopté la ligne dure, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a finalement accepté que l'État paie aussi les frais d'avocats des Villanueva et des deux blessés. L'entente, survenue à la mi-juillet, a donné espoir au camp Villanueva sur le fait que la question du profilage racial serait aussi abordée lors de l'enquête.
L'affaire Villanueva a fait couler beaucoup d'encre, plongeant même Montréal-Nord dans une émeute chaotique, au lendemain de la mort de Villanueva. Et pourtant, l'exercice de recherche de la vérité judiciaire ne fait que commencer.
Selon le scénario fourni en décembre dernier par le procureur de la Couronne chargé du dossier, François Brière, Lapointe était en droit d'utiliser la force mortelle dans les circonstances. C'est pourquoi aucune accusation n'a été portée contre lui.
Fredy Villanueva l'aurait saisi au cou d'une main et il aurait tendu l'autre main vers son ceinturon. L'agent craignait d'être désarmé. Il a tiré quatre fois devant lui, atteignant mortellement Fredy Villanueva et blessant Meas à l'épaule et Sagor-Metellus dans le dos.
Cette version des faits sera au coeur de l'enquête qui s'ouvre aujourd'hui pour établir les causes et circonstances de la mort du jeune Villanueva.
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