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Affaire Villanueva - Le SPVM aurait fait des tentatives d'infiltration

Hier, une employée du service de police a assisté sous une fausse identité à une rencontre avec le rapporteur de l'ONU

Brian Myles   22 octobre 2009  Justice
Police de Montréal
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
Police de Montréal
La police de Montréal garde un œil sur tout ce qui touche à l'affaire Villanueva. Même le rapporteur de l'ONU sur les droits des minorités a pu compter sur la discrète visite d'un civil...

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'intéresse de près, voire de très près, à l'affaire Villanueva. Une employée civile aux communications a même assisté hier, sous une fausse identité, à une séance publique de consultation du rapporteur indépendant de l'ONU sur les droits des minorités, Gay McDougall.

Ladite employée du SPVM prenait frénétiquement des notes jusqu'à ce qu'elle se rende compte que l'auteur de ces lignes l'avait reconnue. Elle s'est inscrite sous le pseudonyme de Martina Tremblay, étudiante. Cette information a été confirmée à la fois par l'une des organisatrices de cette rencontre et l'employée du SPVM. Celle-ci a indiqué qu'elle s'était présentée sous un faux nom parce qu'elle craignait d'être montrée du doigt durant l'événement. Elle a par ailleurs confirmé qu'elle avait été affectée à cette séance publique par son employeur, le SPVM.

Un porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a mis l'incident sur le compte d'une «erreur de bonne foi» de l'employée en question. «On ne lui a pas ordonné d'y aller sous un faux nom. Si on avait voulu faire un travail d'infiltration, on aurait envoyé un visage inconnu, certainement pas des gens du service des communications», a dit M. Lafrenière. «On a voulu qu'elle entre en contact avec les gens des Nations unies, pour leur parler, car on a appris seulement [hier] dans les médias qu'ils étaient à Montréal», a-t-il ajouté.

La venue de Mme McDougall a permis aux représentants de la Ligue des Noirs, à ceux de la Ligue des droits et libertés, à de simples citoyens et à des membres d'organismes communautaires d'exprimer leurs préoccupations à Mme McDougall. Grande spécialiste des droits des minorités, la rapporteuse de l'ONU est de passage à Montréal afin de documenter les cas de profilage racial, de discrimination dans l'emploi et d'exclusion sociale qui affectent les membres des minorités. Le résultat final de son travail devrait être publié en mars, sous la forme d'un rapport officiel du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

La mère de Fredy Villanueva, tué par le policier Jean-Loup Lapointe en légitime défense le 9 août 2008, de même que des avocats qui participent à l'enquête du coroner sur la mort de l'adolescent étaient aussi présents.

D'autres incidents

L'incident n'est pas isolé. Des membres du SPVM se sont invités discrètement aux activités entourant la commémoration du premier anniversaire de la mort de Fredy Villanueva, en août dernier, a appris Le Devoir.

Une source très au fait de l'enquête du coroner a confirmé au Devoir que deux avocats de la défense participant à l'enquête du coroner avaient été suivis par des policiers en civil lors de la marche pacifique qui s'est déroulée à Montréal-Nord, le 9 août, à l'instigation de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP). Un organisateur du forum social Hoodstock affirme aussi avoir été témoin de l'infiltration d'un policier de Montréal qui se faisait appeler «Will».

Hoodstock visait à la fois à commémorer la mort du jeune Villanueva, à célébrer la diversité culturelle et artistique de Montréal-Nord et à alimenter la réflexion critique sur les enjeux sociopolitiques du quartier.

À la fin de l'événement, Will Prosper, porte-parole de Montréal-Nord Republik, a clairement indiqué qu'un policier avait infiltré la manifestation. Cette information a été confirmée par trois sources indépendantes.

Selon deux d'entre elles, l'agent double du SPVM a été démasqué par une tierce personne dès les premiers jours de son travail d'infiltration, à la mi-juillet. «Il essayait de nous aider, de se mettre ami avec des gens de Montréal-Nord», a dit l'une de ces sources, très engagée dans le tissu social de Montréal-Nord.

Un organisateur de Hoodstock, qui préfère aussi garder l'anonymat, confirme ces propos. «On a préféré faire comme si on ne le savait pas. On a joué le jeu. Il [l'agent double] nous posait beaucoup de questions personnelles, il appelait sans cesse pour avoir nos numéros de téléphone personnels», affirme cet organisateur anonyme.

Les deux mêmes sources affirment que le policier aurait même envoyé à la Crap un courriel faisant état de sa volonté de «foutre le bordel» lors de la manifestation. Elles ont toutes deux lu le courriel en question.

«Nous, on n'a jamais fait quoi que ce soit pour inciter à la violence, alors on ne comprend pas pourquoi les policiers cherchaient à nous infiltrer», a déploré l'une des sources.
 
 
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  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 01h45
    Racisme, mais pas celui que vous croyez...
    Si ce petit voyou avait été un blanc, on n'en aurait pas fait un tel plat et il ne serait ni martyr ni héros...

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