dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 13h11
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La SQ n'a jamais interrogé les policiers impliqués dans la mort de Villanueva

L'enquête du coroner démarre malgré le boycottage de la famille

Brian Myles   26 mai 2009  Justice
Dany Villanueva, frère de Fredy, décédé au cours d’une intervention policière à Montréal-Nord le 9 août 2008, se trouvait au palais de justice de Montréal, hier, étant assigné à comparaître au début de l’enquête du coroner.
Photo : Jacques Nadeau
Dany Villanueva, frère de Fredy, décédé au cours d’une intervention policière à Montréal-Nord le 9 août 2008, se trouvait au palais de justice de Montréal, hier, étant assigné à comparaître au début de l’enquête du coroner.
Après quelques heures de flottement, l'enquête du coroner sur la mort du jeune Fredy Villanueva a pris son envol hier après-midi avec la confirmation sans l'ombre d'un doute d'un fait troublant. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) n'ont jamais interrogé les deux policiers de Montréal impliqués dans la tragédie; ils se sont contentés d'un rapport écrit par les agents Stéphanie Pilotte et Jean-Loup Lapointe à leur retour d'un congé de maladie d'une semaine.

Les enquêteurs de la SQ ont pourtant croisé ces deux agents le soir même où Fredy Villanueva a été tué, le 9 août 2008 à Montréal-Nord, afin de saisir leurs armes de service. Lapointe a tiré deux fois sur Villanueva en légitime défense, et il a blessé deux de ses amis, Denis Meas et Jeffrey Sagor-Metellus. Son équipière n'a pas dégainé.

Blessés lors de la fatidique opération, Lapointe et Pilotte ont été transportés à l'hôpital Notre-Dame pour en ressortir le soir même. Ils ont été placés en arrêt de travail pour une semaine. «On a mentionné qu'on voulait leur rapport dès que possible. On nous a dit que dès qu'ils reviendraient au travail, on aurait leur version. On a respecté ça», a expliqué hier l'enquêteur principal au dossier, Bruno Duchesne, de la SQ.

Les deux jeunes atteints par l'agent Lapointe, Meas et Sagor-Metellus, de même que deux amis de Villanueva et témoins immédiats du drame, Jonathan Senatus et Anthony Clavasquin, ont été interrogés tous les quatre par les enquêteurs. Par contre, un témoin «extérieur» potentiellement important n'a jamais été retrouvé, en dépit des efforts déployés par les enquêteurs de la SQ et François Daviault, le procureur du coroner. Il s'agit d'un dénommé Claude Laguerre, qui a porté secours à Denis Meas, après que celui-ci a été atteint d'une balle à l'épaule.

Meas a mentionné aux policiers que Laguerre aurait pu voir l'altercation entre les policiers et les jeunes réunis à l'arrière du centre culturel de Montréal-Nord. Déjà recherché pour non-respect de conditions, Laguerre avait donné une fausse adresse aux policiers au moment des faits. Les enquêteurs ont tenté de le contacter chez sa mère, où il demeurait. Sans succès. Me Daviault a produit hier une lettre du 22 avril qu'il a fait livrer, par huissier, chez la mère du témoin potentiel. La missive enjoint à Claude Laguerre de communiquer avec lui dans les meilleurs délais, puisqu'il aurait pu se trouver sur les lieux du drame. Mais rien n'y a fait.

Claude Laguerre ne s'est pourtant pas évanoui dans la nature. Une brève recherche menée par Le Devoir a permis de constater qu'il a été amené en cour, en état d'arrestation, le 13 février dernier. Il a plaidé coupable à une accusation de non-respect de conditions, et il donne toujours l'adresse de sa mère comme lieu de résidence principale.

Départ confus

L'enquête du coroner ad hoc, Robert Sansfaçon, a débuté dans la confusion en matinée, la majorité de personnes et groupes intéressés ne s'étant pas présentés à la suite du refus catégorique du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, de payer les frais d'avocats de la famille Villanueva et des blessés.

À l'inverse, les policiers et leur syndicat sont représentés par une batterie d'avocats chevronnés, pour la plupart payés à même les fonds publics.

Le procureur du coroner, François Daviault, a exprimé ses préoccupations devant cette «apparence de déséquilibre, d'iniquité pour ne pas dire d'injustice». «On est en droit de se demander quelle sera la crédibilité que votre enquête aura aux yeux du public», a-t-il dit à M. Sansfaçon.

Le coroner Sansfaçon a d'abord fait part de sa «grande préoccupation» au sujet de cette situation. La famille Villanueva, Denis Meas et Jeffrey Sagor-Metellus ont clairement fait savoir en après-midi qu'ils renonçaient au statut de personnes intéressées. L'intransigeance du ministre Dupuis sur la question des frais d'avocats, jumelée au refus du coroner Sansfaçon d'élargir le mandat de son enquête pour traiter du profilage ethnique, est venue à bout de leur confiance et de leur intérêt.

Prenant acte de ce désistement en bonne et due forme, Robert Sansfaçon a commencé son enquête, en rappelant qu'il n'avait pas totalement exclu la possibilité de traiter des questions de profilage ethnique et du contexte social à Montréal-Nord. Par contre, il veut élucider les causes et circonstances immédiates du décès avant de décider s'il ira plus loin.

Dupuis dans la mire de l'opposition

À Québec, les deux principaux partis d'opposition ont demandé au ministre Dupuis de revenir sur sa décision et de payer les frais d'avocats des jeunes blessés, estimant que son entêtement nuisait à la crédibilité de l'enquête.

Le député péquiste Bertrand St-Arnaud estime que le ministre Dupuis «doit porter le blâme pour le climat qui sévit au premier jour de l'enquête», a-t-il dit par voie de communiqué. La chef par intérim de l'ADQ, Sylvie Roy, a sévèrement critiqué le ministre, estimant que «l'absence de témoins amènera le public à croire que l'enquête ne sera pas complète et qu'avec la disproportion entre les forces en présence, la justice ne sera pas bien servie».

Le premier ministre, Jean Charest, s'est montré ouvert à reconsidérer la position de son gouvernement afin que l'enquête publique se poursuive. «Nous voulons la vérité», a-t-il dit.

Avec Amélie Daoust-Boisvert
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jean Pageau - Abonné
    26 mai 2009 01 h 49
    La justice suit son cours
    comment faire un proces juste et équitable quand les principaux intéressés ne veulent rien savoir de cette injustice bizarre que les deux policiers aient une semaine deplus pour rédiger leur rapport de l incident bizzard mon cher ami si le ministre de la justice n assoupli pas les regles du jeu rien ne marcher a montréal nord
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Serge Charbonneau - Abonné
    26 mai 2009 05 h 27
    La justice de l'autorité
    Les représentants de l'ordre...

    L'uniforme nous soustrait-il à la justice?
    Lorsqu'un policier vous apostrophe, êtes-vous protégé?

    Il ne faut pas trop remettre en question le travail policier.
    Les manifestants contre la violence policière sont décrits comme des provocateurs qui veulent tout saccager pour faire sortir de leurs gonds les défenseurs de l'ordre public.

    Mais comment cerner cette réalité policière?
    L'uniforme, le poste, transforme-t-il son homme ou sa femme?

    Le policier ou la policière s'adresse à vous par le vouvoiement.
    C'est dans leur règle. On vouvoie.
    De votre côté, vous avez intérêt à vouvoyer.
    Ces gens sont (selon ma perception) plutôt susceptibles et si un rien leur déplaît, ils peuvent vous en faire baver. Ils sont les maîtres de la loi et de l'ordre.

    Les abus de pouvoir sont courants.
    De la simple vérification routière à l'arrestation musclée, vous êtes en général une merde qu'on peut malmener.
    La police se tient comme tout groupe organisé et solidaire.
    Les bavures et les manquements sont rapidement masqués, effacés. La police ne fait pas d'erreur.
    Il ne faut jamais dire que la police a fait une erreur, ceci ébranlerait son autorité et la société deviendrait ainsi "moins bien protégée".
    Selon cette logique, mieux vaut fermer les yeux sur des petits écarts dans la conduite policière afin de nous garder un corps policier crédible et respecté.

    Mais, de toute évidence, l'uniforme rend supérieur.
    La police qui fait respecter les lois se trouve étrangement «au-dessus » de celles-ci.
    De l'abus d'attitude à l'abus de pouvoir (l'abus de langage est bien contrôlé, cela fait partie des cours de police 101), le travail policier en est affecté, c'est une réalité quotidienne.
    Le policier n'est pas un ami, sauf si vous êtes en limousine et que votre situation démontre que vous n'êtes pas un jeune ou un crotté.
    La police est un ennemi. Un ennemi qui peut dégainer et vous abattre comme un chien et vous n'avez que très peu de recours.

    Le procès de Villanueva l'illustre bien.

    Jean Charest a dit: «Nous voulons la vérité».
    Tout comme la police vous dit «vous».

    Les mots sont des mots. La réalité, c'est une autre histoire.
    À part le mot, la police ne vous dit jamais «vous».
    Quant au désir de connaître «la vérité», un politicien qui dit «Nous voulons la vérité», vaut un politicien qui dit «Nous voulons la vérité».

    Les mots dans notre société reflètent rarement la réalité.
    Les mots «parlementaires» ne sont pas uniquement au parlement.
    La rectitude politique, la politesse hypocrite du «vous» et la langue de bois de la justice (!) de l'autorité masquent souvent l'injustice flagrante.


    Serge Charbonneau
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Michaud - Inscrit
    26 mai 2009 08 h 23
    Proposition Labeaume..
    J'appuie le maire Labeaume dans sa demande pour des non-policiers pour enquêter sur des policiers. Présentement il y a beaucoup trop de doutes sur l'administration de la justice quand des policiers sont impliqués.Ce qui nuit à la crédibilité et de la justice et des policiers.

    Cependant tous devraient collaborer avec le coroner pour que ce dernier puisse faire le plus correctement possible sa partie du travail.

    Je n'aime pas que certains semblent se servir de cette affaire pour affirmer que les policiers sont tous des racistes, et se donner une image de héros auprès de la communauté noire..N'oublions pas que certains on le "rascisme facile". J'ai entendu certains accuser la police de raciste parce qu'elle les avait arrêté lorsqu'ils conduisaient au-delà des limites de vitesse permises.Cet individu disait que la police ne comprend pas que c'est dans leur culture de conduire trop vite!!! Mais se prétendre au-dessus des lois de la route parce que l'on est noir, c'est du racisme de la part de ce noir,car c'est prétendre que les noirs devraient être au-dessus des lois!!! Il y a des racistes dans toutes les communautés, pas seulement chez les "blancs"...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Serge Charbonneau - Abonné
    26 mai 2009 08 h 37
    Une réflexion plus poussée sur la justice de ceux qui ont le pouvoir
    La justice…

    Vivons-nous dans un monde de justice?

    Sommes-nous tous égaux devant la justice?

    Combien coûtent ces six avocats travaillant conjointement pour innocenter la police?
    Combien coûtent-ils aux policiers mis en examen?
    Combien ces avocats coûtent-ils aux familles de ces policiers?

    Et la famille Villanueva combien d'avocats et qui paient peur eux?

    La justice est-elle accessible à tous, de la même façon?


    Monsieur Eduardo Galeano, auteur uruguayen, auteur du livre offert par Chávez à Obama (Les veines ouvertes de l'Amérique latine) lors du sommet des Amériques de Trinidad, nous livre un excellent texte concernant la justice.

    Voici quelques extraits:

    «Elle est juste, la justice ?
    Celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration ? Qui est le terroriste ? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé ?
    Pourquoi la justice ne voit-elle que d’un œil ?
    Où sont les justes, et où sont les injustes ? Si la justice internationale existait vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ? Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison.

    Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d’origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d’armes ?
    Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles.

    Ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n’exigent-ils pas la peine de mort contre l’injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu’au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ?

    Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l’industrie d’armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l’exercent.
    Cette technologie se nourrit de la peur. C’est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier.
    Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l’œil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d’enfant dissimule une bombe musulmane ; et si cette femme, cette voisine d’aspect inoffensif te regarde, c’est sûr qu’elle te transmet la peste porcine.

    Dans ce monde à l’envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur.
    Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ? Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l’un à l’autre ? »

    À lire:
    « Excusez-moi de vous déranger. »
    d'Eduardo Galeano, 25 mai 2009

    http://www.legrandsoir.info/article8618.html


    Serge Charbonneau
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    26 mai 2009 09 h 09
    Une société qui se veut en bonne santé doit tendre vers le plus de justice et d'équité possible.
    Une société injuste, ou qui donne cette impression, est une société malade. Tout devrait être fait que qu'il y ait le plus de transparence possible dans cette affaire. Des préjugés, il y en a dans tous les milieux que ce soit parmi les policiers ou parmi ceux qui ont été victime de cet bavure. Car, cet évènement a toutes les apparences d'une bavure. Alors, pourquoi ne pas mettre des vrais projecteurs sur ce qui est vraiment arrivé lors de cette intervention?

    En passant, monsieur Charest ne veut pas nécessairement la vérité dans cette affaire. Il veut simplement avoir la paix dans l'exercice de ses fonctions. Effectivement, je ne suis pas sûr que monsieur Charest et la vérité font un bon mariage dans cette affaire.

    Quant au déroulement de l'enquête comme telle, je cite: "Les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) n'ont jamais interrogé les deux policiers de Montréal impliqués dans la tragédie; ils se sont contentés d'un rapport écrit par les agents Stéphanie Pilotte et Jean-Loup Lapointe à leur retour d'un congé de maladie d'une semaine." Comment pourrait-on en arriver quelque chose qui ressemble à une apparence de justice avec cela. On dirait plutôt de la mise en scène tout en ciblant des résultats escomptés par les policiers, et le milieu politique, pour parvenir à leur fin.
    jm
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Serge Charbonneau - Abonné
    26 mai 2009 09 h 14
    Une réflexion plus poussée sur la justice (reprise lisible transmis autrement)
    La justice...

    Vivons-nous dans un monde de justice?

    Sommes-nous tous égaux devant la justice?

    Combien coûtent ces six avocats travaillant conjointement pour innocenter la police?
    Combien coûtent-ils aux policiers mis en examen?
    Combien ces avocats coûtent-ils aux familles de ces policiers?

    Et la famille Villanueva combien d'avocats et qui paient peur eux?

    La justice est-elle accessible à tous, de la même façon?


    Monsieur Eduardo Galeano, auteur uruguayen, auteur du livre offert par Chávez à Obama (Les veines ouvertes de l'Amérique latine) lors du sommet des Amériques de Trinidad, nous livre un excellent texte concernant la justice.

    Voici quelques extraits:

    «Elle est juste, la justice ?
    Celui qui a lancé les chaussures contre Bush, a été condamné à trois années de prison. Ne méritait-il pas plutôt une décoration ? Qui est le terroriste ? Celui qui a visé, ou celui qui a été visé ?
    Pourquoi la justice ne voit-elle que d'un oeil ?
    Où sont les justes, et où sont les injustes ? Si la justice internationale existait vraiment, pourquoi ne juge-t-elle jamais les puissants ? Les auteurs des boucheries les plus féroces ne vont pas en prison.

    Pourquoi les cinq puissances qui ont droit de veto aux Nations Unies sont-elles intouchables ? Ce droit est-il d'origine divine ? Veillent-ils à la paix, ceux qui font des affaires avec la guerre ? Est-il juste que la paix mondiale soit à charge des cinq puissances qui sont les principaux producteurs d'armes ?
    Mais les clameurs de ceux qui exigent partout la peine de mort ne demandent pas de punition contre les maîtres du monde. Les clameurs clament contre les assassins qui utilisent des rasoirs, non contre ceux qui utilisent des missiles.

    Ces justiciers sont aussi follement désireux de tuer, pourquoi n'exigent-ils pas la peine de mort contre l'injustice sociale ? Est-il juste un monde qui affecte chaque minute trois millions de dollars aux dépenses militaires, tandis qu'au même moment quinze enfants meurent de faim ou de maladie guérissable ?

    Le monde est organisé au service de la mort. Ou ne fabrique-t-elle pas la mort, l'industrie d'armement, qui dévore la plus grande partie de nos ressources et une bonne partie de nos énergies ? Les maîtres du monde condamnent seulement la violence quand ce sont les autres qui l'exercent.
    Cette technologie se nourrit de la peur. C'est la peur qui invente les ennemis, et ceux-ci qui justifient le gaspillage militaire et policier.
    Les semeurs de panique nous condamnent à la solitude, nous interdisent la solidarité : sauve qui peut, écrasez-vous les uns les autres, faites très attention, ouvrez l'oeil, le prochain est toujours un danger qui guette, celui-ci va te voler, celui-là te violer, cette petite voiture d'enfant dissimule une bombe musulmane ; et si cette femme, cette voisine d'aspect inoffensif te regarde, c'est sûr qu'elle te transmet la peste porcine.

    Dans ce monde à l'envers, même les actes les plus élémentaires de justice et de sens commun font peur.
    Serait-ce donc que le sens commun et la justice aient divorcé pour toujours ? Le sens commun et la justice ne sont-ils pas nés pour marcher ensemble, collés l'un à l'autre ? »

    À lire:
    « Excusez-moi de vous déranger. »
    d'Eduardo Galeano, 25 mai 2009

    http://www.legrandsoir.info/article8618.html


    Serge Charbonneau
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    26 mai 2009 09 h 41
    À monsieur Pageau
    Serait-ce que vous êtes partisan du deux poids deux mesures?

    jm
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Archambault - Inscrit
    26 mai 2009 10 h 21
    Si la justice avait fait son travail
    Si la justice avait fait son travail, rien ne serait arrivé. Le jeune serait encore en vie et son frère le criminel serait en prison. Car son frère au moment de l'incident était en liberté conditionnel, et avait été trouvé coupable de bris de conditions ce qui signifie qu'il aurait du être en prison pour bris de conditions.
    Qui doit on blâmer pour cela, un les juges, deux la société de pleutre que nous sommes venu trop complaisante envers les bandits, les jeunes qui manque de respect, quand un policier ou une personne d'autorité ou un adulte veu te parler tu réponds poliment et tu obéis quand il faut, c'est ce qui devrait être entré dans la tête des jeunes aujourd'hui. C'est pour cela que les jeune voyous qui on tué la vielle dame la semaine dernière devrait recevoir une sentence adulte exemplaire pour lancer le message aux autres. Même si comme le disent leurs amis que c'est un mauvais coup qui a mal tourné. Bien la vielle dame elle? Une victime innocente et les jeunes une leçon qu'ils se souviendront après tout ce sont de bon jeunes il ne faut pas trop les punir. Bien c'est justement parce que ce sont des bons jeunes qu'il faut être sans pitié, cela donnera le message aux mauvais jeunes sur ce qui les attend.
    Une enquête du coroner est pour trouver ce qui a causé la mort d'une personne et recommander des changements à des pratiques. Non pour faire le procès de société car si c'est le cas on embarque dans quelque chose de gros, il faudra aussi faire le procès des parents de la victime et de son frère criminel.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    26 mai 2009 11 h 10
    De justice et de lois.
    Dans notre système judiciaire on ne cherche pas la «justice» mais plutôt à appliquer les lois passées par les divers paliers de gouvernements. On ne se préoccupe pas de justice. La preuve: la police enquête sur la police... C'est tout-à-fait légal mais est-ce juste? Toute personne qui a de l'expérience en matière d'enquête criminelle sait qu'il faut interroger les témoins, face à face, et leur poser les questions pertinentes qui permettent de confronter les versions des divers témoins et d'essayer d'établir un portrait le plus fidèle possible de ce qui s'est passé. De plus, que la police enquête sur des incidents au cours desquels d'autres policiers sont impliqués est un non-sens et ne peut que donner l'impression à tout observateur le moindrement impartial que ce genre d'enquête risque d'être compromise et empreinte de préjugés favorables aux collègues policiers.

    Au sujet des témoins dans cette enquête, on disait aux nouvelles hier soir que le Coroner Sansfaçon a réagi au refus possible des témoins de se présenter devant lui en les menaçant de les faire arrêter... Encore un bon exemple de dérapage institutionnel et du manque de perspective de ces soit-disant «Officiers de justice»: Quoi de plus inique et de plus insensé que d'arrêter des parents et des amis de la victime de cet incident pour les faire témoigner! Ces gens ont été profondément affecté par cette tragédie et le «système» veut mener l'enquête à sa manière, sans regard pour les victimes, et est même prêt à les faire arrêter par la police, ceux-là même qui ont causé la mort du jeune Villanueva... Quel genre de témoignage espère-t-on avec la menace et avec cette attitude profondément inique? Oh oui, c'est légal, le système judiciaire a le pouvoir de mettre en état d'arrestation les témoins récalcitrants... mais est-ce pour avoir des témoignages crédibles ou ne serait-ce pas plutôt pour démontrer à ces témoins récalcitrants que le système est plus fort qu'eux? Quelle insensibilité, quelle arrogance! C'est une parodie de justice et c'est profondément pathétique.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    26 mai 2009 12 h 03
    Après Khadr, Villanueva
    On dirait que la gauche québécoise se spécialise maintenant dans tout ce qui horripile la majorité québécoise dans le seul but de mal faire paraitre Harper et Charest
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Phil Ippe - Inscrit
    26 mai 2009 15 h 00
    Vers des policiers Mexicains...?
    Policiers au look para-militaire qui arpentent la Metropole, constamment en conflits de travail, policiers lavallois qui outrepassent leurs mandats (dans un territoire qui n'est pas le leur) pour imiter la série 24 et passent pres de tuer des enfants...alors qu'ils pouvaient facilement arreter la personne en sonnant à la porte. Policiers qui menottent une mere de famille qui ne tient pas la rampe d'un escalier du métro! Et puis 2 policiers qui tirent sur un adolescent NON-ARMÉ...plusieurs balles, blessant deux autres personnes! De plus en plus les policiers outrepassent leurs mandats et reagissent avec arrogance...braquant une partie de la population contre eux. Pour l'instant, les grandes bevues concernent des immigrants souvent criminalisés...mais si on ne freine pas tout ca, bientot cela pourrait déborder vis-a-vis les citoyens innocents...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Stordeur - Abonné
    26 mai 2009 20 h 00
    La population a besoins de policiers
    mais pas de gens qui sont automatiquement policier parce qu il on des diplômés...
    Les frustrés et autres qui adorent être arbitre au hockey on s'en passe.
    J'ai été chef d'un groupe de pionniers de 14 a 16 ans, personne n'aime ces adultes en devenir qui se cherche, mais ce sont les plus intéressant quand on sait leur donner confiance en eux... pas par des policiers qui cherche la moindre faille...

    Et entre loup on ne se mange pas, comme les médecins qui sont très rare à dénoncer les bourdes des collègues les policiers d'un corps de police ne feront pas trop de vague contre l'autre... Dans quelques semaines ou jours ce sera a leur tour d'être sur la sellette...

    Quand au gouvernement, encore une fois fort de sa courte majorité il accumule les bourdes et mensonges en sachant bien que dans quelques années ils seront plus au pouvoir, mais tous auront droit à la généreuse pension...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
12 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012