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Revue de presse - Mulroney rate sa sortie

Manon Cornellier   23 mai 2009  Justice
La comparution de Brian Mulroney devant la commission Oliphant n'a rien fait pour améliorer son image. Il a fait une erreur? Soit, mais il ne dépendait que de lui d'éviter de se piéger dans un tel guêpier. Le Times Colonist, de Victoria, et le Globe and Mail rappellent la fameuse réplique qui avait valu à M. Mulroney de remporter le débat en anglais durant les élections de 1984. À John Turner qui affirmait ne pas avoir eu le choix de confirmer les nominations de Pierre Trudeau, le chef conservateur avait répondu: «Vous aviez une option, monsieur. Vous auriez pu faire mieux et dire: "Je ne ferai pas cela".»

En 1993, disent les deux quotidiens, M. Mulroney avait une option, celle de dire non à Karlheinz Schreiber. La surprise qui l'aurait empêché de réagir devant le premier versement de 75 000 $ en argent sonnant n'explique pas qu'il a accepté les deux autres paiements sans rouspéter et qu'il les a à leur tour rangés dans des coffrets de sécurité, écrit le Colonist, qui ne retient pas les explications du premier ministre. «Pour les Canadiens qui se méfiaient déjà de Mulroney, sa performance comme témoin aura simplement confirmé leurs doutes. Mais même ses partisans doivent s'interroger sur ses excuses. Mulroney, encore plus que Turner en 1984, avait plusieurs choix et il en a fait de très mauvais.» Le Globe fait la liste des différents choix que M. Mulroney aurait pu faire et il en conclut que, si Brian Mulroney cherchait à se montrer à la hauteur de son titre de premier ministre, il a raté la cible. «Ayant fait si souvent le mauvais choix par le passé, il était peut-être trop tard pour cela, trop tard pour démontrer sa bonne réputation, comme il disait vouloir le faire durant cette enquête qu'il a lui-même demandée par le passé.»

À qui la caisse?

L'entente conclue entre Revenu Canada et les fiscalistes au service de M. Mulroney a particulièrement fait grincer des dents. M. Mulroney n'a pas lui-même négocié l'entente de déclaration volontaire avec Revenu Canada, mais celle-ci lui a quand même permis de ne payer que la moitié des impôts qu'il aurait autrement dû payer. Selon la Gazette, cela touche les gens de beaucoup plus près que la relation d'affaires entre MM. Schreiber et Mulroney. Les Canadiens en garderont l'impression que le percepteur d'impôt fédéral est plus accommodant avec les riches qu'avec les simples contribuables. Revenu Canada a beau répété qu'il ne punira pas un contribuable qui se dévoile avant que le ministère ne passe à l'action, «la triste réalité est que les seules personnes pouvant bénéficier d'une déclaration volontaire de non-paiement sont celles qui ne sont pas imposées à la source. En d'autres mots, pas le contribuable ordinaire, ce qui est loin d'être juste.»

James Travers, du Toronto Star, rappelle qu'il existe un contrat entre les citoyens et le gouvernement. Les premiers paient des millions en impôt sans protester outre mesure, mais à la condition que les puissants n'abusent pas de la confiance du public. «Les six jours de témoignage de Brian Mulroney donnent aux contribuables respectueux des lois de sérieuses raisons de réexaminer ce contrat.» Travers estime que cette entente jette un doute sur l'hypothèse selon laquelle nous assumons tous une part équitable du fardeau fiscal.

Triste spectacle

Margaret Wente, du Globe and Mail, dit avoir vu un «homme diminué» quitter la salle mercredi. «La grandiloquence et l'apitoiement avaient disparu. Il était fatigué et sans exubérance. Peut-être a-t-il compris qu'il n'avait pas réussi à défendre l'indéfendable.» Elle dit qu'elle n'était pas de ceux qui détestent l'homme, rappelle que son bilan à titre de premier ministre mérite le respect et que personne n'a démontré qu'il a agi illégalement lorsqu'il était au pouvoir. La commission a tout de même eu son utilité, dit-elle. «Elle a permis de montrer qu'un trafiquant d'influence nanti et sordide n'avait aucun problème à acheter un accès au plus haut échelon du gouvernement», grâce aux supposés amis du premier ministre qui profitaient eux-mêmes de leurs contacts avec Schreiber. Il reste qu'on se demande toujours pourquoi M. Mulroney a accepté cet argent, une «somme pathétiquement petite dont il n'avait même pas besoin». La seule raison rationnelle reste la plus simple, dit Wente: «Il a dû croire que personne ne le saurait.» «Je suis triste pour lui, écrit-elle, mais il avait l'obligation morale de dire la vérité et il ne l'a pas fait. Je suis triste de voir un homme si talentueux être aussi diminué et humilié. Mais il a aussi humilié son pays.»

Thomas Walkom, du Toronto Star, tente une hypothèse pour expliquer les paiements de M. Schreiber à M. Mulroney. M. Schreiber a fait fortune grâce à son démarchage durant les années Mulroney. Dans l'univers des lobbyistes, les bonnes manières exigent que le patron obtienne sa part. M. Mulroney était le patron du gouvernement à l'époque, même s'il ne savait rien des commissions récoltées par Karlheinz Schreiber au fil des ans. «Dans l'univers de Schreiber, il serait simplement sensé que l'homme à la tête du gouvernement obtienne lui aussi un petit quelque chose.» Selon Walkom, cela expliquerait l'absence de contrat ou de documentation ou le désaccord sur le mandat de M. Mulroney. «Il est fort possible qu'il n'était pas censé faire quoi que ce soit», avance Walkom.

***

mcornellier@ledevoir.com
 
 
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  • Michel Hudon
    Inscrit
    samedi 23 mai 2009 15h45
    Menteur un jour...
    Comment M. Mulroney peut-il, pour ne pas être déclaré fraudeur fiscal, jurer à la Commission qu'il a sciemment omis de déclarer les 225 000 $ en 1993 parce que ce n'était qu'une avance qu'il voulait déclarer lorsque le travail serait fait, alors que, pour ne pas payer tout l'impôt dû, il avait fait dire à Revenu Canada en 1999 par son «bon avocat» que c'était de l'argent qu'il avait omis de déclarer en 1993 ?

  • Maurice Monette
    Abonné
    samedi 23 mai 2009 17h09
    L'arbre qui cache la forêt...
    Les Médias Internet ou autres n'en ont que pour cette entourloupette payante entre mulroney et schreiber mais, c'est justement ce que veut ce gars de la Côte-Nord car, si de véritables enquêtes étaient menées sur son mandat à la Tête du Pays entre 1984 et 1993, il en serait tout autre quant à sa soit-disante probité.

    Pour ce qui est de son premier mandat entre 1984 et 1989, ç'a été quand même correct sauf qu'à l'automne 1988, constatant les premiers indices d'une récession, il convainquit la Chambre des Communes que pour faire "rouler" l'économie, il y aurait avantage de prolonger les heures d'ouverture des bars de boissons alcoolisées jusqu'à plus de trois heures (03:00 hres) le matin. Les gens qui fréquentent c'est "trous" à ces heures sont de toutes façons des gens de peu d'ambition et ce ne serait que d'aller chercher leur argent pour un cause bénéfique. Car, ce serait leur façon de participer au maintien de la santé de l'économie du Pays.

    Alors, cette prolongation des heures d'ouverture des bars, de 00:00/01:00 hre à plus de trois heures la nuit, passa comme du "beurre-dans-la-poêle", à la session d'automne de 1988. Puis, au printemps 1989, début de l'été, sentant que le moment était bon pour déclancher des élections, c'est ce qu'il fit. Mais, question de pouvoir tenir des réunions à l'abri des Gens Probes, il fit entériner la "danse topless" par le Sénat Canadien, qu'il avait pris soin d'investir auparavant par quelques nominations politiques, question de s'assurer d'une certaine majorité.

    Un coup ces avanies à la $ociété humaine $aine (société humaine saine) officialisées, tous ces pions étaient en place pour tenir des "réunions-de-cuisine" avec les membres du Crime-Organisé, les Motards(es) Criminels(les) en priorité car, c'était à eux/elles que reviendrait la distribution des drogues, un coup qu'il leur aura permis d'accéder au Statut d'Organisation Professionnelle reconnue par le Gouvernement. Ceux et Celles qui ne se souviennent pas de ces entourloupettes, Vous n'avez qu'à vérifier les Régistres des Minutes au Gouvernement Fédéral vers l'automne 1989. Tout y est enregistré !

    Maintenant, ces "mûles" étant officiellement légalisées, la SAGA des trafics de Drogues (cocaïne en particulier parce que la plus payante) s'enchaîna jusqu'à tard dans la période de transcendance au nouveau millénaire que NOUS augurions.

    Pour en revenir à son supposé choix de quitter subrepticement la politique, au début de l'été 93, c'est que son double jeu avait été découvert et qu'il a été démis de ses fonctions. Mais, pour que le CANADA "garde-la-face", les autorités ont choisi de camouffler ÇA en départ volontaire de sa part.

    Bon ! J'entend d'ici les gens se dire mais d'où sort-il ces informations ? Mais, disons que de faire une Revue complète des Événements de cette période particulière, m'a permis de trouver toutes ces informations, comme elles sont disponibles à qui veut se donner la peine de chercher...

    Merci de votre Attention & la Recherche est possible...

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

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