Sadique, colérique ou opportuniste, trois portraits d'agresseurs sexuels
Comme à chaque fois qu'un tel drame fait les manchettes, le procès de Francis Proulx, accusé de meurtre, d'agression sexuelle et de nécrophilie, soulève la même question. Des signes avant-coureurs trahissaient-ils que cet homme s'attaquerait à Nancy Michaud?
Un agresseur sexuel ne vit pas la dernière année avant la commission de son crime de la même manière selon qu'il est du type sadique, colérique ou opportuniste, explique Jean Proulx, psychologue et directeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.
Le psychologue, qui travaille à l'Institut Philippe-Pinel, présentait les résultats d'une récente étude lors du 5e Congrès international francophone sur l'agression sexuelle, qui se tenait à l'UQAM cette semaine.
M. Proulx a étudié les cas de 180 hommes, dont la moitié ont non seulement agressé sexuellement, mais aussi tué leur victime.
Le sadique, qui prend un plaisir sexuel dans la violence, est souvent un grand consommateur sexuel. «Films, prostituées, revues, que ce soit déviant ou non, il dépense beaucoup là-dedans», relève Jean Proulx. De personnalité anxieuse, les problèmes de tout acabit se sont accumulés dans sa vie. Oisiveté, faible estime de soi, en conflit avec lui-même et les autres... Rien ne va plus avant le crime.
Pour sa part, l'agresseur que Jean Proulx qualifie de colérique — il passe ses instincts violents dans la sexualité, mais la violence ne l'excite pas nécessairement — consomme aussi, généralement, de la pornographie. Il éprouve souvent des problèmes avec les autres. «Il souffre de solitude, il peut avoir vécu une séparation», constate le psychologue.
Plus insidieusement, l'opportuniste ressemble davantage à un «homme ordinaire». Sa vie sexuelle est généralement plutôt classique, il ne consomme pas de pornographie à outrance, il n'a pas de problèmes généralisés dans sa vie. «Il peut avoir des conflits avec le système, avec les femmes», soulève le psychologue. Son crime n'est pas prémédité. «Souvent, lors d'un vol, ou sous l'emprise de l'alcool, ou si une occasion se présente, il va commettre une agression sexuelle, mais ce n'était pas son but initial.»
Bien sûr, aucun agresseur ne correspond vraiment à ces profils, mais chacun se rapproche davantage de l'un ou l'autre, souligne-t-il. C'était une des premières fois qu'une étude se penchait sur les années précédant un crime de nature sexuelle. Jean Proulx compte publier un livre sur le sujet, qui relatera les résultats d'une étude faite sur plus de 600 agresseurs de tout acabit, jaugeant leur passé de l'âge de 18 ans jusqu'au crime.
S'il est incertain que ces descriptions puissent servir à prévenir des crimes, les résultats de l'étude peuvent aider les intervenants qui encadrent les délinquants sexuels afin d'éviter les récidives. «En 22 ans à Pinel, dit Jean Proulx, c'est très rare que je voie de nouveaux "pathways". Pour ne pas réinventer la roue à chaque groupe de thérapie, c'est utile pour le clinicien d'avoir un guide, un portrait de ce qu'il pourrait rencontrer.»
Un agresseur sexuel ne vit pas la dernière année avant la commission de son crime de la même manière selon qu'il est du type sadique, colérique ou opportuniste, explique Jean Proulx, psychologue et directeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.
Le psychologue, qui travaille à l'Institut Philippe-Pinel, présentait les résultats d'une récente étude lors du 5e Congrès international francophone sur l'agression sexuelle, qui se tenait à l'UQAM cette semaine.
M. Proulx a étudié les cas de 180 hommes, dont la moitié ont non seulement agressé sexuellement, mais aussi tué leur victime.
Le sadique, qui prend un plaisir sexuel dans la violence, est souvent un grand consommateur sexuel. «Films, prostituées, revues, que ce soit déviant ou non, il dépense beaucoup là-dedans», relève Jean Proulx. De personnalité anxieuse, les problèmes de tout acabit se sont accumulés dans sa vie. Oisiveté, faible estime de soi, en conflit avec lui-même et les autres... Rien ne va plus avant le crime.
Pour sa part, l'agresseur que Jean Proulx qualifie de colérique — il passe ses instincts violents dans la sexualité, mais la violence ne l'excite pas nécessairement — consomme aussi, généralement, de la pornographie. Il éprouve souvent des problèmes avec les autres. «Il souffre de solitude, il peut avoir vécu une séparation», constate le psychologue.
Plus insidieusement, l'opportuniste ressemble davantage à un «homme ordinaire». Sa vie sexuelle est généralement plutôt classique, il ne consomme pas de pornographie à outrance, il n'a pas de problèmes généralisés dans sa vie. «Il peut avoir des conflits avec le système, avec les femmes», soulève le psychologue. Son crime n'est pas prémédité. «Souvent, lors d'un vol, ou sous l'emprise de l'alcool, ou si une occasion se présente, il va commettre une agression sexuelle, mais ce n'était pas son but initial.»
Bien sûr, aucun agresseur ne correspond vraiment à ces profils, mais chacun se rapproche davantage de l'un ou l'autre, souligne-t-il. C'était une des premières fois qu'une étude se penchait sur les années précédant un crime de nature sexuelle. Jean Proulx compte publier un livre sur le sujet, qui relatera les résultats d'une étude faite sur plus de 600 agresseurs de tout acabit, jaugeant leur passé de l'âge de 18 ans jusqu'au crime.
S'il est incertain que ces descriptions puissent servir à prévenir des crimes, les résultats de l'étude peuvent aider les intervenants qui encadrent les délinquants sexuels afin d'éviter les récidives. «En 22 ans à Pinel, dit Jean Proulx, c'est très rare que je voie de nouveaux "pathways". Pour ne pas réinventer la roue à chaque groupe de thérapie, c'est utile pour le clinicien d'avoir un guide, un portrait de ce qu'il pourrait rencontrer.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

