vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 00h16
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le SCRS demande une enquête sur son rôle dans l'affaire Abdelrazik

Brian Myles   21 mars 2009  Justice
Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Jim Judd, a fait une démarche inhabituelle hier en exigeant la tenue d'une enquête indépendante sur le rôle de l'agence dans l'emprisonnement d'un citoyen canadien au Soudan, Abousofian Abdelrazik.

M. Judd a écrit une lettre à Gary Filmon, le président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), l'enjoignant de «faire enquête et rapport dès que possible» sur la façon dont l'agence s'est acquittée de ses responsabilités dans le dossier d'Abdelrazik, dont la famille réside à Montréal.

Abdelrazik est pris dans un entre-deux au Soudan, son pays d'origine, depuis 2003. Il a été arrêté deux fois et détenu pendant deux ans avant d'être relâché par les autorités soudanaises, sans qu'aucune accusation ne soit portée contre lui. Un document officiel du ministère de la Justice du Soudan atteste qu'il n'existe aucune preuve de son implication dans le terrorisme ou la nébuleuse Al-Qaïda. L'unité antiterroriste de la GRC l'a aussi exonéré.

Par contre, selon des documents secrets cités récemment par le quotidien The Globe and Mail, le SCRS aurait demandé aux autorités soudanaises de procéder à l'arrestation d'Abdelrazik. Celui-ci a prétendu qu'il avait été torturé par ses geôliers soudanais et interrogé par des agents du SCRS, une pratique qui n'est pas sans rappeler le programme de «reddition extraordinaire» adopté par les États-Unis sous l'administration Bush.

«Le SCRS a déclaré publiquement qu'il ne demande et n'a jamais demandé qu'un citoyen canadien soit arrêté à l'étranger et que les employés du SCRS ont agi conformément à la Loi sur le SCRS ainsi qu'aux droits et politiques du Canada», assure Jim Judd dans sa demande d'enquête.

«Pour tirer cette affaire au clair dans l'intérêt du public, je demande au [CSARS] de faire enquête et rapport dès que possible sur la façon dont le Service s'est acquitté de ses fonctions dans ce dossier», ajoute la missive de M. Judd.

Une démarche rarissime

La démarche est tout à fait légitime, mais rarissime. Le SCRS n'a pas l'habitude de se tourner vers le CSARS et d'attirer l'attention du public sur ses activités.

Abdelrazik vit présentement à l'ambassade du Canada à Khartoum, où il a trouvé refuge il y a une dizaine de mois, par crainte pour sa sécurité. Le gouvernement Harper a multiplié les embûches pour retarder son retour au Canada, entre autres en exigeant le plein paiement de son billet d'avion avant d'émettre un passeport d'urgence en son nom. Le retour au pays d'Abdelrazik est d'autant plus complexe qu'il figure sur la liste noire des personnes interdites de vol par le Conseil de sécurité de l'ONU.

La semaine dernière, plus de 100 Canadiens ont effectué des dons pour payer le billet d'avion d'Abdelrazik. Puisque Abdelrazik est sur la liste noire de l'ONU, elles sont passibles de poursuites criminelles.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jean Le May - Inscrit
    21 mars 2009 08 h 36
    Quelquechose àa cacher ?
    Je ne me prétend pas expert en espionnage, loin s'en faut, mais j'observe la scéne mondiale depuis assez longtemps pour ne presque jamais prendre au premier degré une nouvelle d'ordre politique, surtout si elle comporte une dimension "services secrets".
    Ainsi aujourd'hui acceuille-t-on cette nouvelle que le SCRS désire une enquête pour que soit sondé son rôle dans une affaire au Soudan. Premier degré, nul n'est contre la vertu, bravo quel grand geste candide, on ne peut que se prosterner devant tant de transparence.
    Mais dites-moi ce qu'un organisme de propagande et de politique étrangère comme le SCRS peut avoir à foutre avec la vérité obtenue par transparence? Dans quel intérët, la "vérité" devient-elle soudain une vertu ? Et je n'attaque pas plus le SCRS que n'importe quel autre organisme semblable mais il faut admettre que c'est dans la nature même d'un tel organisme que de faire passer des mensonges pour vérité et des "vérités" pour mensonges.
    Alors, ou bien le SCRS veut-il cacher une autre vérité, sensible celle-là, au Soudan en faisant une belle enquête sur un individu dont l'opinion canadienne ne connait rien ou si peu ou bien on occuppe la presse pour avoir les coudées franches ailleurs. Ou quelqu'autre variante de la manipulation de l'opinion publique.

    Mais qui s'en soucie ?

    Jean Le May
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Eric Allard - Abonné
    21 mars 2009 12 h 15
    Plus de questions que de réponses
    Quel intérêt y-a t'il a publier un article qui ne répond pas lui-même a ses propos?

    Un exemple parmi tant d'autres: pourquoi le journaliste ne nous éclaire-t'il pas sur cette fameuse liste noire de l'ONU? Si il n'y a aucune preuve de terrorisme contre un individu, comment peut-il se retrouver sur cette liste?

    Connaître les criteres de cette liste pourrait nous aider a comprendre les allégations qui pesent contre M. Abdelrazik.

    Eric Allard
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012