mercredi 8 février 2012 Dernière mise à jour 16h07
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Bell Canada condamnée pour harcèlement téléphonique

Fabien Deglise   5 février 2009  Justice
Bell Canada a dépassé la ligne. C'est du moins ce qu'estime la Cour du Québec qui vient de condamner le géant de la téléphonie à dédommager un de ses clients pour harcèlement téléphonique et intimidation.

Les appels inopportuns, générés par ordinateur, ciblaient en effet la mauvaise personne en plus d'enfreindre les lois en vigueur au pays, a établi le tribunal. Le jugement, rendu par la division des petites créances du palais de justice de Longueuil, est final et sans appel.

L'affaire remonte à juin 2007. À cette époque, Daniel Crevier, un ingénieur en informatique de la Rive-Sud, est alors exposé à plusieurs appels automatisés lui enjoignant de rappeler un numéro appartenant à une agence de recouvrement de dettes mandatée par Bell Canada. Ces appels ont perduré pendant deux semaines, «à raison d'un coup de téléphone aux deux jours environ, dont parfois à 8h le matin», se souvient M. Crevier, joint hier au téléphone par Le Devoir.

Or, en composant le numéro mentionné dans le message automatisé, l'homme découvre, après avoir parlé à plusieurs préposés, qu'il est finalement victime d'une erreur sur la personne. Les appels visaient en effet à recouvrer une dette contractée par un autre client de Bell que M. Crevier ne connaît ni d'Ève ni d'Adam. Le numéro du plaignant apparaît toutefois, de manière erronée, dans le dossier de cet autre abonné.

Tout en reconnaissant que les appels reçus par M. Crevier, qui n'a rien à se reprocher, «constituent une atteinte au respect de la vie privée», la juge Chantal Sirois met également en lumière une pratique douteuse de Bell en matière de recouvrement de dettes.

«Le Tribunal est convaincu que Bell Canada a mis au point ce système informatisé d'appels à répétition ou y a consenti, à tout le moins implicitement, pour mettre de la pression sur ses débiteurs», écrit-elle dans son jugement rendu le 21 janvier dernier, et ce, en ciblant et en incommodant des personnes dans l'entourage du mauvais payeur. Entourage qui pourrait alors être tenté «de communiquer avec le [mauvais payeur] pour lui dire: "paie donc ton compte, comme ça je ne recevrai plus d'appels de Bell Canada"», poursuit Mme Sirois.

Le hic, c'est que cette pratique contrevient à la Loi sur le recouvrement de certaines créances, qui interdit à tous créanciers de «faire du harcèlement, des menaces ou de l'intimidation» afin de revoir la couleur de leur argent. Ils ne peuvent également pas réclamer le montant d'une dette «à une autre personne que le débiteur ou sa caution» et ne peuvent pas non plus «communiquer [avec l'entourage du mauvais payeur], sauf une seule fois pour obtenir l'adresse et le numéro de téléphone» de la personne endettée, stipule la loi.

La cour des petites créances, qui souligne dans son jugement les nombreuses infractions commises par Bell Canada dans cette affaire, rappelle d'ailleurs qu'une entreprise de cette envergure «a l'obligation légale de s'assurer que son système de recouvrement respecte les dispositions impératives de la loi», peut-on lire. Et pour ces raisons, entre autres, la compagnie de téléphone est condamnée à verser 999,99 $ à M. Crevier à titre de dommages. En plus des intérêts et des frais judiciaires.

Hier, l'ingénieur de la rive sud s'est dit satisfait de la conclusion de cette affaire. «C'est une somme symbolique, a-t-il indiqué, mais avec cette poursuite, je voulais surtout m'assurer que la compagnie cesse ce genre de pratiques.» De son côté, Bell Canada a refusé de répondre aux question du Devoir, prétextant que ses avocats devaient «prendre connaissance du jugement pour pouvoir formuler des commentaires», a résumé un porte-parole.

Notons que, lors de l'audition de la cause le 12 janvier dernier, le géant de la téléphonie a tenté de se soustraire au paiement de tous dommages et intérêts réclamé par M. Crevier en invoquant une clause des «modalités de service de Bell Canada publiées dans la Gazette officielle du 18 octobre 1986», relate la juge Sirois. En substance, ce document, qui a force de loi, stipule que l'entreprise ne peut pas être tenue de verser «des dommages-intérêts plus élevés que 20 $ en cas de négligence».

L'argument n'a toutefois pas été retenu par la juge, la poursuite pour harcèlement et appels téléphoniques inopportuns intentée par la victime de ces coups de fil n'étant pas liée à un problème avec son contrat de service conclu avec Bell Canada, mais plutôt à une erreur sur l'identité d'un débiteur.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 04h55
    Il n'y a pas pire que Bell !!!
    Je peux confirmer que Bell abuse de ce genre de pratique, car je souffre du même problème. On pourrait s'attendre à des pratiques commerciales infiniment plus éthiques et plus respectueuses de la clientèle de la part d'une entreprise qui spécialise en communication ; mais en fait elle est pire que les autres !

    De plus, malgré mon inscription au nouveau registre des numéros désabonnés aux messages de ventes par téléphone, Bell n'a jamais cessé ses appels inopportuns.

    De grâce !!!

    Fichez-nous la paix !!!

  • Louise Ouimet
    Abonnée
    jeudi 5 février 2009 08h17
    Bell Canada condamnée pour harcèlement téléphonique
    Je suis très heureuse de ce jugement. Le harcèlement est pratique courante chez Bell. Depuis que je suis passée à Vidéotron pour mon téléphone résidentiel, je reçois depuis plus d'un an, des lettres de rappel, des factures fictives (indiquant que j'ai un crédit de $4.). De plus, lors de l'achat d'un ordinateur portable, je bénéficiais du service d'accès à Bell Mobilité pour 30 jours en essai gratuit. Bell m'a inscrite comme adhérente normale; ça finit par me coûter $243. pour un service que j'ai bénéficié durant une trentaine de jours. Je devais stopper mon abonnement 30 jours avant que cela ne puisse être effectif et comble, ils n'ont pas enregistré ma demande de cessation avant la 3e demande. J'ai refusé de payer la dernière facture de $80. et j'ai subi tous les appels de harcèlement. Malgré une lettre et appels téléphoniques pour expliquer la situation, ils ont mis mon dossier entre les mains d'une agence de recouvrement. Cette dernière semble avoir compris après que je lui aie transmis une copie de ma lettre à Bell, restée sans réponse. Des cas comme ceux-ci, il y en a plusieurs.

  • Normand Babin
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 09h25
    tiens, tout comme moi
    après avoir décidé de changer de fournisseur de téléphonie, avant d'avoir reçu une facture finale, j'ai reçu des dizaines d'appels de ce genre, unilingue anglais de chez Bell. Je devais l'immense somme de 57$. On a aussi harcelé mes parents (qui ont + de 70 ans) et lorsque j'ai décidé de parler à un agent parce que je voulais que ce harcèlement cesse (j'avais payé depuis 2-3 jours) on a tout simplement coupé mon service téléphonique pendant une vingtaine de minutes, le temps de vérifier mon paiement je suppose, pour ensuite remettre ma ligne en marche sans me parler. Ayant parler à quelques responsables du service à la clientèle, on m'a dit que c'était là la façon de faire chez Bell.
    Depuis, c'est par la poste qu'on me harcèle, pour que je redevienne leur client privilégié!

  • Lois Lois
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 10h25
    Faux frais et forfaits de Bell MOB
    J'ai accepté un téléphone cellulaire de Bell Mob (un forfait de Noël) et eu ensuite des faux frais (20 $ par mois) de transferts électroniques quand je n'utilisais même pas les messages électroniques par téléphone. On a jamais voulu reconnaître ces abus de facturation. J'ai refusé de payer et cesser d'utiliser le téléphone mais les factures ont grimpé dans les 800 $ après une année. On m'a harcelé pendant près de 2 ans (aux deux ou trois mois)avant de lâcher prise. VIVEMENT LA PUBLICITÉ DES FORFAITS!

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 11h26
    Bell : la pire compagnie au Canada
    Moi aussi j'ai «flushé» cette compagnie de mon existence l'an dernier pour cause de mauvais service. Et depuis, ils saturent ma boite au lettres de publicité.

    Les «marketeux» ont pris le contrôle de la firme, sans se soucier du service à la clientèle.

    Dire que le pays où le téléphone a été inventé est celui où les tarifs (Internet, cellulaire) sont maintenant les plus chers du monde développé... pitoyable! On paie juste pour se faire inonder de pub, de forfaits tous plus compliqués les uns que les autres.

  • Michel Bérubé
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 12h41
    les chums de Bell
    On aimerait bien savoir qui a fait inscrire la limitation à $20 en 1986. Et aussi connaître l'argumentaire qui peut justifié que les dommages de tout les cas de figure de négligence de Bell se limiterait à ce montant d'argent. En attendant, je comprend que les gouvernements libéraux et conservateurs ont maintenu cette état de chose.

  • Christopher Lackey
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 13h05
    La justice rendue
    Si on mettait tous nos factures Bell dans la déchiqéteuse au même moment et les oubliait à jamais...

    Je ne suis pas client, heureusement. Un béhémoth qui se comporte ainsi mérite d'être puni, et ce jugement le nui davantage par la mauvaise publicité que par la somme dû:
    $10,000 n'est rien pour Bell, évidemment. J'ajoute les commentaires à cet article au tas de témoignages que j'ai entendu personellement de surfacturation, récouvrement destiné à la mauvaise personne, publicité qui se sert des données personnelles jusqu'au point inquiètant, et une véritable labyrinthe kafkaesque de départements dont il est impossible d'avoir une réponse quand on est client. Sans parler du fait qu'ils ont, et ils l'ont fait exprès, ralenti le réseau à haute vitesse à plusieurs réprises des abonnés PAYANTS à cause de quelques clients qui, à leurs yeux, téléchargaient trop. Mais c'est ce qu'on mérite, nous aussi, en acceptant la survie d'une telle monopole pendant si longtemps. La seule solution c'est celle du capitalisme: Le monde doit décider (et ici, veiullez excuser mon langage grossier) d'arrêter de se faire fourrer par Bell et faire partie de l'éxodus vers la compétition.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 13h43
    c'est un peu de la faute du système
    Oui car si le système permettrait tout comme au USA de déconnecter le service rapidement. Au USA si tu ne paie pas to service, électricité, gaz, eau, téléphone, cable ou quelqu' autre service à l'intérieur du temps prescrit, habituellement 2 semaine le service est coupé sans autre avis.
    Et il ne sera rétabli tant que le solde est impayé et que les frais de retard et reconnexion ne seront pas payé d'avance.

    J'ai plusieurs amis en Géorgie qui ont eu à souffrir de cette rapidité d'action et croyez moi aujourd'hui ils payent tous à temps, ils ont appris à être responsable, un mot étranger aux Québécois.

  • Elizabeth Grant
    Inscrite
    vendredi 6 février 2009 11h45
    Un autre poisson!
    Je suis contente que cette histoire sorte au grand jour. Enfin quelqun qui a été jusqu'au bout. C'est assez dur a gérer de ce genre de situation. Il ya peu de gens qui ont le temps (entre le travail et les enfants) et l'envie de se lancer dans ce genre de procédure. De plus, il ya souvent bien peu de preuve et on a l'impression que personne va vraiment nous prendre au sérieux. Que peut on faire contre une grosse entreprise comme ça, nous pauvre petit peuple...

    Et voila que moi aussi j'ai eu une mauvaise expérience. Une belle publicité pour un abonnement internet avec 2 mois gratuit wow je saute sur l'occasion. Et bien sur, pour que ça soit plus pratique, prélèvement automatique sur ma carte de crédit. Premier mois humm retrait de bell pour abonnement mensuel... mais c'étais pas supposer etre gratuit???? Bon merde je dois appeler le service à la clientèle (qui est ouverte que sur les heures de bureau bien sur....) Il me rembourse et m'affirme que j'aurais le prochain mois gratuit. La prochaine facture un autre prélèvement! encore une fois petit coup de téléphone... oui oui on va vous remboursé. Bref après m'avoir fait le meme coup 3 FOIS! je pogne un peu les nerfs et ils me disent que pour ce faire pardonner il m'offre un truc en plus (qui va etre gratuit, c'est un cadeau), je n'ai qu'a réponde a un mail. Vraiment a BOUTTE je leur dit que je m'en fous que je veux plus rien d'eux!!! Qu'est ce que que je trouve pas dans ma boite de réception, le mail en question que j'avais refuser. J'ai évidament pas répondu. Et ce que je trouve sur mon compte BELL, le soi dit cadeau que je n'ai pas accepté FACTURER!!!!
    Ah ben vraiment je les emmerde!
    Ne pouvant changé de compagnie pour Internet, (j'avais signé un contrat d'un an) je change au moins de compagnie pour le téléphone. Après mon appel pour leur annoncer que j'allais dorénavant me passer de leur services à partir de tel date, il me coupe la ligne durant 24 heures...BIZZARMENT!

  • Stratus
    Inscrit
    mercredi 17 mars 2010 18h06
    Pas encore Bell Canada
    J'ai moi aussi eu droit aux foudre de Bell, je suis une méchante fille parce que lors de mon déménagement j'ai envoyé mon changement d'adresse chez Bell et ceux ci n'ont jamais été capable de m'envoyer une dernière facture datant de 4 ans?????? Aujourd'hui Bell a coupé ma ligne téléphonique parce que je refuse de payer cette facture dont je n'ai jamais vue la couleur, en tout cas ça met fin aux appels interminent du fameux enregistrement me disant que je dois absoluement leur téléphoner...la j'ai une bonne raison de ne pas le faire...il n'y a plus d'abonné.......peut-être devrais-je les poursuivre pour incompétence........

  • Halle Andre
    Inscrit
    lundi 28 juin 2010 05h58
    C'est toujours mon cas
    Je reçois des messages automatisés d'une compagnie de créance liée à Bell, parfois jusqu'à 14 fois par jour (surtout le Samedi). Ceux ci font pire, le message est scindés en parties comme "Allo ceci est un message ..." et ce bout de message sera répété 3 ou 4 fois pour ensuite passer à la suite du message qui lui aussi sera répéter 3 ou 4 fois et ainsi de suite. Ce qui fait d'un message préenregstré d'une minute par exemple, un message qui en dure 4 minutes, de toute façon ces message dépasse la limite de temps accordée à chaque message sur ma boite vocale..

    C'est inacceptable. Tout ça pour un montant de 200.00 que je refuse de payer à Bell pour son service de téléphone mobile (cellulaire solo) qui m'a couté au bas mot des centaines de dollars en peu de mois. J'ai résilié mon contrat il y a plus d'un an, j'ai payé les frais encourant une fin de contrat et depuis environ 12 mois à 13 mois je reçois chaque jour de multiples appels harcèlement de cette compagnie.

    Si je retourne l'appel, on m'envoie à une boite vocale et/ou à un message me disant d'appeler durant les heures de semaine.

    J'ai cité cette pratique à quelques organismes dont l'office de protection du consommateur mais ceux ci se disent inondés de plaintes de clients de Bell et que le temps de traitement peut être très long.

    Alors malgré la teneur de l'article cité précédemment, je peux vous affirmer que Bell use de pouvoirs extrêmes en terme de harcèlement.

    Ce genre de pratique donne une cote de professionnalisme pratiquement nulle à cette compagnie qui n'en fini plus d'arnaquer les gens.

    Bien à vous

    André Hallé

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
11 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012