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Aide au suicide - Québec conteste l'acquittement de Dufour

Amélie Daoust-Boisvert   30 décembre 2008  Justice
Alors que la famille tentait tant bien que mal de tourner la page sur cette triste histoire pendant le temps des fêtes, le directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé d'en appeler du verdict d'acquittement de Stephan Dufour rendu le 12 décembre dernier. Un jury de douze personnes a acquitté Stephan Dufour de l'accusation d'aide au suicide qui pesait contre lui, après la mort de son oncle atteint de poliomyélite Chantal Maltais, décédé en septembre 2006.

Alors qu'un soupir de soulagement collectif avait été poussé au moment de l'acquittement, la famille, mise au courant de l'avis d'appel hier matin, était atterrée. L'avocat de Stephan Dufour, Me Michel Boudreault, raconte que «la famille est déçue. Stéphan pleurait ce matin lorsque je lui ai parlé, il était anéanti. Pour eux, cette nouvelle un 29 décembre, c'est très difficile», d'autant que la Couronne disposait d'un délai expirant le 12 janvier pour en appeler de la décision. «Ils ne peuvent tout simplement pas s'imaginer recommencer le processus [du procès]», explique l'avocat de la défense.

Chantal Maltais, 49 ans, était confiné à un fauteuil roulant. Il s'est pendu le 8 septembre 2006, après avoir tenté deux fois de se suicider par le passé et instamment demandé à plusieurs membres de la famille de l'aider à mourir. Pendant son témoignage, l'accusé Stephan Dufour a confié au jury que son oncle lui avait demandé tous les jours pendant un an et demi de l'aider à mettre fin à ses souffrances. Il a dit avoir accepté de poser un collier étrangleur dans son placard, car il ne pouvait plus endurer ce «harcèlement».

Le directeur des poursuites criminelles et pénales demande à la Cour d'appel d'écarter le verdict d'acquittement et d'ordonner la tenue d'un nouveau procès. Il présente deux arguments visant à montrer que le juge aurait commis des erreurs de droit. D'abord, il a reproché au juge d'avoir limité «la commission du crime d'aide au seul moment de l'installation [du collier étrangleur]» que Chantal Maltais a utilisé pour mettre fin à ses jours.

Deuxièmement, on met sur la sellette la validité de la défense présentée. Celle-ci s'appuyait sur l'intention de Stephan Dufour de commettre un crime et sur la notion de doute raisonnable. La défense a présenté l'accusé comme un homme aux capacités intellectuelles réduites ayant l'âge mental d'un enfant et qui a subi la pression de son oncle pendant de nombreux mois. Durant les délibérations, le jury avait d'ailleurs demandé que le magistrat leur réexplique les notions d'intention et de doute raisonnable. Le magistrat avait répondu que l'intention de Stéphan Dufour d'aider son oncle à se pendre était au coeur de la décision qu'ils devaient rendre. Quant au doute raisonnable, il leur a rappelé qu'il permet d'acquitter un accusé si l'on éprouve le moindre doute, basé sur des faits et non pas des sentiments, sur sa culpabilité.

Selon la Couronne, l'homme de 30 ans était coupable, puisqu'il a confirmé avoir fourni l'outil ayant servi au suicide de son oncle en sachant que celui-ci allait l'utiliser. Stephan Dufour a plutôt soutenu qu'il avait demandé à son oncle de ne pas s'en servir.

Bien qu'il reconnaisse entièrement le droit de la Couronne d'en appeler du verdict de non-culpabilité, l'avocat de Stéphan Dufour juge non concluants les arguments présentés et estime que la Cour d'appel sera difficile à convaincre. «D'abord, ils reprochent à la défense de ne pas avoir présenté une défense reconnue de droit (que l'accusé n'avait pas l'intention de commettre un crime). C'est pourtant une défense solide, [se baser sur] la personnalité de l'accusé combinée à la pression subie, et reconnue depuis longtemps.» Ensuite, il a confié au Devoir avoir «la conviction que la Cour d'appel va reconnaître que le juge a bien instruit le jury et va reconnaître que le verdict était fondé».

Le criminaliste Jean-Claude Hébert rappelle que la Couronne peut uniquement faire appel sur des questions de droit. «J'ai l'impression qu'on bascule dans une question mixte de fait et de droit, un domaine où la Couronne ne peut pas appeler», analyse-t-il après avoir pris connaissance des motifs d'appel de la Couronne. «Le deuxième argument est intéressant, à savoir si la capacité mentale affaiblie était un facteur à prendre en considération. Les précédents disent que les caractéristiques personnelles ne devraient pas entrer en ligne de compte, mais il y a des limites, car ici le débat est une question d'intention. Avait-il l'intention requise par la loi pour être accusé?», se demande le criminaliste.

«En partant, le défi de la Couronne sera lourd, prédit Me Hébert. La Couronne devra présenter de solides arguments pour convaincre la Cour d'appel de renverser le verdict du jury, surtout qu'il y a en général beaucoup de réticence à renverser un verdict du jury.»

Il estime que «le verdict semblait fondé sur le bon sens, l'analyse et les faits de la cause sur ce drame humain. Il correspond aux attentes populaires et le juge a respecté la démocratie juridique et le jury, qui a eu un rôle déterminant».

Sur une note plus personnelle, l'avocat de la défense abonde dans le même sens. Il affirme qu'il comprend mal l'intérêt de la Couronne d'en appeler. «La Couronne représente la population et l'État. La population n'a pas été choquée par ce verdict. Où est l'intérêt d'en appeler?» En effet, au moment du verdict, la population semblait approuver l'issue du procès, comme en témoignent plusieurs témoignages rendus dans les médias, et ce, dans la ville même du drame.

Ce nouveau rebondissement dans cette affaire montre que le débat sur l'aide au suicide demeure un sujet sensible. Toutes les causes semblables au Canada ont abouti à un verdict de culpabilité, le plus souvent assorti d'une peine réduite. Plusieurs observateurs affirmaient que la cause devrait faire jurisprudence, mais le caractère au cas par cas fait douter d'autres experts de cette possibilité. Quant à savoir si le débat sera rouvert au Canada, le directeur du Centre d'étude en droit privé et comparé Pierre Deschamps en doute. «Oui, le débat devrait se faire au Canada, a-t-il affirmé en entrevue à Radio-Canada, mais les parlementaires sont frileux à en débattre.» Il estime que le contexte politique actuel ne favorise pas une action législative prochaine sur ce «sujet délicat». «En attendant, il faut s'en référer aux tribunaux», conclut-il.

Le procureur de la Couronne Denis Dionne ne s'est pas adressé aux médias, hier, après leur avoir communiqué l'intention d'appel, et n'avait pas rappelé Le Devoir au moment de mettre sous presse.

Le débat sur l'aide au suicide ressurgit au fil des malades qui l'incarnent et des drames qui surviennent sporadiquement. En France, le suicide de Chantal Sébire avait relancé le débat cette année. La femme, lourdement défigurée par une tumeur incurable au visage, avait mis fin à ses jours le 19 mars 2008 après avoir réclamé le droit de mourir avec une aide médicale. Une mission d'évaluation sur la loi sur la fin de vie avait été mise sur pied. Ses conclusions, rendues le 2 décembre dernier, refusent de reconnaître un «droit à la mort», même pour les malades incurables réclamant la mort. Le président de la commission, le député Jean Leonetti, a plutôt proposé des moyens d'améliorer les conditions de fin de vie en recommandant la création d'un congé payé pour les proches et une meilleure formation des médecins sur les soins palliatifs.






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Vos réactions

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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 30 décembre 2008 03h38
    Fonctionnaires niaiseux
    « Ainsi, le directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé d'en appeler du verdict d'acquittement de Stephan Dufour.

    Niaiserie ultime du directeur. Laissez donc tranquille M. Dufour qui ne mérite certainement pas cet acharnement. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 05h32
    Acharnement injustifié
    « Autre beau cas d'acharnement d'un "système" pharisaïque envers les "démunis" de nos sociétés, pourtant si laxistes envers les cohortes de récidivistes de tout acabit aux "sentences-bonbons", au détriment d'une majorité de victimes généralement impuissantes et "non consentantes"! »

  • Yvon Bureau
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 08h21
    Énorme tristesse et profonde colère
    « Comment ne pas ressentir une tristesse mur à mur devant ce que la famille Dufour subit et aura à vivre dans les mois qui viennent. Cette tristesse est multipliée par celle qu'on dû vivre les autres familles lors des procès de Marielle Houle (Montréal)et d'André Bergeron (Sherbrooke). Des drames épouvantables qui n'auraient simplement pas existés si le Canada avait décriminalisé, non l'aide au suicide, mais l'aide médicale pour mourir plus dignement, aide pratiquée dans un cadre strict et sécuritaire, cadre réévalué périodiquement.

    Colère contre la Couronne, OUI. Ça va donner quoi de plus? À qui tout ça va-t-il profiter? Qui peut bien soutenir un tel appel?

    Questionnement : les familles qui ont eu à vivre de tels procès ne devraient-ils pas s'unir pour poursuivre le Gouvernement canadien pour ne pas permettre exceptionnellement une aide médicale à mourir pour les terminants irréversibles de la vie qui le demandent au nom de la compassion, de la dignité, de leur conscience,du libre choix?
    Le Canada aurait été le 1e pays à permettre l'aide médicale à mourir, il y a une quinzaine d'années,si la Cour suprême avait dit oui à une telle aide, non 5 contre et 4 pour, mais le contraire. Il doit agir maintenant. La sécurité et la protection des mourants et de leurs familles l'exigent.
    Si vous voulez ma dernière lettre ouverte parue le 20 décembre dernier dans Le Devoir Non à l'aide au suicide et Oui à l'aide médicale à mourir,
    courriellez-moi. »

  • Johanne Bédard
    Inscrite
    mardi 30 décembre 2008 09h00
    Quelle déception!
    « Stephan Dufour n'est pas dangereux pour la société. Ne pourrait-on pas le laisser tranquille, juste par gros bon sens? »

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 09h01
    Élasticité de la justice ? C.Pelchat tahcl@axion.ca
    « Une fois de plus,je crois qu'il ne faut pas permettre aux administrateurs de la justice(juges,procureurs et autres)d'en prendre à leur aise avec des questions juridiques aussi graves.Beaucoup ne semblent pas se rendre compte du danger auquel s'expose notre société moderne lorsqu'elle s'aventure sur cette pente mortelle. On a beau avoir toute la sympathie du monde(et personnellement je crois que ce sont des drames horriblement tristes que de tuer présumément par amour)pour les personnes impliquées et s'il y a une vraie défense en droit pour l'inculpé,il faut s'en servir à fond,mais on ne peut justifier ``a priori``et par principe que poser un tel geste est un acte légal et moral.
    Les sociétés qui s'engagent et s'engageront à justifier un tel geste en principe découvriront vite dans quelle trappe juridique elles s'enfonceront. Imaginez le nombre et la complexité de toutes les circonstances possibles
    qui pourront donner lieu à une ``commande``de faire disparaître qui,un ami,un conjoint,un parent,parce que sa qualité de vie ``me``,``nous``semble insupportable.Car,il est bien là l'argument massue.
    Aujourd'hui,dans tous les hôpitaux et les établissements de soins de derniers recours,il existe des équipes biens formées qui possèdent une panoplie de recours
    pour pallier aux périodes douloureuses et/ou finales. Et je
    m'excuse au près de M.Samuel,mais,il n'y a pas d'hypocrisie là-dedans,mais seulement de la vraie compassion humaine et
    chrétienne si vous avez la foi.
    Nos semblables(particulièrement nos proches)ne sont pas seulement ``un paquet de molécules``comme l'a écrit un scientiste moderne.Ils ont une âme;la preuve,ils souffrent.Au fond,la seule vraie manière de les secourir,c'est de les approcher le plus possible dans leurs souffrances et leur détresse morale;de leur montrer notre empathie;de les assurer de notre présence chaleureuse et de
    leur administrer les palliatifs qui rendront leur départ
    moins souffrant. beaucoup de ces désespérés qui se voient ainsi entourés,appréciés et bien traités en arrivent à reprendre goût à la vie,même si leur handicap n'a pas disparu.
    Mettre fin à la vie d'un de ses semblables n'a jamais été une solution.Imaginez vous-mêmes faisant celà.
    Le pourriez-vous ?
    C.Pelchat
    Lac-Mégantic »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    mardi 30 décembre 2008 09h32
    Crétin diplômé
    « Il se trouvera toujours quelque crétin du genre pour nous rappeller l'inutilité de leur travail. Il devrait être congédié.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    mardi 30 décembre 2008 10h04
    Système infantilisant
    « Pour qu'il y ait crime, il me semble qu'il doit aussi y avoir une victime de ce crime à quelque part. Or dans le présent cas, la seule victime est le bon samaritain, accusé par un système judiciaire moyenâgeux d'avoir répondu favorablement à une demande d'un proche (souffrant). Ou bien le système pénal est là pour protéger les citoyens victimes d'acte indésirable, ou bien il se prend pour Dieu et se démène dans des procédures infantilisantes. Maître Dionne, doit-on vous rappeler qu'on vous verse un bon salaire, non pas pour tenter de nous infantiliser, mais pour voir à notre protection? »

  • André Michaud
    Inscrit
    mardi 30 décembre 2008 10h17
    Le courage de légiférer
    « Quel parti aura le courage de faire une loi encadrant le suicide assisté, au lieu de se fermer les yeux à la souffrance et au droit de mourir dans la dignité? »

  • Anne Elisabeth Selles
    Inscrite
    mardi 30 décembre 2008 10h25
    Completement stupide...
    « Alors que tout le monde est d'accord pour acquitter ce pauvre gars ayant l'age mental d'un enfant, un procureur idiot qui ne sait pas quoi faire pour faire parler de lui, fait appel de la décision d'un jury populaire. Voila à quoi on dépense nos taxes, alors qu'il y a tant de moyens de les utiliser de façons plus constructives, plutôt que de faire mousser un avocaillon de la Cour du Québec. »

  • Rémi Bourget
    Inscrit
    mardi 30 décembre 2008 12h15
    Aide au suicide: l'État doit agir.
    « J'ai appris ce matin que la Couronne a décidé d'en appeler de l'acquittement du jeune Dufour qui est accusé d'avoir aidé son oncle à se suicider. La réaction de plusieurs sera de déplorer cet "acharnement" du Directeur des poursuites pénales et criminelles. Et pourtant...

    Au risque de déplaire, je crois que la décision d'en appeler du verdict, bien qu'elle soit impopulaire, est bien fondée. L'article 241 du Code Criminel se lit comme suit:
    "Est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, selon le cas :
    a) conseille à une personne de se donner la mort;
    b) aide ou encourage quelqu'un à se donner la mort,
    que le suicide s'ensuive ou non."

    À la lecture de l'article, il appert que l'intention spécifique de causer la mort n'est pas requise. En d'autres mots, il suffit d'une intention générale d'aider à commettre un suicide, en sachant que le suicide peut en résulter pour être reconnu coupable du crime d'aider une personne à se suicider. Cette intention doit être analysée de façon objective; donc la question à se poser est celle de savoir si la personne raisonnable aurait pu prévoir qu'un suicide résulterait de l'opération.

    Dans le cas du jeune Dufour, malgré qu'il était visiblement vulnérable et manipulé par son oncle, malgré le fait qu'il vivait une situation intenable, il avait l'intention nécessaire en droit pour être accusé du crime d'aide au suicide. En aidant son oncle à nouer la corde pour se pendre, il savait que le suicide de son oncle serait la conséquence de ce geste.

    Évidemment, il n'avait pas le désir que son oncle meurt. Mais c'est là une toute autre question. Avant d'avoir l'air d'un positiviste du droit déconnecté de la réalité, laisser moi spécifier que je ne souhaite pas voir le jeune Dufour en prison et que je suis désolé que lui et sa famille ait à vivre un autre procès (surtout qu'ils apprennent cette triste nouvelle pendant le congé de Noël). Cependant, ce n'était pas dans la détermination du verdict qu'il fallait faire preuve de compassion, mais dans la détermination de la peine. Je m'explique. Dufour avait réunis les conditions de culpabilité du crime en commettant un acte dont il ne pouvait ignorer que la conséquence serait la mort de son oncle. Cependant, cet acte (pour lequel aucune peine minimale n'est prévue) a été posé dans un contexte de contrainte, par une personne vulnérable qui ne représente pas de risques de récidive pour la société. Les conditions sont donc toutes réunies pour le prononcé d'une sentence clémente. Selon moi, Dufour aurait donc du être reconnu coupable et condamné pour une peine symbolique d'emprisonnement avec sursis, c'est-à-dire une peine à purger dans la collectivité, sans autre conditions.

    L'art. 241 du Code criminel a une raison d'être: protéger le droit à la vie. Voilà pourquoi un verdict d'acquittement dans un cas comme celui de Dufour serait dangereux. En effet, le message envoyé par les tribunaux serait à l'effet qu'il est permis de mettre fin à la vie d'autre personnes quand nous jugeons que leur vie ne vaut plus la peine d'être vécue. Cela ouvrirait la porte à de nombreux dérapages. En effet, les gens qui prêtent assistance au suicide d'un proche sont très (trop) impliqués dans la vie de cette personne pour avoir le désintérêt nécessaire afin de juger froidement de l'opportunité pour cette personne de mettre fin à ces jours. L'intérêt des personne qui aide au suicide peut-être noble et altruiste, mais il pourrait aussi être vil et motivé par la perspective d'un important héritage par exemple. Sans parler de la possibilité d'invoquer l'aide au suicide en défense à une accusation de meurtre...

    Le noeud du problème vient ici de l'inaction du gouvernement fédéral. La Cour suprême a déjà eu l'occasion d'expliquer de manière savante le droit canadien en matière d'aide au suicide dans l'arrêt Rodriguez (http://www.canlii.org/fr/ca/csc/doc/1993/
    1993canlii75/1993canlii75.html, pour ceux que ça intéresse). La Cour a aussi très bien expliqué qu'en l'absence de changements législatifs, le droit de mourir dans la dignité ne pouvait être reconnu au Canada, puisqu'il se butait au droit à la vie qui, lui, est reconnu par les Chartes. Quelle a été la réaction du gouvernement après 15 ans? RIEN. Quelques projets de lois présentés par l'opposition et morts au feuilleton, sans plus.

    Il existe pourtant une façon de conjuguer le droit à la vie et le droit de mourir dans la dignité. En effet, toute personne dispose du droit à l'autodétermination. Ce droit inclut celui du refus de soins. Dans l'État actuel du droit, il n'inclut pas celui de recevoir l'assistance du personne pour mettre fin à ses jours dans la dignité. Malheureusement. Voici ce que je proposerais, je proposerais de rajouter un deuxième paragraphe à l'art. 241 du Code criminel afin de reconnaître et d'encadrer à l'intérieur de balises strictes le droit à l'Euthanasie.

    Une personne devrait pouvoir se voir reconnaître le droit à l'Euthanasie après avoir exprimé son consentement à cet égard. À condition que ce consentement soit validé par un médecin et un psychiatre ou psychologue. Suite à cela, l'Euthanasie pourrait être pratiquée par un médecin autre que celui qui a validé le consentement de la personne à recevoir l'injection létale. De cette façon, le droit de mourir dans la dignité pourrait être exercé, par des personnes désintéressés. En plus de garantir le droit à la dignité pour toute la durée de la vie, une telle réforme empêcherait que se reproduisent des situations terribles comme celle du jeune Dufour. Il est à peu près temps que cessent ces drames.

    Rémi Bourget,

    Montréal, 30 décembre 2008 »

  • Maurice Monette
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 12h53
    C'est toujours une question du "libre-choix" que le "libre-arbitre" du/de la suicidé(e) a fait en dernier recours...
    « Le "libre-choix" que le "libre-arbitre" de Chantal Maltais a fait au moment de concrétiser son suicide, ce n'est pas à son neveu Stéphane Dufour qu'on doient l'imputer. Possiblement qu'on imaginent que Chantal Maltais aurait pu vivre longtemps seul, sans l'aide que les équipements mécaniques que la médecine moderne offrent mais, aurait-ce été le cas...?

    La réponse est NON ! Donc, cet(te) esprit ou âme avait à transcender une étape de vie incarnée limitée par les conséquences que la poliomyélite a sur le corps physique ou véhicule charnel. Mais, grâce aux avancées de la médecine moderne et aux inventions technologiques pour faciliter les tâches, le passage ici-bas dans des conditions infernales de Chatal Maltais se prolongeait indûment, hors des limites que ses bourdes antérieures lui avaient valu.

    Donc, c'est en foi de quoi que, si une personne qui serait morte de toute évidence si elle n'avait pas été réduite à un certain esclavagisme à des appareils qui lui rendent un semblant de vie possible, c'est que son "chemin de vie actuel" aurait dû se terminer naturellement bien avant. Alors, le "libre-choix" de mettre un terme à son passage incarné indûment prolongé pour satisfaire la soit-disante science médicale, ne devrait pas être considéré comme un suicide entraîné par le découragement moral de surmonter une épreuve de maturation. NON ! Ce fut un choix lucide de Monsieur Maltais de mettre un terme à un acharnement que la $ociété humaine $oit-disant $aine (société humaine soit-disant saine) pratiquait sur lui pour permettre à tout le $y$tème $ocial (système social) qui s'en occupait de continuer de s'en servir inconsciemment pour susciter les budgets qui sont alloués à ces soient-disants "défaillances humaines".

    Donc, cette aide au suicide qu'on reprochent à Monsieur Stéphan Dufour, ce ne fut que de mettre en place la possibilité de mettre fin à l'acharnement dont son oncle ne voulait plus être victime. Aucune mauvaise intention ne peut être reprochée à ce Monsieur Dufour.

    Par contre, dans le cas de Chantal Sébire, la "défiguration" qui lui avait été imposée, c'était une épreuve d'humilité pour corriger certains troubles comportementaux de cet(te) esprit ou âme et celle-ci n'a pas acceptées les conséquences de sa maladie, qui n'était pas mortelle, il importe de le préciser.

    Donc, cet(te) esprit ou âme orgeuilleux(se)aura à revivre une épreuve d'humilité, lors d'un prochain passage incarné(e), pour pallier à l'abrègement de l'épreuve à laquelle elle a coupé court...

    Merci de votre Attention & la vie n'est pas ce qu'on pensent!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Écologiste
    Grande Rivière »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 13h32
    @ M. C. Pelchat
    « Je crois d'abord et avant tout en la LIBERTE DE L'INDIVIDU conscient de sa propre destinée et jusqu'à quel point il est prêt à accepter des souffrances qu'IL JUGE intolérables! La véritable compassion est de RESPECTER L'ETRE HUMAIN autant que le vétérinaire le fait dans des circonstances semblables! Vos croyances religieuses "passe-partout" ne regardent que vous! »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mardi 30 décembre 2008 13h51
    Un raccourci
    « Si le juge a commis des erreurs de droit il est normal d'en appeler du verdict d'acquittement.

    Si l'accusé Stephan Dufour (éventuellement reconnu coupable) est un homme aux capacités intellectuelles réduites, c'est la sentence qui doit être prise en considération au lieu de prendre un raccourci en acquittant tout simplement.

    La Justice n'a pas à prendre de raccourci, peu importe la (non) sympathie qu'on peut éprouver pour les acteurs en présence sinon, on n'a pas fini de déraper.

    Qui sait si, après demain, ce que votre fils ou votre filleul fera de vous en prétextant que c'était votre désir le plus cher. Et vive l'héritage en accéléré... »

  • Yvon Bureau
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 14h08
    AQDMD et sa mission
    « Heureusement, le Québec a l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité/AQDMD.
    Sa mission ne peut pas être plus claire :

    Oeuvrer pour qu'il soit permis à une personne atteinte d'une maladie en phase terminale ou vivant des douleurs et/ou des souffrances insupportables, de demander et recevoir une aide médicale active nécessaire à une fin de vie paisible et sans souffrance.

    Et le reste du Canada a Dying With Dignity/DWD. »

  • Michelle Martel
    Abonnée
    mardi 30 décembre 2008 15h38
    Inacceptable acharnement à grand coût!
    « Ceci démontre la stupidité de l'institution judiciaire lorsqu'ils ont absolument besoin de leur 15 minutes de gloire pour justifier leur existance! Quel est l'intérêt de s'acharner sur un jeune homme limité alors que son oncle ne demandais qu'à mourir? Est ce que le procureurs de la couronne pourraient utiliser nos taxes de façon à cibler les VRAIS criminels! Quelle perte de temps! Quelle perte de mes dollars en impôt! Quel manque d'humanisme!

    Espérons que la cour va rejeter cet appel ridicule! »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 30 décembre 2008 16h19
    Précautions minimales
    « Même si vous êtes actuellement en bonne santé, il serait prudent de vous procurer divers moyens de mettre fin à votre vie et de les bien dissimuler dans votre demeure pour qu'ils vous soient accessibles au moment opportun. Autrement, vous risquez d'entraîner un de vos proches dans le dédale des avocasseries, duquel il ne sortira sans doute qu'après avoir purgé une peine de prison pour avoir écouté son coeur plutôt que sa peur.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Michelle Martel
    Abonnée
    mardi 30 décembre 2008 17h00
    Acharnement? Le mot est faible!
    « Qu'est ce que nos potiticiens attendent pour intervenir, Bon Dieu?

    Nous sommes une société qui a de la compassion. Non?

    Que faisons nous, à dépenser les sous des payeurs de taxes à attaquer un être aux facultés affaiblies, qui ne voulait que soulager les souffrances d'un être qu'il aimait, et qui suppliait qu'on allége ses souffrances? Stéphane Dufour a vu cette souffrance,à l'opposé de ces avocats en quête de leur 15 minutes de gloire!

    Acharnement? Certainement! Ridicule? You bet! De vrais criminels courent nos rues et nous dépensons nos argents pour cibler Stéphane Dufour? Est it nécéssaire d'être aussi limité? Est il nécéssaire, d'apparaître aussi "limités" aux yeux du monde, alors que la population est probablement plus évoluée que les avocats qui battent un cheval mort en ce moment? Devons nous dépenser nos impôts à attaquer un non criminel, qui ne voulait que du bien à un être aimé? Quelle farce! Quel subterfuge!

    Lorsque mon tour arrivera, espérons que je puisse me faire justice moi-même, puisque notre société, telle que je la connais maintenant, ne sera pas prête à m'aider. Et si cette même société laissait ces avocats, lequels amènent cette cause en appel, les laissaient mourrir en vomissant leur selles, tellement les doses de morphines pour soulager leur douleurs sont élevées. Peut-être alors, ces avocats comprendront ils, qu'à la fin de notre vie, nous méritons tous un siège éjectable, sans être trainés dans une cour de justice!

    Je suis TRES décue de cet acharnement! »

  • Denault Jacinthe
    Abonnée
    mardi 30 décembre 2008 18h02
    Message des tranchées
    « J'ose espérer que la cour d'appel sera favorable à la cause de M. Dufour. Et je trouve regrettable qu'une personne démunie comme lui soit la victime du système judiciaire, en quelque sorte... Je crois comme M. Bourget, qu'il est grand temps de modifier la Loi et d'encadrer convenablement au niveau légal l'aide au suicide. Et je crois à la compassion avant tout.
    Jacinthe Denault MD »

  • D Poulin
    Abonné
    mercredi 31 décembre 2008 18h14
    Pénible
    « À qui de droit au Devoir

    Il est extrêmement pénible de lire les réactions à certains textes du journal Le Devoir à cause de la piètre qualité du français. J'en veux pour exemple aujourd'hui le texte de Monsieur Maurice Monette. Ce texte compte tellement de fautes de grammaire et d'orthographe qu'il en devient incompréhensible en plus de perdre tout intérêt. La direction du Devoir devrait filtrer de telles horreurs et communiquer avec leur auteur pour les aviser que leur publication est inacceptable, à moins bien sûr de procéder aux corrections qui s'imposent. »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    vendredi 2 janvier 2009 20h18
    Pénible (D Poulin)
    « Le droit d'exprimer son opinion n'appartient heureusement pas seulement à ceux qui maîtrisent le français. Nous sommes en démocratie, monsieur, ne vous en déplaise.

    Votre message me déplaît au plus haut point. Elle suinte l'eugénisme. Mais... je suis démocrate et je vous tolère, mon brave. »

  • D Poulin
    Abonné
    samedi 3 janvier 2009 12h24
    Pénible (2)
    « À Madame Lauzier:
    Que voilà une étrange réaction! Que mon texte vous déplaise au plus haut point j'en prends acte et j'en suis désolé. Mais que diable vient faire cette accusation d'eugénisme?? En quoi ma simple requête d'un texte rédigé dans un français convenable s'apparente-t-il à vouloir améliorer l'espèce humaine par des procédés génétiques? De plus, le fait de vivre en démocratie implique-t-il qu'il faille accepter sans broncher les erreurs linguistiques? Éclairez ma lanterne, je vous en supplie, madame. "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément." »

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