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Réserves autochtones - Le drame de Yellow Quill

Marie-Andrée Chouinard   5 novembre 2008  Justice
Coup de théâtre lundi à l'ouverture du procès de Christopher Pauchay à Rose Valley, à l'est de Saskatoon. Tout juste avant de faire face au juge, le jeune autochtone de 24 ans, issu de la communauté de Yellow Quill, a plaidé coupable. Il a ainsi reconnu sa responsabilité dans la mort atroce de ses deux fillettes de 15 mois et 3 ans, Cadence et Santana, retrouvées gelées dans un blizzard en janvier dernier.
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  • Jean-Paul Le Bourhis
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    mercredi 5 novembre 2008 10h17
    Les bons sentiments
    Il serait facile - et payant pour notre gentille image - de faire étalage de nos bons sentiments. Et de dénoncer ici et de pourfendre, et de déchirer notre chemise et de se couvrir de cendres... puis de retourner nous distraire devant l'ordi ou la télé, la pitonnette à la main.

    La première chose que nous devons faire, c'est écouter ceux qui vivent ces effroyables drames, écouter vraiment avec les oreilles de l'âme et les yeux du coeur. Les écouter en silence, le vrai silence, le silence total, pour enfin les entendre. Ils sauront bien tracer eux-mêmes la route de leur urgente, car indispensable libération.
    L'enfer qui les brûle vient de nous savons trop où.

    Il faut avoir passé quelques jours dans une "réserve" pour comprendre à quel point la barrière censée protéger contre l'envahisseur est celle qui ultimement enferme. Mais comment assurer non seulement la survie, mais (parfois) la renaissance et (toujours) l'épanouissement d'une culture dont nous avons crucifié cent mille fois la suprême beauté sur l'hôtel imbécile d'une soi-disant modernité dont nos frères autochtones ne recevaient en partage, hormis quelques maigres avantages souvent discutables, que les sous-produits riches en calories vides?

    La nécessité de posséder des terres et d'être maître chez soi est là, c'est clair et net. Les peuples sans terre, comme le nôtre, sont condamnés à mourir asphyxiés avant la fin du présent siècle. Je souhaite de tout coeur que vous ne suiviez pas notre triste chemin.

    À mes amis Innus : Les larmes, vous en avez tellement versé sous notre bienveillante tutelle...
    Vous n'avez que faire aujourd'hui de nos lamentations.
    Et donc, je me la bouche. Même si je vis loin en moi votre deuil.
    À vous la parole. Dites-moi que faire. Dites-moi que dire. Alors, et alors seulement, je parlerai. Et j'agirai.

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