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Cour fédérale - Le Canada a été complice de torture, dit un avocat de Khadr

La Presse canadienne   29 octobre 2008  Justice
Un avocat d'Omar Khadr a soutenu en Cour fédérale, hier, que le premier ministre Stephen Harper avait l'obligation de réclamer le rapatriement du Canadien accusé de terrorisme aux États-Unis, car Ottawa a été complice de la torture pratiquée à son endroit à la prison militaire de Guantanamo.

L'avocat Nate Whitling a fait valoir que son client avait été sujet à de multiples transferts de cellules, se faisant réveiller à répétition, avec l'objectif de l'amortir en prévision d'un interrogatoire de responsables du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Me Whitling a affirmé qu'en dépit des condamnations de plusieurs organisations internationales sur les mauvais traitements à Guantanamo, les responsables canadiens sont allés de l'avant avec l'interrogatoire au printemps 2004. En procédant ainsi, le Canada est devenu complice de la violation des droits de Khadr, selon lui.

L'avocate de la Couronne, Doreen Mueller, a soutenu qu'il était exagéré de prétendre que le responsable canadien aurait dû remettre à plus tard son entretien avec Khadr, réclamé depuis longtemps.

«Il n'y aucun lien entre la conduite des responsables canadiens et les mauvais traitements dont se plaint Khadr», a affirmé Me Mueller.

Stephen Harper a répété à plusieurs reprises qu'il laisserait la justice suivre son cours aux Etats-Unis et qu'il n'interviendrait pas.

Me Whitling a laissé entendre que le gouvernement mentait aux Canadiens en disant avoir obtenu l'assurance des Américains que Khadr ne subissait pas de mauvais traitements.

Les avocats de Khadr cherchent à obtenir une condamnation judiciaire du refus de M. Harper d'intervenir.

Khadr, détenu depuis six ans à la prison militaire de Guantanamo, avait 15 ans quand il a été arrêté par les Américains en Afghanistan. Il est accusé d'avoir lancé la grenade qui a tué un soldat américain au cours d'un échange de tirs dans un camp d'al-Qaïda, en Afghanistan.

Son procès pour crimes de guerre doit s'amorcer le 26 janvier.

«La torture est déjà un acte grave. La torture pratiquée sur un enfant l'est encore plus», a affirmé Me Whitling.

L'avocate de la Couronne a souligné qu'Ottawa avait exhorté les Américains à offrir à Khadr des soins de santé adéquats, à prendre son jeune âge en considération et à lui permettre d'avoir accès à des avocats canadiens.

Me Whitling a fait valoir que les preuves de mauvais traitements étaient «écrasantes».
 
 
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