Puni pour son comportement, pas par racisme
Un problème de comportement plutôt qu'un cas de racisme. Voilà comment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) tranche la plainte de la famille du jeune Luc Cagadoc, qui alléguait plutôt que le garçon de sept ans avait été puni parce qu'il mangeait selon la manière traditionnelle philippine en utilisant simultanément une fourchette et une cuillère.
En se référant au témoignage de l'éducatrice responsable de la surveillance du dîner, la CDPDJ relate que le garçon «faisait le clown en se remplissant la bouche de nourriture, situation qui s'était également produite quelques jours auparavant et qui nécessita de le changer de table à l'écart de ses amis, pour qu'il s'alimente plus posément».
Cette version des faits, survenus au printemps 2006, amène la CDPDJ à écrire qu'elle n'a pas de preuve suffisante pour conclure qu'il y a eu discrimination sur la base de l'origine ethnique. La Commission retient toutefois la plainte pour discrimination à l'égard de l'éducatrice, qui avait également demandé au petit Luc «si dans son pays il se lavait les mains» avant de manger.
La Commission ne s'est par ailleurs pas penchée sur les propos qu'aurait tenus le directeur de l'école Lalande lors d'une conversation téléphonique avec la mère, Maria Gallardo, qu'il a par la suite réitérés dans une entrevue accordée à un hebdomadaire anglophone. Ce dernier aurait déclaré en substance qu'au Canada «on doit manger comme les Canadiens». «Cela ne faisait pas partie de la plainte initiale», a expliqué hier le vice-président de la CDPDJ, Marc-André Dowd, soulignant que l'organisme s'était attardé surtout à la sanction disciplinaire imposée au jeune, à l'origine de toute cette histoire.
Même si elle a accueilli un aspect de la plainte de la famille Gallardo-Cagadoc, la CDPDJ a décidé de ne pas porter le dossier devant le Tribunal des droits de la personne. Elle considère qu'il s'agit d'un «incident isolé» et qu'une démarche judiciaire ne servirait pas l'intérêt public. On suggère plutôt une nouvelle médiation entre la famille et la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.
Famille outrée
La décision a été vivement critiquée hier par la mère du jeune garçon ainsi que par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) et la Fédération des associations canado-philippines du Québec. Le porte-parole du CRARR a qualifié l'enquête d'«incomplète», puisqu'on n'a pas analysé les propos du directeur d'école et que le jeune garçon ainsi que ses parents n'ont pas été interrogés. Le CRARR met par ailleurs en doute la capacité de la CDPDJ d'évaluer des plaintes portant sur des problèmes de discrimination systémique.
«Cela montre que des personnes comme nous, victimes de discrimination, ne peuvent pas se fier au système», a déploré Mme Gallardo. Elle soutient que son fils a pendant un certain temps eu «honte» de sa propre culture, s'abstenant à l'occasion de fréquenter un restaurant philippino où on mange à la manière traditionnelle. Le jeune Luc fréquente depuis maintenant deux ans une autre école de la même commission scolaire. «Ils me laissent tranquille, on ne se préoccupe pas de ma façon de manger», a -t-il déclaré.
À la CDPDJ, on réfute les critiques, précisant que la question de la discrimination systémique n'est évaluée qu'une fois la plainte originale retenue. M. Dowd ajoute par ailleurs que la plainte initiale était si détaillée qu'une entrevue plus en profondeur avec la famille n'était pas nécessaire.
À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, on se montrait étonné de la vive réaction à la décision, puisque les plaignants n'ont pas donné signe de vie depuis que le document a été acheminé aux parties le 8 septembre. «Nous avons toujours dit que nous avions affaire à des gestes éducatifs et non à portée interculturelle», a fait valoir la responsable des communications, Brigitte Gauvreau.
Les plaignants évaluent maintenant la possibilité d'intenter une poursuite devant les tribunaux civils ou encore devant le Tribunal des droits de la personne. Ils disposent de 90 jours pour ce faire.
En se référant au témoignage de l'éducatrice responsable de la surveillance du dîner, la CDPDJ relate que le garçon «faisait le clown en se remplissant la bouche de nourriture, situation qui s'était également produite quelques jours auparavant et qui nécessita de le changer de table à l'écart de ses amis, pour qu'il s'alimente plus posément».
Cette version des faits, survenus au printemps 2006, amène la CDPDJ à écrire qu'elle n'a pas de preuve suffisante pour conclure qu'il y a eu discrimination sur la base de l'origine ethnique. La Commission retient toutefois la plainte pour discrimination à l'égard de l'éducatrice, qui avait également demandé au petit Luc «si dans son pays il se lavait les mains» avant de manger.
La Commission ne s'est par ailleurs pas penchée sur les propos qu'aurait tenus le directeur de l'école Lalande lors d'une conversation téléphonique avec la mère, Maria Gallardo, qu'il a par la suite réitérés dans une entrevue accordée à un hebdomadaire anglophone. Ce dernier aurait déclaré en substance qu'au Canada «on doit manger comme les Canadiens». «Cela ne faisait pas partie de la plainte initiale», a expliqué hier le vice-président de la CDPDJ, Marc-André Dowd, soulignant que l'organisme s'était attardé surtout à la sanction disciplinaire imposée au jeune, à l'origine de toute cette histoire.
Même si elle a accueilli un aspect de la plainte de la famille Gallardo-Cagadoc, la CDPDJ a décidé de ne pas porter le dossier devant le Tribunal des droits de la personne. Elle considère qu'il s'agit d'un «incident isolé» et qu'une démarche judiciaire ne servirait pas l'intérêt public. On suggère plutôt une nouvelle médiation entre la famille et la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.
Famille outrée
La décision a été vivement critiquée hier par la mère du jeune garçon ainsi que par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) et la Fédération des associations canado-philippines du Québec. Le porte-parole du CRARR a qualifié l'enquête d'«incomplète», puisqu'on n'a pas analysé les propos du directeur d'école et que le jeune garçon ainsi que ses parents n'ont pas été interrogés. Le CRARR met par ailleurs en doute la capacité de la CDPDJ d'évaluer des plaintes portant sur des problèmes de discrimination systémique.
«Cela montre que des personnes comme nous, victimes de discrimination, ne peuvent pas se fier au système», a déploré Mme Gallardo. Elle soutient que son fils a pendant un certain temps eu «honte» de sa propre culture, s'abstenant à l'occasion de fréquenter un restaurant philippino où on mange à la manière traditionnelle. Le jeune Luc fréquente depuis maintenant deux ans une autre école de la même commission scolaire. «Ils me laissent tranquille, on ne se préoccupe pas de ma façon de manger», a -t-il déclaré.
À la CDPDJ, on réfute les critiques, précisant que la question de la discrimination systémique n'est évaluée qu'une fois la plainte originale retenue. M. Dowd ajoute par ailleurs que la plainte initiale était si détaillée qu'une entrevue plus en profondeur avec la famille n'était pas nécessaire.
À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, on se montrait étonné de la vive réaction à la décision, puisque les plaignants n'ont pas donné signe de vie depuis que le document a été acheminé aux parties le 8 septembre. «Nous avons toujours dit que nous avions affaire à des gestes éducatifs et non à portée interculturelle», a fait valoir la responsable des communications, Brigitte Gauvreau.
Les plaignants évaluent maintenant la possibilité d'intenter une poursuite devant les tribunaux civils ou encore devant le Tribunal des droits de la personne. Ils disposent de 90 jours pour ce faire.
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