Nouvelle demande de recours collectif contre Maple Leaf
Les tuiles n'arrêtent pas de tomber sur les Aliments Maple Leaf. Hier, Option Consommateurs a en effet déposé en Cour supérieure du Québec une demande de recours collectif contre le géant agroalimentaire à l'origine, depuis quelques jours, d'une importante éclosion de Listeria monocytogenes au pays. Dans la foulée, l'organisme consumériste a également appelé le gouvernement fédéral à prendre rapidement «des mesures énergiques en ce qui a trait à la sécurité des produits alimentaires». Et ce, pour rassurer les consommateurs.
«Nous sommes devant des signes inquiétants, a indiqué au Devoir son directeur général, Michel Arnold. D'un côté, le gouvernement va de l'avant avec ses lois C-51 et
C-52 sur la sécurité des produits de consommation et annonce qu'il va renforcer son pouvoir d'inspection et de rappel. Et de l'autre, il semble vouloir abandonner l'inspection des aliments dans les mains de l'industrie. Le problème, c'est que l'autorégulation a ses limites, et dans le contexte actuel, le consommateur est en droit de se poser des questions.»
Dans les pages du Globe and Mail, hier, un ancien inspecteur de l'Agence canadienne des aliments (ACIA) et président du Syndicat de l'agriculture de l'Alliance de la fonction publique du Canada indiquait en effet que depuis mars dernier un nouveau système d'inspection place désormais les inspecteurs fédéraux à l'écart des usines de transformation. La conformité sanitaire des produits seraient en effet évaluée, dans ce nouveau cadre, trois à quatre fois par année, selon Bob Kingston. L'usine Maple Leaf de Toronto, à l'origine de l'éclosion, a été choisie par le gouvernement pour tester ce nouveau système, il y a un an.
Lors d'une conférence de presse téléphonique tenue depuis Ottawa hier, le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, a toutefois nié l'étiolement des mesures d'inspection des aliments au pays qui, d'après lui, sont toujours bien au-delà des normes internationales.
L'ACIA a d'ailleurs rappelé que la flambée récente de Listeria avait été détectée dans l'usine de Toronto par ses inspecteurs, et ce, à l'intérieur du cadre actuel de surveillance de la salubrité des aliments.
En après-midi, mercredi, la haute direction de Maple Leaf a annoncé ne pas savoir quand son unité de production de Toronto, numériquement nommée usine «97 B», au centre de la crise actuellement, allait reprendre ses activités. Michael McCain, président de l'entreprise, a également précisé que la cause de la contamination n'avait toujours pas été cernée et que les chances de remonter à la source étaient très minces. Il a par ailleurs assumé la responsabilité de cette éclosion en se portant même à la défense des fonctionnaires fédéraux. «C'est nous qui avons échoué, pas le système canadien d'inspection des aliments», a-t-il dit.
Multiplication de recours
Outre la demande de recours collectif déposée au Québec par Option consommateurs, le géant canadien de la viande fumée et de la dinde en tranches est visé par une démarche similaire orchestrée d'un océan à l'autre par le cabinet d'avocats Merchant Law Group. Au Québec, la cause est portée par une mère de famille de Laval, Marie-Josée Bonneau qui, au nom de tous les consommateurs, va réclamer devant les tribunaux le remboursement des produits Maple Leaf acquis par les consommateurs et dont le rappel a été entrepris dans les derniers jours. Près de 200 produits sont dans la ligne de mire. Des dédommagements sont également au menu de la demande. «Les messages sont contradictoires pour le consommateur, dit M. Arnold. L'entreprise dit de rapporter les produits en épicerie pour obtenir un remboursement, alors que le gouvernement demande de les détruire.»
Ces batailles juridiques s'annoncent alors qu'hier, les autorités sanitaires fédérales ont, en fin d'après-midi, dressé une fois de plus le bilan des victimes de la listériose, maladie parfois mortelle entraînée par la bactérie. Jusqu'à ce jour, 29 cas liés à des souches de Listeria monocytogenes identifiées dans l'usine de Maple Leaf ont été confirmés partout au pays. Quinze décès ont été associés à cette bactérie retrouvée dans les produits de charcuterie touchés par le rappel.
Pour le moment, quatre souches, les pulsovars P136, P180, P201 et P203, sont incriminées. De ce nombre, une seule, la P180, a été identifiée au Québec. Elle est par ailleurs responsable d'un décès, ont confirmé hier les responsables provinciaux de la santé publique. Un autre décès est également «sous enquête», tout comme huit cas de contamination, ont-ils ajouté.
Lors d'une première conférence de presse à ce sujet hier, la Direction de santé publique du Québec et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) se sont voulus rassurants, indiquant que l'éclosion actuelle de listériose était à prendre avec sérieux mais qu'elle n'était pas annonciatrice d'une crise sanitaire. «Il y a énormément de souches de Listeria en circulation, a indiqué Horacio Arruda, directeur de la Santé publique du Québec. Depuis le 1er janvier 2008, 42 cas de listériose nous ont été rapportés et sont à l'origine de 8 décès», ceux de personnes âgées entre 72 et 93 ans pour la plupart.
Depuis quelques jours, le Québec serait d'ailleurs touché davantage par une souche liée à des fromages, la P93, plutôt qu'aux pulsovars impliqués dans les charcuteries en provenance de Toronto, a précisé le gardien de la santé publique. Neuf cas de contamination liés à des fromages sont actuellement sous enquête, a confirmé Guy Auclair, responsable de l'inspection des aliments au MAPAQ. Le Mont-Jacob et le Riopelle de l'Isle sont visés, ainsi que deux points de vente situés à Québec et Sainte-Thérèse. Avec une période d'incubation de la maladie qui varie de 2 à 70 jours, les fonctionnaires reconnaissent toutefois que les liens de causalité entre un aliment et une listériose sont très difficiles à établir.
Le MAPAQ a par ailleurs indiqué que ses 264 inspecteurs sur le terrain travaillent activement pour s'assurer que le rappel des produits Maple Leaf soit correctement effectué, et ce, dans «tous les maillons de la chaîne alimentaire».
«Nous sommes devant des signes inquiétants, a indiqué au Devoir son directeur général, Michel Arnold. D'un côté, le gouvernement va de l'avant avec ses lois C-51 et
C-52 sur la sécurité des produits de consommation et annonce qu'il va renforcer son pouvoir d'inspection et de rappel. Et de l'autre, il semble vouloir abandonner l'inspection des aliments dans les mains de l'industrie. Le problème, c'est que l'autorégulation a ses limites, et dans le contexte actuel, le consommateur est en droit de se poser des questions.»
Dans les pages du Globe and Mail, hier, un ancien inspecteur de l'Agence canadienne des aliments (ACIA) et président du Syndicat de l'agriculture de l'Alliance de la fonction publique du Canada indiquait en effet que depuis mars dernier un nouveau système d'inspection place désormais les inspecteurs fédéraux à l'écart des usines de transformation. La conformité sanitaire des produits seraient en effet évaluée, dans ce nouveau cadre, trois à quatre fois par année, selon Bob Kingston. L'usine Maple Leaf de Toronto, à l'origine de l'éclosion, a été choisie par le gouvernement pour tester ce nouveau système, il y a un an.
Lors d'une conférence de presse téléphonique tenue depuis Ottawa hier, le ministre fédéral de l'Agriculture, Gerry Ritz, a toutefois nié l'étiolement des mesures d'inspection des aliments au pays qui, d'après lui, sont toujours bien au-delà des normes internationales.
L'ACIA a d'ailleurs rappelé que la flambée récente de Listeria avait été détectée dans l'usine de Toronto par ses inspecteurs, et ce, à l'intérieur du cadre actuel de surveillance de la salubrité des aliments.
En après-midi, mercredi, la haute direction de Maple Leaf a annoncé ne pas savoir quand son unité de production de Toronto, numériquement nommée usine «97 B», au centre de la crise actuellement, allait reprendre ses activités. Michael McCain, président de l'entreprise, a également précisé que la cause de la contamination n'avait toujours pas été cernée et que les chances de remonter à la source étaient très minces. Il a par ailleurs assumé la responsabilité de cette éclosion en se portant même à la défense des fonctionnaires fédéraux. «C'est nous qui avons échoué, pas le système canadien d'inspection des aliments», a-t-il dit.
Multiplication de recours
Outre la demande de recours collectif déposée au Québec par Option consommateurs, le géant canadien de la viande fumée et de la dinde en tranches est visé par une démarche similaire orchestrée d'un océan à l'autre par le cabinet d'avocats Merchant Law Group. Au Québec, la cause est portée par une mère de famille de Laval, Marie-Josée Bonneau qui, au nom de tous les consommateurs, va réclamer devant les tribunaux le remboursement des produits Maple Leaf acquis par les consommateurs et dont le rappel a été entrepris dans les derniers jours. Près de 200 produits sont dans la ligne de mire. Des dédommagements sont également au menu de la demande. «Les messages sont contradictoires pour le consommateur, dit M. Arnold. L'entreprise dit de rapporter les produits en épicerie pour obtenir un remboursement, alors que le gouvernement demande de les détruire.»
Ces batailles juridiques s'annoncent alors qu'hier, les autorités sanitaires fédérales ont, en fin d'après-midi, dressé une fois de plus le bilan des victimes de la listériose, maladie parfois mortelle entraînée par la bactérie. Jusqu'à ce jour, 29 cas liés à des souches de Listeria monocytogenes identifiées dans l'usine de Maple Leaf ont été confirmés partout au pays. Quinze décès ont été associés à cette bactérie retrouvée dans les produits de charcuterie touchés par le rappel.
Pour le moment, quatre souches, les pulsovars P136, P180, P201 et P203, sont incriminées. De ce nombre, une seule, la P180, a été identifiée au Québec. Elle est par ailleurs responsable d'un décès, ont confirmé hier les responsables provinciaux de la santé publique. Un autre décès est également «sous enquête», tout comme huit cas de contamination, ont-ils ajouté.
Lors d'une première conférence de presse à ce sujet hier, la Direction de santé publique du Québec et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) se sont voulus rassurants, indiquant que l'éclosion actuelle de listériose était à prendre avec sérieux mais qu'elle n'était pas annonciatrice d'une crise sanitaire. «Il y a énormément de souches de Listeria en circulation, a indiqué Horacio Arruda, directeur de la Santé publique du Québec. Depuis le 1er janvier 2008, 42 cas de listériose nous ont été rapportés et sont à l'origine de 8 décès», ceux de personnes âgées entre 72 et 93 ans pour la plupart.
Depuis quelques jours, le Québec serait d'ailleurs touché davantage par une souche liée à des fromages, la P93, plutôt qu'aux pulsovars impliqués dans les charcuteries en provenance de Toronto, a précisé le gardien de la santé publique. Neuf cas de contamination liés à des fromages sont actuellement sous enquête, a confirmé Guy Auclair, responsable de l'inspection des aliments au MAPAQ. Le Mont-Jacob et le Riopelle de l'Isle sont visés, ainsi que deux points de vente situés à Québec et Sainte-Thérèse. Avec une période d'incubation de la maladie qui varie de 2 à 70 jours, les fonctionnaires reconnaissent toutefois que les liens de causalité entre un aliment et une listériose sont très difficiles à établir.
Le MAPAQ a par ailleurs indiqué que ses 264 inspecteurs sur le terrain travaillent activement pour s'assurer que le rappel des produits Maple Leaf soit correctement effectué, et ce, dans «tous les maillons de la chaîne alimentaire».
Haut de la page

