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Rapport Gomery - La cour blanchit Chrétien

Le tribunal invalide les conclusions du rapport qui blâmaient sévèrement l'ex-premier ministre et son bras droit

Alec Castonguay   27 juin 2008  Justice
Ottawa — L'ancien premier ministre Jean Chrétien et son bras droit de l'époque, Jean Pelletier, ont remporté leur bataille en Cour fédérale contre l'ex-juge John Gomery. Le tribunal a invalidé hier les conclusions du rapport sur le scandale des commandites qui blâmaient sévèrement les deux hommes politiques.

Adoré du grand public pour son style direct et son franc-parler, John Gomery a toutefois dépassé les bornes, aux yeux du juge Max Teitelbaum, de la Cour fédérale, qui lui reproche vivement ses entrevues accordées aux médias durant les audiences de la commission d'enquête sur le programme des commandites, en 2004 et 2005.

Les commentaires de John Gomery en décembre 2004, formulés avant d'avoir entendu tous les témoins, conduisent à une «crainte raisonnable de partialité» à l'endroit de Jean Chrétien et de Jean Pelletier, soutient le juge Teitelbaum.

La Cour fédérale ne remet toutefois pas en question tout le rapport de John Gomery sur le scandale des commandites, qui concluait à l'existence d'un système de «pots-de-vin» ayant entre autres permis au Parti libéral du Canada et à certains de ses membres de s'enrichir avec l'argent des contribuables. Le jugement de la Cour fédérale infirme seulement les passages qui touchent MM. Chrétien et Pelletier.

Dans son rapport, John Gomery montrait du doigt les deux politiciens pour avoir non seulement lancé le programme des commandites, mais aussi pour ne pas avoir su empêcher les dérapages qui ont coûté 332 millions de dollars au trésor public. «Le premier ministre et son chef de cabinet se sont arrogé la direction d'un programme quasiment secret de dépenses discrétionnaires pour des bénéficiaires triés sur le volet, en disant qu'ils croyaient de bonne foi que ces subventions renforceraient l'unité canadienne. [...] Leur postulat était naïf, imprudent et totalement injustifié», tranchait John Gomery dans son rapport, sans toutefois associer directement les deux hommes aux malversations.

Biaisé

Jean Chrétien et Jean Pelletier, qui ont dirigé le pays pendant dix ans (1993-2003), avaient dénoncé le rapport Gomery dès sa sortie, en novembre 2005. Ils avaient rapidement intenté un recours judiciaire dans le but de faire invalider les blâmes qui leur étaient attribués. Ils soutenaient que le commissaire Gomery était «biaisé» dès le départ et que son rapport ne reposait sur aucun fait.

Dans deux décisions presque identiques de 55 pages rendues publiques hier, le magistrat Max Teitelbaum ne refait pas le travail de John Gomery. Il ne précise donc pas si les preuves étaient suffisamment importantes pour blâmer Jean Chrétien et Jean Pelletier dans le cadre du scandale.

Par contre, le juge Teitelbaum estime que John Gomery était effectivement biaisé avant même d'avoir entendu les témoignages de Jean Chrétien et de Jean Pelletier devant la commission d'enquête, ce qui a nui à son jugement et a teinté la version finale de son rapport. «Lorsqu'on considère cumulativement les commentaires faits par le commissaire, ceux-ci dénotent non seulement qu'il a préjugé de certaines questions, mais aussi qu'il n'a pas été impartial», conclut le juge.

Il ajoute: «Compte tenu de ma conclusion selon laquelle il y avait une crainte raisonnable de partialité de la part du commissaire à l'égard du demandeur [Jean Chrétien], il convient d'infirmer les conclusions figurant dans le rapport qui ont trait au demandeur», écrit Max Teitelbaum.

Médias

Selon le juge de la Cour fédérale, cette «partialité» de la part de John Gomery aurait été évidente en décembre 2004, lorsque celui-ci a donné des entrevues aux médias. Les audiences de la commission étaient alors en cours depuis plus de trois mois et devaient se poursuivre tout le printemps suivant.

Dans les entrevues, le commissaire Gomery soutenait être d'accord avec la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur le fait que le programme des commandites avait été «dirigé de manière catastrophique». Il avait alors entendu les témoignages de plusieurs hauts fonctionnaires, mais pas ceux de Jean Chrétien et Jean Pelletier.

Le juge Teitelbaum n'a pas apprécié. «Sans avoir entendu le témoignage de tous les témoins qui devaient comparaître devant la commission, surtout ceux qui, avait-il conclu, étaient responsables du programme, le commissaire n'était pas en mesure de conclure que le programme avait été "dirigé de manière catastrophique"», écrit-il.

Le commentaire de John Gomery sur «l'attitude villageoise» de Jean Chrétien avec ses balles de golf a aussi été retenu contre lui, tout comme ses déclarations sur le fait qu'il y avait des «choses juteuses encore à venir» à la commission d'enquête.

John Gomery a plaidé son impartialité à plusieurs reprises durant les audiences de la commission, mais la Cour fédérale ne l'a pas cru. «Il n'est pas pertinent que le commissaire ait donné l'assurance de n'avoir préjugé d'aucune question, car une personne peut ne pas être consciente de ses propres partis pris», écrit Max Teitelbaum. Il ajoute: «La nature des commentaires faits aux médias est telle qu'aucune personne raisonnable, examinant la question de façon réaliste et pratique et l'étudiant en profondeur, ne pourrait conclure que le commissaire trancherait les questions en litige de manière équitable.»

De plus, le magistrat sermonne son ancien collègue sur sa liberté de parole. «Le commissaire s'est soucié de veiller à ce que les projecteurs des médias demeurent braqués sur l'enquête de la commission. Il s'est donné beaucoup de mal pour que l'intérêt du public à l'endroit de la commission ne décline pas. Cette préoccupation à l'égard des médias, à l'extérieur de la salle d'audiences, a eu un effet préjudiciable sur l'équité des procédures. [...] Les médias ne sont pas une tribune que doit fréquenter un décideur quand il préside une commission d'enquête, un procès ou n'importe quel autre type d'audience ou de procédure.»

Réactions

Le gouvernement fédéral, qui défend John Gomery dans cette cause, n'a pas annoncé hier s'il allait en appeler de ce jugement.

De son côté, le principal visé a fait une brève déclaration sur les ondes de RDI. «Le juge a vu une apparence raisonnable de partialité, mais je dois vous dire que je ne pense pas être d'accord avec ça. Je suis déçu, a dit hier John Gomery. [...] Ce n'est pas agréable d'être critiqué à ce point-là par un autre juge. Je préfère laisser descendre la poussière. Tous mes problèmes ont commencé avec des déclarations aux journalistes, alors peut-être que je dois apprendre à me taire un petit peu.» John Gomery a pris sa retraite et agit maintenant comme analyste judiciaire à Radio-Canada.

Les porte-parole de Jean Chrétien et de Jean Pelletier n'ont pas mis de temps à réagir hier. «J'ai parlé à M. Chrétien, qui est en Suède pour une conférence. Il est extrêmement content et satisfait. M. Pelletier aussi», a dit Eddie Goldenberg, un ami des deux hommes et un ancien conseiller spécial de Jean Chrétien.

Eddie Goldenberg a beau dire que le clan Chrétien veut «tourner la page» sur cette histoire, il n'a pu s'empêcher hier de demander à l'ancien premier ministre Paul Martin, qui a lancé la commission Gomery, de «s'excuser publiquement auprès de Jean Pelletier, un homme d'une grande intégrité» qui combat un cancer.

L'avocat de Chrétien, Peter Doody, estime que les gens peuvent maintenant se poser des questions sur le reste du rapport Gomery. «C'est normal que les gens se questionnent sur le processus et le résultat, puisqu'une partie du rapport a été invalidée.»

Eddie Goldenberg a toutefois reconnu qu'il ne fallait pas blanchir tout le monde. «Personne n'excuse les gestes criminels de certaines personnes à l'extérieur et à l'intérieur du Parti libéral du Canada.»
 
 
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  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 05h52
    Chrétien et Pelletier rides again!
    Ils s'étaient fait une réputation de "bagarreurs de rue" quand ils faisaient de la politique, comme dans les belles années, et ils viennent de nous rappeller qu'ils étaient effectivement de vrais bons bagarreurs. Bien sûr, ce jugement ne viendra rien changer dans l'esprit d'une très grande majorité de la population qui sait pertinemment que le scandale des commandites venait des plus hautes sphères du pouvoir. Comme disait un grand philosophe, on peut tromper les gens 5, 10 ou 15 ans, mais on ne peut pas tromper les gens tout le temps. Que nos deux "politicailleurs" aient gagné en cour contre Gomery, bravo, mais ils ne gagneront jamais contre l'histoire.

  • Ginette Pilon
    Abonnée
    vendredi 27 juin 2008 07h25
    Le juge Teitelbaum n'est probablement pas conscient de sa propre partialité
    Qui était au pouvoir lorsqu'il a été nommé à la Cour d'appel en 1985?

    Ginette Pilon

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 08h52
    Encore une fois
    Encore une fois, une erreur de jugement d'un commissaire sera utilisée pour innocenter les grands organisateurs de commandites non soumises aux règles habituelles de distribution des fonds publics. Monsieur Gommery n'a fait que dire tout haut et trop tôt ce que tout le monde avait déjà compris : Chrétien et Pelletier avaient contrôlé la cagnote mais il ne sera jamais possible d'avoir une preuve de cette évidence.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 09h10
    Un jugement qui laisse songeur !
    Le juge Gomery a peut-être manqué un peu à son devoir de réserve comme président de la Commission d'enquête sur le scandale des commandites. Cependant, en blanchissant MM Chrétien et Pelletier dans cette affaire, le juge de la Cour fédérale n'est pas mieux. Je n'ai jamais cru un seul instant que l'ancien premier ministre ne savait rien de toute cette magouille organisée par ses bons amis Chuck Guité et Jacques Corriveau.

    De plus, lorsqu'il s'est présenté à cette commission, l'ancien chef libéral s'est comporté de manière indécente en jouant avec ses balles de golf pour narguer le juge Gomery et pour montrer qu'il se foutait de lui. Pas très glorieux comme attitude d'un ancien dirigeant politique !

    Finalement, Jean Chrétien continue de blâmer Paul Martin d'avoir enquêté sur cette histoire de commandites. Désolé pour lui, mais M. Martin avait entièrement raison d'avoir pris une telle décision !

  • Monique Joyal-Painchaud
    Inscrite
    vendredi 27 juin 2008 09h22
    Démocratie chérie
    Heureuse de voir que la démocratie existe bien. C'est un bel exemple.

  • Loraine King
    Inscrite
    vendredi 27 juin 2008 09h28
    Pour Ginette Pilon
    Pour Ginette Pilon qui demande qui était au pouvoir quand Teitelbaum a été nommé juge de la Cour fédérale d'appel: en 1985, Brian Mulroney, un Progressiste-Conservateur, était premier ministre du Canada. Lorsqu'en 1986 Teitelbaum a été nommé juge d'appel de la cour martiale, Brian Mulroney, Progressiste-Conservateur, était toujours premier ministre du Canada. Lorsque que Teitelbaum a été nommé juge suppléant de la Cour fédérale en janvier 2007, Stephen Harper, Conservateur, était premier ministre du Canada.

    Et vous, madame Pilon, êtes-vous consciente de votre propre partialité?

  • Jean Leroux
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 09h36
    M. Chrétien a déjà marqué l'histoire
    Jean Chrétien a été un grand premier ministre, que les séparatistes et sa Pravda (Le Devoir) aiment cela ou pas. Il le serait encore aujourd'hui, si tous les canadiens avaient eu la chance de voter pour lui pour un 4e mandat consécutif (un fait historique en soi). Pendant qu'il était premier ministre, le Canada (qui inclue le Québec) a connu la plus grande prospérité économique des temps modernes et ce, bien au-delà des autres pays du G-8. Nous avons éliminé notre déficit et avons pu accumuler des surplus pour les années moins prospères. Il a fait adopter la loi sur la clarté pour calmer les "astuces" du PQ. Il a refusé d'envoyer le Canada en guerre, en Irak (quelle bonne décision!). Et j'en passe. Malgré des petits politiciens qui ont poignardé M. Chrétien (Paul Martin et les députés pantins qui rêvaient de la limousine de ministre) Jean Chrétien a été et demeure un Canadien né québécois qui aura fait beaucoup par son style directe, intègre et sa fierté d'être le premier ministre de l'un des plus beaux, plus prospères pays du monde (Ce sont les autres pays qui le disent!!).

  • camelot
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 09h46
    Suprêmes bouffons
    Personne ne sera surpris du jugement de la cour suprême dans cette affaire. Ces juges ont étés plaçés là par Chrétien. C'est un retour d'ascenseur. La nature même de ce jugement le confirme. Par contre, il est inouï de voir jusqu'à quelle extrémité les plaignants sont prêts à aller pour tordre la vérité. Tout le monde le sait, ce sont eux les grands coupables dans cette affaire. C'est un secret de polichinelle, et agir ainsi, c'est prendre le monde pour des imbéciles.

    Jean-Marie Francoeur

  • Pierre Samuel
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 09h47
    Le juge Gomery: heureuse exception!
    Le seul "problème" du juge Gomery est d'être trop franc et honnête dans un "univers politique et judiciaire" basé essentiellement sur les tractations de coulisses! Pas assez hypocrite pour ce milieu!

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 10h46
    Juge et commissaire
    Le devoir de réserve d'un juge est très différent de celui d'un commissaire qui est, en fait, un enquêteur dont le rôle est de découvrir la vérité et non pas de juger ou condamner. C'est d'ailleurs pourquoi les règles de preuve sont très différentes lors d'une commission d'enquête par rapport aux règles des tribunaux pénaux. M. Teitelbaum ne semble pas faire cette distinction. D'autre part, il était capital pour le succès d'une commission d'enquête de demeurer présente dans l'esprit du public pour avoir le résultat escompté, à savoir faire la lumière sur les faits entourant le «scandale des commandites». Le commissaire Gomery était à la recherche des faits et nulle part dans ce jugement on peut discerner le moindre indice qui porterait à croire que M. Gomery a fait quelque erreur que ce soit quant aux faits. Rien dans les preuves du tandem Chrétien - Pelletier ne démontre que M. Gomery s'est trompé quant aux faits.

    On connaît bien le processus de nominations politiques de la magistrature et on peut confortablement conclure que n'est pas plus impartial le juge qui admoneste le commissaire en montant sur ses grands chevaux en sortant de sa tour d'ivoire que le commissaire lui-même qui faisait son boulot d'enquêteur et qui essayait de nous faire connaître la vérité, comme l'exigeait son mandat. Les condamnations subséquentes des artisans des commandites ainsi que l'Histoire donneront raison au commissaire et non pas à tout ce qui grouille, scribouille...

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 11h07
    A lire Pratte et Dubuc les Desmarais et famille politique n`ont pas à craindre le scandale
    Blanc comme neige sont tous les joueurs politiques du scandale des commandites. La Commission Gomery aura été peine perdue, car le commissaire a osé dire que le chef du gouvernement avait été blâmé sans raison valable. Pas de politiciens veut dire pas de scandale. Bien qu`aucun des politiciens impliqués se retrouvera devant un juge. Le bureau du Premier ministre aura géré le programme mais il n`a pas été informé des abus. On a accusé les marginaux mais les maîtres du pouvoir seront épargnés. Les Dingwall, Gagliano, Ouellette, Carle, Pelletier, Chrétien, Corriveau, Belliveau, Côté et autres permanents du parti Libéral au Québec du temps n`ont rien à craindre. Bien que les enveloppes brunes circulaient avec grande régularité comme l`a démontré le juge Gomery. Crime de lèse majesté au dire d`autres amis de ce pouvoir déshonorable. Gomery aura eu le courage de blâmer un joueur, qui avait trop de balles de golf, tout en tentant de discréditer le commissaire et ses proches. La crédibilité ne se gare pas auprès des chantres de ces politiciens mal intentionnés. Et puis il y a eu les joueurs inconscients qui n`ont rien vu, rien entendu bien qu`ils furent Président du conseil privé (Dion en charge du plan B), Président du conseil du trésor (Robillard et Martin, VP), Premier ministre (Chrétien). Non mais où étaient-ils lors des conseils des ministres discutant de ce programme. Sans oublier le secrétaire du Conseil privé (Himmelfard). Dans la lune faudrait croire, car ils n`ont souvenance de quoique se soit. Y a-t-il immunité et impunité lorsque le bureau du Premier ministre est impliqué dans des gestes reprochables, en toute discrétion, et non-disponible pour tout autre citoyen canadien? Peut-être, il faudrait le demander à un juge promu par ce même pouvoir. Enfin, toute cette information, du domaine publique, fut disponible grâce à monsieur Gomery, sûrement pas en provenance de Pratte et Dubuc.

  • Danielle Bourdages
    Inscrite
    vendredi 27 juin 2008 11h07
    Les déclarations du juge Gomery en sont-elles moins vraies ?
    Car, en réalité, c'est sur le fait qu'il soit sorti de son devoir de réserve qu'on le réprimande ; pour le reste, tout le monde a vu, comme le juge Gomery, que l'empereur - et ses comparses - étaient nus...

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 11h40
    Vous appelez boeuf ce qui n'est que grenouille !
    Au premier coup d'oeil comme au second regard, il n'y a eu aucun blanchissage. Grosse lessive et tentative de blanchiment ? Certes ! Teitelbaum a donné raison à Jean Chrétien qui circonférence la Suède et un Jean Pelletier qui tient Gomery responsable du déclenchement et des souffrances d'un cancer. Aurait-on déjà vu, au hasard de l'histoire, un accusé faire appel et être lavé d'une quelconque sentence, sous prétexte qu'il souffrait d'un cancer déclenché par ses détracteurs ? C'est tristement et grotesquement larmoyant et troublant !

    Ça sent l'entourloupe et la combine à plein nez. Teitelbaum n'a-t-il pas été nommé juge de la Cour fédérale, en 1985, par le «Right Honorable» Mulroney ? Mulroney ne porte-t-il pas une reconnaissance qui ne se calibre qu'aux démesures de l'obligeance infinie, à l'endroit de l'empressé Chrétien qui, en compensation de supposés préjudices à une «réputation» rudement mise à l'épreuve, lui a refilé si généreusement plus de 2M$, suite à un règlement hors cour, dans l'Affaire Airbus dont la continuité larvée déboucha sur l'Affaire Schreiber et sur l'Affaire du transit de grosses enveloppes brunes pleines de gros cash ? C'est incroyable comme le monde des grands est petit ! Voilà donc que Chrétien + Mulroney + Teitelbaum ont formé le triangle des Bermudes politiciennes d'Ottawa, dont les mystérieuses bourrasques ont échevelé Gomery tout en tentant de le chavirer. Ne faudrait-il lire entre les lignes et comprendre que l'ineffable Mulroney a soufflé à l'oreille de l'ingénu Harper, (après l'accablant rapport Gomery), de réhabiliter Teitelbaum, alors retraité, et de le nommer juge suppléant de la Cour fédérale, le 29 janvier 2007, dans l'espoir calculé de lui confier la tête de Gomery et de poser, à cette fin, un geste de blanchiment dont Chrétien et Pelletier jouissent des effets de la puissante lessive, par l'application exécutive de privilèges exclusifs reliés à l'immunité et à l'impunité?

    Ne faut-il pas rappeler que la politique, à Ottawa comme ailleurs au pays, est une affaire de chasse gardée ? Des 28 Premiers Ministres, depuis la Confédération (1867), 22 d'entre eux furent des avocats ! Ce sont ces PM et «avocats de fonction», aux Communes, qui sélectionnent leurs collègues amis et qui les nomment juges de la Cour fédérale. N'ont-ils pas droit aux hautes considérations et aux privilèges de la solidarité et de la fidélité d'une magistrature prioritairement reconnaissante ?

    Quand un juge dont la preuve d'impartialité reste à faire, dit d'une autre juge, étiqueté de complaisances médiatiques ayant dérangé la quiétude des Chrétien, Pelletier, Gagliano et de combien d'autres, qu'il fut partial, ça fait loufoque et primaire, dans le genre «mon père est plus fort que le tien». Ça coupe le fil très mince de la crédibilité d'une justice élastique qu'étirent ceux des magistrats que l'hommerie tient par l'hermine.

    C'est vrai que kid kodak Gomery aimait les caméras, les micros et les tribunes favorisant la parade de sa propension pour le nombrilisme et pour l'exhibition de jovialisme. Mais ça ne change rien aux réalités scandaleuses auxquelles sont ficelés les auteurs et leurs complices, aux mémorables trous de mémoire ainsi que les grosses pointures sur lesquelles les phares de ladite Commission se sont braqués. Mais, ici, on assiste à un autre triangle de la Douma politique, celui des «avocats» devenus « premiers ministres» qui nomment les «magistrats». Mais, ces bonnes gens du pouvoir suprême ne sont pas sans savoir ce qui ne les dérange surtout pas, à l'effet que le peuple canadien des honnêtes gens en a encore pris pour son rhume et que l'Affaire Teitelbaum - Chrétien - Gomery qui fait la UNE, aujourd'hui, ne changera pas un iota aux ancrages de leurs opinions d'hier et de demain.

    Ce sont de grosses bagarres de gangs des ruelles de la politicaillerie et des fonds de cour des avocasseries que le peuple canadien observe, sans mot dire ni maudire, dans cette minable Florida des attaques, des contre-attaques et des tentatives de règlements de comptes qu'Ottawa «fabrique», sans scrupule et sans vergogne, portant le tout au compte des payeurs de taxes qui en font toujours et scandaleusement les frais. C'est ainsi que ces excentriques itinérants squatters des Communes, forcent la population canadienne à se distancier et à se désintéresser d'une gouvernance faite des bassesses de l'hommerie et de tracasseries perpétuelles, faites aussi et surtout d'avocasseries et d'inepties toutes cousues des fils blancs de l'immunité et de l'impunité. Malgré ce gros bordel de conneries et de putasseries de praticiens d'un droit qui se porte à la défense de toutes leurs libertés les plus libertines, le bon peuple, lui, doit faire cavalier seul et continuer son cheminement, sur les sentiers de la droiture, de l'intégrité et de l'honnêteté. Bravo le peuple !

    La Vérificatrice générale Sheila Fraser, n'avait-elle pas vu et dénoncé toute cette délinquance de l'omnipotence politique ? Quant à lui, Paul Martin, qui se trouvait en copie carbone des observations lucides de la Vérificatrice générale, a opté pour tous les bégaiements et les insupportables chuintements de ses incompréhensibles tergiversations et de ses déclarations toujours empesées d'insignifiances qu'il imputait si naïvement aux retranchements des réserves, des retenues et des discrétions de la fonction. Les gardes du corps de Chrétien - Pelletier, en plus, ont le culot et poussent l'effronterie jusqu'à exiger que Paul Martin présente des excuses publiques. Il ne manque plus que ces zouaves exigent, en complément, que Sheila Fraser se mette à genou devant les deux totems de cette carnavalesque mascarade de débilité.

    «Flash Cube» Gomery n'a pas surveillé ses arrières et le shawiniganais bagarreur des ruelles d'Ottawa et l'ex-maire de Québec, son acolyte poussah, lui ont botté le cul. QUE VOULEZ-VOUS ? Malgré ses dérapes magistrales (déformation professionnelle), Gomery a pu laisser traîner un doute, si minime soit-il, en regard d'une impartialité dont tant d'autres se contrebalancent de l'étanchéité. Par contre, l'impartialité avouée mais non démontrée de Teitelbaum qui vit très bien des apparences dont se contentent «sa» vision, «sa» compréhension et «sa» pratique de la justice, s'accrédite d'une exemption, au chapitre de la preuve. QUE VOULEZ-VOUS ? Ce qui fait, par voie de conséquence et fort malheureusement pour les anales de la justice canadienne, que la crédibilité, la respectabilité et l'honorabilité de Chrétien, de Pelletier et des autres sont foutues à tout jamais, dans la mémoire vivement meurtrie de tous les canadiens. QUE VOULEZ-VOUS ? Teitelbaum aura lessivé Gomery et décrotté Chrétien, Pelletier et les autres, mais JAMAIS, au grand jamais, ce juge de la suppléance aura blanchi ses protégés. Le mal est fait et les auteurs ne sont pas du Zimbabwe, ni d'ailleurs. Le lessivage de Gomery et le blanchiment des crottins qui encombraient la «cour» de Chrétien, le recoin de Pelletier et les alentours des autres, n'auront eu aucun autre effet que celui de stigmatiser la mémoire vive de tous les canadiens. Teitelbaum s'est limité à «donner raison» aux obstinés qui se sont braqués d'impressionnants avocassiers qui, ensemble et connaissant les trucs pour y arriver, ont choisi, aux dates et aux heures de leurs besoins, celui des magistrats devant lequel ils se sont «déposés».

    L'AFFAIRE Chrétien - Pelletier est cuite. Tout appel de cette décision n'aura d'effet que celui de l'avaliser, d'enrichir davantage les brigadiers de la défense et de siphonner davantage le Trésor public. VOILA DONC UNE AUTRE DES HISTORIES D'ECHELLES, A BARREAUX VARIABLES, DONNANT ACCES A UNE JUSTICE DE CAPHARNAÜM ET DE FANTOMES. Cette grotesque vengeance de Chrétien, de Pelletier et des autres ainsi que ce magistral verdict de l'omnipotence judiciaire, en faveur de l'hégémonie des César, donnent le vertige et les nausées qu'il déclenche. QUE VOULEZ-VOUS ?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

  • Vincent Bussière
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 12h33
    Serre-Jean
    Connaissez vous l'histoire ... du ptit gars de Shawinigan, non... voici, il était une fois un gars qui voulait devenir premie d'un grand pays, pour y parvenir il fallai qu'il fut choisi ''chef'' mais celà ne lui vint pas facilement et la route lui fut barrée par l'anglais du Québec, pôvre homme. il dut, pour gagner sa vie, s'exiler dans une petite ville anglophone et inhospitalière d'une province voisine bien à l'ouest de Shawinigan, pas facile pour un ptit gars, mais il ne renonça pas pour autant à son rêve et lentement il prépara un retour à la vie publique, un peu à la manière utilisée par son ami ti-Paul plus tard, mais tout de même en moins hypocrite.

    Finalement quand le bel anglais fut chassé il put réaliser son rêve et il devint le cheuf, le grand cheuf et par la suite, le Premier.

    Une de ses réalisations à l'époque fut de se débarrasser de certains intérêts qu'il détenait dans une auberge de sa grand-mère, il les vendit donc à un ami en lui faisant une partie du financement soit une somme autour de trois cent mille dollars, hors comme les affaires de sa grand-mère allaient un peu mal et que l'entreprise de mère-grand appartenant maintenant à son ami commençait à manquer de liquidité il se sentit obligé d'aider ce dernier à sauver des emplois dans son comté, donc,à titre de député de son comté, il suggéra à son ami d'obtenir un prêt de la banque, Fédérale ''that is'' et c'est aussi à titre de député qu'il téléphona au Big Boss de la banque pour l'inviter à faire ce prêt à une entreprise de son comté et pure coïncidence si du fait de ce refinancement qui fut finalement accordé à son ami, ce dernier put enfin rembourser à notre Cheuf les trois cent mille dollars qui lui était dus, m'enfin comme dirait l'autre, occupons nous de nos navets.

    Quand le cheuf eu craint que sa Shawinigan natale ne perdit ses Rocheuses lors d'un fameux référendum, Notre Jean se mit à dépenser des gros dollars au Québec pour promouvoir le pays, y regardait pas à la dépense, d'l'argent on en a les gars on va y mettre le paquet on appelait ça des commandites.
    Et il y mit le paquet et encore, c'est le fruit du hasard si ce fut un paquet d'voleur et lui, ti -Jean, le chef, ne savait rien de tout cela, faut mener une vie de bon chrétien pour être autant choyé de Dieu. C e que cet homme a eu de la chance, il n'a jamais su que ses amis ni que son parti, dont il était le CHEF, trichaient. Quand on ne sait pas on est coupable de rien, c'est la vie, n'importe quel avocat vous dira ça!

    L'histoire, malgré les jugements des juges, jugera aussi, l'histoire se souviendra des bonnes choses qu'il a fait, de ses mauvaises décisions aussi, mais également, elle se souviendra qu'un jour il entoura le coup d'un manifestant en le repoussant avec violence.
    J'ai, à cette époque, applaudit très fort le fait que nous ne soyons pas en dictature car le ptit gars avec les mains serrant le coup m'avait paru doté des qualités requises pour une bonne dictée.

    Vincent Bussière

  • Réal Ouellet
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 12h45
    Partialité?
    Retour du balancier! Chrétien est gracié par une cour de libéraux nommés par lui.
    Chrétien semble gagné mais c'est la justice qui y perd!

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 13h00
    Fin de Gomery, début du scandale de l'Uquam...
    En fin de compte aucun politicien n'a été condamné dans l'affaire des commandites...seulement de fraudeurs québécois dans l'entourage du parti Libéral.Aucune preuve n'a été apportée de implication des politiciens, heureusement.Mais nous avons vu la fin des commandites qui avaient beaucoup de côtés positifs pour des dizaines de festivals...

    Voyons voir maintenant ce qui arrivera dans un scandale beaucoup plus grand, celui de l'UQUAM et de Roch Denis...
    Comme c'est un scandale non fédéral et que ça touche un ex boss syndical, je parie que les journalistes en parleront beaucoup moins, même si les fraudes impliquées sont de beaucoup supérieures...deux poids, deux mesures? Rock Denis ira t'il en prison, rejoindre les fraudeurs des commandites?

  • Hubert Larocque
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 13h18
    Rapport Gomery et Cour fédérale
    Rapport Gomery et Cour fédérale.
    Une analyse superficielle conclut au blâme de Gomery. Le fédéralisme a sa logique, et alors le jugement de la Cour fédérale achève le travail du Rapport Gomery. Le juge Gomery, avec son air bonhomme et campagnard, était avant tout un Anglais et un fédéraliste. En tant qu' homme honnête, il ne pouvait passer sous silence le « scandale », et en même temps il devait en atténuer le sens, le nier même. Aussi, son rapport a ignoré la raison des commandites qui était d'empêcher par tous les moyens le Québec d'accéder à l'indépendance. Alors, comment comprendre le « scandale » et son ampleur particulière? Le côté profondément politique, « national », des « commandites » a été gommé et travesti en simple détournement de fonds. Du point de vue canadien, les « commandites » étaient nécessaires pour sauver le pays. Il fallait donc les absoudre de deux manières : transformer l'opération politique en simple affaire judiciaire, et charger des subalternes en laissant filer les vrais responsables.
    Le jugement d'aujour'hui achève le travail de Gomery. Dans une démocratie, un gouvernement est imputable de tout ce qu'il décide et approuve. Point du tout, le cabinet fédéral ,dont M. Chrétien était le chef, ne savait pas. M. Chrétien, qui avait organisé le tout, s'en tire blanc comme neige. Et vive le Canada!
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 13h29
    Triste personnage...
    Comment pourrait on croire que Mr Chrétien aurait été assez crétin pour laisser des traces de son parrainage des commandites?

    Un avocat, juge ne vas pas laisser condamner un avocat ministre sans le blanchir de tout soupçon..

    les gens savent depuis longtemps au Québec que la politique des libéraux CARBURE AUX COMMANDITES et c'est pas un juge anglophone qui vas nous faire changer d'idée.

    On est pas assez courageux pour faire notre indépendance, mais nous prenez pas pour des idiots en plus....

  • Sylvie Bourgon
    Abonnée
    vendredi 27 juin 2008 17h20
    Un succès aléatoire
    Si j'étais M.Chrétien et/ou M.Pelletier,je ne serais pas très fier de cette "victoire" qui s'appuit uniquement sur un point de droit i.e l'apparence de partialité.J'imagine leur jubilation de voir à l'époque le juge Gomery se commettre avec la presse puisqu'il venaient de trouver le filon à exploiter pour se faire justice au dépens de la vérité.

    La conclusion du Juge Teitelbaum est celle d'un homme qui voit l'arbre (la partialité) plutôt que la forêt (le résultat de la commission).Il précise d'ailleurs que son jugement ne lui permet pas de croire que les conclusions de la Commission étaient totalement infondées.
    Quant à l'avocat de M.Chrétien -Peter Doddy- qui estime que cette conclusion permet de penser que tout le processus et le résultat de la Commission peuvent être invalidés,il est le digne représentant de ces gens de loi qui nous font perdre confiance dans l'application de la Justice.

  • Marie-Josée Gagnon
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 17h31
    Le mainpulateur de marionnettes....
    Non mais vraiment c'est nous prendre pour des imbéciles...quand on sait que toutes les nominations et toutes les décisions étaient approuvées par le bureau de Monsieur Chrétien, je n'en revient pas. Il a fait de la politique comme ça se faisait dans les années 40, c'est ainsi qu'il a pu se maintenair au pouvoir pendant trois mandats. C'était le règne de crois ou meurt. Il n'est sûrement pas blanc comme neige, même s'il porte le titre d'Honorable! Je suis renversée et j'espère que l'on défendra l'intégrité du juge Gomery. La mémoire est une faculté qui oublie, mais moi je n'oublie pas, je dirais même que ''je me souviens'' et je me souviendrai...

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 27 juin 2008 20h10
    Partialité
    C'était à prévoir et c'était tellement évident... !

    Le Juge Gomery a voulu jouer au justicier et il s'est servi des médias pour mousser sa popularité. Après sa sortie publique auprès des médias, la Commission d'enquête aurait dû être avortée.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 20h49
    La similarité des causes
    J`aimerais connaître la similarité entre O.G. Simpson, Jean Pelletier et Jean Chrétien. Edie Goldenberg pourrait comprendre que le peuple les trouvent coupables mais la cour pas. Troublant!

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