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Intervention policière ratée à Kanesatake - Le NPD et des leaders autochtones réclament une enquête publique

La Presse canadienne   10 juin 2008  Justice
Ottawa — Des leaders autochtones et le Nouveau Parti démocratique (NPD) reviennent à la charge et réclament une enquête publique sur ce qui s'est passé à Kanesatake en janvier 2004 lors de l'opération policière qui a mal tourné.

Steven Bonspille, chef de la nation mohawk de Kanesatake, estime que le gouvernement fédéral de l'époque est responsable des événements qui se sont terminés par la séquestration dans le poste de police des agents autochtones demandés en renfort et par l'incendie de la maison du grand chef de l'époque, James Gabriel.

Thomas Mulcair, aujourd'hui député néo-démocrate mais ministre au gouvernement du Québec à l'époque, dit savoir qu'Ottawa voulait maintenir James Gabriel en place. Il affirme que c'est ce qui explique pourquoi il y a eu un raid policier malgré les avis contraires de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Les deux hommes affirment que le gouvernement fédéral tirait les ficelles pour maintenir James Gabriel au pouvoir à tout prix. Leur avis est partagé par le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard. En conférence de presse, hier, ils ont réclamé, une fois de plus, que le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, ouvre une enquête plus poussée.

M. Day s'était d'ailleurs dit «préoccupé» par les conclusions d'une vérification juriscomptable rendue publique en avril dernier. Le rapport concluait que le fédéral avait versé plus de trois millions de dollars au conseil mohawk pour ses services de sécurité, et ce, sans l'appui de Québec.

Le vérificateur constatait de plus que le ministère fédéral de la Sécurité publique avait «tenté peu de choses pour trouver une solution» au retrait de la SQ de la vaste offensive policière qui allait tourner au fiasco et qu'il n'avait pas demandé à la GRC s'il fallait quand même aller de l'avant.

Au cabinet de M. Day, on rappelle qu'à la suite du dépôt de ce rapport, le ministre avait mandaté ses fonctionnaires d'évaluer si d'autres mesures devaient être prises.

Pour M. Bonspille, cette vérification comptable était «un pas dans la bonne direction mais, à titre de représentant des Mohawks de Kanesatake, en tant que grand chef, je demande une fois de plus que M. Day fasse un autre pas et lance un enquête publique. [...] Ma communauté demande justice».

Selon Thomas Mulcair, une telle enquête sera la seule façon de s'assurer que de tels événements ne se reproduisent plus.

Ghislain Picard affirme de plus qu'une enquête pourrait aussi prévenir d'autres ingérences d'Ottawa dans les affaires politiques des communautés des Premières Nations.
 
 
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