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Autriche - Le père indigne a avoué ses crimes

Reuters   29 avril 2008  Justice
La police autrichienne continue de fouiller le sous-sol où vivaient prisonniers la fille de Josef Fritzl et trois des enfants qu’elle a eus de lui.
Photo : Agence Reuters
La police autrichienne continue de fouiller le sous-sol où vivaient prisonniers la fille de Josef Fritzl et trois des enfants qu’elle a eus de lui.
Amstetten, Autriche — Un Autrichien de 73 ans a reconnu avoir séquestré sa fille pendant 24 ans dans un sous-sol et avoir eu avec elle des relations incestueuses ayant donné naissance à sept enfants, a déclaré hier la police autrichienne.

Elizabeth Fritzl, âgée de 42 ans, avait déclaré dimanche à la police que son père, Josef Fritzl, l'avait attirée en 1984 dans la cave de l'immeuble où ils vivaient, à Amstetten, l'avait droguée puis menottée avant de la séquestrer.

«[Josef Fritzl] a dit qu'il avait emprisonné sa fille pendant 24 ans, qu'il lui avait fait sept enfants et qu'il les avait séquestrés dans la cave», a déclaré au téléphone à Reuters Franz Polzer, chef de la cellule d'enquête criminelle chargée de l'affaire, dans la province de Basse-Autriche.

Fritzl a également reconnu avoir incinéré le corps d'un des sept enfants mort peu de temps après sa naissance, a ajouté Polzer. D'après des médias autrichiens, il aurait utilisé une chaudière pour incinérer le nouveau-né.

Trois des enfants d'Elisabeth Fritzl ont vécu enfermés toute leur vie dans le sous-sol du bâtiment avec leur mère. Ils n'ont jamais vu la lumière du jour ni reçu d'éducation, a précisé la police.

Les autorités continuaient hier à fouiller le sous-sol composé de plusieurs pièces, dont certaines n'excèdent pas 1,70 m de hauteur, où il était possible de préparer à manger et de laver du linge. D'après les autorités d'Amstetten, à 130 km à l'ouest de Vienne, la cave comprenait même une cellule capitonnée.

Josef Fritzl, électricien de formation, avait dissimulé l'entrée de la cave derrière une étagère remplie de boîtes et de bidons et lui seul connaissait le code électronique permettant d'ouvrir la porte coulissante en béton armé.

L'affaire, qui a suscité un vif émoi dans le pays, rappelle le cas d'une autre Autrichienne, Natascha Kampusch, qui a passé huit ans enfermée dans une cellule sans fenêtre avant de s'évader, en août 2006.

Celle-ci a d'ailleurs offert son aide aux victimes. «Je peux imaginer que c'est très difficile à supporter à la fois pour la mère des enfants ainsi que pour la femme de l'auteur des faits», a-t-elle déclaré.

Le psychiatre Max Friedrich, qui a traité Kampusch, a déclaré que les enfants passaient des examens à l'hôpital, en particulier pour des problèmes de peau et aux yeux provoqués par le manque d'exposition à la lumière naturelle.
 
 
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