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Lacroix: 12 ans de prison

François Desjardins   29 janvier 2008  Justice
Vincent Lacroix quelques instants avant sa comparution au palais de justice de Montréal, hier, où il a été condamné à une peine de 12 ans de prison.
Photo : Jacques Nadeau
Vincent Lacroix quelques instants avant sa comparution au palais de justice de Montréal, hier, où il a été condamné à une peine de 12 ans de prison.
Vers 16 h 30, une demi-heure après que Vincent Lacroix eut pris le chemin de la prison, la Ford Focus qu'il avait conduite lui-même pour se rendre au palais de justice était toujours dans le stationnement. Soudainement, son père arrive. «Je n'ai aucun commentaire», a-t-il dit poliment. Clé en main, il venait chercher la voiture, un modèle de location. L'ancien président de Norbourg avait apparemment conclu qu'il n'y aurait pas de retour à la maison.

Deux ans et demi après l'éclatement du scandale, M. Lacroix a vu hier son ultime tentative de blocage tomber au combat. N'ayant pas réussi à faire remettre la sentence à plus tard, il a eu droit à ce que tout le monde était venu entendre: l'opinion du tribunal sur la peine. Le juge Claude Leblond a livré un monologue d'une heure au terme duquel il a imposé une sentence dont l'ampleur en a surpris plus d'un, soit 12 ans moins un jour derrière les barreaux et une amende de 255 000 $.

M. Lacroix, qui n'a rien dit de la journée, a immédiatement été emmené par le personnel de sécurité du palais de justice de Montréal.

Selon le juge Leblond, dont la décision énumère plusieurs cas de jurisprudence pancanadienne, M. Lacroix a «grossièrement abusé» de la confiance des 9200 investisseurs.

Le rôle central de M. Lacroix, la durée de temps sur laquelle se sont produites les infractions et ses tentatives de rejeter le blâme sur autrui font en sorte qu'à l'analyse du dossier, il n'y a aucun facteur atténuant.

«La dénonciation et la dissuasion sont les principaux facteurs dans un dossier comme celui-ci», a dit le juge Leblond. «Cette dissuasion ne doit pas seulement viser le défendeur, mais aussi tous les professionnels du marché des valeurs mobilières à l'égard desquels les investisseurs sont en situation de confiance.»

L'AMF très satisfaite

L'avocat qui représentait l'Autorité des marchés financiers (AMF), Me Éric Downs, s'est dit «très satisfait». Un porte-parole de l'AMF a précisé que la règle faisant en sorte qu'il y ait possibilité de libération après un sixième de la peine est applicable dans le dossier.

Pour son rôle dans le détournement de 115 millions à même l'épargne des clients, M. Lacroix avait été reconnu coupable le 11 décembre de 51 chefs de nature pénale. Puisque ceux-ci découlaient de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec, le procès s'est déroulé en Cour du Québec, devant juge seul.

Arguments à l'appui, le juge a imposé des peines consécutives, plutôt que de manière concurrente. L'AMF avait demandé de séparer les 51 chefs en trois blocs, et demandait pour chacun d'eux la peine maximale de cinq ans moins un jour.

Pour les chefs 1 à 27, qui concernent la manipulation des fonds, le juge a imposé cinq ans moins un jour. Pour les chefs 28 à 36, qui portent sur des faux documents remis aux autorités, il a imposé 42 mois. Pour les chefs 37 à 51 sauf le chef 42, qui portent sur la publication de documents trompeurs pour le public, il a imposé 42 mois.

La confiance du public envers l'industrie financière n'est possible que si l'éthique figure au premier plan, a dit le juge. «C'est dans ce sens qu'il y a une urgence à démontrer la réprobation sociale des comportements adoptés par le défendeur.» À la lumière des faits, «une sentence maximale est le seul moyen d'atteindre les différents objectifs de détermination de la peine que nous avons mentionnés».

Rejet de la requête

La semaine dernière, M. Lacroix avait déposé une requête demandant au juge de remettre la sentence à plus tard, car il souhaitait s'en prendre à la constitutionnalité de la Loi sur les valeurs mobilières. M. Lacroix digérait mal que l'AMF demande des peines consécutives aussi lourdes alors que la loi québécoise ne prévoit qu'un emprisonnement maximal de cinq ans moins un jour. Le juge a refusé.

En décembre, M. Lacroix avait indiqué que le trou de 115 millions dans les fonds communs gérés par Norbourg était la conséquence ultime d'une erreur comptable de 300 000 $ survenue à l'été 2000. Puiser dans l'épargne des clients pour renflouer le trou constituait de la «gestion de rattrapage».

M. Lacroix avait aussi affirmé que l'histoire de Norbourg était une histoire d'incompétence, d'immaturité et d'alcool, et que la fabrication de faux documents était la responsabilité de son vice-président, Éric Asselin.

«L'idée d'avoir créé un gouffre de 115 millions pour couvrir une erreur de 300 000 $ n'a aucun sens», a dit le juge. Cela ne veut pas dire que Lacroix n'y croyait pas. «Cependant, le développement de Norbourg avec l'argent des investisseurs a permis à M. Lacroix d'adopter un mode de vie de multimillionnaire aux dépenses somptuaires. Il est impossible de croire que le défendeur avait une préoccupation réelle pour les investisseurs. Il est tout aussi impossible de croire qu'il a été la victime des machinations de M. Asselin.»

Le président de l'AMF, Jean St-Gelais, a dit que la décision du juge Leblond constitue une «avancée majeure». «D'un strict point de vue légal, le fait d'avoir obtenu un cumul des peines représente une percée importante», a dit M. St-Gelais en disant qu'il s'agit de «la peine la plus sévère jamais imposée en matière pénale au Canada».

Puisque la GRC enquête elle aussi, il n'est pas impossible que des accusations de nature criminelle s'ajoutent un jour contre M. Lacroix lui-même.

De nombreuses victimes étaient sur place. «Je suis satisfait des 12 ans, mais pas des 255 000 $ d'amende», a dit l'une d'elles. «Nous autres, il nous a pris 115 millions.»






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  • pol pilon
    Inscrit
    lundi 28 janvier 2008 23h21
    Peine de juste valeur!!!
    « Enfin...Enfin cette histoire à trouvée un dénouement. 12 ans bien mérité à mon avis. Mais il reste toujours qu'après 2 ans, cet homme sans valeurs morales pourra de nouveau drager la liberté, malgré l'emprisonnement financière qu'il a créé à ses 9200 investisseurs qui lui ont fait confiance. Ce 255 000 $ d'amende devrait, à mon avis être redistribué parmis ces investisseurs. Bien que ce soit très très très loin d'être le retour de leurs pertes, au moins se sentiront- ils peut-être un peu plus satisfaits de son sort. J'ai une très grande pensée pour eux et bon courage à tous ceux qui ont osés faire confiance à ce filou. -David- »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 06h50
    les millions
    « Ou sont les millions que la croix a voler aux petite gens
    que lacroix révèle ou sont ou bien a sont gerant de banque
    lui y doit savoir
    grenier.martin@videotron.ca »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 07h13
    lacroix et les restaurents
    « pauvre de petit gouvernement ca fait longtemt que les restaurents fouillent dans les poches des gouvernements pauvre de lui¨(c a d )dans nos poches
    grenier.martin@videotron.ca »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 07h22
    les millions
    « Dans le font des choses c'est la faute des gouvernements
    vous aller me faire acroire que qet quen ne savait pas qet chose faite moi rire aux eclats ah ah ah ah
    grenier.martin@videotron.ca »

  • Philippe Bernard
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 07h44
    1/6
    « Donc M. Lacroix pourra être libéré dans 2 ans. Est-ce bien dissuasif? Si l'argent introuvable (qui serait aux Bahamas)lui permettait de reprendre un niveau de vie somptueux; dans ce cas c'est bien peu 2 ans... »

  • Clément Fontaine
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 07h48
    Jstice hypocrite
    « Notre système judiciaire est complice des criminels quand il travestit à ce point la vérité et LE DEVOIR aurait dû le souligner à gros traits dans cet article. Ce n'est pas à 12 ans de prison qu'à été condamné Vincent Lacroix, mais bien, dans les faits, à deux ans et demi. Cette farce de mauvais goût que constitue la libération quasi systématique au un sixième de la sentence explique en bonne partie le cynisme de la population en général et plus particulièrement des victimes. Et que signifie une amende de 255 milles $ pour un criminel a sans doute mis de côté plusieures millions de dollars en prévision de sa sortie? Il faudra maintenant surveiller le résultat d'une enquête éventuelle de la GRC pour voir si le Vincent Lacroix va s'en tirer aussi bien. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 08h42
    L'AMF très satisfaite
    « 115 millions ont disparu
    On ne sait pas où l'argent est rendu (certainement pas Chez Paré!)
    9200 investisseurs floués
    Et "L'AMF est très satisfaite"

    M. Charest, on veut savoir où l'argent est passé? Qu'ont fait les enquêteurs pendant les 2 ans et demi? »

  • Pierre Vachon
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 12h10
    Justice, oui, mais pour qui ?
    « On serait tenté d'applaudir la sentence de 12 ans que vient de recevoir Vincent Lacroix. Ça fait un beau titre dans les journaux. Le système judiciaire s'est montré inflexible face à une telle fraude et tout le monde est bien content. Tout le monde ? Vincent Lacroix, sûrement. Car ne soyons pas dupes: au pays du Québec, 12 ans, ça veut dire 2 ans !Et après, il paye ses 255,000 dollars d'amende et voilà, le tour est joué: Lacroix redevient un homme libre, libre de jouir pleinement de ce qu'il a réussi à bien cacher à tout le monde.Et les victimes dans tout ça ? Toutes ces honnêtes gens qui se voient totalement dépossédés de leurs économies de toute une vie dans bien des cas, qui va les rembourser, elles? Peut-on compter sur un élan de générosité de Vincent Lacroix qui voudrait retrouver son honneur(sic)? Oublions ca, s'il-vous-plaît. Le gouvernement alors? Autrement dit, nous tous, pauvres con-tribuables ? Bien que je sympatise totalement avec toutes ces personnes qui se sont fait flouer, j'estime que ce n'est pas au gouvernement (autrement dit pas à nous) de payer pour un escroc dont on sait qu'il a les moyens de s'acquiter pleinement de ses dettes.
    Mais, ainsi va la loi nous dira-t-on. Certes, mais qui fait les lois? Et pour qui ? En fait, à qui profite le crime, finalement ? Réponse dans 2 ans.... »

  • Aline Picard
    Abonnée
    mardi 29 janvier 2008 12h26
    Des sandwichs au balowné
    « C'est 12 ans de prison ferme sans possibilité de libération conditionnelle que le juge Leblond aurait dû donner comme sentence à Lacroix. Et puis $255,000 d'amende, c'est pas assez, étant donné l'ampleur de la fraude. Ça ne couvre même pas ses frais d'emprisonnement. J'espère qu'il va en manger en masse des sandwich au balowné, assez pour s'écoeurer. Je suis triste qu'il n'ait aucun remboursement à faire pour dédommager les actionnaires floués. Il a sûrement de l'argent de caché à quelque part. J'espère que l'enquête de la GRC apportera de bonnes nouvelles aux actionnaires, et que Lacroix sera jugé au criminel. »

  • Peter Langford
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 13h17
    Une libération après un sixième de la peine???
    « Il a volé 115 millions et il paie une amende de 255000$?
    Ce n'est rien! Un sixième de douze ans est deux ans.
    Une possibilité de deux ans de prison pour 114,745,000$?
    Il y a plusieurs personnnes qui accepterait deux ans de prison pour 57,372,250$ par an, ou environ 15,700$ par jour. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 14h13
    Il faut amender la Loi des libérations conditionnelles
    « Tout le monde sait qu'il va sortir après 2 ans, n'étant pas un violent.
    Le gouvernement fédéral doit amender la Loi des libérations conditionnelles. L'amendement Lacroix ferait en sorte que dorénavant toute personne reconnue coupable d'un vol ou d'une fraude de 100,000$ et plus ne pourrait être libérée avant d'avoir purgée les deux-tiers de sa peine.

    Allez le Bloc, c'est le temps de scorer pour une fois...Lr but est tout grand ouver! »

  • Guillaume Girard
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 19h04
    Il faut amender la Loi des libérations conditionnelles
    « Bonne idée Monsieur Jacques Noël! »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 19h16
    Ça glace le sang!
    « Très très surpris qu'il n'y ait pas eu une «poutine» avec ça!

    Des milliers de floués de Vincent Lacroix et de ses complices se tiennent, la mort dans l'âme, devant ce qui a toutes les allures du cimetière macabre et lugubre de la «chienne de vie» qui est la leur, épitaphe en moins. Dans leur champ de vision, le néant. Le NOIR...

    Ayant eu accès aux professionnels de l'aide juridique qui ont eu droit à trois fois les honoraires que réclament habituellement les pros de cette pratique, le «pauvre» magnat de la gachette, Monsieur Maurice Mom Boucher, avait éliminé ou fait exécuter des individus. Il s'est alors vu imposer 25 années d'emprisonnement ferme. Belle démonstration de la «justice par ordonnance», de la «justice vengeance» et de «bonne conscience». Voilà!

    N'ayant pas les moyens de se payer les service d'un praticien du droit, le pauvre pacha Vincent Lacroix est condamné à «11ans et 364 jours» d'emprisonnement et à quelques piastres d'une somme qui confirme le risible absolu d'une grosse affaire qui lui a rapporté, au minimum, les 115 millions $ connus. Après moins de deux ans d'emprisonnement privilégié et/ou protégé, le futé multimillionnaire ira retrouver les coffres-forts de ses combines et les agents-protecteurs de son aisance bien planifiée qui surveillent jalousement les «cales» de quelques vieilles bourriques des mers, amarrés derrière une des îles des abris fiscaux maffieux. Ainsi va la vie! Belle démonstration de la «justice complaisance» pour ne pas dire «justice récompense, pour ne pas dire «justice obligeance».

    Il y a apparence de justice, mais évidence éclatante de crime parmi les plus crapuleux. Il a plié les genoux devant 51 chefs d'accusation et reconnu 51 «coups de poignard» dans le coeurs et par le dos, assénés à des investisseurs manipulés, fragilisés, beurrés, leurrés, floués et criminellement abusés, maintenant désabusés, laissés à eux-mêmes et abandonnés sur l'accotement de leur invivable itinérance. Évidemment, il n'y a pas eu mort d'homme, critère d'un meurtre au premier degré. Mais il y a des milliers de «zombis», avec la mort dans l'âme, qui auront, pour un trop grand nombre, une vie de loque humaine, comme s'ils étaient maintenus en vie artificiellement et devaient servir de cobayes, dans les labos des suppôts et collabos du crime économique, très organisé par des cravatés, portant vestons et chapeaux melon. Il y a «vraie semblance» de justice conventionnelle, mais évidence organisationnelle de l'écriture formelle du guide pratique d'une criminalité rentable, pour ambitieux et futés intouchables.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gérald Tremblay
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 19h51
    Reste les poursuites au criminel
    « Y a-t-il quelqu'un qui croit que Lacroix sera poursuivi au criminel? En 2 ans et demie ni la GRC ni la Sûreté n'ont trouvé le moyen de formuler la moindre accusation. Parions qu'ils ne veulent pas éclabousser certains personnages bien placés.Contrairement à ce que plusieurs croient, la Justice c'est politique et même très très politique ; aucune transparence au niveau du Procureur général òu toutes les tractations sont possibles. Dites-moi que j'ai tort quelqu'un ! »

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