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Un crime nouveau

Jean-Robert Sansfaçon   29 janvier 2008  Justice
En prononçant une sentence cumulée de 12 ans moins un jour assortie d'une amende de 255 000 $ à l'homme d'affaires Vincent Lacroix, le juge Claude Leblond de la Cour du Québec vient d'inscrire un précédent dans les annales du système pénal canadien.

Quelques heures plus tôt, un autre homme d'affaires, André Charbonneau, avait été condamné à sept ans de prison par un juge de la Cour supérieure, mais, dans son cas, il s'agissait d'une fraude au sens du Code criminel. Lacroix n'était pas accusé de fraude. Il était poursuivi par l'Autorité des marchés financiers pour avoir enfreint les règles.

Reconnu coupable en décembre dans l'affaire Norbourg, Lacroix a toujours nié sa participation au stratagème complexe qui lui a permis de détourner plus de 115 millions des fonds de placement dont il avait la garde. Dans sa décision, le juge Leblond a souligné la gravité du geste et ses conséquences sur les victimes dont la vie a été bouleversée.

Une peine aussi lourde pour un crime de nature purement économique, nous n'avions jamais connu cela au Canada. Aux États-Unis, ces crimes sont punis d'une peine de prison depuis plus longtemps parce qu'ils ont toujours été considérés comme une entrave majeure à la bonne marche du capitalisme sacré. Ici, au Canada et au Québec, on ne jugeait pas que le traficotage des élites représentait une menace à la stabilité économique et sociale. Le vol à l'étalage, au contraire, pouvait conduire à la prison parce qu'il relève du Code criminel, mais aussi parce que les dirigeants politiques et religieux des siècles passés ont toujours jugé que les dérapages du bon peuple constituaient une menace plus grande pour l'ordre social que ceux de la poignée de bourgeois à laquelle ils appartenaient. Si d'aventure l'un d'entre eux venait à se faire prendre pour n'avoir pas été assez intelligent, le déshonneur suffirait comme punition. La prison, jamais!

Ce qui a changé depuis quelques années, c'est que le Canada est entré dans l'ère fragilisée de la financiarisation de l'économie. Tout comme il a fallu légiférer pour empêcher la création de monopoles et protéger la concurrence au siècle dernier, le système économique contemporain a besoin de règles plus strictes et de contrôles plus serrés pour assurer sa survie. Ce n'est donc que depuis 2003 qu'un acte répréhensible commis en contravention des règles du marché financier peut conduire à une peine de prison au Québec. Des histoires comme Enron et Norbourg sont une menace réelle au système dont la plus grande part du développement récent ne repose plus sur la production de biens, mais sur les transactions virtuelles des marchés financiers.

En intervenant comme ils l'ont fait, l'Autorité des marchés financiers et les tribunaux posent une pierre indispensable pour assurer la protection des millions d'investisseurs qui sont devenus les nouveaux acteurs d'un système dont dépend le grand capital, certes, mais aussi le plus modeste adhérent à un régime de retraite. Il était grandement temps!






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  • André Brière
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 04h30
    L'amende est totalement ridicule, un paquet de chewing gomme
    « Bravo au juge pour la sentende de 12 ans, mais qu'arrive t'il des gens qui ont tout perdus leurs bas de laines. Qui plus au sixieme de sa peine soit 2 ans ce gars la va se promener allègrement avec les 111$M qu'il a voler aux épargnantx. Il doit etre poursuivis au criminel et recevoir une sentence $$$$ beaucoup plus importante, adéquoite et proportionelle à sa magouille.

    Le sans abris qui va voler une pomme va etre emprisonner une semaine, ou est la logique ?????

    ET VIVE NOTRE CHERE JUSTICE

    Je persiste et je signe,

    André Brière »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 06h06
    Plus de 9000 raisons
    « Les gens comme Vincent Lacroix sont des dangers publics, et on préfère les voir là où ils ne peuvent plus faire de mal, pour un bon bout de temps. Car 12 ans, c'est un minimum pour la faute abjecte qu'il a commise.

    Ce qu'il a fait à ces quelque 9000 petits investisseurs est cruel. Et il ne semble tellement pas regretter son geste qu'il mérite bien d'aller croupir dans un cachot pendant une partie de sa misérable vie, lui qui a jeté dans la misère tant de petits épargnants qui lui avaient malheureusement fait confiance.

    Claude Tremblay
    Hawkesbury, ON »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 06h41
    le vol
    « les lois sont fait par les gros et non pas par jos blo dun petit village loin dans les disons les laurentides pour un exemple. donc celui qui vol a l'etalage est severement punie
    mais un gros qui vol des millions il a les moyens de se defendre o k de cacher les millions en qup part
    grenier.martin@videotron.ca »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 06h41
    le vol
    « les lois sont fait par les gros et non pas par jos blo dun petit village loin dans les disons les laurentides pour un exemple. donc celui qui vol a l'etalage est severement punie
    mais un gros qui vol des millions il a les moyens de se defendre o k de cacher les millions en qup part
    grenier.martin@videotron.ca »

  • Michel Chayer
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 06h59
    La roue
    « Votre texte réhabilite les grilles d'analyse marxiste...

    En effet, en schématisant vous illustrez à merveille comment le pouvoir exerce le contrôle social : la société couvre l'élite d'opprobres en guise de punition, alors qu'elle condamne le commun à la roue...

    Dans la même veine, je me souviens d'un type qui, en 1986, avait défrayé la manchette parce qu'il fut condamné à Longueuil à six années de pénitencier pour avoir fraudé...l'Aide sociale ! Avec en prime, effet de manche de la Couronne, et délire à la Une des tabloïdes. »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 07h29
    Plus de 9000 raisons
    « Un personnage comme Vincent Lacroix est un danger public, et il mérite bien la peine que le juge lui a infligé. Ce qu'il a fait est cruel, très cruel. Innommable!

    Et puis 12 ans, c'est trop court, vraiment. Il aurait dû aller croupir dans sa geôle encore plus longtemps. Il y a plus de 9000 raisons à cela. Il a ruiné les espoirs de quelque 9000 petits épargnants qui lui avaient confié les économies de toute une vie.

    Claude Tremblay
    Hawkesbury, ON »

  • Bertrand Leger
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 08h17
    Où est passé le fric ?
    « Il faut surtout retrouver tous ces millions ! ils ne se sont pas volatisés dans l'espace !
    Pas de réduction de peine tant que Lacroix ne dira pas où il a caché l'argent !
    S'il avait volé un livre d'une bibliothèque, on l'aurait coincé depuis longtemps, mais c'est juste 115 millions...
    J'ai bien peur qu'on le libère dans deux ans et qu'il disparaisse pour toujours, avec une nouvelle identité et tout son argent ! »

  • Renée Frappier
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 08h57
    Et les 115 millions?
    « Renseignez-moi. Où sont les 115 millions volés aux épargnants ? Doit-il les remettre ou est-ce que notre justice lui permet de les garder pour ses vieux jours ? »

  • Christian Grenier
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 09h28
    Bernés par Lacroix, bernés par dame Justice
    « Lacroix servira deux ans. Puis il entreprendra de jouir des millions dissimulés.

    Son amende de 255,000$, qui représente moins de un quart de un pourcent de la somme manquante, sera payée en entier.

    Oui madame, oui monsieur, l'amende sera payée en entier avec l'argent volé ... pour éviter d'attirer l'attention par la suite.

    L'amende sera payée par des proches ... pour éviter d'attirer l'attention sur le magot en possession du voleur.

    Oui madame, oui monsieur, par des proches qui seront remboursés et grassement récompensés ... secrètement, à partir du magot volé.

    Pendant ce temps, ses victimes continuerons de souffrir, pour beaucoup, jusqu'à la fin de leur vie ... fin de vie provoquée pour certains, par les actions de l'heureux voleur.

    Bernés par Lacroix, bernés par dame Justice.



    Christian Grenier »

  • corriveau diane
    Inscrite
    mardi 29 janvier 2008 12h22
    Et la suite... Une magnifique villa à Palm Beach
    « Cette setence exemplaire de 12 ans si celle-ci se rend à terme me rassure d'une certaine façon. Toutefois...je suis d'avis qu'une sortie de prison après 2 ans ne ferait que discréditer davantage nos institutions juridique, politiques, financière...

    Sûrement, que monsieur Lacroix et tous ceux qui le soutiennent ont pu, à ce jour, largement bénéficier de sa cueillette. Ont-ils déjà acheté sa belle villa! Belle villa située dans ce "bourg royal sécurisé" où se vautrent nos richissimes ex-politiciens/hommes d'affaires ... qui ont
    savamment déjoué le peuple en usant de ses biens. Des fortunes colossales qui somme toute,appartiennent à vous, à moi, à nous tous.Bienvenue au Club des " fraudeurs respectables " monsieur Lacroix. À regarder votre réaction, tout au long de votre procès, vous avez la "fierté forte"! Assez forte pour joindre ce Club sélect.

    Je souhaite tout le courage nécessaire, à tous ceux et celles qui ont été floués par Vincent Lacroix afin qu'ils puissent mener, jusqu'au bout, leur combat et le gagner. »

  • François Dugal
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 13h23
    Et les autres?
    « Vincent Lacroix est coupable et condamné: c'est bien. Mais où se cachent les autres qui ont permis une telle fraude et qui jouent les «Ponce Pilate»?
    1-La Caisse de Dépot qui vend le fond Évolution à un escroc,
    2-les firmes comptables pas foutues de découvrir le pot aux roses,
    3-l'Autorité des marchés financiers qui n'a rien vu venir.
    Vincent Lacroix a réussi son vol parce le milieu de la financeest peuplé d'incapables.
    Il sera libéré dans deux ans parce qu'il n'est pas violent; depuis quand voler 115 millions à de petites gens n'est pas violent? Et tout ce fric, il doit bien être quelque part.

    François Dugal
    Brossard
    dugalfrancois@hotmail.com »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    mardi 29 janvier 2008 14h41
    Les 400 milliards de Nortel et les 125 millions de John Roth, un oubli?
    « Bonjour M. Sansfaçon,

    Enron, un scandale financier de 40 milliards$; Nortel, des pertes de 400 milliards$, 10 fois plus. Une baisse de 30% du TSX 300 et d'énormes pertes pour tous les fonds de pension canadiens, sans compter tous ces investisseurs privés qui ont perdu leurs chemises. On est loin des 115 millions de Norbourg qui fait la une de nos médias depuis 2 ans. Nortel, rien.

    Alors que les dirigeants fautifs de Enron aux USA ont écopé de 25 ans, ceux de Nortel peuvent dormir tranquilles. John Roth a pu réaliser 125 millions$ avec ses options à peine plus de 3 mois avant la déconfiture de Nortel sans être dérangé outre mesure.
    Par ailleurs, on n'a jamais su où était allé tout cet argent qui a disparu dans des "coquilles vides" ou "shells" comme on dit dans le milieu. Pas de résultats d'enquêtes de la GRC ou de la commission des valeurs mobilières de l'Ontario pour qui les pertes de 400 milliards des actionnaires de Nortel auront été de la «business as usual»!

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • Hubert Lavigne
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 16h23
    Le petit investisseurest toujours perdant!!
    « C'est bien beau cette peine "exemplaire"... Mais le petit investisseur, n'a pas beaucoup de recours pour récupérer; j'ai moi-même été victime de manquements aux règles par la grosse entreprise Montrustco, en 2001, et leur négligence à suivre mes instructions m'a fait perdre au moins une dizaine de milliers de dollars.
    A une lettre de plainte et de réclamation que je leur ai envoyée, ils m'ont répondu par une lettre de leur avocat me menaçant de me poursuivre si je divulguais publiquement ces manquements. Suite à une consultation avec mon avocat, celui-ci m'a conseillé de ne pas poursuivre parce que cela risquait de me coûter beaucoup plus cher que les montants potentiellement récupérés.
    Donc, à moins d'aller aux petites créances pour des montants minimes, ces bandits incompétents vont toujours s'en sortir, particulièrement s'ils font partie d'une grosse boîte comme Montrustco ou une banque.
    La protection des petits investisseurs est pratiquement inexistante et c'est tout à fait scandaleux.
    Hubert Lavigne »

  • Laurent Lemieux
    Inscrit
    mardi 29 janvier 2008 16h58
    Où est la police
    « Je n'ai aucune sympathie pour M. Lacroix,cependant les sentences de prison ça ne veut pas dire grand chose pour un retraité qui a perdu toutes ses économies sauf une petite satisfaction momentanée. Le juge aurait pu exiger que Lacroix remette l'argent qu'il a volé et réduire la sentence proportionnellement au montant récupéré. On a bien négocié avec certains complices de Lacroix alors pourquoi ne pas négocié avec ce dernier?
    Tant qu'à l'AMF ou était-elle lorsque Lacroix devait déposer des tonnes de documents pour analyse par les experts de cet organisme, M. St Gelais président du dit organisme, argumentait ce midi à une ligne ouverte qu'il avait tous les experts nécessaires pour la poursuite de l'AMF contre les comptables et maisons de fiducies qui ont trempés dans cette affaire, dans sa grande générosité il propose même d'aider le recours collectif dans sa poursuite, jusqu'où peut aller l'ironie.... Les mêmes EXPERTS auraient pu faire leur boulot avant de donner toutes sortes d'autorisations à Lacroix et ses complices pour frauder les épargants.
    Où sont les unitées spécialisées d'enquête à la SQ GRC ville de Montréal?
    Que sont devenues les dossier JITEC CINNAR et autres scandales financiers dans lesquels plusieurs épargnants du Québec ont perdus de grosses sommes d'argent.
    Je crois qu'on devrait se poser une toute petite question au sujet de la façon dont nos fraudeurs québécois dans le domaine de la haute finance s'y prennent pour détrousser les épargants du québec, comparer à leurs collègues américains et européens, ici ils vont se chercher des autorisations auprès d'organismes de règlementation et généralement ils débutent leurs opérations sans mise de fond ils s'inventent des activités et soumettent aux autorités de faux documents auxquels ont prête une crédibilité alors que leurs confrères américains et européens se font embaucher par des entreprises qui ont déjà de l'argent et qui ont une notoriété dans le monde de la finance et ils volent tout simplement leur employeur ìl me semble qu'il y a entre les deux façon d'opérer une différence vis à vis la resposabilité. »

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