jeudi 24 mai 2012 Dernière mise à jour 10h09
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'avortement, 20 ans de lutte sans merci

Brian Myles   26 janvier 2008  Justice
Photo : Agence Reuters
Il y aura 20 ans lundi, la Cour suprême légalisait l'avortement dans une décision favorable au Dr Henry Morgentaler et à deux de ses collègues. Toutefois, les attaques contre le droit des femmes enceintes de choisir n'ont jamais cessé. Elles ont pris une dimension plus subtile et plus pernicieuse dans la foulée de ce jugement historique.

Le risque de cancer du sein augmente chez la femme après un avortement. La détresse psychologique aussi. La décision d'interrompre une grossesse ne devrait jamais être prise à la légère, car une femme court quatre fois plus de risques de mourir au cours de l'année qui suit, selon une étude prétendument scientifique.

Vingt ans après que la Cour suprême eut éliminé toutes les barrières juridiques entourant l'avortement pour en faire une décision relevant strictement du ressort de la femme enceinte, des mythes tenaces sont toujours véhiculés sur la place publique par le lobby «pro-vie», rebaptisé «anti-choix» ces dernières années en raison de son obsession viscérale à empêcher coûte que coûte une femme de «tuer la vie» en elle. Son credo? L'avortement peut bien rester légal, à la condition qu'il devienne inaccessible.

Il n'y a aucun risque accru de cancer du sein, de détresse psychologique ou de morbidité associé à l'avortement. Des décennies de recherches scientifiques rigoureuses l'ont prouvé à maintes reprises. Toutefois, en parcourant le site Internet du Regroupement des centres de soutien à la grossesse, un réseau formé de 15 centres d'accueil au Québec, c'est pourtant le genre d'information qui vous tombe sous la main. Ce regroupement «anti-choix» envisage l'avortement comme «la conséquence d'une détresse profonde» et non comme un choix souhaitable pour la femme.

Le camp des «anti-choix» est appuyé dans sa bataille par le personnel de la santé. Dans une étude récente, l'Association canadienne pour la liberté de choix a constaté que 11 hôpitaux au pays réfèrent directement à des organismes «anti-choix» les femmes qui cherchent de l'information à propos de l'avortement. «Le personnel hospitalier va jusqu'à conter des mensonges pour que les femmes ne puissent pas se faire avorter», explique la directrice générale de cet organisme, Patricia LaRue.

Au Québec, le réseau de la santé n'est pas contaminé par de telles références insidieuses. C'est d'ailleurs une des provinces au pays où ces services sont le plus facilement accessibles. Les «anti-choix» établissent une corrélation entre cette accessibilité et le nombre d'interruptions volontaires de grossesse. En 2005, environ 28 000 femmes ont subi un avortement. Plus du tiers des grossesses (41 %) sont interrompues avant leur terme. Comme il y a peu de naissances dans un Québec en déclin démographique, le taux d'avortement pour 1000 femmes constitue cependant une mesure plus juste de la réalité. En 2004, ce taux était de 19,1 avortements pour 1000 femmes, une proportion stable depuis l'an 2000 (la moyenne canadienne se situe à 14,6).

Grâce au combat judiciaire du Dr Morgentaler et à l'action sociale du mouvement féministe, les femmes ont gagné le droit à l'avortement. Mais la lutte pour l'accessibilité reste à faire. À l'Île-du-Prince-Édouard, ce service n'est tout simplement pas disponible. Au Nouveau-Brunswick, une loi contestable d'un point de vue constitutionnel oblige les femmes à consulter deux médecins avant d'être en mesure de se faire avorter. Enfin, l'écrasante majorité des cliniques et des hôpitaux où des médecins pratiquent l'avortement sont situés dans les zones métropolitaines au sud du pays, à moins de 150 kilomètres de la frontière américaine. «Dans la société, on ne voit pas le besoin d'en parler. On pense que c'est acquis, le droit à l'avortement. Les gens sont toujours surpris lorsqu'ils apprennent qu'il y a encore des barrières», affirme Patricia LaRue.

Criminalisation indirecte

Sur le front politique, la question du droit à l'avortement n'est pas morte, bien qu'elle soit dans un état de latence. Le premier ministre Stephen Harper a promis de ne pas ouvrir ce véritable panier de crabes. Un de ses députés de l'Alberta, Leon Benoit, a présenté un projet de loi privé visant à amender le Code criminel pour reconnaître «les victimes de violence non nées». Le projet de loi C-291 propose de créer une infraction distincte pour le foetus blessé ou tué dans le cadre d'une agression contre la mère. Mais ce projet a peu de chances de succès. Lorsqu'il était ministre de la Justice, Vic Toews avait commandé une étude qui avait révélé que tout changement à la définition d'un être humain dans le Code criminel pourrait résulter en une criminalisation de l'avortement.

Ce projet de loi illustre cependant la nouvelle attitude des «anti-choix». Au nom des intérêts et de la protection de la femme, ils cherchent à introduire des droits pour le foetus alors que cette notion a été complètement écartée par la Cour suprême il y a 20 ans. «Au lieu d'un débat direct sur l'avortement, on y va de façon indirecte en essayant de donner le statut de personne juridique au foetus. Les politiciens ont dépassé le stade des attaques directes contre l'avortement parce que le public canadien n'est pas prêt à revenir à l'époque pré-Morgentaler», explique Catherine Megill, porte-parole de la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada.

Aux États-Unis, l'argument du meurtre foetal a fait du chemin dans 37 États, dont le Texas. Dans cet État du Sud, l'avortement est interdit après 16 semaines et les mineures doivent au préalable obtenir le consentement de leurs parents. Lorsque Erica Basoria est tombée enceinte, à l'âge de 16 ans, elle n'a pas pu obtenir d'aide. Elle a donc demandé à son copain, Gerardo Flores, de sauter sur son ventre pour provoquer une fausse couche. Le plan a fonctionné. Comme elle portait des jumeaux, Flores a été accusé de double meurtre en 2005. Il purge actuellement une double peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 40 ans. La jeune Basoria a toutefois échappé aux poursuites, car le droit à l'avortement des femmes aux États-Unis a été affirmé en 1973 dans l'arrêt Roe c. Wade.

Luc Gagnon, président de Campagne Québec-Vie, appuie les lois sur le meurtre foetal. Pour cet organisme qui assimile l'avortement à «un péché mortel», la vie humaine doit être protégée dès la conception. Aucune circonstance, pas même le viol ni l'inceste, ne justifie une interruption de grossesse, selon lui. «Vingt ans après l'arrêt Morgentaler, il y a un vide total sur la reconnaissance de l'humanité du foetus, déplore M. Gagnon. C'est comme s'il était une possession de la femme, alors que nous considérons qu'il s'agit d'un être distinct.»

M. Gagnon entrevoit cependant de la lumière au bout d'un long tunnel. «Avec l'élection éventuelle d'un gouvernement conservateur majoritaire, je pense qu'on révisera l'arrêt Morgentaler. Il y a un fort mouvement pro-vie au sein de ce parti», dit-il.

Ce vieux discours aux relents catholiques est drapé des nouveaux habits du droit de l'enfant à naître. Il ramène la femme au rôle traditionnel de pourvoyeuse de vie, à celui «d'incubatrice d'une grossesse qu'elle n'a pas choisie», pour reprendre l'expression de Patricia LaRue.

Dans cette bataille rangée, le mouvement féministe trouve sur sa route un adversaire inattendu: des femmes «avorteuses» qui regrettent amèrement d'avoir mis fin à leur grossesse. Aux États-Unis, un groupe de pression appelé Operation Outcry a réussi à faire présenter en preuve, devant la Cour suprême, le témoignage de milliers de femmes affirmant qu'elles avaient subi un traumatisme physique et psychologique lors de leur avortement. Au lieu d'images de foetus démembrés, comme dans les années 80, les anti-choix proposeront au cours des prochaines années les visages de femmes éplorées pour choquer la conscience du public à propos de l'avortement.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Marie-Gaëlle Hahn - Inscrite
    26 janvier 2008 07 h 32
    vivante
    Je suis toujours vivante ...après 2 avortements clandestins
    (quelle chance) dans les années 70.
    Après deux enfants, je continue de penser que j'avais RAISON !!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Richard DÉCARIE - Inscrit
    26 janvier 2008 08 h 51
    Avortement vs immigration ?
    Le Canada devenait, il y aura 20 ans lundi le 28 janvier 2008, le seul pays de l'Occident n'ayant aucune loi régissant l'avortement, une situation inacceptable qui demeure toujours aujourd'hui.

    À l'heure des débats de plus en plus émotifs sur l'immigration - porter le nombre de 45 000 à 55 000 annuellement - et sur le déclin du nombre de francophones sur l'île de Montréal - région à forte concentration d'immigrants -, ne devrait-on pas raisonablement inclure les quelques 30 000 avortements annuels du Québec dans ce débat ?

    Poser la question, c'est y répondre!

    Richard DÉCARIE
    Montréal
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Henri-Bernard Boivin - Abonné
    26 janvier 2008 09 h 10
    La nouvelle Sparte
    À Sparte, ville de la Grèce antique, les parents avaient le droit de vie et de mort sur leurs enfants. Si un nouveau-né avait un défaut physique, même minime, on le tuait. La loi sur l'avortement est de la même eau. Les mères ont le droit de vie et de mort sur leurs enfants car, bien sûr, les embryons et les foetus n'ont aucuns droits. Que d'hypocrisie et de mensonges dans notre société. Ceux que l'on nomme pudiquement pro-choix sont en réalité des pro-avortement et des pro-mort. Ceux que l'on désigne anti-choix sont en réalité pro-vie. On parle des attaques contre le droit des femmes enceintes de choisir, mais l'on tait les attaques contre le droit des embryons et foetus de vivre. Les pro-avortement occupent toute la place dans les médias, parce qu'ils s'appuient sur des lois iniques. Vous aurez beau continuer à répandre vos erreurs, le sens inné de la justice gravé dans le coeur de l'être humain ne se taira jamais.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marcel (Fafouin) Blais - Inscrit
    26 janvier 2008 09 h 59
    Droit à la vie ? Droit à la diversité ? Droit à la mort ? Droit de quel droit ?
    Salutations d'entraide honorable tout le Monde,

    De ce mot, q'ajouter chalom?

    Quelques questions !

    L'Avortement (IVG / IMG ) constitue une donnée qui relève des temps anciens se poursuivant jusqu'à ce jour d'aujourd'hui et de demain.

    Pensons, ici, à tous ses "pharaon-s" qui, de l'Égypte et d'ailleurs-autrement dans le Monde, qui demandaient de "tuer" tout nouveau-né (mâle) susceptible de le "remplacer" ou de remplacer "leur" "d'ieu" et; aux Romains qui, pour des motifs d'éthique (pureté de race, autre) encourageaient la mort (cirque-lions) aux nouveax-néEs (notamment les mal-forméEs, rejetéEs, les excluEs de la vie habituellement "romaine").

    L'Avortement devient-il, depuis Morgentaler, un Droit à la vie ? un Droit à la diversité ? un Droit à la mort ? un Droit à la résistance ? ou un Droit de quel droit ?

    Que répondre ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Gervais - Abonné
    26 janvier 2008 11 h 03
    Aider aussi ceux qui veulent avoir des enfants
    Si l'État assume les frais d'un avortement, pouquoi n'offre-t-il pas également une aide financière à ceux qui doivent recourir à différents moyens (par exemple, à la méthode in vitro) afin d'avoir des enfants. C'est non seulement une question de justice, mais aussi une nécessité compte tenu de la situation démographique actuelle du Québec.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Beaumont - Inscrit
    26 janvier 2008 14 h 00
    L'avortement : la solution facile!
    Le droit à l'avortement devrait être accordé aux seules victimes de viol ou d'inceste surtout si elles n'ont pas le corps qu'il faut pour accoucher - comme cette latino-américaine de 12 ans, violée par son père, que j'ai vue une fois dans un reportage à la télé et qui risquait d'y laisser sa peau si elle menait à terme sa grossesse. Son évêque ne l'appuyait évidemment pas. Aux femmes qui copulent librement sans prendre leurs précautions, je dis qu'elles devraient assumer la responsabilité de leurs actes si jamais elles tombent enceintes, c'est-à-dire faire comme Juno (allez voir le film qui porte son nom), ne pas interrompre leur grossesse et trouver des parents adoptifs pour l'enfant à naître. Non mais, 28 000 avortements en 2005, quel gaspillage de ressources humaines pour utiliser un terme économique! Quel abus du système! Combien d'entre eux ont-ils été pratiqués à la suite d'un viol? Et dire que nous vivons un déclin démographique! Mettez donc au monde vos petits et remettez-les à des couples sans enfants pour leur bonheur et la perpétuation de l'espèce québécoise. Et toi, Bryan, va donc voir le film Juno, ça va te faire réfléchir, puisque, à l'évidence, tu es pro-choix à 100 %. Comprends-moi bien, cependant, je ne voudrais quand même pas que tu deviennes pro-vie-anti-choix à 100 %. De la mesure en toutes choses!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yv Bonnier Viger - Abonné
    26 janvier 2008 16 h 02
    L'avortement est essentiel à une vie sociale harmonieuse
    Si en amont, nous avions une approche plus harmonieuse de la sexualité, liée à l'estime de soi et de l'autre, incarnée dans le partage de l'expérience sensuelle, de la douceur et de la relation amoureuse...
    Si en amont, la contraception était enseignée assez tôt à nos enfants dans un contexte de sexualité libéré de toute violence et de toute velléité commerciale...
    Si en aval, nous avions un politique d'accueil de l'enfant à naître, un véritable choix à offrir à la femme enceinte qui ne veut pas vivre ensuite avec son enfant...
    Si en aval, nous avions une véritable politique familiale qui supporte les jeunes familles et offre les mêmes possibilités aux familles monoparentales qu'aux autres...
    Nous aurions moins d'avortements.
    Mais il restera toujours des situations où l'avortement restera pour une femme dans un contexte qui est le sien, la seule solution. Elle doit alors pouvoir exercer son choix en toute liberté, en toute sécurité et avec toute l'attention et la tendresse nécessaire.
    Avoir un enfant est un engagement à vie. Malgré tout ce que les hommes pourront penser ou dire, l'histoire démontre que cet engagement a presque toujours été le fait des femmes.
    Je serais curieux, en terminant, que les experts dans le domaine nous disent combien de femmes, appuyées par le père de leur enfant, amoureux, attentif et engagé, ont pensé à l'avortement ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie Lauzier - Inscrite
    26 janvier 2008 16 h 15
    Un vieux ticket d'autobus froissé
    Il y a 30 ans, je me suis rendue à Burlington, Vermont dans le but d'obtenir un avortement sécuritaire, pratiqué par des professionnels. Ici, au Québec, c'était encore risqué et illégal. La clinique médicale était tenue par des socialistes, je l'ai constaté sur place. Des féministes, aussi.

    On m'a reçue dans un bureau, questionnée sur ce qui m'amenait là, écoutée, renseignée. On m'a demandé d'attendre et de réfléchir environ 1 heure dans une chambre privée. J'ai dû reconfirmer mon choix au bout de ces 60 minutes.

    Puis, ce fût l'avortement comme tel suivi d'un repos de 2 heures dans la même petite chambre, sous observation.

    J'ai repris l'autobus Greyhound, direction Montréal.

    Je ne pouvais pas donner naissance à cet enfant. Pourtant, il vit encore dans mes pensées. Je l'ai toujours imaginé en petit garçon. La nuit suivant l'avortement, j'ai rêvé à lui. Il avait une douzaine d'années, arme à la main, il se battait au Vietnam et répétait sans arrêt: «I'm dying... I'm dying...»

    C'est à cela que je pense quand je retrouve au fond d'une boîte à souvenirs un vieux ticket d'autobus froissé avec une date inscrite: 16 octobre 1977.

    Je suis pro-choix, bien sûr, mais ça reste à contre-coeur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Caroline Sigouin - Abonnée
    26 janvier 2008 21 h 29
    Pour un véritable droit à l'avortement
    Bonjour M. Myles,

    je suis extrêmement fière de vos propos dans cet article. Il est rare d'entendre des affirmations d'une telle lucidité. Vous avez su dévoiler les obstacles à l'avortement, souvent très durs à identifier, qui persistent encore au Québec. En effet, si sur le plan politique, la loi permet cette pratique, il en va autrement des mentalités. Ça fait vraiment du bien de lire un texte aussi progressiste en ces temps où la droite se fait fortement sentir.

    Mais tout d'abord, pour le bénéfice de certains des précédents intervenants (à l'exception de ceux usant de jugements moraux irrationnels et fermé auxquels rien ne saurait venir à bout) j'aimerais rappeler certaines raisons qui ont fait que notre société a décider de donner le choix au femmes enceintes d'interrompre ou non leur grossesse.

    Effectivement, peu d'entre-nous s'objecteraient à l'avortement dans les cas suivants : grossesse due à un viol, grossesse mettant en danger la vie de la mère, enfant qui naîtrait extrêmement malade ou infirme, enfant qui serait le 6e d'un famille monoparentale arrivant à peine à se nourrir et à se loger convenablement, mère de 12 ans, etc. Il est de nombreux autres cas moins frappants, mais une fois que l'on a décidé de trancher cette ambiguïté qu'est le droit d'interrompre une vie en formation, qui peut juger quelle raison est plus valable qu'une autre? Chaque cas est unique et nuancé et il ne saurait être question d'un procès à chaque fois. Le fait qu'interdire l'avortement donnerait lieu à bon nombre d'avortements « maison » hautement risqués est un autre des facteurs que notre société a pris en compte lorsqu'elle a légalisé l'avortement. Quant à l'intervenant qui faisait un lien avec l'immigration, il va sans dire que la procréation et la migration ne se gèrent pas comme un département de ressources humaines et qu'en pratique, la corrélation ne tient pas debout.

    Pour en revenir aux mentalités, une amie à moi avait fait une comparaison qui illustre bien l'écart pouvant exister entre loi et mentalité. Saviez-vous que c'est en Libye que la constitution est la plus égalitaire au monde? Les femmes ont le droit de porter une arme... mais pas tellement de parler! Car c'est une société encore machiste. Le même phénomène se produit ici avec l'avortement : on est pour le droit, MAIS... Mais il y en a trop. Mais bonne chance ma chère, ça va être souffrant. Mais faut tu être irresponsable. Mais, mais, mais... Je me souviens précisément de mes enseignants de religion qui nous donnaient nos cours de formation personnelle et sociale. Pas besoin de vous dire que leur point de vue penchait d'un côté plus que de l'autre quand venait le temps d'aborder le sujet.

    Une fois le droit à l'avortement établi, le choix revient à la femme, éventuellement au couple. Pour que cette décision soit prise librement et pour le mieux, on ne devrait plus entendre de ces commentaires généraux lancés par des personnes qui ne sont pas concernées du tout dans chacun des cas particuliers.

    Caroline Sigouin
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bruno Déry - Inscrit
    26 janvier 2008 23 h 18
    Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes... (JPII)
    Je voudrais adresser une pensée spéciale à vous, femmes qui avez eu recours à l'avortement. L'Église sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. Vous vous rendrez compte que rien n'est perdu et vous pourrez aussi demander pardon à votre enfant qui vit désormais dans le Seigneur. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. Dans votre engagement pour la vie, éventuellement couronné par la naissance de nouvelles créatures et exercé par l'accueil et l'attention envers ceux qui ont le plus besoin d'une présence chaleureuse, vous travaillerez à instaurer une nouvelle manière de considérer la vie de l'homme.

    Jean-Paul II, "Evangelium vitae", 1995, paragraphe 99.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Louis-Charles Gauthier - Inscrit
    27 janvier 2008 08 h 48
    un choix éclairé?
    Je suis toujours sidéré de voir des hommes prétendre apporter des arguments contre l'avortement. Les commentaires du site du regroupement des centres de soutien à la grossesse sur l'étude fortement biaisée dont parle cet article ont été écrit par un prêtre! De quel droit un homme, et encore plus un homme qui a fait voeux de célibat, peut-il penser apporter un argument valable à une femme enceinte?
    Lorsque j'avais 19 ans, ma copine est tombée enceinte. Elle a décidé de se faire avorter. Je n'étais pas d'accord, mais je lui ai dit que je le choix ne m'appartenait pas. Elle a fait ce qui lui semblait le mieux pour elle avec tout mon support. Voilà à quoi se limite le rôle de l'homme dans ces affaires..
    Je me demande aussi pourquoi on laisse des groupes religieux s'afficher comme étant "multiconfessionnel", alors qu'ils ne le sont pas du tout. Tout le débat pro-choix vs pro-vie n'est en fait qu'un débat entre des fanatiques religieux et des gens plus modéré ou n'étant tout simplement pas aveuglé par la religion.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Stéphan Gauvin - Abonné
    27 janvier 2008 09 h 29
    Si on parlais d'argent?
    Une femme qui se fait avorter utilise la RAMQ. Donc si c'est le cas tout le monde paye pour celà. La loi de la RAMQ doit débourser les frais pour un maladie, donc une femme qui se fait avorter c'est que l'enfant qu'elle porte en elle, est soit un virus, ou une maladie(serait-ce une ITS)? Le scandale de l'avortement est pire qu'on pense car il y a l'argent en dessous de celà, une femme qui se fait avorter devrait payer pour celà. Il y a sujet a de longue discussion juste pour éclaircir ce scandale de l'avortement payé par la RAMQ.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maurice Monette - Abonné
    27 janvier 2008 16 h 40
    Qu'on comprennent pourquoi l'avortement avait été interdit et ce sera mieux vu maintenant...
    La loi ANTI-AVORTEMENT avait sa raison quand on avait encore une SOCIÉTÉ humaine à ÉDIFIER mais, de nos jours, il ne reste plus beaucoup de place sur cette TERRE qui était d'ÉMERAUDE avant que l'humanité ne la SUR-EXPLOITE pour venir à bout de satisfaire son AVIDITÉ commerciale incommensurable et sustenter les hordes humaines qui l'ont envahie. Donc, avec cet ÉTAT de FAITS indéniable, ne pourraient-on comprendre que la race humaine est son propre ennemi en s'obligeant à procréer coûte que coûte, quand il pourrait y avoir des circonstances qui favoriseraient l'acceptation de l'interruption de grossesse...?

    De plus, au grand DAM de tous les pro-vie, il ne s'agit pas d'un meurtre quand un foetus est détruit avant d'avoir atteint un développement pour être en vie de façon AUTONOME. Ça veut dire, avant qu'un foetus ne puisse vivre sans l'aide d'appareils inventés par les humains(es). Donc, avant le septième ou huitième mois, il y a peu de chance qu'un embryon ne survive seul...

    Mais, par dessus toutes ces supputations médicales, il y a surtout le fait qu'aucun(e) esprit (âme) n'est assigné(e) à quelque foetus que ce soit, tant que celui-ci n'a pas atteint la MATURITÉ de vivre de façon AUTONOME. Donc, on auraient beau "crier-au-meurtre", jamais il n'en est ainsi quand un avortement est pratiqué avant que le foetus ne soit AUTONOME.

    C'est-y CLAIR ÇA...!

    Ce ne sont que des conventions humaines d'une autre ÉPOQUE, où la TERRE devait servir de TERRAIN pour que les esprits ou âmes acquièrent leur MATURITÉ mais, ne pas reconnaître que NOUS sommes entrain de détruire NOTRE BIOSPHÈRE parce qu'il y a SUR-population, c'est faire preuve d'une IMMATURITÉ TOTALE... CELLE-CI a atteint et même, commence à dépasser son ÉTAT de CLIMAX donc, il serait peut-être valable d'établir des LIMITES quand aux mois de gestation qui pourraient permettre un AVORTEMENT sans que ce ne soit un MEURTRE...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Caroline Paquin - Inscrite
    15 avril 2008 21 h 34
    Modération
    Quand je lis des commentaires ou des opinions de pro-vie, on dirais presque toujours que l'on fait affaire a des fanatiques religieux. Selon moi,toute femme à droit de décider de son corps car je comprend ce que l'on peut ressentir lors d'une grossesse non-désirée mais je crois aussi que la vie est sacrée et que l'avortement ne devrait pas être utilisée comme méthode contraceptive.

    Je voudrais voir plus de personnes pro-vie s'exprimer avec lucidité et modération mais c'est rarement le cas, ce qui fait qu'on les voit souvent comme rigides, séveres et contraignants. Dommage. La contrainte n'est pas la solution, il faut en parler, discuter, réfléchir.

    Nous ne sommes plus à l'époque de la grande noirceur.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Finton Wade - Inscrit
    13 avril 2011 08 h 36
    NON nous n'avons pas changé de nom!
    CE commentaire disant que les pro- vies ont été ''rebaptisé'' anti-choix n'est pas valable! Ce n'est pas aux pro-choix de décider du nom de l'organisation! Les pro choix n'aiment pas être appellé PRO_MORT alors arrêtez! Vous n'avez aucun pouvoir de changer le nom prestigieux de PRO VIE!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
15 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012