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Affaire Coffin: le jury ne s'était pas trompé

Brian Myles   29 novembre 2007  Justice
Photo : Agence France-Presse
Clément Fortin croyait dur comme fer que Wilbert Coffin était innocent, victime de l'une des plus retentissantes erreurs judiciaires de l'histoire du Canada, avant d'amorcer son enquête au sujet de ce retentissant procès. Le voilà aujourd'hui convaincu du contraire.

«Le procès de Coffin est authentique, l'affaire est une supercherie», dit-il dans une formule-choc. Aucune irrégularité n'est venue entacher le procès pour meurtre du prospecteur minier de la Gaspésie, pendu à la prison de Bordeaux le 10 février 1956. «À la lumière de la preuve, le jury était justifié de le déclarer coupable. Dans les circonstances de l'époque, il a bénéficié d'un procès juste et équitable», estime Clément Fortin, un ancien professeur à la faculté de droit de l'Université de Sherbrooke et ancien directeur de l'École du Barreau.

Avant d'écrire L'Affaire Coffin: une supercherie?, Me Fortin a épluché les quelque 2250 pages de retranscription du procès de Wilbert Coffin, tenu à Percé devant une salle comble, pendant 19 jours de l'été 1954. Il a aussi lu intégralement le rapport final de la commission Brossard qui, en 1964, fut chargée de faire la lumière sur la conduite des officiers de l'État ayant pris part au procès de Coffin.

«Dans la première version du livre que j'ai faite, je me disais qu'il était innocent. Mais plus je fouillais, plus je me rendais compte que c'était une supercherie», explique-t-il en entrevue. Un doute persistant s'est installé dans l'esprit de Me Fortin lorsqu'il est tombé sur la déclaration statutaire faite par Coffin aux policiers, le 6 août 1953, après que les cadavres de trois chasseurs américains furent retrouvés dans la forêt, à environ 80 km de Gaspé.

Coffin était le dernier homme à avoir vu vivants Eugene Lindsay, son fils Richard et un ami de la famille, Frederick Claar. Il leur est venu en aide le 10 juin 1954 car leur camion était en panne. Ils ont diagnostiqué une panne de la pompe, a dit Coffin aux enquêteurs. Celui-ci a amené le jeune Lindsay à Gaspé pour y acheter une nouvelle pompe et de l'essence. À son retour dans la forêt, Lindsay père et Claar se trouvaient en compagnie de deux autres Américains, selon Coffin. Celui-ci a obtenu 40 $ pour son aide et il n'a pas revu les chasseurs.

Cette toute première déclaration écrite de Coffin est «mensongère», affirme Me Fortin. Quelques jours après avoir quitté les chasseurs, Coffin s'est rendu à Montréal pour y retrouver sa concubine, Marion Petrie, et leur fils Jimmy. Il était en possession de plusieurs articles ayant appartenu aux chasseurs, notamment des jumelles, un couteau suisse et même la valise et des vêtements de Claar. Des détails cruciaux qu'il n'a pas révélés aux enquêteurs.

Selon la déclaration faite par Petrie aux policiers, Coffin a expliqué qu'il avait reçu tous ces cadeaux en raison de sa précieuse aide. Il a parlé de trois Américains à son amoureuse, et non de cinq. Et il ne lui a rien dit à propos de l'argent qu'il aurait reçu. Autre détail assassin: Coffin ne s'est jamais départi de la pompe achetée par Lindsay; il l'a plutôt apportée à Montréal avec lui. «Tout ceci n'a aucun sens», résume Me Fortin.

Sur la route reliant Gaspé et Montréal, plusieurs témoins ont par ailleurs rencontré un Wilbert Coffin ivre, à la conduite erratique. Il dépensait sans compter, en argent américain, et versait de généreux pourboires à tous ceux qui lui prêtaient assistance.

Pour la Couronne, l'affaire était entendue. Coffin avait tué les trois Américains pour mieux les voler. Une fois le crime commis, il a tenté «d'endormir le cri de sa conscience» dans l'alcool, a lancé le procureur de la Couronne, Noël Dorion, dans ses remarques finales. Cette preuve circonstancielle fut suffisante pour faire danser Coffin au bout d'une corde. Le jury a délibéré 32 minutes avant de le déclarer coupable. Malgré la pluie qui tombait sur Percé, en ce 5 août 1954, le brasier n'allait pas s'éteindre de sitôt.

Des mythes tenaces

Des mythes tenaces persistent au sujet de Wilbert Coffin. Il était innocent. Quelqu'un d'autre a fait le coup. Il n'a pas obtenu un procès juste et équitable. Il serait acquitté si son procès avait lieu aujourd'hui, avec toutes les protections que la Charte canadienne des droits et libertés accorde aux accusés (à commencer par le droit au silence et le droit de consulter un avocat à la première heure).

Clément Fortin s'explique mal l'aveuglement volontaire de ses collègues et certains journalistes au sujet de l'affaire Coffin. Les ouvrages de Jacques Hébert (Coffin était innocent et J'accuse les assassins de Wilbert Coffin) de même que le film de Jean-Claude Labrecque (L'Affaire Coffin) ont laissé des marques indélébiles dans l'esprit du public. «Moi-même, j'ai fait confiance à ces gens qui ont écrit de grands livres. Je me disais que ce n'était pas possible que ces gens-là aient pu se tromper», explique Me Fortin.

Lors de sa comparution devant la commission Brossard, Jacques Hébert, aujourd'hui sénateur, a avoué candidement qu'il avait lu au complet un seul des 80 témoignages rendus au procès de Coffin. Il en avait aussi consulté deux autres, en partie. «Ce n'est pas sérieux, vraiment pas sérieux», se désole Clément Fortin.

Dans son rapport final, la commission Brossard a jugé que la preuve présentée au procès de Coffin tendait à confirmer le verdict du jury, et non à le renverser. Elle s'est montrée très critique envers les écrits remplis «d'inexactitudes et faussetés» de M. Hébert. «Par le ton injurieux de ses écrits, l'affaire Coffin est devenue l'affaire Hébert», constate Me Fortin.

Sous la pression de son fils Jimmy et de sa soeur Mary, le Groupe de révision des condamnations criminelles, au ministère fédéral de la Justice, a entrepris un examen du dossier de Wilbert Coffin. Les témoins potentiels sont aujourd'hui morts ou introuvables. Les pièces à conviction ont été détruites après la pendaison de Coffin (ses demandes d'appel avaient été rejetées jusqu'en Cour suprême). Les transcriptions et documents officiels auxquels s'abreuve l'ouvrage de Me Fortin risquent donc de constituer la pierre d'assise de cette révision.

Coupable ou non? Même s'il a consacré un livre à cette affaire, Clément Fortin refuse de se prononcer. «Je ne pourrai jamais dire s'il était coupable. Je n'étais pas là.» Selon lui, aucun doute ne devrait cependant subsister: le système judiciaire n'a pas trahi Coffin.






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  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 29 novembre 2007 06h25
    Pauvre sénateur Hébert...
    « lol...

    Ca fait 50 ans qu'il nous fait accroire (avec son pote Trudeau) que le fédéralisme est rentable. Or les stats du gouvernement nous apprennent qu'en 2005, les Québécois envoyaient 43,4 milliards à Ottawa qui ne retourne que 39,2 milliards

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/conjn_econm/TSC/pdf/chap13.pdf »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 29 novembre 2007 12h17
    D'autres histoires du genre
    « La grande majorité des Américains croient encore que ce n'est pas Lee Harvey Oswald seul qui a tué Kennedy. Que le complot implique la CIA, le FBI, Castro, la mafia, Lyndon Johnson et les Russes RÉUNIS!

    Beaucoup de Musulmans croient que 4000 juifs, qui travaillaient dans les Tours du World Trade, ne sont pas allées travailler le matin du 11 septembre puisqu'ils savaient!

    Un ti-rigolo a été à TLMP avec un livre prétendant qu'aucun avion ne s'était écrasé sur le Pentagone

    Plusieurs pensent que Lady Di a été tuée par les services secrets britanniques

    Plein de Québécois croient dure comme fer que le fédéralisme est rentable alors qu'on envoie 43 milliards à Ottawa et qu'on ne recoit que 39.

    On a fait accroire à tout le monde que la fumée secondaire tuait. (on a appris récemment que c'était faux)

    Desjardins a fait accroire que la foret boréale disparaissait sous nos yeux. Tout le monde a mordu. On a appris récemment que c'était faux.

    On nous a fait accroire que le sida allait ravagé tout l'Afrique. On a appris récemment que le nombre de cas baissait.

    Et que dirent des chambres à gaz?

    Les médias font un show. Ils ne se posent pas LA QUESTION (est-ce vrai?); ils se demandent: est-ce qu'on va vendre des journaux, est-ce qu'on va avoir une cote d'écoute si on parle de ça? »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 29 novembre 2007 14h01
    Jacques Hébert le démagogue
    « Jacques Hébert a lancé sa carrière avec cette affaire. D`abord un livre puis son implication avec Cité Libre et Trudeau. Au Sénat il usa du ruine-babine pour empêcher l`adoption d`un projet de loi. Bouffon et fédéraliste à l`extrême il a faussement représenté le Québec francophone. Les loi des mesures de guerre de 1970 ainsi que l`adoption du rapatriement de la Constitution de 1982 sont indissociable de Hébert. Il ne fût sûrement pas de la lignée Henri Bourassa patriotique. »

  • Bernard St-Amour
    Abonné
    jeudi 29 novembre 2007 16h23
    Pitoyable sénateur
    « Jacques Hébert a fait un martyr d'un triple assassin â des fins de politique partisane dans les années '50. Trente ans plus tard, nommé sénateur par son complice de frasques adolescentes. Pierre Trudeau, il a tenté de forcer la main du gouvernement conservateur (démocratiquement élu) dans le dossier Katimavik en faisant une grève de la faim devant les caméras de télévision. Cela illustre bien la malhonnêteté intellectuelle et le mépris de la démocratie d'un tel individu. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    jeudi 29 novembre 2007 21h59
    Un procès et une défense à la Kafka.
    « Parce que l'on haït Pierre E. Trudeau, on haït Jacques Hébert? Parce que l'on haït Jacques Hébert, on haït Wilbert Coffin, au point de le renvoyer à la potence de ses propres haines? Facile, facile! Il y a eu et il y a encore des centaines de scénarios du même genre, le long des boulevards des actualités pointues dont la justice à deux vitesses fait ses choux gras. Frasque adolescente ou boutade infantile? N'importe quoi, pourvu qu'on en parle! N'importe quoi, pourvu que ça paye!

    J'ai toujours cru, dur comme fer, et je crois toujours, dur comme fer, que Wilbert Coffin a été liquidé, au profit d'un «bien paraître» commandé et fort commandité. Je n'ai pas à laver quelque réputation que ce soit. Je n'ai pas à «sandblaster» quelque école que ce soit, quelque école de pensée, quelque profession si magistrale soit-elle. J'ai le plus profond et le très inconfortable sentiment que Monsieur Clément Fortin a lu «mécaniquement» les 2250 pages de retranscription dudit procès, tout comme ceux et celles de mon âge ont bien lu les 252 questions et réponses du petit catéchisme, tout comme Ben Laden a lu et relu le Coran. Cette sortie est-elle en relation avec ce que l'on connaît et ce que l'on croit ou plutôt avec ce que l'on veut «faire connaître» et «faire croire»?

    Un verdict de «supercherie». Celle des autres... Comme si les erreurs judiciaires pleuvaient sur une autre planète. Comme si les fléaux de fabrications de preuves avaient toujours été commandées et commanditées par des petits bonhommes sortis d'OVNI. Le dixit tranchant, lapidaire et arbitraire de Clément Fortin et issu de ses seules et uniques compréhension et interprétation, à l'effet que la toute première déclaration écrite de Coffin est «mensongère», donne froid dans le dos. Les «certitudes à distance», les «certitudes post mortem» de Clément Fortin devraient constituer la base-même de la justification de nos doutes les plus certains.

    Que d'inutiles et très intéressées supputations, des plus tardives, des plus détachées de la réalité contextuelle et des plus approximatives, à la fois ! Besoin de lire et de croire, ou envie d'écrire et de faire croire ? Je ne sais rien et ne veux rien savoir des intentions de Clément Fortin. Par contre, je n'ai rien du lecteur crédule et friand de sensationnalisme. J'ai suivi ce procès de notre historie judiciaire. J'ai bien connu l'homme de droiture et de rectitude intellectuelle, Me François B. Gravel, à Québec ainsi que son incessante recherche de la véracité crédible qui lui semblait faire défaut, dans la conduite de cette affaire qui se devait d'être expéditive et bâclée, au dire de nombreux observateurs. Et, j'ai beaucoup plus de respect pour la droiture et la rectitude dont cet homme a toujours fait l'incontestable démonstration, que pour les pratiques souvent douteuses d'un trop grand nombre d'avocassiers, passés maîtres dans l'art et la culture des lucratives apparences de justice. J'ai toujours cru, dur comme fer, et je croirai toujours, dur comme fer, que Wilbert Coffin fut le parfait cobaye d'un procès «joué» dans les coulisses d'un grand théâtre public dont la plupart des spectateurs se souviennent davantage des rideaux et des entre-actes. Coffin, fut le parfait alibi de ce qu'on n'arrivera jamais à savoir.

    Clément Fortin, du plus haut barreau de l'échelle de ses prétentions, affirme, dans le seul intérêt de ce qui me semble être pure jactance avocassière, que nombre de ses collègues et que nombre de journalistes font encore et toujours preuve «d'aveuglement volontaire»... Ce genre de procès d'intention donne froid dans le dos. De l'altitude sidérale de sa science infuse, Clément Fortin va jusqu'à déclarer que «l'Affaire Coffin est devenue l'Affaire Hébert», comme si la diffamation était le privilège de «monsieur», le privilège de ceux des siens qui, pourtant, en font un objet de poursuites fracassantes et fort lucratives. C'est tellement grossièrement gros, que ça crible mortellement toute apparence de crédibilité, toute apparence de respectabilité, toute apparence de justesse et de justice.

    Clément Fortin a-t-il ignoré, volontairement ou involontairement, les HUIT IRRÉGULARITÉS INCONTESTABLEMENT MAJEURES qui ont été commises, au vu et au su de tout le monde, lors de ce simulacre de procès? IRRÉGULARITÉS à partir desquelles la défense aurait pu faire annuler le procès, pour une seule d'entre elles? Que dit Clément Fortin de l'irrégularité magistrale, due au fait que, lors dudit procès tenu en anglais, 6 des 12 jurés étaient unilingues francophones et devaient soumettre l'exercice de leur jugement aux frontières de la «traduction» des témoignages?

    Clément Fortin aurait-il des motifs de timbrer d'irrecevabilité et d'expédier au classeur vert du non avenu, qu'en novembre 2006, le nom de Philippe Cabot, décédé en 1998, ressort comme «possible meurtrier» des trois États-Uniens et que ce sont des membres de la famille Cabot qui avouent reconnaître le fait? Clément Fortin ne devrait-il pas s'inquiéter, comme s'inquiètent tout Québécois qui a suivi et qui suit le cumul des malaises reliés à cette «montagneuse affaire», du fait que mourra au feuilleton des Communes, la demande de révision du BLOC, révision qui parle au nom du sens commun, de la lucidité, de la raison et du sens de droiture qui caractérisent les incorruptibles?

    En moins de trente minutes, un jury aura livré un «VERDICT D'EXÉCUTION» sans appel ou, plutôt, dont tout appel et reprise dudit procès furent systématiquement boycottés, alors que l'accusé était écroué et sans défense, à Bordeaux. Clément Fortin trouve ça normal.

    Le 6 août 1954 et le 10 février 1956 ont été, sont et seront, pour toujours, des taches indélébiles, dans l'histoire des annales judiciaire du Québec. Des pages que l'on cherchera à soustraire, par tous les moyens. Ces «taches indélébiles» constituent une pièce maîtresse de la preuve que le système judiciaire se contente sans réserve et se satisfait pleinement de l'apparence de justice et que le vocable «raisonnable» qui qualifie le «doute» qui satisfait un magistrat, est du même calibre que celui qui qualifie les accommodements qui font actuellement la manchette du risible.

    Le trop lourd silence de York Center, tout près de Gaspé, étouffe des hurlements que ne veulent entendre certains détenteurs de LA VÉRITÉ, LA-LEUR; DE LA VÉRITÉ D'OUTRE TOMBE, DE CELLE QUI LEUR CONVIENT ET QUE PLUS DE 50 ANNÉES ONT ÉRODÉE! En bout de ligne et après tout ce branle-bas d'ébats futiles et des plus stériles, après autant d'excès de flamboyantes jacasseries baluchonneuses, Clément Fortin lave les mains de sa conscience, en refusant de pendre Wilbert Coffin. Quelle époustouflante tragédie! Quelle pitoyable dramaturgie! C'est alors pour quand l'opinion de Clément Fortin sur les 709 autres exécutions qui jonchent et encombrent les pages les plus sombres de l'histoire judiciaire du HAUT et surtout du TRÈS BAS CANADA?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 2 décembre 2007 10h17
    L'apologie du to., tais-toé
    « Qualifié de «procès à la Kafka» et après 52 ans de tergiversations qui en ont creusé le gouffre et perpétué l'horreur, l'AFFAIRE COFFIN trouve encore preneur chez un certain scribe, apparemment en mal de notoriété et en manque de visibilité ou à la merci d'une idée fixe et en besoin de la publier plutôt qu'en recherche de vérités rassembleuses qui feraient contre-poids à une méfiance andémique à l'égard d'une justice qui ne se préoccupe, généralement et trop souvent, que de son apparence et qui étire, à volonté et déraisonnablement, les élastiques du doute. 70 sympathiques matanais assistaient, le 3 novembre dernier, au lancement du docu-roman «L'affaire Wilbert Coffin - Une supercherie?» Par quelle formation ou déformation professionnelle, l'auteur peut-il dévier et s'autoriser à donner dans la plus vulnérable des subjectivités partiales, en criblant Jacques Hébert de tous les boulets de ses prétentions hargneuses, feignant oublier, comme si la chose était possible, qu'il ne fait que rouvrir des plaies, que rajouter aux affronts et aux agressions magistrales que Roger Brossard s'était arrogé le droit suprême d'infliger, en 1965, au même homme, si dérangeant fut-il et soit-il à demeure, «ne souhaite-t-on pas»?

    Peut-on être naïf au point de s'imaginer que la haine organisée à l'égard de Jacques Hébert pourrait servir de podium favorable à la haine restaurée et favorable au resserrement des noeuds qui ne peuvent que servir à l'étouffement pervers de la mémoire de Wilbert Coffin? Peut-on être simpliste au point de s'imaginer que l'on peut en 2007, rallumer les braises d'une telle haine et renvoyer Wilbert Coffin à la potence des accommodements d'une époque où l'obscurantisme régnait et que son roi Duplessis trônait en maître? Même s'il y a encore des centaines de scénarios s'apparentant aux petitesses de l'hommerie, le long des boulevards de la hargne entretenue, n'est-ce pas démesurément grotesque ou malicieusement sordide? Sortis des écoles ou des palais où s'enseigne ou se pratique une justice à plus de 2 vitesses, jusqu'où iront certains avocassiers qui semblent en mal de choux gras? Frasques de vieux bouc ou boutades d'un inquiétant rabâchage? N'importe quoi, pourvu qu'on en parle-parle et jase-jase! N'importe quoi, pourvu que ça titille, que ça émoustille et que ça paye!

    J'ai toujours cru, dur comme fer, et je crois toujours, dur comme fer, que Wilbert Coffin a été liquidé, au profit d'un «bien paraître» politique, secrètement commandé et clandestinement commandité. Je n'ai pas à laver quelque réputation que ce soit. Je n'ai pas à «sandblaster» quelque école que ce soit, quelque école de pensée, quelque profession si magistrale soit-elle ou quelque autre cache barbelée. J'ai le plus profond et le très inconfortable sentiment, par contre, que Clément Fortin a lu «mécaniquement» les 2250 pages de retranscription dudit procès, tout comme ceux et celles de mon âge ont bien lu, sous le regard des gardiens du Corps du Christ, les 252 questions et réponses du petit catéchisme, tout comme Ben Laden a lu et relu le Coran, sous le regard des gardes du Corps d'Allah. Cette dernière ponte de Clément Fortin est-elle en relation avec ce que l'on connaît et dont doute la majorité ou plutôt avec ce que l'on veut «faire accroire»? N'est-ce pas le VADE ME CUM du plus douteux des CQFD, alors que la demande de révision qu'a déposée le BLOC, aux Communes, semble crouler sous la cacophonie de l'intégrisme minoritaire qui s'installe à Ottawa, sous la houlette de puristes conservateurs, protagonistes du «Law and Order» et promoteurs du retour des potences?

    Par quelle caricaturales prétentions peut-on imaginer et faire accroire que les erreurs judiciaires et les coups-fourrés du «système» ne pleuvaient alors et ne pleuvent encore que sur les autres planètes? Par quel excès de l'imaginaire fabuliste, peut-on encore prétendre que les fléaux de fabrications de preuves avaient toujours été commandés et commandités, comme ils le sont encore, par des petits costumés étranges, sortis d'OVNI? À cet effet, le dixit tranchant, lapidaire et arbitraire de Clément Fortin est issu de sa seule et unique interprétation de 2250 pages, lui permettant d'en venir à la conclusion péremptoire que la toute première déclaration écrite de Coffin était «mensongère». Ce genre de dixit qui s'enrobe d'une certaine infaillibilité propre aux gradués du Barreau, ce genre de diktat et d'ex cathedra de l'apologétique judiciaire qui meublent le prêchi-prêcha de certains cardeurs de consciences, en 2007, donnent froid dans le dos! Les «incontestables certitudes post mortem» de Clément Fortin devraient constituer la base-même de la justification de nos doutes les plus certains, de ces doutes qui nous empêchent de tomber dans certains panneaux d'un endoctrinement enjôleur et possiblement corrupteur.

    Que d'inutiles et très intéressées supputations, des plus tardives et des plus détachées de la réalité contextuelle, des plus orientées et approximatives, à la fois ! Un véritable bricolage primaire! Besoin de lire et d'interpréter ou envie d'écrire et d'endoctriner? En principe, je ne sais rien et, à toute fin pratique, je ne veux rien savoir des intentions et pulsions de Clément Fortin. Par contre, je n'ai rien du lecteur crédule et friand de sensationnalisme. J'ai suivi ce procès de la sombre histoire judiciaire du Québec, jusque dans ses méandres. Procès, jury et pendaison que Clément Fortin semble vouloir romancer, au sujet desquels Clément Fortin semble vouloir historier. Je n'y vois rien d'autre qu'une recherche de notoriété et de profits personnels. Par ailleurs, j'ai bien connu l'homme de droiture et de rectitude, de rigueur et de probité intellectuelle, Me François B. Gravel, à Québec. Et, jamais je n'oublierai son incessante recherche de la véracité crédible qui lui semblait faire magistralement défaut, dans la conduite vraisemblablement précipitée et fort apparemment bâclée, de cette encombrante affaire qui se devait d'être expéditive et qu'on voulait soumettre à tous les contrôles et saisies, aux dires crédibles de nombreux et futés observateurs. En fait, j'ai beaucoup plus de respect pour la droiture et la rectitude dont Me François B. Gravel a toujours fait l'incontestable démonstration, que pour les pratiques souvent douteuses d'un trop grand nombre d'avocassiers, passés maîtres dans l'art et la culture des lucratives apparences d'une justice qui semble avoir perdu la trace des poids originels de sa balance.

    J'ai toujours cru, dur comme fer, et je crois toujours, dur comme fer, que Wilbert Coffin fut le parfait cobaye d'un procès «joué» dans les coulisses privées d'un théâtre public dont la plupart des survivants se souviennent davantage des affiches, des rideaux, des espaces vides et du silence sépulcral qui meublait les entre-actes. Coffin, fut le parfait alibi de ce qu'on n'arrivera jamais à savoir, parce que «le système» risque d'y perdre beaucoup que sa face. S'il y avait une «maffia d'intellectuels», comme le claironnait si bruyamment le pompeux Roger Brossard, c'est probablement là, très précisément là, dans ces charges désespérées et là seulement, dans cette marre des plus énigmatiques rébus, qu'elle pataugeait cette maffia, si maffia il y avait ou devait y avoir. De telles affirmations gratuites et de tels procès d'intention aussi grossement grotesques, de la part de Roger Brossard, constituaient une effronterie, tout aussi folliculaire que scandaleusement et insupportablement insolente, à l'égard de Jacques Hébert. Ce fut un exploit de charges et d'assauts, de poudres aux yeux et d'attaques destroys que l'on pourrait aisément associer à un quelconque exercice de projection ou à une quelconque pratique de réseau.

    Clément Fortin, du plus haut barreau de l'échelle de ses prétentions, affirme, dans le seul intérêt de ce qui me semble être pure jactance avocassière et sophistiqués palabres professoraux, que «nombre de ses collègues avocats et que nombre de journalistes font encore et toujours preuve d'aveuglement volontaire»... Ce genre de procès d'intention à l'emporte-pièce et dénué du moindre discernement, laisse entendre que les «champs de bataille» que personne n'a réussi à emmurer, sont encore minés et qu'il faut d'ores et déjà suivre le chemin qu'il trace, si l'on veut se rendre à l'invitation qu'il nous lance d'applaudir le jury qui a mis 30 minutes pour décider décidé de l'exécution de Wilbert Coffin. Ça donne froid dans le dos! De l'altitude sidérale de sa science infuse, Clément Fortin va jusqu'à déclarer que «l'Affaire Coffin est devenue l'Affaire Hébert», comme si la diffamation était son privilège d'auteur et le déshonorant privilège de ceux des siens qui, pourtant, en font un objet de poursuites tout aussi fracassantes que courantes, par ailleurs fort lucratives et rentables, comme en suggèrent l'illustration de dossier AIRBUS et les millions que le prétendu diffamé a encaissés ... C'est tellement grossièrement gros, que ça crible mortellement toute apparence de crédibilité, toute reconnaissance de respectabilité, toute évidence de justesse et, surtout, de justice.

    Clément Fortin a-t-il ignoré, volontairement ou involontairement, les «HUIT» IRRÉGULARITÉS INCONTESTABLEMENT MAJEURES qui ont été commises, au vu et au su de tout le monde, lors de ce fantomatique procès? IRRÉGULARITÉS à partir desquelles, si elle en avait eu le droit et la liberté, la Défense aurait pu faire annuler le procès, pour une seule d'entre elles? À cet égard, que dit Clément Fortin de l'irrégularité magistrale, à l'effet que, lors dudit procès tenu en anglais, 6 des 12 jurés étaient unilingues francophones et devaient aveuglément soumettre l'exercice de leur jugement aux contrôles de «douaniers», préposés aux filtrages épuratoires, aux passages serrés et raccourcis de la «traduction» des témoignages livrés en anglais ou en «slang états-unien»?

    Clément Fortin a-t-il bien lu et relu au besoin, les 16 041 pages de notes prises lors des audiences de la Commission Brossard ainsi que les 693 pages du rapport du président d'une Commission rogatoire qui avait toutes les apparences d'une succursale du Kremlin politique de l'époque? Sur quels fondements de droit jugement et d'honnêteté intellectuelle le juge Roger Brossard a-t-il accueilli les bégaiements ostentatoires du témoin Francis Thompson dont la justice états-unienne s'était débarrassé, en l'expulsant au Canada où, finalement, il y est venu rencontrer, dans une institution psychiatrique de Calgary, le Maître Suprême du Jugement Dernier... Que pense Clément Fortin des fondements du droit jugement et de l'honnêteté intellectuelle sur lesquels l'infaillible pontife et très impétueux juge Roger Brossard a édifié le monument de ses charges odieusement gratuites, démesurément colériques et irréversiblement préjudiciables à l'encontre de Jacques Hébert, en l'éclaboussant si rageusement et si effrontément, d'appartenir à la «maffia des intellectuels» et en prenant toutes les dispositions pour que le «dérangeant journaliste» soit accusé, jugé à la courte paille, jeté en prison, le 23 février 1965, où il n'a fort heureusement passé que 3 des 30 jours de la réquisition du président-commissionnaire de ce réquisitoire dithyrambique, réquisition qui tenait d'une péroraison inspirée d'aigreur et d'abus langagiers qui ne pouvaient être motivés que par un outrecuidant terrorisme intellectuel, commandé et commandité? Qu'est-ce que Clément Fortin a le goût de commenter ou de raconter davantage au sujet de l'emprisonnement abusif, du lavement abusif des 3 000$ d'amendes et du discrédit qu'a subis Jacques Hébert ainsi que de l'acquittement du même Jacques Hébert, dès janvier 1966?

    Qu'est-ce que Clément Fortin a le goût de redire au contenu du livre «TO BUILD A NOOSE» (TROMPER LE JURY), de l'auteur Alton Price qui affirme, sans conteste, connaître l'assassin des trois états-uniens, CET HOMME QUI MOURUT EN 1998, le même homme que son incorruptible fils de 9 ans, à l'époque du drame, jurait avoir bel et bien vu, aux moments et sur le lieu des meurtres?

    Qu'est-ce que Clément Fortin détient de spécialement vrai et dont personne d'autre ne connaît le secret, au sujet du téléphone anonyme de menaces par lequel l'avocat et très proche de Duplessis, Me Maher, a tenté de «blaster» Lewis Synnett (1962). Au sujet de ce Maher qui, radié du Barreau, avait décidé de poursuivre l'oeuvre de Duplessis, mais que Daniel Johnson a fort heureusement «tassé»?

    Qu'est-ce que Clément Fortin peut nous dire de plus au sujet des remords, des apparents regrets et des souffreteux retours de Lionel Rioux, coroner originel, dans cette sordide affaire? Que dit Clément Fortin au sujet de cette tentative de rappel ou d'appel que formulait ledit coroner, en 2006, quelque temps avant sa mort? Que sait Clément Fortin des menaces potentielles auxquelles pouvaient donner lieu, les interrogations dudit coroner, en regard des associations criantes du suicide jamais investigué ni résolu de Bill Baker, survenu 17 jours après la pendaison de Wilbert Coffin? Qu'est-ce que Clément Fortin peut nous dire, quant à son interprétation du fait dont témoignent les écritures, que les tentatives dudit coroner furent évacuées, comme le furent nombre de pièces à conviction, dès la conclusion précipitée du plus intriguant des procès de notre histoire judiciaire? Qu'est-ce que Clément Fortin a de nouveau à nous raconter, relativement au fait que ledit coroner, âgé de 89 ans (2006), semblait vouloir honnêtement réactiver un dossier dont les contours ont toujours voisiné les fossés de l'incrédulité et les ravins des doutes les plus accablants? Clément Fortin peut-il nous instruire des vrais «motifs» pour lesquels la tentative de questionnements et d'interrogations dont ledit coroner originel semblait avoir besoin de se soulager, à la faveur de la vérité, fut frappée du sceau de l'irrecevabilité, clouée par le marteau du silence et immédiatement balayée sous les «carpettes» du «lobby» de cette «maison hantée» qui effraye encore la MÉMOIRE DES QUÉBÉCOIS et qui défraye les manchettes de ce que l'on n'arrivera jamais à oublier ni à faire oublier, après plus de 52 ans de «disparitions», au profit de l'industrie des cachotteries institutionnelles, mais au détriment de la régie des transparences dont se réclame d'office, l'Institution des apparences de justice?

    Clément Fortin aurait-il des motifs de timbrer d'irrecevabilité et d'expédier au classeur vert de tout ce qui disconvient à la soutenance de sa thèse, le fait qu'en novembre 2006, le nom de PHILIPPE CABOT, «CET HOMME QUI MOURUT EN 1998», ressort comme le plausible, probable et possible meurtrier des trois États-Uniens ET QUE CE SONT DES MEMBRES DE LA FAMILLE CABOT QUI ONT AVOUÉ ET MAINTIENNENT ENCORE RECONNAÎTRE CE FAIT DES PLUS PROBANT? Clément Fortin ne devrait-il pas s'inquiéter, comme s'inquiète tout Québécois qui a suivi et qui subit le cumul des malaises reliés à cette «TORTUEUSE ET SPÉCIEUSE AFFAIRE COFFIN», s'inquiéter, dis-je, du fait que mourra au feuilleton des Communes, la demande, tout à fait fondée, de révision qu'a formulée le BLOC QUÉBÉCOIS, révision qui parle au nom du sens commun, de la lucidité, de la raison et du sens de droiture qui caractérisent une majorité, encore silencieuse, d'incorruptibles dont la ténacité est à l'égal de la probité?

    En moins de «trente minutes», un jury dont 6 membres francophones ont dû se fier aux aléas de traductions potentiellement orientées, selon l'opinion publique d'hier et d'aujourd'hui, aura livré un «VERDICT DE POTENCE», sans appel ou, plutôt, dont tout appel, tout renvoi et toute reprise dudit procès furent systématiquement boycottés, alors que l'accusé était écroué et sans défense, au trou-poubelle de Bordeaux-ville. Clément Fortin trouve toujours ça normal qu'un jury, aux prises avec les aléas de la traduction, ait bâclé une telle énormité, en quelques 30 minutes? Est-ce que la normalité, elle aussi, doit subir les diktats de certains accommodements sans que cela n'incommode le jugement de Clément Fortin?

    Le 6 août 1954 et le 10 février 1956 ont été, sont et seront, pour toujours, je le crois dur comme fer, des taches indélébiles, dans l'histoire des annales judiciaires du Québec. Des pages que l'on cherchera à soustraire, par tous les moyens. Je ne crois pas que ces «taches indélébiles» qui constituent une pièce maîtresse de la preuve désespérante que le système judiciaire se contente sans réserve et se satisfait pleinement de l'apparence de justice et que le vocable «raisonnable» qui définit le «doute» avec lequel compose, sans conteste, une Institution qui a pendu 710 canadiens, soient suffisants pour faire taire et pour donner encore prise au leitmotiv suprême du «TOÉ, TAIS-TOÉ» à défaut de quoi tu risques d'être accusé de «MAFFIEUX INTELLECTUEL»... Ce serait une grave insulte à l'intelligence des Québécois. Une méprise dont le tsunami des conséquences, lui, ne laisse planer aucun doute...

    Tout près de Gaspé, le trop lourd silence de York Center étouffe des hurlements que ne veulent entendre certains détenteurs de la vérité, LA-LEUR. Une vérité d'outre tombe qui leur convient et qui monte la garde devant une certaine pratique de la discrimination sélective. Une fausse vérité faite de vrais mensonges que plus de 50 années ont érodée et que les années qui viennent finiront par démolir, au risque d'annuler la glorification du jury que vous échafaudez, dans votre dernier plaidoyer. En bout de ligne et après tout ce branle-bas d'ébats futiles et des plus stériles, après autant d'excès de flamboyantes jacasseries baluchonneuses, Clément Fortin affirme que le JURY A EU RAISON d'expédier Wilbert Coffin à un échafaud monté sur l'échafaudages d'assemblages et de montages. Mais, par souci d'insouciance, Clément Fortin lave les mains de sa conscience, en se refusant de «rependre» Wilbert Coffin. Nul besoin n'était de ce faire ni de l'avouer, puisque qu'il a pris soin de consacrer quelques centaines de pages à accréditer et à avaliser sans réserve ledit jury et puisque, en dépit de 7 sursis, Coffin, pendu jusqu'à mort s'en suive, le 10 février 1956, à 00H01, n'a certainement pas la moindre intention de revenir sur cette terre purgatoire où lui survivent ses «maffieux et méphistophéliques bourreaux». Bravo pour le jury, mais haro sur son verdict?

    Quelle époustouflante tragédie! Quelle pitoyable dramaturgie! C'est enfin pour quand l'opinion de Clément Fortin sur les 709 autres exécutions qui jonchent et encombrent les pages les plus sombres de l'histoire judiciaire du HAUT et surtout du TRÈS BAS CANADA?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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