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Mulroney s'attire des sarcasmes

22 novembre 2007  Justice
L’ex-premier ministre Brian Mulroney a reconnu avoir commis une «erreur colossale».
Photo : Agence Reuters
L’ex-premier ministre Brian Mulroney a reconnu avoir commis une «erreur colossale».
Ottawa — Les partis d'opposition à Ottawa ont pris un malin plaisir à se moquer de l'ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney hier, après que celui-ci a reconnu avoir commis une bêtise en acceptant de l'argent de Karlheinz Schreiber, ajoutant qu'il l'avait fait pour nourrir sa jeune famille.

«C'est à monsieur et madame Tout-le-monde d'évaluer ses commentaires, a lancé ironiquement le chef du NPD, Jack Layton. C'est un peu bizarre, il me semble. J'imagine qu'il y a des gens qui vont se poser des questions sur le montant de la paye du premier ministre et comment c'est vraiment possible.»

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait le même ton sarcastique. «Disons qu'il a un niveau de vie qui est différent du mien!»

La sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette, lieutenante du chef Stéphane Dion au Québec, s'est elle aussi payé la tête de l'ancien premier ministre. «Compte tenu de sa modeste famille et de sa modeste demeure, c'est pour cela qu'il avait besoin de cet argent. Si on visite la demeure de M. Mulroney, elle ressemble un peu à celle de Pauline Marois.»

Brian Mulroney semble s'être mis sur le mode «gestion de crise». Son fidèle collaborateur et porte-parole, Luc Lavoie, a accordé au moins deux entrevues à des journalistes mardi pour livrer un seul et même message: accepter 300 000 $ en argent comptant du mystérieux entremetteur Schreiber a été «une erreur colossale». «C'est la chose la plus sotte qu'il ait jamais faite», a déclaré M. Lavoie aux chaînes médiatiques CanWest et Sun (propriété de Quebecor, dont M. Lavoie est un des vice-présidents). L'ancien premier ministre le regrette, dit-il.

Besoin d'argent urgent

Toute l'affaire Mulroney-Schreiber trouve son origine dans ces trois fameux paiements de 100 000 $ chacun, effectués dans des hôtels de Montréal et de New York en 1993 et en 1994. À quoi devaient servir ces sommes? Apparemment, le premier ministre sortant avait accepté d'aider l'homme d'affaires dans ses tentatives d'implanter une usine d'équipements militaires et une chaîne de restaurants spécialisés dans les pâtes alimentaires. Et surtout, a fait valoir Luc Lavoie, M. Mulroney avait besoin d'argent.

M. Lavoie a expliqué que toutes les économies que Brian Mulroney avait pu faire avant 1983, moment de son entrée de plain-pied en politique, s'étaient évaporées par le temps qu'il la quitte, 10 ans plus tard. Son salaire de premier ministre n'était d'aucune façon comparable à celui qu'il touchait lorsqu'il a présidé Iron Ore, a-t-il insisté.

«Alors, lorsqu'il a quitté [la politique], il n'avait pas d'argent. Il était optimiste, il allait retourner à son ancien cabinet d'avocats, mais il y a une différence entre être optimiste et toucher un revenu, a dit M. Lavoie. Alors, l'homme était un peu, je ne dirais pas angoissé, mais inquiet à propos de l'avenir.»

Il rappelle que M. Mulroney avait, au moment de son départ, de jeunes enfants d'âge scolaire qui «s'attendaient au niveau de vie dont ils avaient joui avant son entrée en politique, ce qu'il leur avait probablement promis». «Alors, lorsqu'il a quitté la vie politique, il a dû aller chercher un gagne-pain.»

Certes, le salaire d'un premier ministre et celui de président d'Iron Ore ne sont pas identiques. Mais la différence était-elle si grande? Dans son livre On the Take, la journaliste Stevie Cameron raconte que la compagnie mère d'Iron Ore, Hanna Mining, n'a jamais déclaré pour ses cadres des rémunérations de plus de 400 000 $, bonus compris, entre 1978 et 1983, période où M. Mulroney a présidé Iron Ore. En 1984, le premier ministre du Canada touchait 130 830 $, était logé, nourri et disposait d'une voiture de fonction. Le salaire avait augmenté à 159 300 $ à son départ, en 1993.

Pas de vos oignons!

La question est aussi de savoir pourquoi M. Mulroney n'a pas déclaré immédiatement à Revenu Canada ce revenu de 300 000 $. Il y a quelques semaines, un intermédiaire avait fait valoir par lettre que, M. Mulroney étant engagé à l'époque dans des procédures légales pour diffamation contre le gouvernement canadien, il avait en quelque sorte oublié de déclarer ce revenu d'appoint. (Une version des faits qui fait fi de la chronologie, M. Mulroney ayant poursuivi Ottawa en 1995, soit presque deux ans après le versement des 300 000 $.) La version des faits a changé.

Selon Luc Lavoie, il s'agissait d'une «avance sur honoraires». «On ne paye pas d'impôt sur une avance d'honoraires avant que le travail ait été complété. C'est une zone grise.» En outre, M. Lavoie a dit que cet épisode est survenu après le départ de M. Mulroney de la vie publique. «Ce qu'il a fait à titre de citoyen privé, dans la mesure où c'est légal, ça ne regarde personne» («nobody's goddam business»).

En 1997, M. Mulroney a touché 2,1 millions de dollars du gouvernement canadien après qu'il l'eut poursuivi pour diffamation. Il reprochait au ministère de la Justice de l'avoir lié à une enquête sur le versement de pots-de-vin lors de la vente d'appareils Airbus à Air Canada. Ottawa ignorait tout à ce moment des 300 000 $ versés par Karlheinz Schreiber, visé par l'enquête Airbus. On sait que le ministère de la Justice a songé en 2006 à essayer de récupérer les 2,1 millions de dollars compte tenu des nouvelles révélations.

Genèse d'un paiement

Luc Lavoie a raconté de quelle manière s'était organisée la première rencontre entre MM. Mulroney et Schreiber en 1993, pendant laquelle la première tranche de 100 000 $ en liquide a été versée.

Fred Doucet, un collaborateur de M. Mulroney, lui a dit que l'homme d'affaires voulait le rencontrer. M. Mulroney vivait alors dans son chalet des Laurentides en attendant que se terminent les rénovations de leur nouvelle maison à Montréal.

L'ancien premier ministre était encore député et il a été escorté par la GRC jusqu'au Château Mirabel. M. Schreiber lui aurait dit qu'il le payerait 100 000 $ par année. «Puis, raconte M. Lavoie, il a sorti une enveloppe avec 100 000 $ et M. Mulroney a dit: "Qu'est-ce que c'est?" Il a répondu: "Je veux te payer en liquide." Alors M. Mulroney a posé quelques questions. "Pourquoi veux-tu faire cela en liquide?" Et il a dit: "Je suis un homme d'affaires international et c'est ainsi que je fonctionne. Je traite toujours en liquide." Et c'est pour cela que M. Mulroney admet aujourd'hui qu'il a commis une erreur colossale. Il n'aurait jamais dû accepter.»

Les députés à la Chambre des communes débattront aujourd'hui de la pertinence de convoquer en comité parlementaire M. Schreiber pour qu'il s'explique sur toute cette histoire avant qu'il ne soit expulsé vers l'Allemagne.






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  • Daniel Francoeur
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 10h18
    Proposition de réparation
    « M. Mulroney, il vous reste peut-ête une chance de réparer vos erreurs. Pourquoi ne pas rembourser M. Schreiber (300 000$) et l'État canadien (2,1 M $, mais ce chiffre est parfois plus élevé selon les sources) en n'oubliant pas d'inclure les intérêts. Il vous reste donc une chance de prouver votre honnêteté. Mais parions que M. Mulroney aura le temps de nous quitter paisiblement pour l'autre monde bien avant que ceci se réalise... Les procédures légales dans ces cas là sont très très longues. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 10h26
    Des grands très petits
    « Ceux que nous faisons grands s'avèrent pour la plupart très petits.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 10h33
    Les citoyens ne peuvent croire à l`histoire qu`on leur raconte
    « Brian fut choyé tout au long de sa carrière avec des emplois extrêmement bien rémunérés. Président d`une minière, partie prenante d`une firme légale, commissions d`enquêtes au Québec, chef élu du parti progressiste conservateur, chef de l`Opposition avec résidence Stornoway, Premier ministre avec résidence Sussex, pension et parachute doré, membre de direction de Forbes magazine de New York, conférencier à forte compensation, retour comme partenaire senior d`une firme d`avocats, membres de plusieurs conseils d`administration et démarcheur à grands frais. Je ne peux croire qu`il ne pouvait pas se permettre son style de vie. Et puis il y a ce petit manoir de $2 million en plus des rénovations et de la résidence temporaire des laurentides. A ce rythme il faudrait s`attendre que son assistant nous raconte une belle histoire du pays d`en haut! Le bon peuple n`est pas si dupe que la classe politicienne peut le prétendre. Dès lors pourquoi cette argent de poche de $300,000 reçu de Schreiber? »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 10h36
    Habitué au liquide?
    « Cette affaire est trouble, pour le moins. Contradiction, tentative de dissimulation de revenus perçus en liquide, besoin d'argent pour nourir sa famille (arrêtez, je vais pleurer), etc.
    Mulroney et sa clique vont-ils essayer de nous faire croire qu'un premier ministre, avocat de surcroît, ne sait pas qu'il ne faut pas accepter de paiements de cette importance en liquide, d'autant que ces paiements proviennent d'un homme d'affaires aux tractations des plus douteuses? Et ce même premier ministre ne sait pas qu'il faut déclarer ses revenus au fisc?
    Pour ce qui est du titre de mon commentaire : Pendant que Mulroney était premier ministre, une méchante rumeur circulait à Ottawa selon laquelle il avait négocié avec le Parti conservateur la deal suivante : il se lance dans la course à la chefferie du parti et il s'efforce de gagner les élections, mais, en contrapartie, le parti lui verse en liquide le manque à gagner entre son ancien salaire de président de Iron Ore et celui de premier ministre à titre de « dédommagement ». Est-ce vrai, est-ce faux, nous ne le saurons probablement jamais, mais les enquêteurs éventuels devraient quand même aller jeter un petit coup d'oeil dans ce coin-là.
    Bref, je crains que la commission d'enquête, etx. ne soit qu'un exercice futile. Des millions seront dépensés pour rien.
    Vive la démocratie et la justice! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 22 novembre 2007 10h37
    Tout le contraire de l'histoire du petit poucet
    « Alors, M. Mulroney l'avait fait pour nourrir sa jeune famille comme un coq qui veut nourrir ses petits poussins pendant que la maman Mila en prenait, à la maison de Westmount, bien soin. "C'est quand même mieux que d'aller, par manque de manger, les égarer dans la forêt, à l'exemple du petit poucet."

    M. Mulroney déclarait, il y a quelques jours, qu'il n'avait rien fait de mal. On apprenait hier que c'était une erreur colossale. Une bonne erreur ?

    M. Schreiber déclarait hier, à la télé CBMT "The Fifth Estate" que M. et Mme Mulroney étaient très nerveux à l'idée qu'il déballe son secret en plus de nombreux détails sur sa relation avec ce premier-ministre.

    Il est difficle de résister aux bonnes occasions qui font les bons ou mauvais larrons. Il y en a peu qui pourraient lui lancer la première pierre même si la labidation n'est officiellement illégale qu'à Hérouxville, mes frères. »

  • Guy Lafond
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 11h04
    Quand la vie vous rattrape
    « Il semble que la vie nous rattrape tous un jour ou l'autre.

    Sauf tout le respect que j'ai pour Monsieur Mulroney, je cite ici le génie de Francis Blanche, poète, humoriste et acteur français qui s'est éteint en 1974 :

    « Je n'ai jamais volé que mes instants de chance, je n'ai jamais tué que le temps qui passait. »

    « Ne faites pas à autrui ce que vous pouvez faire le jour même. »

    « Que celui qui n'a jamais péché jette au poisson la première pierre! » »

  • Patrick Fournier
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 12h33
    La misère des pauvres riches
    « Je dois avouer que cette histoire ne m'intéressait pas vraiment avant d'entendre vos justifications M. Mulroney. Franchement, tout le monde aime a maintenir un "certain" standard de vie. Contrairement à vous M. Mulroney, les travailleurs de tous genres apprennent rapidement le sens de l'expression " Se serrer la ceinture" et l'impacte d'une telle situation sur leur "standard de vie" ne se limite pas à annoncer à leurs enfants que la maison aura à l'avenir 2 portes de garage plutôt que 4.

    Ironiquement, les politiciens de toutes les allégeances nous disent souvent l'air sérieux et grave qu'il est nécessaire de se serrer la ceinture pour le bien de la nation. Alors M. Mulroney, vous me permettrez de ne pas accepter cette réponse de votre part. Je fais vivre une famille de 3 personne, bientôt 4 avec 40 000$ par année et je connais le sens de l'expression se serrer la ceinture. Certains de vos concitoyens, M. Mulroney, font vivre des familles plus nombreuse avec encore moins d'argent. Alors, la misère des pauvres riches tel que vous me laisse de glace et vos justifications sont autant d'insultes à la réalité de bon nombre de canadiens. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 14h06
    Et combien de plus
    « Et combien de plus aurait demandé Mulroney en compensation s'il avait réussi la passe d'amener le Québec à signer la constitution canadienne ? On n'ose l'imaginer.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 15h15
    Et maintenant la maison de Jean Charest
    « On nous a parlé de la maison de Pauline Marois
    Puis de celle de Brian Mulroney
    Si on nous expliquait comment Jean Charest, avec son modeste salaire de politicien, une femme au foyer et 3 enfants aux études, a pu s'offrir lui aussi la grosse cabane à Westmount et le domaine dans l'Estrie?
    On parle bien du premier ministre du Québec depuis 2003! On parle bien de quelque chose d'inexplicable à première vue du moins! Pourquoi nos journalistes sont-ils si peu curieux? Pourquoi a-t-il fallu les révélations de Schreiber pour qu'enfin on fouille un peu? »

  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 15h40
    Non mais, je rêve...!
    « Pauvre "ptit avocat véreux" d'la Côte-Nord !

    Croire qu'on peut se sortir INDEMNE d'une vie de fourberies et de malhonnêteté, c'est vraiment digne d'un CANCRE. Il a causée la DÉCHÉANCE d'une certaine partie de la population du Québec en favorisant l'alcooli$me par la prolongation de$ heure$ d'exploitation de$ débit$ d'alcool en 89, de 00:00 hres à 03:00 hres et plu$ la nuit. Puis, avoir faite légaliser la "dan$e toplle$$" par le SÉNAT CANADIEN, suite à y avoir pi$tonner SES PROPRES SBIRES en leur donnant des "PROMOTIONS" et que la SAGA de$ trafic$ de COCAÏNE s'y soit "ENCLANCHÉE", au Québec plus particulièrement, à cause de ses CÔTES MARITIMES, entre 1989 et passé 1996 donc, après tout ÇA, CELUI-CI n'est que soumis aux remontrances pour ses MALVERSATIONS avec Karlheinz Schreiber...? Mais, quand aura-t'on le COURAGE et l'HONNÊTETÉ de TOUT lui faire REGRETTER, jusqu'à son DÉPART ...?

    Je veux bien croire qu'il faut avoir un certain décorum envers quelqu'un qui a soit-disant dirigé le PAYS mais, lorsque cette direction a tout mis en place pour implanter le CRIME ORGANISÉ MONDIAL grâce au "libre-échange et à l'ouverture des frontières" pour un commerce entre les PAYS avec le moins de contrainte$ possible alors, JE perd tout genre de respect pour ce DÉMON.

    GENS du PAYS, RÉVEILLEZ-VOUS ! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 22 novembre 2007 16h41
    @ Patrick Fournier
    « Vous m'avez bien fait rire quand j'ai lu : «"le standard de vie" ne se limite pas à annoncer à leurs enfants que la maison aura à l'avenir 2 portes de garage plutôt que 4.»

    Ça peut être grave quand même pour les 2 autos qui doivent se contenter de coucher dehors, même en hiver, elles qui étaient habitués de coucher à l'abri pendant les années de vaches grasses de leur propriétaire qui n'était pas obligé de les déglacer le matin, en plus.

    Il est beaucoup plus facile de passer de la petite à la grosse vie que...le contraire. »

  • Michel Galarneau
    Abonné
    vendredi 23 novembre 2007 16h41
    ti pôvre
    « Céline à bien raison,ainsi que les autres... mais elle oublie un détail, elle vie au crochet de la societee.<<quand tu craches en l'air ca te retombes sur le nez>>... »

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