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Le policier Hotte reconnu coupable de meurtre prémédité

Canadian Press   14 décembre 2002  Justice
Le policier de la GRC Jocelyn Hotte a été reconnu coupable hier du meurtre prémédité de son ex-conjointe Lucie Gélinas. L'homme de 43 ans a de plus été reconnu coupable de trois tentatives de meurtre.

Lucie Gélinas avait été assassinée par balles alors qu'elle se trouvait dans une voiture roulant sur l'autoroute Métropolitaine le 23 juin 2001. Trois hommes qui se trouvaient avec la victime dans l'automobile avaient aussi été blessés.

Le jury devait déterminer si Hotte était coupable de meurtre au premier degré, avec ou sans préméditation, de meurtre au second degré ou alors d'homicide involontaire.

Le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier, a déclaré à la sortie du tribunal que Hotte était conscient de ce qu'il faisait au moment des faits. Il a également critiqué la police de Laval pour n'avoir pas pris au sérieux l'appel à l'aide lancé par Lucie Gélinas au 911 la fin de semaine avant le meurtre. «Si [la police de Laval] avait agi différemment ce matin de juin, peut-être que Mme Gélinas serait encore vivante et que je ne serais pas ici», a-t-il indiqué.

L'avocate de la défense, Johanne Saint-Gelais, était pour sa part déçue du jugement et pense porter la cause en appel. Elle a déclaré ne pas être en mesure de dire comment Jocelyn Hotte a pris la nouvelle, puisqu'il est sous «forte médication», prenant 360 pilules par mois. «Je pense qu'il est vraiment secoué, mais il ne le montre pas à cause des médicaments, a-t-elle dit. Sa vie est finie.»

Me Saint-Gelais affirme que le jugement ne reconnaît pas l'état mental de Hotte. «Nous avons ici un homme qui a eu trois périodes de dépression. Pour moi, le verdict ne reconnaît pas ça.»

En plus d'être affecté à la protection de Jean Chrétien lors de ses passages au Québec, Hotte était aussi chargé de la sécurité du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, durant la campagne électorale de 2000. Il était aussi dans l'équipe de patrouille du 24 Sussex, lors du mandat de Brian Mulroney comme premier ministre.

La santé mentale de Jocelyn Hotte a figuré au coeur des témoignages présentés durant le procès. La défense avait tenté de convaincre le jury de condamner Hotte à un homicide involontaire puisque ce dernier n'avait pas de souvenir d'avoir tiré plus d'une balle en direction de l'auto de Lucie Gélinas. La défense avait aussi présenté le témoignage de Jocelyn Hotte, ainsi que celui de sa mère, disant que l'accusé souffrait de dépression depuis plusieurs années et qu'au moment du meurtre, Hotte était surchargé de travail et exténué.

Lucie Gélinas roulait sur l'autoroute avec trois autres passagers à bord lorsque la voiture de Hotte s'est approchée et que celui-ci s'est mis à tirer en direction du véhicule. L'un des passagers s'est retrouvé paraplégique à la suite du drame.

Hotte avait commencé à fréquenter Lucie Gélinas en 1995, mais le couple s'est séparé quatre fois en six ans. Lors de son témoignage, le Dr Louis Morissette avait déclaré que Hotte n'avait pas la capacité de jugement lorsqu'il a tué Lucie Gélinas.

Les représentations sur sentence auront lieu mardi prochain au palais de justice de Montréal. Le verdict comprendra automatiquement une sentence de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.






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