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Les pirates peuvent dormir tranquilles

Fabien Deglise   8 novembre 2007  Justice
«Aujourd’hui, c’est tellement simple de copier. Tout le monde est pris au dépourvu et on ne sait pas comment arrêter ça», dit le responsable des enquêtes fédérales et des questions de vol de droits d’auteur pour la GRC.
«Aujourd’hui, c’est tellement simple de copier. Tout le monde est pris au dépourvu et on ne sait pas comment arrêter ça», dit le responsable des enquêtes fédérales et des questions de vol de droits d’auteur pour la GRC.
Alors qu'aux États-Unis, une internaute a été condamnée par la justice, début octobre, à une amende de 220 000 $ pour avoir copié illégalement 24 chansons, les pirates de la musique de ce côté-ci de la frontière n'ont toujours pas de raison de s'inquiéter.

En effet, devant la lourdeur de la chasse à la copie illégale de fichiers sonores à des fins personnelles, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a baissé les bras depuis plusieurs mois, a appris Le Devoir. Elle ferme désormais les yeux sur ce type de comportement criminel.

«Le piratage [de musique par l'entremise d'Internet ou d'autres médias] pour usage personnel n'est plus ciblé», a indiqué en entrevue Noël St-Hilaire, responsable des enquêtes fédérales et des questions de vol de droits d'auteur pour la GRC. «Aujourd'hui, c'est tellement simple de copier. Tout le monde est pris au dépourvu et on ne sait pas comment arrêter ça.»

Dans ce contexte où le téléchargement illégal de musique, généralement en format MP3, est devenu un comportement généralisé dans la société, surtout auprès des jeunes usagers d'Internet, la GRC avoue donc que la traque de ce type de voleur ne figure pas «dans [ses] priorités». «On s'attaque principalement aux crimes contre la propriété intellectuelle, qui ont un impact sur la santé et la sécurité des consommateurs [médicaments, appareils électriques, etc.], mais aussi à ceux qui touchent le crime organisé, a poursuivi M. St-Hilaire. Notre assiette est assez pleine avec ça, et malheureusement, le petit, on n'a pas le temps de s'en occuper.»

Ce n'est pas le cas aux États-Unis où, le 3 octobre dernier, Jammie Thomas, 30 ans, a été jugée coupable de téléchargement illégal par un tribunal de Duluth, au Minnesota. La poursuite a été intentée par l'Association américaine de l'industrie du disque (RIAA), qui représente entre autres des maisons de disques comme BMG, Capitol, Warner et Sony. La jeune femme, forcée de payer 9250 $ par pièce musicale glanée sur Internet par le biais de logiciels de partage de fichiers sonores, a porté la cause en appel.

N'empêche, l'inertie de la GRC devant ce type de crime s'explique peut-être par le faible impact financier que ce «sport» de salon et de chambre d'adolescent semble avoir sur l'industrie du disque et de la musique au Canada. En effet, selon les dernières données de Statistique Canada portant sur l'industrie de la musique, malgré la chute des ventes liées à la multiplication des téléchargements illégaux, les recettes et les bénéfices de ce pan de l'économie ont été «relativement élevés» en 2005, ont indiqué hier les spécialistes fédéraux du pourcentage.

En effet, dans les grandes lignes, les producteurs de disques, les éditeurs et les studios d'enregistrement ont déclaré des recettes d'exploitation de 815 millions de dollars, «ce qui se traduit par une marge bénéficiaire d'exploitation globale de 14 %», peut-on lire dans le document intitulé Enregistrement sonore et édition de musique, 2005.

Même si les achats de musique ont dans l'ensemble décliné de 3 % entre 2003 et 2005, la vente de CD et de fichiers sonores légalement acquis par l'entremise d'Internet, qui a représenté 3,9 % des ventes nationales en 2005, a tout de même permis à l'industrie d'engranger pas moins de 575 millions de dollars, soit 18 millions de moins que l'année précédente. Toutefois, «l'élaboration de nouveaux canaux de distribution et de livraison a stimulé les marchés numériques, écrivent les auteurs de cette enquête, ce qui a permis de faire augmenter la marge bénéficiaire» de l'industrie.

Cette équation s'explique non seulement par la diminution des stocks et des dépenses de distribution mais aussi par des retours moins considérables de produits, précise Statistique Canada.

Le combat se poursuit

Malgré ce portrait, l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), qu'il n'a pas été possible de joindre hier, poursuit son combat contre le piratage. Selon cet organisme, l'«appropriation sans droit de musique [est] un frein à l'épanouissement de la musique», indique-t-il dans un document qui résume son programme de sensibilisation, baptisé «Quand on aime la musique pour vrai, la copie, non merci».

Et cet appel semble avoir été entendu. En effet, malgré une baisse générale des ventes de musique, celle créée par des artistes canadiens a connu une petite croissance de 3,3 % en 2005, pour une facture totale de 123 millions, en hausse de quatre millions par rapport à 2003. Plus de 30 % de ces enregistrements provenaient du Québec.






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  • Jean-Marc Chevalier
    Abonné
    jeudi 8 novembre 2007 12h29
    La justice devrait travailler dans l'intérêt du public.
    « Je ne crois pas que condamner les gens au criminel et vider leurs économies de toutes une vie soit justifiable pour des téléchargements.

    Les instigateurs de la poursuite qui fait condamner une personnes à payer $220000 pour avoir téléchargé des chansons sont de véritables criminels à mon sens.

    Si l'ADISQ veut encourager ce genre de poursuite ici, il faut les dénoncer. Leur industrie n'est pas en difficulté et leur cause ne justifie pas de détruire des vies. »

  • jean-Yves Pelletier
    Abonné
    jeudi 8 novembre 2007 14h48
    Les ''vrais'' pirate peuvent dormir tranquilles
    « Les vrais pirates, ceux qui inondent le marché de copies piratées sont rarement inquétés. On s'attaquent allègrement aux individus qui ont peu de moyens de se défendre (voir le comportement des mafias du contenu, RIAA et MPAA). Copier une chanson sur son ordi personnel est en train de devenir un crime ; nos enfants, nés avec les technologies digitales, deviennent des criminels aussitôt qu'ils utilisent ces technologies pour s'exprimer, pour créer, pour parler avec les outils de leur temps. Je ne saurais trop vous recommander de visionner cette conférence de Larry Lessig, une sommité mondiale en ce qui a trait aux droits d'auteurs. Voici le lien :
    http://www.ted.com/talks/view/id/187.

    Jean-Yves Pelletier »

  • Luc Girard
    Inscrit
    jeudi 8 novembre 2007 17h39
    Comme dans les années 80: les fameuses K7....
    « La solution m'apparaît bien simple; comme dans les années 80, pourquoi ne pas greffer un montant fixe à chaque achat de CD, de DVD et de baladeur??? Cet argent serait redistribué aux auteurs/compositeurs/interprètes/créateurs/etc... selon un pro rata à définir.
    Cette avenue est beaucoup moins "coercitive" que celle adoptée aux USA qui, comme on le sait, carburent à la répression pure et simple autant dans leur pays qu'à l'extérieur.
    L'autre solution, ne pas télécharger de contenu québécois pour protéger notre culture.
    Mais cela est peut-être un voeu pieux... »

  • P M
    Inscrit
    jeudi 8 novembre 2007 18h07
    protégons la nouvelle liberté
    « L'industrie du support sur disque est récente dans l'histoire et celle du cd ne date que des années 80. La présence de la galette de plastique à base de produits pétrolier n'était peut-être qu'un accident de l'histoire. La prestation en direct d'un artiste redevienra peut-être la vrai façon de vivre pour ceux-ci. Il serait alors curieux de voir que l'arrivé d'un monde virtuel provoque un certain retour à la réalité pour une minorité de gens. Chose certaine l'Internet permet la découvert et l'expérimentation de nouveau genre. C'est donc un outil pour les artistes.

    Les grandes compagnies ont sans doute intérêt à limiter notre liberté d'expression, quitte à utiliser les pouvoirs publics pour espionner nos types de communications, mais dans tout les cas notre communication d'information musicale reposera sur un jugement collectif de valeur, du bien et du mal, et non s'implement sur l'avis temporaire d'un citoyen moral. Les grands artistes permettent l'existence des grands lobbys du disque et réciproquement ceux-ci les protègent de l'influence des petits artistes porteur d'une diversité culturelle trop grande à gérer.

    On vole pas un droit d'auteur au criminel ici, on enfreint plutôt à la norme d'utilisation que dicte un propriétaire particulier et ce civilement.

    Malgré les campangnes de peur des grands qui ciblaient dans leurs intentions la populace dans la dernière décénie, le cas de l'américaine est une première et une exception. De nombreuses irrégularités sont d'ailleurs présentes pour qui s'intéresse aux détails du jugement.

    Je crois qu'ici la GRC ne fait pas preuve de faiblesse, mais de force. Choisir où donner ses efforts relève de l'intelligence. La Phising et autres arnaques à la carte bancaire sont sociétalement beaucoup plus importante. De plus comme le Canada est un leader dans la frabrication, par procédé chimique, de pillules, il est normale de se concentrer sur ce secteur de santé public ou la notion de droit d'auteur relève de concepts plus complexe.

    Le cd en a pour 5 à 15 tout au plus. Que l'information soit transmise par un format contenu sur plaquette cd ou qu'elle proviennent d'une infinité de source par une infinité de canaux ne changera rien à la vie des humains. Ils aimeront toujours l'art et le beau. Réécouter sans cesse une partie de l'oeuvre d'un artiste dont les intermédiaires sont trop chères payés ou apprécier une pièce musicale s'insérant dans une diversité illimité est une question de liberté et d'égalité. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    jeudi 8 novembre 2007 21h07
    la loi canadienne permet la copie personnelle, mais pas sa redistribution
    « On reçoit, de la part des médias, un message très ambigu quant à la légalité de la copie personnelle, très probablement à cause de leur association avec le monde artistique qui déforme l'esprit de la loi dans son intérêt. Le problème, ce n'est pas la copie, c'est la redistribution. C'est très clair dans la loi canadienne, qui nous permet de copier n'importe quoi de n'importe quelle source, pour un usage personnel, tant qu'on ne redistribue pas. La loi américaine est encore plus permissive que la nôtre avec sa notion de "fair use".

    Le terme "copier" n'est pas clair, il n'exprime pas dans quel sens le transfert a lieu. Dans le monde numérique, on utilise "télécharger" pour désigner un transfert vers son ordinateur, et "téléverser" pour désigner un transfert hors de son ordinateur (merci à l'OLF).

    Or, ce n'est pas parce que Jammie Thomas a téléchargé des fichiers musicaux qu'elle a été condamnée, c'est parce qu'elle aurait redistribué ses copies via le mécanisme d'échange automatique de son logiciel P2P (KaZaA), probablement sans le savoir. Elle n'a pas téléversé les fichiers; d'autres auraient pu les télécharger de son dossier de partage. L'ignorance des lois et des techniques informatiques est la cause de sa peine. Et puis il n'a pas été prouvé que les fichiers copiés auraient été redistribués, qu'un transfert de son ordinateur vers l'extérieur aurait eu lieu; c'est d'ailleurs sur ce point que Jammie a été condamné après une hésitation du juge: le simple fait de rendre disponible un fichier est considéré comme une redistribution, même si aucun transfert n'a lieu...

    Il est totalement abusif de parler de "piratage" dans son cas. Elle ne vendait pas les fichiers partagés. Et puis, un vrai pirate, c'est un aventurier qui vole et qui tue pour subsister. Une peine exemplaire de $220000, c'est pire que du vrai piratage, et c'est juste pour nous offrir un spectacle dégueulasse dans l'arène des majors états-uniens. Jammie voulait simplement écouter de la musique (en plus, de la mauvaise musique...)

    L'autre problème, c'est qu'Internet est de plus en plus perçu comme un média électronique traditionnel, une autre manière de télévision; hors, l'Internet est tout *sauf* une télévision, malgré les efforts soutenus de l'industrie médiatique pour réduire le "réseau des réseau" en une vulgaire boîte qui leur appartient. Alors, que font les internautes, qui ont été élevés devant leur télévision, cette machine à vendre du savon et des chars? Ils consomment! La musique est là sur Internet, ils la prenne, candidement, puis vont gazer leurs chars et acheter leur savon... La solution, ce n'est pas la répression, c'est l'éducation. Un ordinateur, ce n'est pas un jouet, pas plus qu'un livre ou un cd.

    Jammie est une victime toute désignée pour faire peur.
    Pour en apprendre plus:
    http://en.wikipedia.org/wiki/Jammie_Thomas
    Il y a une campagne de soutien:
    http://www.freejammie.com/
    Ce article décrit bien le problème de la redistribution P2P:
    http://arstechnica.com/news.ars/post/20071004-debate-over-making-available-jury-instruction-as-capitol-v-thomas-wraps-up.html

    @ Luc Girard :
    Il y a déjà une taxe sur les supports, et une part importante des montants ainsi perçus va directement dans les poches des artistes canadien les plus populaires. Bref, quand on archive nos photos de famille, on finance un peu mieux l'université du rejeton de Céline...

    @ Paul-Émile Migneault : Les droits des artistes sont tout aussi importants que ceux des pharmaceutiques, mais ces dernières ont plus de poids politique et financier; au Canada, pays de $liberté$, on y défend d'abord les droits commerciaux des plus forts. »

  • Stéphane Venne
    Inscrit
    jeudi 8 novembre 2007 21h39
    La GRC normalise le vol
    « Ainsi donc, la GRC vient de décider que quand les auteurs se font piquer leurs royautés, c'est pas trop grave.

    Il n'y a rien d'étonnant là-dedans. La chanson canadienne-anglaise ne joue aucun rôle crucial au Canada anglais, rien en comparaison du rôle des auteurs au Québec, donc les institutions nationales canadiennes (culturelles, politiques ou policières) font ce qu'elle font le mieux: rien.

    Mais ce qui est moche, c'est que ça ouvre la porte (et, hélas, la bouche) à ces nouveaux idéologues du "tout est gratuit" qui n'ont pas la moindre idée de l'effort et du temps que ça prend pour faire une bonne chanson, et qui s'autorisent de la situation floue actuelle pour s'approprier le bien d'autrui, démontrant tout le courage caractéristique de ceux qui ne courent pas le moindre risque de se faire prendre (il se vanteraient évidemment moins s'il s'agissait de cannes de binnes chez IGA). Je n'en reviens carrément pas de cette nouvelle "philosophie" qui consiste à dire "j'aime ça, donc je le prends". Comment voulez-vous faire un pays avec des gens comme ça? (quel que soit le pays dont il se puisse agir). »

  • Jean-Francois Carignan
    Inscrit
    vendredi 9 novembre 2007 11h28
    Vol?
    « Premièrement, c'est majoritairement les grands artistes américains et européens qui sont distribués sur l'internet. Deuxièmement, quand ces artistes auront un peu plus de difficulté à se payer leur jets privées, les 15 voitures qu'ils ont et leurs 4 ou 5 demeures gigantesques un peu partout dans le monde, le piratage me dérangera peut-être un peu plus.
    Honnêtement, quand ces grands artistes, puisque c'est majoritairement eux qui s'en plaignent, seront un peu moins hypocrites (au sens qu'ils font des rallyes pour éliminer la pauvreté, cependant ils se déplacent encore en jets privés et sont propriétaires de nombreuses voitures), je serais plus porté à faire attention. »

  • Stéphane Venne
    Inscrit
    vendredi 9 novembre 2007 11h55
    @ Marc Lavallée
    « Je suis d'accord avec votre démarche consistant à "intelliger" le problème du téléchargement - problème qui est avant tout juridique - avant de vous y attaquer, à l'encontre des hurlements moraux qui occupent l'avant-scène. Et je trouve pertinente votre distinction entre copie personnelle et distribution. Mais vous avez tort de qualifier de copie personnelle ce que détenait cette pauvre Jamie. La loi permet certainement de faire des copies personnelles d'un fichier qu'on a ACQUIS DE MANIÈRE LÉGITIME, pour pouvoir écouter l'oeuvre dans tous nos environnements. Or le téléchargement P2P n'est PAS une acquisition légitime. La SEULE copie légitime est celle que l'auteur a autorisée par voie de licence. L'auteur, qui peut licencier qui il veut, a licencié EXCLUSIVEMENT sa maison de disques pour faire des copies. AUCUNE loi n'a jamais enlevé à l'auteur le droit exclusif de faires des copies (c'est pour ça que ça s'appelle le copyright). Les lois n'ont fait qu'encadrer ce droit exclusif (notamment par la notion de copie privée). L'auteur n'a pas licencié Jamie, ni le correspondant P2P dont elle a copié le fichier, ni les internautes qui ont copié le fichier de Jamie. Car c'est bien de copie qu'il s'agit. Et ce n'est pas une copie privée. Le téléchargement n'est que la PROCÉDURE TECHNIQUE qui permet la copie. Réfléchissons. Au départ de l'opération, il y a un fichier légitime acheté chez un disquaire et qui séjourne quelque part dans le monde dans un ordi (en raison du droit de copie personnelle) . Peu après, il y a des clônes de ce fichier dans d'autres ordis. Ça s'appelle des copies, qu'on aime ça ou pas. Des copies non licenciées. Donc illégales. Jamie est coupable. Et quant à la somme excessive de l'amende (qu'elle ne paiera probablement jamais), elle sert au moins à jeter un éclairage brutal sur la désorganisation des systèmes juridiques. administratifs et policiers censés régir cette nouvele phase du commerce des oeuvres. Ça a dû être comme ça lors de l'invention de l'imprimerie. »

  • Stéphane Venne
    Inscrit
    vendredi 9 novembre 2007 12h59
    @ Jean-Francois Carignan
    « Voitre morale est tordue. Où est-ce écrit que de voler les riches est OK? Où est-ce écrit que c'est ok de voler ses droits à Luc Plamondon ou à McCartney est ok? Et si votre bon coeur vous dicte de payer ses droits à un pauvre rapper des ghettos de New-York, vous allez faire ça comment dans le contexte P2P? Et d'où diable tenez-vous que seuls les pauvres peuvent se porter au secours des pauvres? Quand vous êtes malades, vous faites-vous soigner par un autre malade ou par un médecin en santé? »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    samedi 10 novembre 2007 23h14
    réponse à Stéphane Venne
    « Mr. Venne, veuillez consulter la section VIII de la loi C42, à propos de la copie privée.

    La source de la copie n'a pas d'importance. La production de l'enregistrement n'a pas d'importance. Il n'y a pas de "manière légitime" d'obtenir une copie d'un enregistrement pour un usage privé. Il n'y pas de "seule copie légitime", cette notion n'existe pas du point de vue de la copie privée.

    Le droit d'auteur sécurise un monopole sur la distribution; les contrats et les licences sont entre les auteurs et les distributeurs. Le consommateur de musique, qu'il soit "copiste privé" ou pas, n'a rien à voir là-dedans, tant qu'il ne fait pas de la redistribution, parce que la loi le lui interdit.

    La loi sur le droit d'auteur n'impose pas à l'auditeur de n'écouter que de la musique qu'il aurait acheté, ou qui proviendrait de sources autorisées par les auteurs selon les termes exclusifs négociés avec leurs distributeurs. L'auditeur a le droit d'écouter ce qu'il veut. Malheureusement, l'auditeur n'a pas de recours pour éviter d'entendre le bruit médiatique qui l'assaille et qui lui dicte de se procurer le dernier tube à la mode (mais c'est une autre histoire).

    Le terme "piratage", utilisé pour désigner la redistribution non-autorisée, ne s'applique pas à la copie privée. Une copie privée, ce n'est pas nécessairement une copie redistribuée. Pourtant, la confusion entre copie privée et "piratage" est constamment entretenue pour faciliter l'amendement de la loi sur le droit d'auteur.

    C'est ce qui fait que nous contribuons tous à la "redevance sur la copie privée", par des taxes sur les supports, que l'on copie ou non des enregistrements sonores; apparemment, nous sommes tous présumés coupables de porter atteinte aux marges de profits des distributeurs. Les mécanismes de cette redevance sont expliqués de long en large dans le texte de la loi, c'est d'ailleurs ce qui occupe le plus de place. Cette redevance apparait plus comme un "permis de pirater" que le laxisme avouée de la GRC... Tant mieux si cette mesure est marginalement efficace; dans un monde idéal, peut-être que nos auteurs à succès devraient être rémunérés sans avoir à vendre de disques. C'était comme ça dans l'ex-URSS; évidemment, la musique était contrôlée, mais c'est aussi un pouvoir qu'a notre industrie locale de la musique.

    Ça fait plusieurs années que la chasse a commencée pour criminaliser les utilisateurs des nouvelles technologies de l'information qui "innovent", par exemple en filmant au cinéma. Comme la répression pure est inapplicable (sauf aux "states" ou l'occasion est toujours bonne pour nous faire un bon show), des mécanismes préemptifs se mettent en place. Et plus les publics-cibles seront "créatifs", plus les lois seront prévoyantes pour sécuriser les revenus de ceux qui se paieront les meilleurs lobbyistes. Ces "pirates", non mais quelle aubaine...

    Maintenant, c'est le début d'un temps nouveau, la moitié des gens ont plus de cinquante ans. ;-) Le poids financier des pharmaceutiques pousse la GRC à protéger leurs brevets, c'est leur tour. L'industrie de la musique leur a bien préparé le terrain. Nos écarts de santé font de nous de présumés suspects, et peut-être que chaque feuille de tisane bio devra être taxée pour supporter nos industries pharmaceutiques en constante détresse.

    Notre loi sur le droit d'auteur:
    http://lois.justice.gc.ca/fr/ShowTdm/cs/C-42///fr
    À propos de la copie privée:
    http://cpcc.ca/francais/copPrivCon.htm
    L'excellent blog du Dr. Geist:
    http://www.michaelgeist.ca/
    L'article suivant traite de la conséquence, sur la culture états-unienne (et par ricochet sur la nôtre), d'entretenir de la confusion sur le droit d'auteur:
    http://www.centerforsocialmedia.org/files/pdf/Final_CSM_copyright_report.pdf »

  • Francois Perron
    Inscrit
    dimanche 11 novembre 2007 15h18
    @Stephane Venne
    « Pas dur de voir pour qui vous travaillez. Avocat pour la CRIA
    peut être. Quand la technologie nous a permis de copier les
    emissions televisée sur vidéo cassette, on c'est fait accuser
    de vol par la même gang. Quand j'enregistre une cassette en
    écoutant la radio je devrais payer des droits d'auteurs? La
    technologie existe, que PKP ne percoives pas mon argent... aucun poblême. Quel pourcentage du CD se rends à l'artiste.
    C'est tout ce que j'ai à payer. Les vauteurs qui profitent
    des artistes ne méritent pas mon argent, de toute manière le
    génie est sorti du vase, alors, vous pouvez essayé de poursuivre tous les gens qui partagent, ou dites à votre employeur de changer sa manière de faire les choses.
    Adaptez vous au 21 siècle, ou dites bonjour aux dinosaures! »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    lundi 12 novembre 2007 12h23
    @ F. charron: précisions
    « Mr. Charron, vous m'incitez à continuer mon intervention précédente.
    Je m'addrese à vous, mais aussi à tout ceux qui ont un discours similaire.

    Au cas ou vous ne le sauriez pas, Stéphane Venne est un auteur qui n'est ni un employé de PKP, ni un avocat de la CRIA. Il a vécu tous les changements de l'industrie de la musique depuis les années 50. Alors tentons de comprendre son point de vue.

    Pour l'essentiel, je suis d'accord avec lui. Là où je suis en désaccord, c'est sur la notion de "copie légitime". Une copie personnelle, qu'elle soit faite à partir d'une copie distribuée en boutique ou d'une copie de la copie du beau-frère, reste une copie. Si on cherche l'oeuf ou la poule, la première copie sort du studio de mixage. Les copies vendues légalement ne sont rien d'autre que des copies de la première, distribuées sous contrat; si elles ne sont pas vendus, tans pis, c'est le principe de l'offre et de la demande et les distributeurs prennent en général 100% des risques.

    Il existe un "contrat tacite" entre l'industrie de la musique et son public-cible: faire en sorte que le travail de ses artisans soit reconnu et payé. Les lois nationales et les traités internationaux sur le droit d'auteur encadrent les mécanismes qui font en sorte que ça se passe le mieux possible dans le respect de tous. Un des principaux moyens utilisé est la vente de disques. Si nous apprécions le travail des artistes, il est convenu de leur acheter des cds. Ce sera autre chose demain.

    C'est la notion de "propriété intellectuelle" qui influe le plus sur la pratique du droit d'auteur. Une chanson appartient à son auteur jusqu'à l'expiration de son droit, même si c'est un succès diffusé partout, et même si les nouvelles technologies nous donnent des ailes. Faisons en sorte de voler dans la bonne direction.

    Quand vous écrivez "de toute manière le génie est sorti du vase" vous faites de la pensée magique; la facilité des nouvelles technologies ne donne pas un permis de les utiliser à tord et à travers. De tout temps il a été possible de copier et de rediffuser des oeuvres. Le droit d'auteur existe pour encadrer cette pratique, entre-autre dans un contexte commercial. Dans notre monde de fric, on ne badine pas avec ça...

    Nous n'avons pas le droit de redistribuer une chanson (ou toute oeuvre) qui ne nous appartient pas, fric ou pas, sans que ce droit ne nous soit accordé explicitement. Le fait d'avoir acheté une copie ne nous donne pas plus le droit de la redistribuer. La copie privée est une exception à la loi canadienne sur le droit d'auteur, qui nous accorde un privilège important: celui de copier soi-même une oeuvre mise à notre disposition, tant qu'on ne la redistribue pas. Même si ce privilège est difficile à policer, nous devons le respecter, au moins dans son esprit, parce qu'il est très précieux. La GRC abdique (parce qu'elle est trop occupée), mais il est fort possible de l'industrie du disque se donne les moyens d'engager les services d'agences de surveillance, comme c'est le cas aux États-Unis.

    En pratique, c'est très facile de respecter la loi, mais l'Internet est le plus grand piège de l'Univers. Une règle de base: ne pas utiliser les réseaux P2P quand on ne sait pas ce qu'on fait. Le fonctionnement en est simple, mais peu de gens semblent le comprendre, et plusieurs jouent à l'imbécile; tout ce qui est téléchargé d'un réseau P2P vers son ordi est alors offert en téléchargement de son ordi vers d'autres, et c'est ce qui cause problème: nous ne pouvons pas nous substituer aux distributeurs qui ont un droit exclusif de distribuer, parce que c'est illégal. Pourquoi? Parce que c'est interdit. Pourquoi? Parce que!

    Ceux qui veulent distribuer des contenus numériques, pour se donner un "p'tit feeling", devraient choisir leurs sources plus judicieusement. Il y a de plus en plus de contenus culturels plus ou moins libres que l'on peut échanger en respectant leurs auteurs. On peut même ré-éditer des enregistrements sans demander la permission aux auteurs, lorsque ces enregistrements accèdent au "domaine public" (c'est ce qu'a fait Edgard Fruitier récemment). D'autres offrent l'intégralité de leurs pistes de mixage, avant la fin de leur copyright, parce qu'ils croient aux nouvelles possibilités offertes par le numérique (voir http://bushofghosts.wmg.com/).

    Si vous n'aimez pas PKP, ne consommez pas ses produits, ne les achetez pas, et surtout, de grâce, de les redistribuer pas, ça n'en vaut pas la peine; ce monsieur croit aux forces du marché, vous aussi, alors jouez le jeu jusqu'au bout. Les grands propriétaires peuvent tirer profit des activités de redistribution illégale, et ce de la manière la plus insidieuse; faire changer les lois en leur faveur. L'arme suprême reste la fameuse "convergence médiatique", et ils pourraient l'appliquer intégralement pour suivre votre bon conseil de "faire autrement".

    Si vous voulez rendre service aux artistes que vous croyez floués, ne les provoquez pas en redistribuant leurs oeuvres qui sont soumises aux restrictions des contrats de distribution. Si vous croyez que nous devons changer notre rapport à la culture, ignorez-en les pires manifestations et encouragez les meilleures qui respectent les lois en vigueur. La loi canadienne sur le droit d'auteur est relativement bien conçue, et on peut l'utiliser pour qu'elle évolue dans le bon sens. »

  • Yvonne lemile
    Inscrite
    samedi 12 avril 2008 12h25
    Qui pirates des pirates ?
    « Quel honte ?

    Personne ne parle de la hausse des tarifs électrique, ça se comprend la musique tue.
    http://www.option-consommateurs.org/salle_presse/communiques/155/

    Je comprend, c'est tellement assourdissant que l'on ne peut pas comprendre pourquoi on est de prétendus voleurs.

    Naturellement avec l'aide des mercenaires journalistes on va le comprendre de force.

    Pourquoi les journalistes, surtout du Devoir, blâme-t-il toujours la population qui se fait toujours voler par les toujours mêmes exploiteurs.

    815 millions juste ça, pour combien de temps, c'est pas précisé, trimestre, annuel ?
    Même annuel.
    Pourquoi ne pas parler des vrais pirates, 815 millions ?

    Qui vole qui ?

    Qui pirate qui ?

    Combien vaut le gros Bill Gate et je n'aurais pas payé mon morceau de pain quotidien, comme on.

    Est-ce du banditisme en veston cravate de luxe.

    Les tarifs électrique augmentent sans cesse, comment je peux encore payer pour du bruit.

    Facal qui se mêle de ça en plus.

    Comment y dit.

    Le cul tue du gratos.......

    Facal écrase, tu pue, Veston cravate + + + $ $ $ »

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"directeur général des élections"

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