Un comité des Communes recommande l'établissement de piqueries supervisées
Photo : Agence Reuters
La consommation de drogue «est de plus en plus endémique» au Canada, affirme le Comité, qui s'inquiète pour l'avenir des jeunes.
Oui aux lieux d'injection supervisés (LIS), à l'échange de seringues, à l'accès à la méthadone et à la prescription d'héroïne. Non à l'abandon de la guerre contre la drogue.
Le Comité spécial de la Chambre des Communes sur la consommation non médicale de drogues ou médicaments a déposé hier un rapport d'étape qui ménage la chèvre et le chou. Après 18 mois et un demi-million de dollars en dépenses, le groupe de parlementaires reconnaît que l'usage abusif des drogues constitue d'abord un problème de santé publique nécessitant des efforts de prévention, d'éducation et de traitement. Mais il ne remet pas en question le régime de prohibition.
Le Comité admet tout au plus que les interdits qui pèsent sur les drogues illégales causent parfois plus de tort que les substances elles-mêmes. Mais ces interdits permettent de décourager «probablement une bonne partie de la population d'en consommer». La députée du NPD Libby Davies conteste cette analyse dans son rapport complémentaire. Selon elle, le recours prioritaire au droit pénal «n'a ni réduit la consommation ni apporté de solution efficace à de graves problèmes de santé et de sécurité».
Dans ce premier rapport (un deuxième suivra jeudi, exclusivement sur la marijuana), le Comité des Communes sur les drogues formule 39 recommandations au gouvernement fédéral, les principales étant:
- Élaborer et financer une stratégie nationale antidrogue englobant toutes les drogues (légales, illégales et médicaments d'ordonnance);
- Créer un poste de commissaire canadien aux drogues, chargé de surveiller la mise en oeuvre de la stratégie;
- Effectuer des enquêtes pancanadiennes tous les deux ans pour connaître le profil de consommation;
- Doubler le budget du Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies à trois millions de dollars par an;
- Financer davantage la recherche sur la consommation et l'usage nocif des drogues;
- Accroître les efforts de prévention et d'éducation partout au pays tout en mesurant l'efficacité des programmes en place;
- Reconnaître l'utilisation de la méthadone, l'échange de seringues, l'ouverture des LIS et le traitement à l'héroïne comme des solutions valables pour certaines clientèles;
- Reconnaître l'abstinence comme une option efficace de traitement;
- Financer les tribunaux de traitement de la toxicomanie, qui offrent d'autres solutions que l'incarcération, tout en mesurant leur efficacité;
- Créer deux pénitenciers fédéraux réservés aux délinquants désireux de purger leur peine dans un environnement exempt de drogues et offrant des traitements.
La consommation de drogue «est de plus en plus endémique» au Canada, affirme le Comité, qui s'inquiète pour l'avenir des jeunes. «Les tendances en matière de consommation de substances sont alarmantes: on commence de plus en plus jeune à consommer. [...] Les jeunes consomment de plus en plus.» À titre d'exemple, 42 % des élèves de IIIe secondaire ont fumé de la marijuana au moins trois fois en 1998, contre 25 % en 1990.
Les coûts sociaux associés aux drogues s'élèvent à 18,45 milliards de dollars, l'alcool et le tabac représentant à eux seuls 90 % du total. Sur cinq utilisateurs de drogue, un seul en consommera pourtant de façon régulière. «Mais il importe de noter que la consommation, tout comme le risque d'usage nocif et de la dépendance, est à la hausse, et qu'elle entraîne des conséquences dévastatrices», affirme le rapport. Selon les évaluations du Comité, l'abus de substances (légales et illégales) joue un rôle dans un décès sur cinq au pays.
Le Canada n'a pas réussi à limiter cette «catastrophe sanitaire et sociale de la drogue». À cet égard, le Comité reprend les conclusions de la Vérificatrice générale, qui dénonçait en 2001 l'incohérence de l'actuelle stratégie antidrogue. À l'échelle fédérale, 11 ministères et organismes consacrent quelque 500 millions au problème de la drogue. Environ 95 % des dépenses vont aux stratégies de réduction de l'offre (la répression). Il ne reste que 28 millions pour les activités de réduction de la demande (prévention, traitement, éducation). Le profil de la consommation est flou est incomplet. Les dernières enquêtes nationales datent de 1989 et 1994.
Le Comité spécial de la Chambre des Communes sur la consommation non médicale de drogues ou médicaments a déposé hier un rapport d'étape qui ménage la chèvre et le chou. Après 18 mois et un demi-million de dollars en dépenses, le groupe de parlementaires reconnaît que l'usage abusif des drogues constitue d'abord un problème de santé publique nécessitant des efforts de prévention, d'éducation et de traitement. Mais il ne remet pas en question le régime de prohibition.
Le Comité admet tout au plus que les interdits qui pèsent sur les drogues illégales causent parfois plus de tort que les substances elles-mêmes. Mais ces interdits permettent de décourager «probablement une bonne partie de la population d'en consommer». La députée du NPD Libby Davies conteste cette analyse dans son rapport complémentaire. Selon elle, le recours prioritaire au droit pénal «n'a ni réduit la consommation ni apporté de solution efficace à de graves problèmes de santé et de sécurité».
Dans ce premier rapport (un deuxième suivra jeudi, exclusivement sur la marijuana), le Comité des Communes sur les drogues formule 39 recommandations au gouvernement fédéral, les principales étant:
- Élaborer et financer une stratégie nationale antidrogue englobant toutes les drogues (légales, illégales et médicaments d'ordonnance);
- Créer un poste de commissaire canadien aux drogues, chargé de surveiller la mise en oeuvre de la stratégie;
- Effectuer des enquêtes pancanadiennes tous les deux ans pour connaître le profil de consommation;
- Doubler le budget du Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies à trois millions de dollars par an;
- Financer davantage la recherche sur la consommation et l'usage nocif des drogues;
- Accroître les efforts de prévention et d'éducation partout au pays tout en mesurant l'efficacité des programmes en place;
- Reconnaître l'utilisation de la méthadone, l'échange de seringues, l'ouverture des LIS et le traitement à l'héroïne comme des solutions valables pour certaines clientèles;
- Reconnaître l'abstinence comme une option efficace de traitement;
- Financer les tribunaux de traitement de la toxicomanie, qui offrent d'autres solutions que l'incarcération, tout en mesurant leur efficacité;
- Créer deux pénitenciers fédéraux réservés aux délinquants désireux de purger leur peine dans un environnement exempt de drogues et offrant des traitements.
La consommation de drogue «est de plus en plus endémique» au Canada, affirme le Comité, qui s'inquiète pour l'avenir des jeunes. «Les tendances en matière de consommation de substances sont alarmantes: on commence de plus en plus jeune à consommer. [...] Les jeunes consomment de plus en plus.» À titre d'exemple, 42 % des élèves de IIIe secondaire ont fumé de la marijuana au moins trois fois en 1998, contre 25 % en 1990.
Les coûts sociaux associés aux drogues s'élèvent à 18,45 milliards de dollars, l'alcool et le tabac représentant à eux seuls 90 % du total. Sur cinq utilisateurs de drogue, un seul en consommera pourtant de façon régulière. «Mais il importe de noter que la consommation, tout comme le risque d'usage nocif et de la dépendance, est à la hausse, et qu'elle entraîne des conséquences dévastatrices», affirme le rapport. Selon les évaluations du Comité, l'abus de substances (légales et illégales) joue un rôle dans un décès sur cinq au pays.
Le Canada n'a pas réussi à limiter cette «catastrophe sanitaire et sociale de la drogue». À cet égard, le Comité reprend les conclusions de la Vérificatrice générale, qui dénonçait en 2001 l'incohérence de l'actuelle stratégie antidrogue. À l'échelle fédérale, 11 ministères et organismes consacrent quelque 500 millions au problème de la drogue. Environ 95 % des dépenses vont aux stratégies de réduction de l'offre (la répression). Il ne reste que 28 millions pour les activités de réduction de la demande (prévention, traitement, éducation). Le profil de la consommation est flou est incomplet. Les dernières enquêtes nationales datent de 1989 et 1994.
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