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La loi 101 devant la Cour suprême

Isabelle Porter   23 août 2007  Justice
Photo : Jacques Nadeau
Québec — À quelques jours du 30e anniversaire de l'adoption de la Charte de la langue française, un jugement de la Cour d'appel conteste certaines des limites qu'elle impose en matière d'accès à l'école anglaise. Résolu à défendre la Charte, le gouvernement libéral entend porter la cause en Cour suprême et les deux partis d'opposition l'appuient.

Les dispositions contestées par la Cour d'appel avaient été adoptées à l'unanimité en 2002 par l'Assemblée nationale (loi 104) après qu'on eut découvert l'existence d'une brèche dans la loi 101 qui permettait à des enfants d'accéder à l'école anglaise régulière si leurs parents les envoyaient d'abord dans une école anglophone privée non subventionnée.

Non seulement ce détour par l'école privée leur permettait-il un accès illimité à l'école anglaise publique, mais il donnait ces mêmes droits à leurs frères et soeurs ainsi qu'à leurs descendants. On estime que 4000 enfants auraient profité de cette possibilité entre 1997 et 2002.

Hier, le gouvernement Charest n'a pas tardé à réagir. «Il est important de nous assurer que l'enseignement se fasse majoritairement en français, a déclaré la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne en après-midi. Le gouvernement a pris la décision d'aller en appel.»

Afin de maintenir le statu quo dans cette affaire, le gouvernement a en outre demandé un sursis pour empêcher l'application immédiate du jugement. Dès lors, les 57 élèves additionnels touchés par la mesure cette année ne pourront pas se prévaloir de ce droit à la rentrée.

Défendue par l'avocat Brent Tyler, la cause avait été portée devant la Cour d'appel par un groupe d'une vingtaine de parents majoritairement allophones. Ces derniers ont plaidé que la loi 104 contrevenait à la Charte canadienne des droits et libertés. Un argument que la Cour supérieure et le Tribunal administratif avaient rejeté dans le passé.

Or, cette fois, les requérants ont convaincu deux des trois juges de la Cour d'appel — les juges Dalphond et Hilton — qui font notamment valoir dans le jugement qu'il y aurait d'autres moyens de protéger la loi 101 et qu'il faut tenir compte d'un arrêt de la Cour suprême de 2005 (l'arrêt Solski) selon lequel les dossiers devraient être évalués individuellement en matière d'accès à l'école anglaise. Le troisième magistrat, le juge Lorne Giroux, a estimé que les amendements apportés par la loi 104 étaient justifiés.

Dans son jugement, le juge Hilton stipule que la disposition de la loi est incompatible avec l'article 23 de la Charte canadienne des droits.

Son collègue le juge Dalphond ajoute que «la Charte ne fait pas de distinction entre l'enseignement dispensé par une école publique ou une école privée, subventionnée ou non, et rien ne justifie rationnellement d'y lire une telle distinction».

Mais le juge Giroux, dissident, considère que le gouvernement québécois «est investi de la mission de protéger l'avenir de la majorité francophone du Québec» et il croit que la disposition mise de l'avant par le gouvernement québécois en 2002 est compatible avec la Charte canadienne des droits.

Consensus de tous les partis

À quatre jours des célébrations du 30e anniversaire de la Charte québécoise de la langue française, plusieurs déploraient hier qu'on rouvre de nouveau ce dossier controversé. «Ça arrive à un bien mauvais moment, s'indignait hier le député péquiste Pierre Curzi. Avec toutes les questions qu'on a actuellement sur l'identité, le fait que les immigrants les plus fortunés puissent contourner la loi, ça va à l'encontre de ce qu'on veut faire en matière d'intégration des immigrants.»

Les deux partis d'opposition se sont ralliés à la décision du gouvernement d'aller défendre la loi 101 devant le plus haut tribunal du pays. «On pense que le gouvernement "n'avait pas d'autre choix que" de porter cette décision-là en appel», a commenté le leader de l'opposition adéquiste, Sébastien Proulx. «Puisque ce qu'elle vient faire, c'est restreindre l'application de nos lois de défense du fait français.»

Pour le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion, cette décision est une preuve de plus, que des «juges nommés par le fédéral» ne devraient pas avoir le pouvoir de «décider quelles doivent être les lois linguistiques au Québec».

M. Dorion, qui avait alerté l'opinion publique avant 2002 sur l'existence de cette brèche dans la Charte, souligne qu'avant l'entrée en vigueur de la loi 104, on assistait à un «grignotement continu de la loi 101» et que les amendements votés par l'Assemblée nationale pour restreindre l'accès à la langue anglaise avaient permis de «rétablir les choses et empêché que le français perde du terrain comme il le faisait depuis 12 ans».

Le Mouvement national des Québécois a également déploré le jugement tombé hier, pressant Québec d'imaginer rapidement une façon de «colmater l'importante brèche».

La Centrale des syndicats du Québec a lancé le même message: «Il faut tout mettre en oeuvre afin de s'assurer que personne ne puisse utiliser de subterfuge pour contourner l'obligation de fréquenter l'école française et redonner à la Charte sa portée universelle. L'enjeu ici, c'est la protection de la langue française au Québec», a fait valoir le président de la CSQ, Réjean Parent, qui craint que la décision n'alimente l'inquiétude de la population sur l'identité nationale.

Celui qui était à l'origine de l'amendement législatif, l'ancien président de la Commission sur la langue française Gérald Larose, qui préside aujourd'hui le Conseil de la souveraineté, a vigoureusement dénoncé le «travail de sape» de la loi 101 mené par le «juge anglais». «Manifestement, dans le cadre constitutionnel actuel, l'activité législative suffit de moins en moins à protéger et à promouvoir le fait français en Amérique. Il devient urgent de changer l'environnement global pour qu'en devenant un pays, le Québec soit français», a plaidé M. Larose.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a quant à lui exhorté les chefs des partis politiques fédéraux à appuyer l'Assemblée nationale du Québec et à reconnaître sa légitimité dans la défense de la langue française. «Lorsqu'on reconnaît la nation québécoise, il faut également reconnaître que le français est la langue officielle de cette nation et que le gouvernement québécois a le devoir de prendre tous les moyens nécessaires pour défendre le français sur son territoire», a lancé M. Duceppe hier.

À l'instar de plusieurs intervenants de la société civile, Gilles Duceppe a invité les Québécois à participer nombreux à la marche populaire qui se tiendra dimanche prochain, à l'occasion du 30e anniversaire de la loi 101. Le rassemblement, organisé par le mouvement Montréal français, aura lieu à 13h au métro Mont-Royal.

***

Avec la collaboration de Clairandrée Cauchy et la Presse canadienne






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Vos réactions

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  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 00h40
    Cour suprême: en perspective, une autre négation de la loi 101...
    « Au Québec, on aime beaucoup se gargariser de mots. Nous serions un pays français, le français y serait la langue officielle, etc. Pourtant, l'on voit bien la fragilité de ces convictions quand elle sont mises à l'épreuve des tribunaux d'Ottawa. La charte canadienne des droits et liberté, en octroyant à l'anglais un statut d'égalité au français, confirme tout simplement l'écrasante supériorité de l'anglais, au Canada il va sans dire, mais aussi au Québec sous le nom de bilinguisme étatique et institutionnel. Comme le disait Aristote, l'égalité entre les choses inégales, c'est l'inégalité. La Cour suprême du Canada va sans doute, encore une fois, selon son habitude constante, bafouer l'Assemblée nationale. Aucun québécois authentique ne devrait faire confiance à cette Cour si manifestement partiale, insensible à notre caractère minoritaire, et complice de notre érosion démographique et identitaire. N'est-il pas éclairant que, dans cette cause, les opposants à la loi 101 soient des immigrants? Quant aux partis politiques du Québec, face à un tel péril, ils devraient ignorer toute division partisane, ne parler que d'une seule voix, comme un seul parti, et se conserver inébranlablement dans cette disposition. Et si la Cour suprême, de façon prévisible, donnait raison au Taylor et à ses clients, fût-ce de façon hypocrite et apparemment "nuancée", l'ensemble des partis politiques du Québec, d'une seule voix, devrait la dénoncer, et résister efficacement, par tous les moyens, à cette atteinte au caractère français du Québec, à l'autorité de son Gouvernement. Dans un État démocratique, il ne peut y avoir de légalité sans légitimité. Se plier à la dissociation de ces deux composantes, c'est se soumettre à un ordre colonial. Si le Québec n'a pas consenti à la constitution de 1982, pourquoi se croit-il obligé d'en accepter les dispositions qui nient et détruisent notre identité nationale dont la langue française est le symbole et l'expression? La seule preuve que nous existons comme peuple, que nous sommes dignes de durer comme peuple, c'est d'y mettre unanimement le holà!
    Hubert Larocque. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 23 août 2007 06h19
    Juges ou l'assemblée
    « Ça y est, deux juges anglophones sur trois on renversé une loi adoptée par 100 % de nos parlementaires à 90 % francophones.

    Ça va aider plus la souveraineté que le Bloc et le PQ qui tentent d'améliorer, par leurs interventions, le sort du Québec dans le Canada. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 07h01
    C'EST UN JUGE ANGLOPHONE!!!
    « Imaginez si Israel devait suivre une politique linguistique déterminée par un juge palestinien! »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 07h25
    Pour paraphraser Gilles Duceppe
    « Pour paraphraser Gilles Duceppe :
    Lorsqu'on reconnaît la nation québécoise -- à l'intérieur d'une fédération canadienne, -- il faut également reconnaître que le français est la langue officielle de cette nation et que le gouvernement québécois a le devoir de prendre tous les moyens nécessaires pour défendre le français sur son territoire -- sans subir d'interposition du pouvoir fédéral.

    Sauf, bien entendu, si le Canada était une entité nationale et non une fédération. Dans cette situation d'un État national canadien, la nation québécoise est alors assujettie à une autre nation ce qui correspond à une forme d'impérialisme intérieur. C'est ce que nous vivons dans les faits depuis 1867, tout ceci ayant été justifié par la Conquête.

    Fédéralisme dites-vous ? Où se trouve donc l'instance fédérale où les États fédérés auraient un pouvoir de décision ?

    Fédéralisme dites-vous ? Le fédéralisme se définit par l'association d'États ayant chacun une souveraineté distincte. Or, les anciennes colonies associées en 1867, étaient toutes sous la souveraineté impériale de la royauté londonienne.

    J'attends une démonstration claire de la part des partisans de la clarté.

    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville »

  • Parti Pris
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 08h39
    Un jugement réfigé en bonne partie en anglais et dont la partie en français contient 9 fautes
    « Bonjour,
    Dans un jugement rédigé par le juge Allan R. Hilton, partagé à deux voix contre une, et appuyé par le juge Pierre Dalphond, la Cour d'appel vient d'invalider une partie des dispositions de la Charte de la langue française concernant l'accès à l'école anglaise.

    Le jugement contient 9 fautes de français.

    Une bonne partie du jugement n'est rédigée qu'en anglais; la partie du juge Allan R. Hilton. « Il s'est fait connaître comme un avocat d'Alliance Québec dans les années 80 et 90. [...] Je me permets tout de même de suggérer humblement que le plus haut tribunal au Québec, si soucieux des droits linguistiques de tout un chacun, trouve au moins le moyen de traduire ses arrêts dans la langue des condamnés. » Yves Boisvert - Le droit des riches de tricher - La Presse

    Voir mon blogue : http://partipris.blogspot.com/

    Parti Pris »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 09h13
    Que la nation du Québec se réveille... vite... et en français aussi... !
    « Salutation d'entraide québécoise honorable,

    Compte tenu que la Loi 101 va se promener jusqu'à la Cour suprête afin d'y être "testée";

    Compte tenu qu'environ 6-8 millions de personnes utilisent la langue de Molière sur une possibilité d'environ 290 millions de nord-américainEs qui parlent ou la langue de Shakespear (-/+ 98 % ?) ou autres (allophones);

    Compte tenu de la situation géopolitqiue du Québec au sein de la francophonie internationale et;

    Compte tenu de "nousôtes":

    Il demeure important de maintenir la Loi 101 sur ses "rails", ce indépendamment de toute Cour suprême appelée à trancher sur quelque chose qui, depuis le rapatriement de la constitution et des efforts de diversité culturelle d'origine québécoise, ne la "regarde" même pas !

    la Nation du Québec est-elle libre et volontaire de ses politiques culturelles ou demeure-t-elle confinée à l'autorité canadienne ? sans s'y réveiller et "billingue" ?

    Souhaitons-nous le !: que la nation du Québec se réveille... vite... et en français aussi et sans préjudice à sa diversité socio-culturelle !

    En sommes-nosu "capables" ? »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 10h17
    La langue ! Notre muscle,le plus puissant de nos corps humains !
    « Bonjour


    À bien y penser, la langue demeure l'unique plaisir qui a motivé nos ancêtres.à faire tant d'enfants, ou à ne pas en faire.

    --------------

    Nous voilà. maintenant, habitants d'un endroit intéressant pour s'y établir.Ils désirent de l'anglais, before anything !
    Notre langue ne semble pas leur plaire ou du moins, n'ont pas de raisons raisons de se battre pour la parler, ni la défendre. Ils veulent de l'anglais before anything.


    Dans nos institutions publiques, elles se permettent de travailler dans leur langue, pas celle de la majorité.

    Nous en sommes là!

    Au même titre que nous, ils craignent de perdre leur langue.
    Ces hommes et ces femmes.venus d'ailleurs, tentant d'améliorer leurs sorts individuels.

    Nos propres ancêtres ont fait de même en envahissant les États voisins. Ils en ont perdu leurs noms. Leurs descendants se ruent aujourd'hui aux dictionnaires et à la grammaire pour retrouver leurs racines en comptant les ancêtres retrouvés sur la toile.
    _I am french ! I found my father ! I was from New-France and my cousin is Abraham Plains. Ces 'étranges " qui font partie de nos " esprit de famille ". Nos cousins planétaires !

    L'Indépendance, c'est la volonté d'Ëtre ! Et vivre, ici, en ce moment, c'est d'accepter d'être portés sur la langue.

    Que sa vibration nous transporte au-delà des mots qui ne veulent plus rien dire.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 10h28
    Le mensonge des Chartes
    « Bonjour Mme Porter,

    Les Québécois auraient la chance de bénéficier de la protection de plusieurs chartes: la Charte canadienne des droits et libertés, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et la Charte de la langue française. Ces trois chartes ont toutes en commun qu'elles induisent le postulat que les Canadiens français du Québec forment une majorité. Une lecture contraire à la réalité !

    Par une fiction purement juridique, ces chartes transforment une minorité canadienne de langue française en majorité québécoise, de sorte que les Canadiens français du Québec ne peuvent pas jouir de la même protection que les autres minorités canadiennes et québécoises. Comble de l'ironie, ils sont moins bien protégés que les Canadiens anglais du Québec qui eux possèdent le statut de minorité alors que nous baignons dans une mer d'anglophones.

    Dans un tel contexte, nonobstant le fait qu'une loi puisse bénéficier de l'exception du caractère raisonnable, ce qui n'est pas le cas ici en vertu du jugement majoritaire de la Cour d'appel, la Charte de la langue française ne pourra jamais trouver grâce aux yeux des tribunaux puisqu'elle ne peut objectivement passer les tests de légalité des deux chartes des droits qui offrent leurs protections seulement aux minorités. Ce que les Canadiens français ne sont pas en vertu de nos chartes.

    Bien qu'étant une minorité au sein du Canada, les Canadiens français ont été transformés légalement en majorité de la même façon que le Canada a parqué légalement ses autochtones dans des réserves. Les lois canadiennes et québécoises ont créé de toutes pièces, par de pures fictions, des situations discriminatoires envers deux des trois peuples fondateurs à l'encontre de la réalité des faits objectifs. Ils ont sacrifié ces peuples sur les hôtels du multiculturalisme au Canada et de l'interculturalisme au Québec. Peu importe les mots, les résultats sont les mêmes.

    Comme on peut le constater, le problème de nos chartes, c'est qu'elles-mêmes ne passent pas le test de l'objectivité des faits qu'elles interprètent. Elles décrivent une réalité tout autre que celle que nous percevons et vivons tous les jours sur le terrain. Elles appellent majorité une minorité et minorité une majorité. Dans un tel contexte, les jugements rendus par les cours de justice ne peuvent pas être cohérents avec la réalité sociologique et dans cette perspective la Charte de la langue française continuera à être grugée et invalidée d'une cause à l'autre par les tribunaux tant que la fiction légale décrite dans les chartes ne correspondra pas à la réalité objective des faits sur le terrain. Les Canadiens français forment une minorité au sein du Canada même s'ils donnent l'illusion d'être majoritaire au Québec et leur langue est menacée par la langue anglaise.

    La grenouille québécoise qui se croit aussi grosse que le boeuf canadien continuera donc à se dégonfler au fil des jugements jusqu'à ce qu'elle soit complètement disparue. Le fait que nous soyons maintenant une nation reconnue au sein du Canada ne fera qu'accélérer ce processus. Cette nouvelle fiction encouragera à interpréter les chartes comme si nous étions désormais une majorité bien établie à l'abri de tout danger. Encore là, il s'agit d'une fiction qui ne passe pas le test des faits. À force de s'enfler de fausses reconnaissances comme celle de nation et de société distincte, notre bulle chimérique à défaut de se dégonfler finira par éclater. Comment peut-on objectivement être une nation sans l'attribut fondamental qu'est la souveraineté ?

    Comme le Québec risque de ne jamais accéder à cette essentielle souveraineté, préférant l'illusion tranquille de la reconnaissance canadienne à la tourmente indépendantiste, le législateur québécois devrait faire preuve de plus de prudence et de rigueur lors d'adoption de lois qui protègent ses minorités. Tout d'abord, les chartes québécoises devraient mieux décrire la réalité sociologique du Québec : les Canadiens français ne forment pas une majorité, encore moins une majorité linguistique, ils forment une minorité prépondérante de langue française sur le territoire du Québec. Ils doivent donc obtenir cette reconnaissance s'ils veulent bénéficier d'une protection pleine et entière des chartes québécoise et canadienne des droits.

    Dans un tel contexte, la Charte de la langue française serait justifiée de protéger cette minorité prépondérante en péril au sein du continent nord-américain et les cours de justice ne pourraient plus continuer à invalider la Charte de la langue française chaque fois qu'un présumé nouvel anglophone réclame plus de droits pour sa majorité non prépondérante de langue anglaise.

    À cet égard, l'article 15 de la Charte canadienne des droits reconnaît le droit à l'égalité pour toutes les minorités et comme corollaire, le droit à une protection légale. Le législateur québécois devrait donc s'appuyer sur l'article 15 de la Charte canadienne pour amender les deux chartes québécoises en reconnaissant le caractère prépondérant de la minorité canadienne française sur le territoire du Québec. Les enjeux seraient alors plus clairs puisque nous aurions dès lors cessé de nous bercer d'illusions sur notre présumée existence majoritaire sachant que la seule façon pour les Canadiens français de devenir majoritaire au sein du Québec serait d'accéder à la souveraineté.

    Louis Lapointe
    Brossard
    Le 23 août 2007 »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 10h34
    Le français, mon âme...
    « Et on se demandera toujours pourquoi nous ne sommes pas, nous les francophones, assez radicaux. Comme c'est étrange toutes ces personnes au Québec n'ayant aucune attirance pour le fait français? C'est comme si vous viviez en Allemagne tout en attaquant le pays allemand parce qu'il s'exprime et pense en allemand. C'est tout de même abusif, politique ou non, de demander à un peuple et une culture de disparaître ainsi au fil du temps et des générations.

    C'est si beau la langue française. Tout l'environnement est écrit et exprimé en français et on se doit, pour mieux s'y sentir à l'aise, au minimum de comprendre cette langue. Je ne me suis jamais autant méfié de ceux et celles qui sont fermé(e)s à une culture et à une langue autre. C'est de cela dont il s'agît, entre autres. Quel degré de confiance peut-on avoir avec des êtres fermés à toute curiosité et partage. Je me refuse à Montréal de parler anglais sauf pour les activités professionnelles. En Espagne, nous parlons espagnol; en Italie, italien, en Allemagne, allemand; en Russie, le russe; en Ontario, l'anglais...Au Québec, le français. Y-a-t-il un problème dans le seul cas d'espèce concernant le Québec? Qu'on nous le dise. »

  • Roland Cote
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 11h48
    Magnifique juge Hilton
    « Je ne repeterais pas ici l'inscrition sur la murale du Grand Theatre de Quebec. Le Quebec est-il une nation ou une sous-nation. Les autres decident ce qu'on a le droit de faire chez-nous. On va aller a la cour d'appel, 'big deal' les Quebecois des majoritaires minoritaires. Baissons la tete comme d'habitude. »

  • salim Houari
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 14h33
    Y a rien de grave
    « il s'agit d'une exception qui touche une minorité de gens qu'on décrit comme nantis. Faut pas exagéré, c'est pas avec des jugements à unepetite étendue que la francophonie québécoise va disparaitre.
    Arrêtons de délierer sur la "conspiration" anglophone contre les francophones du Québec. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 15h49
    Que de bla bla
    « Encore une fois, beaucoup de monde s'insurge de ce qui s'est passé et parle de toutes sortes de choses.
    Et personne ne se demande d'où proviennent les 4 000 enfants qui ont fréquenté l'école anglaise. Ont-ils des parents francophones ou anglophones? J'ai une petite idée de la réponse...
    Il y a moyen de conserver son français sans pour autant prendre des mesures drastiques. Ainsi, je viens d'un pays qui a plus ou moins le même parcours que le Canada. D'abord une colonie française jusqu'à 1810. Ensuite, victoire écrasante des Anglais, comme ça a été le cas dans bien des régions du monde. Colonie anglaise jusqu'en 1968, depuis, le pays est indépendant. Je suis donc d'origine française, mais je suis allé à l'école anglaise et j'en remercie mes parents. Aujourd'hui, je suis parfaitement bilingue, tous les membres de ma famille le sont, mes filles aussi le sont, ainsi que l'écrasante majorité des ressortissants de mon pays d'origine! Pas eu besoin de Loi 101, de Charte de la langue française ni d'imposition de mesures qui limitent la liberté des gens d'être éduqués dans la langue de leur choix! Or donc, je pense qu'il faudrait repartir à la planche à dessin... »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 18h42
    En réponse à Jean-Guy Beaulieu
    « Monsieur,

    Avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grossière erreur dans votre réaction "Pour paraphraser Gilles Duceppe", quand vous écrivez:

    «Le fédéralisme se définit par l'association d'États ayant chacun une souveraineté distincte.»

    Vous vous trompez avec le con-fédéralisme...qui a donné naissance dans les limbes à une pseudo-Confédération devenue avec le recul une fédération. »

  • Roland Cote
    Abonné
    jeudi 23 août 2007 20h38
    Commandite liberale
    « Le juge en chef Michel Robert ancien president du parti liberal a choisi les juges pour ce dossier.
    3 juges tous nommes par les liberaux.
    Deux ministres liberales du Quebec qui s'excitent et annoncent qu'ils vont aller en appel. Ce sera probablement juge par d'autres juges nommes par les liberaux. Si l'appel est rejete......? Heu?????
    Ou sont les chef liberaux nationaliste de circonstance messieurs Charest et Dion, il serait interessant d'entendre leur point de vue. »

  • Daniel Larose
    Inscrit
    vendredi 24 août 2007 01h39
    Réplique à Houari et Merven
    « Y a rien de grave ? C'est vrai que c'est une petite exception qui ne touche que les nantis, pour le moment, mais cela reste tout de même une façon de contourner la loi fondatrice du Québec et le ciment principal de l'intégration des immigrants. Dans ce contexte des *accommodements
    raisonnables*, je trouve cette décision quelque peu dangereuse, car susceptible de provoquer l'insécurité chez la majorité francophone alors que le contexte actuelle est celui de la réflexion sur les rapports du Québec avec ses immigrants et ses minorités culturelles.

    pas grave qu'une loi adoptée par l'unanimité de l'assemblée nationale (et aussi de la majorité québécoise -donc par le principe démocratique-) soit rejetée par un tribunal de 3 personnes ?

    Le fait français ne va pas disparaître, on n'a pas à délirer sur conspiration anglophone ? Je dois vous rappelez monsieur que le fait français n'est point disparu grâce à des combats constants depuis près 240 ans (comme celui-ci d'ailleurs) pour protéger notre petit village au nord de l'Amérique face à l'invasion de la langue anglaise.


    Monsieur Merven, je crois que la situation présente n'est pas une attaque du bilinguisme, tout le monde est en faveur de ce principe. L'apprentissage de la langue anglaise n'est pas exclusif à l'étude dans une école de langue anglaise toutefois. D'ailleurs vous devriez savoir qu'une partie des Québécois (la communauté anglaise de MTL notamment)à une accès générationnel à l'école de langue anglaise et à ce que vous parlez que culture bilingue (mais, très souvent au détriment du français), doit-on maintenant l'étendre à encore plus de gens ? à l'élite immigrante ? et puis quoi encore ?

    réfléchissez aux conséquences, je trouve cela dangereux quand la situation actuelle est celle du Québec sur la défensive dans le contexte des accomodements raisonnables. »

  • Frank Siminski, fils de feu Jeanne Audette
    Inscrit
    vendredi 24 août 2007 03h29
    La loi 101 devant la Cour suprême
    « C'est quoi leurs problèmes a vouloir nous assommés nous les francophones du Québec : le juge Dalphond était membre du comité de discipline du Barreau du Québec en 1994-1995 : le juge Allan Hilton, était l'avocat d'Alliance Quebec et l'autre juge c'est qui ???

    C'est juges sont parmi les 150,037 plaintes déposés au bureau du syndic du Barreau du Québec de mars 1985 au 25 juillet 2007; (sic)

    354 juges des 455 juges ici au Québec, qui sont parmi les 150,037 plaintes également;

    Frank Siminski, francophone, (66 ans) fils de Jeanne Audette, »

  • salim Houari
    Inscrit
    vendredi 24 août 2007 11h13
    @ Daniel Larose
    « Vous posez une question: "pas grave qu'une loi adoptée par l'unanimité de l'assemblée nationale (et aussi de la majorité québécoise -donc par le principe démocratique-) soit rejetée par un tribunal de 3 personnes ?"
    La réponse c'est oui et c'est même rassurant. même une majorité n'a pas le droit de tout faire. C'est pour cela qu'on appelle cela un état de droit.
    vous parlez un peu plus loin de l'insécurité des "francophones" dans un contexte de réflexion sur l'immigration. Je suis immigrant et francophone(comme la majorité des immigrants du Québec). l'un n'exclut pas l'autre. Justement, je trouce cette insécurité exagérée et non fondée. Comme dans toutes les "luttes". il y a un moment où elles sont justifiées et fondées. à un momement, il faut savoir s'arrêter et voir la situation telle qu'elle est et non pas telle qu'elle était au moment où cette lutte a commencé. Je ne pense que cette décision de justice mérite tant de tapage médiatique. ce n'est qu'une anecdote qui ne passera même pas à l'histoire. On parle de marginalité. le français a peut être été menacé mais il ne l'est plus. on doit passer à autre chose et ne pas perpétuer des luttes par nostalgie au risque de sombrer dans l'excés et l'exagération.
    C'est mon avis. »

  • Daniel Larose
    Inscrit
    dimanche 26 août 2007 18h11
    Re: Salim Houari
    « "La réponse c'est oui et c'est même rassurant. même une majorité n'a pas le droit de tout faire. C'est pour cela qu'on appelle cela un état de droit".

    Effectivement, vous avez raison, une majorité ne peut tout faire. Toutefois, comme plusieurs autres personnes, je me questionne sur la légitimité de ce tribunal et sur l'ère de la toute puissance des tribunaux (voulant sous-entendre leur infaillibilité)et surtout pour des questions d'importance comme celle-ci.

    " je trou[ve] cette insécurité exagérée et non fondée".

    Je crois que vous avez raison en parlant de peur exagérée et non fondée, mais malheureusement les gens semblent la resentir et donc quand je parlais de danger, c'est dans ce sens que je voyais la chose.

    "On parle de marginalité. le français a peut être été menacé mais il ne l'est plus. on doit passer à autre chose et ne pas perpétuer des luttes par nostalgie au risque de sombrer dans l'excés et l'exagération."

    Effectivement, le français se porte assez bien à l'heure actuelle au Québec. J'ai même lu récemment que le français progressait. Toutefois, vu notre situation sur le continent nord-américain, je ne crois pas qu'on ne puisse se laisser aller à un conformiste aveugle sans toutefois comme vous le mentionnez bien se laisser aller à l'excès.

    Je suis peut-être dans l'erreur, mais c'est mon avis.

    Cordialement,

    Daniel Larose Étudiant en histoire »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    lundi 27 août 2007 14h51
    Les Salim Houari de ce monde
    « Bonjour Monsieur Houari,
    Comme le dit si bien Jacques Noël, imaginez........ l'autre nation (canadienne, celle-là) désigner ou choisir une juge souverainiste pour une " Cause touchant la langue d'enseignement "du Canada-anglais". Ah, excusez-moi, M. Houari, c'est vrai que cela n'a pas de sens puisque selon le juge en chef (M. Robert) ces juges (s'il y en a) n'ont pas le droit de citée!

    À vous lire, vous êtes sûrement,.... .... celui qui laisserait l'administration de sa maison à son voisin pour le laisser décider à votre place de ce qu'il convient le mieux pour votre avenir et celui de votre famille!

    Ai-je bien compris, que le Canadien en vous, imaginons-le député, aurait voté contre la motion présentée à l'Assemblée nationale et adoptée à l'unanimité en 2002 par l'Assemblée nationale (loi 104) après qu'on eut découvert l'existence d'une brèche dans la loi 101 (trouée comme un gruyère) qui permettait à des enfants d'accéder à l'école anglaise régulière si leurs parents les envoyaient d'abord dans une école anglophone privée non subventionnée.

    Vous auriez défié Jean Charest? Vraiment? Ça alors!

    Il me semble poutant évident, même pour un immigrant québécois (de plus ou moins fraîche date), qu'il va de soi d'appuyer sans équivoque les représentant(e)s élu(e)s de ce même peuple.

    Si 3 juges nommés par l'autre nation --- puisque choisi par un juge ( Robert), nommé par cet autre nation (dont un, en conflit d'intérêt flagrant), peuvent renverser à eux seuls la voix de toute la nation québécoise, il nous reste plus donc qu'à disparaître pour le plus grand bien des "Salim Houari de ce monde".

    Il n'y a pas à dire, comme petite nation, qui se bat pour sa survie( 01,5% en Amérique du nord )on est pas sorti du bois! Surtout que la langue d'enseignement est la clé maitresse de notre survie dans cette mer d'anglophones.

    C'est vrai que venant de vous, nous devrions pas être surpris! Ne déclariez-vous pas en juin, dans un courriel à la SRC, en réponse à une entrevue accordée par Jacques Godbout, ceci:

    « ..... Je suis de ceux que le débat et les propos lancés par M Godbout n'enchante guère car je ne sous estime pas l'aspect attractif du simplisme ni du facisme.
    Je suis en accord avec un seul point avec M. g
    Godbout: Il est temps que sa génération disparaisse qu'on puisse construire notre québec et notre Canada dans la sérénité et loin des blocages passéistes d'une génération qui se veut pérènne.
    après une rupture avec la génération de leurs parents, ils refusent obstinéments l'évolution et le changement de la société au nom de leur "valeurs ÉTERNELLES".»

    Cette réponse est digne Farid Kodsi. Vous ne le connaissez pas? Cherchez! Ce que vous allez trouver est aussi "indigne"!! Quel mépris envers la société qui vous a accueilli!


    Plus j'y pense, plus j'y réfléchis et plus j'avance en âge,.... plus, je ne vois pas d'autres solutions que la souveraineté du Québec.

    M. Houari n'a pas choisi de s'intégrer au québec, mais au Canada! C'est bien dommage pour nous, mais dans le fond c'est normal. Il est naturalisé "Canadien" et non pas "Québécois" et il défend leur valeur, même s'il va à l'encontre de la démocratie parlementaire de la nation Québécoise. »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mardi 28 août 2007 15h51
    Pour corriger une *grossière erreure*
    « Monsieur Champagne,

    Je reconnais aisément qu'il y ait une différence entre une confédération et une fédération quant à la manière dont les souverainetés sont partagées ou associées. Toutefois, dans chaque cas, il y a une souveraineté en cause et elle ne peut être de la même origine pour chacun des États fédérés, sinon nous nous retrouvons dans un État national. Par définition, un régime politique de type fédéral est un régime instable qui évolue dans un sens ou dans l'autre, soit vers l'unification (unité canadienne) ou sa dissolution.

    Ce qui devient embêtant, c'est quand un fédéraliste québécois ou canadien se définit comme tel, il ne lui est jamais demandé s'il est *con* ou *fédé*. On ne semble pas alors s'embarrasser de cette *grossière erreure*.

    Pour ce qui est de l'évolution du fédéralisme au Canada, il s'agit moins de son évolution que de l'évolution du vocabulaire qu'on a bien voulu utiliser pour nous berner.

    À sa séance d'investiture, Paul Martin parlait de la Confédération canadienne. Auparavant, Jean Chrétien ne jurait que par la nation canadienne. Stéphane Dion va nous clarifier tout cela.

    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville »

  • Frank Siminski, Fils De Jeanne Audette
    Inscrit
    jeudi 24 septembre 2009 23h12
    Loi 101
    « Loi 101, celà ne changera en rien devant la Cour suprême du Canada: parce que le fond est en glaise: Selon une étude venant des étudiants en droit de l'université de La Colombie-Britanique : 97,5 % des causes provenant du Québec, elles sont rejetées: parce CON est francophone et vive le gangstérisme du Barreau du Québec, qui CAUTIONNE cette magouille: nous sommes rendus a 160,189 victimes de corruptions judiciaires intentionnelles CAUTIONNÉS par le Barreau du Québec; donc la loi 101, ne sert à RIEN devant la Cour suprême du canada; 2009-09-24 »

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