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    Criminalité : le plus bas taux en 25 ans

    Montréal arrive quatrième parmi les villes d'au moins 500 000 habitants les plus criminelles au Canada

    19 juillet 2007 |Brian Myles | Justice
    La criminalité a reculé à son plus bas niveau en un quart de siècle au Canada en 2006 malgré des hausses marquées de certains crimes de violence. Saguenay, Trois-Rivières et Québec sont par ailleurs les trois villes les plus sûres au pays. Le taux de criminalité se situait à 7518 affaires par 100 000 habitants au Canada l'an dernier, en baisse de 3 % par rapport à 2005. Ce repli est attribuable à la diminution des délits sans violence, particulièrement la contrefaçon (50 000 crimes en moins), les vols inférieurs à 5000 $ et les introductions par effraction. Par contre, des augmentations ont été enregistrées pour les taux de tentatives de meurtre, voies de fait graves, voies de fait armées ou causant des lésions, vols qualifiés et enlèvements ou séquestrations.

    Le Canada se maintient néanmoins sur une trajectoire positive puisque le taux de criminalité a fléchi du tiers depuis 1991, révèle la plus récente étude du Centre canadien de la statistique juridique.

    D'un océan à l'autre, les forces policières ont enquêté sur 605 meurtres l'an dernier, soit 58 de moins qu'en 2005. Le taux d'homicide est de 1,9 par 100 000 habitants, en baisse de 10 % sur un an. Au chapitre des meurtres, le Québec offre le meilleur bilan du pays après l'Ontario. En effet, il faut remonter au «Vive le Québec libre!» du général de Gaulle, en 1967, pour trouver un taux d'homicide aussi bas que celui de 2006 (1,22 par 100 000 habitants). Deux villes de la province, Saguenay et Trois-Rivières, peuvent même se targuer de n'avoir connu aucun assassinat sur leurs territoires respectifs en 2006!

    Montréal arrive au quatrième rang des villes les plus criminelles (toutes activités illicites confondues) parmi les agglomérations de plus de 500 000 personnes, tout juste derrière Winnipeg, Vancouver et Edmonton. Pour le taux d'homicide, par contre, la métropole se classe en queue de peloton (7e avec 1,4), suivie de la ville de Québec (8e et dernière, ex-aequo avec Hamilton). Malgré tout le battage autour des fusillades sinistres à Toronto, la capitale ontarienne affiche un bilan relativement sain avec un taux d'homicide de 1,8.

    Tous types de délits confondus, Toronto est d'ailleurs la quatrième ville la plus sûre au Canada. C'est cependant à la région du Saguenay que revient la palme du taux de criminalité le plus faible, suivie de Trois-Rivières et Québec.

    En règle générale, les provinces et les villes de l'Ouest sont confrontées aux pires problèmes de délinquance. Dans l'ordre, la Saskatchewan, le Manitoba, la Colombie-Britannique et l'Alberta affichent toutes des taux de criminalité largement supérieurs à la moyenne nationale, tandis qu'ils étaient inférieurs à la moyenne partout ailleurs sauf en Nouvelle-Écosse. À titre d'exemple, le taux de vols de voiture est trois fois plus élevé au Manitoba que dans le reste du pays. Le taux d'introduction par effraction au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique est environ une fois et demi celui du Canada. Les taux d'homicide y sont également plus importants que dans toutes les autres provinces. La préoccupation de l'Ouest pour la loi et l'ordre et l'importance que prennent ces questions dans l'arène politique trouvent ainsi certains fondements.

    Du côté des jeunes

    Du côté des jeunes de moins de 18 ans, le portrait est beaucoup plus mitigé. Le taux de criminalité des mineurs a augmenté de 3 % en 2006, soit la première hausse depuis 2003. Le taux de jeunes inculpés d'homicide était à son plus haut niveau depuis 1961 avec 3,3 meurtres par 100 0000 personnes. Seulement 84 jeunes ont été mis en accusation pour 54 meurtres. Il s'agit de chiffres modestes et soumis à d'importantes fluctuations annuelles, précise Statistique Canada.

    Du côté des mises en accusation, les effets positifs de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA) continuent de se faire sentir. L'an dernier, moins d'un jeune délinquant sur deux a fait l'objet d'une mise en accusation officielle. L'un des objectifs de la LSJPA consiste d'ailleurs à soustraire du système de justice pénale les adolescents qui ont commis des délits mineurs ou sans violence. Pour les crimes de violence grave, il y a peu de place pour les mesures extrajudiciaires. Dans ces cas là, les trois quarts des jeunes ont été mis en accusation formellement.

    La guerre à la drogue continue par ailleurs de faire des victimes parmi les «poteux» inoffensifs. Bien qu'elles aient diminué légèrement, les infractions liées au cannabis représentent toujours 60 % de toutes les affaires de drogue. Pire encore, près d'un dossier de drogue sur deux (toutes substances et tous crimes confondus) se résume à une banale affaire de possession de marijuana.

    Les épisodes d'enlèvement ou séquestration ont connu une hausse phénoménale. La police en recensait environ 500 au milieu des années 1980, comparativement à plus de 4000 en 2006, un bond de 700 %. Malgré la croyance populaire, les enfants ne sont pas plus en danger. En effet, le rapt de mineurs a diminué depuis 15 ans. De façon générale, les deux tiers de ces crimes sont perpétrés par le père ou la mère.

    À l'opposé, l'agression sexuelle poursuit sa tendance à la baisse. Le taux de 2006 (68 agressions par 100 000 habitants) est en baisse de 7 % par rapport à 2005. Il s'agit d'un plancher historique sur plus de 20 ans.

    L'étude du Centre canadien de la statistique juridique énumère enfin les principaux facteurs qui pourraient expliquer le taux de criminalité du Canada. Des études ont démontré par le passé une corrélation positive entre la recrudescence des crimes à motivation financière (vol qualifié, vol de voiture, introduction par effraction) et la montée de l'inflation. La recrudescence des homicide est associée pour sa part à la hausse du chômage et de la consommation d'alcool. Une récente série d'études de Statistique Canada réalisées à Winnipeg, Montréal et Regina révèle en dernier lieu qu'à l'intérieur des villes, les taux de criminalité les plus élevés sont observés dans les quartiers où les ménages affichent les revenus les plus faibles.












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