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SLAPP: une loi s'impose, dit le comité d'experts

Guillaume Bourgault-Côté   18 juillet 2007  Justice
La menace posée à la liberté d'expression et à l'intégrité du système judiciaire par le recours aux poursuites-bâillons ou abusives (les SLAPP, en anglais) est réelle et mérite une correction rapide, estime le comité d'experts mandaté par le ministère de la Justice pour juger de la pertinence d'adopter des mesures contre ces poursuites.

Dans son rapport final déposé en mai au ministère et consulté hier par Le Devoir, le comité indique que le gouvernement devrait légiférer pour assurer aux citoyens ou aux organismes leur droit au débat public.

On évoque que le recours aux SLAPP est un «phénomène réel» qui soulève des «enjeux sociaux importants» et qui suscite au Québec «une réprobation» générale de la population. Il s'agit selon le comité d'une «menace» pour «la démocratie participative et d'un véritable risque de détournement des finalités de la justice».

Il apparaît donc aux experts dirigés par le professeur Roderick A. Macdonald, de l'université McGill, qu'il «faut intervenir de telle façon que ces pratiques soient découragées», comme 25 États américains et quelques pays étrangers le font déjà.

Devant l'émergence au Québec de ce type de recours, M. Macdonald avait reçu en octobre le mandat d'examiner la valeur des expériences juridiques menées ailleurs sur cette question, et de voir si le Québec devait modifier son code civil ou même adopter une loi anti-SLAPP pour répondre au problème.

Nommées selon leur acronyme anglais de Strategic Lawsuits Against Public Participation (SLAPP — poursuites stratégiques contre la mobilisation publique, ou poursuites-bâillons), les SLAPP désignent globalement la stratégie d'une entreprise qui tente de neutraliser ou de censurer des individus ou des organismes qui dénoncent ou critiquent ses activités.

La technique? Leur coller une poursuite judiciaire qui, même si elle n'est pas fondée, étouffe financièrement les organismes obligés de se défendre. L'objectif final étant de créer une forme d'autocensure chez ces citoyens, de les intimider et de les appauvrir. Le rapport évoque un «combat inégal entre acteurs bénéficiant de ressources différentes, sinon disproportionnées». David contre Goliath, en somme.

Même si la plupart des SLAPP connues jusqu'ici impliquaient des groupes écologistes, la stratégie peut viser n'importe quel citoyen ou organisme, y compris des médias.

Trois options

Le comité d'experts suggère au gouvernement trois manières de légiférer. L'important, précise-t-on, est que les dispositions adoptées protègent vraiment le droit à la liberté d'expression et d'opinion publique, qu'elles permettent l'interruption rapide des poursuites, qu'elles soient dissuasives pour les slappers, et qu'elles maintiennent l'intégrité de l'institution judiciaire et l'accès à la justice.

Le mécanisme choisi devra donc établir une définition claire de ce qu'est une SLAPP; assurer qu'aucune des deux parties impliquées ne soit brimée dans son droit d'exprimer son point de vue; trouver une façon de rembourser les frais et dépens de la partie dont le droit à la liberté d'expression a été entravé; reconnaître le pouvoir du juge d'intervenir «de façon plus directive pour contrer les procédures visant un détournement de l'activité judiciaire»; attribuer des ressources financières concrètes destinées aux victimes de SLAPP pour faciliter la préparation de leur défense (un fonds qui serait géré par le Fonds d'aide au recours collectif); et imposer des dommages-intérêts punitifs «susceptibles de limiter la tentation de recourir à répétition aux poursuites-bâillons». Ces dommages s'appelleraient des «Back-SLAPP».

Comme option qui «répondrait plus immédiatement aux demandes faites par les groupes sociaux» et aurait «une portée symbolique importante», le comité indique que le gouvernement pourrait établir un texte législatif spécifique aux SLAPP, s'il considère que le Code civil et la Charte québécoise des droits et libertés ne permettent pas de répondre efficacement à une poursuite abusive.

«C'est quelque chose qui répondrait spécifiquement au problème des SLAPP, mais qui ne viserait que ça», explique en entretien le professeur Macdonald. Son comité suggère plutôt les deux autres options, «qui changeraient les règles du Code de procédure civil [CPC] non seulement pour les SLAPP, mais aussi pour d'autres types de poursuites». Ceci éviterait que des fins finauds de la poursuite contournent les dispositions spécifiques aux SLAPP, dit M. Macdonald.

La deuxième option consisterait donc à simplement apporter des modifications au CPC. Le comité indique qu'il estime que l'ordre juridique québécois comprend déjà les «fondements» permettant de combattre les SLAPP. Il suffirait alors de modifier certains articles pour les rendre plus précis.

Le travail se ferait principalement autour des articles 75 (qui concerne les poursuites abusives) et 165 (requête en irrecevabilité), qui sont actuellement «d'usage très limité si l'objectif est de contrer dès le début des procédures les tentatives de SLAPP», mais qui pourraient facilement y parvenir. On suggère entre autres d'ajouter à l'article 75 un droit de rejet d'une poursuite «vexatoire ou excessive», et, à l'article 165, des dispositions permettant «un traitement accéléré des poursuites-bâillons».

Finalement, la troisième option consisterait à adopter une loi anti-SLAPP, nommée comme telle et comprenant les mesures de la deuxième option. Celles-ci seraient «incluses dans le cadre d'un projet de loi clairement destiné à protéger les tribunaux du détournement de la fonction judiciaire et à favoriser la participation des citoyens au débat public». Il s'agirait ici «d'un choix politique».

«L'important, indique en entretien le professeur Macdonald, c'est qu'on rehausse les connaissances du public sur la nature des SLAPP. Si le gouvernement estime que c'est utile de présenter un projet de loi appelé précisément anti-SLAPP, c'est une option que nous jugeons tout à fait intéressante.»

À l'étude

Le document de Me Mcdonald a été complété le 15 mars. Au bureau du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, une porte-parole indiquait hier que le ministre l'a reçu en mai, et qu'il l'avait lu récemment.

Le 14 juin, lors de l'étude des crédits du ministère de la Justice, M. Dupuis s'était engagé à transmettre aux partis d'opposition le document dès qu'il en aurait pris connaissance. Les partis en ont donc reçu une copie le 3 juillet, et le document a été mis en ligne sur le site du ministère — sans aucune publicité — le 6 juillet.

En juin, M. Dupuis avait dit que «c'est un sujet qui devrait être discuté dans la consultation publique sur les amendements à faire au Code de procédure civile», prévue cet automne.

Le 18 août dernier, Le Devoir avait révélé que les activités de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) étaient menacées par les contrecoups d'une poursuite-bâillon intentée par la compagnie AIM.

L'AQLPA avait précédemment averti le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs qu'AIM avait entrepris des travaux illégaux et polluants. La Cour a plusieurs fois donné raison aux prétentions de l'AQLPA. Mais inquiet des conséquences possibles de la poursuite pendante, l'assureur de l'AQLPA a résilié son contrat avec l'organisme, le laissant sans protection aucune.

Plusieurs autres cas de SLAPP ont depuis été signalés au Québec. Le Port de Québec a de son côté tenté d'imposer une injonction-bâillon à toute personne voulant «faire des commentaires» sur les impacts potentiellement négatifs du projet Rabaska, ce qui a été refusé par la Cour supérieure.






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Vos réactions

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  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mercredi 18 juillet 2007 06h47
    Les SLAPP
    « Si on n'est pas capable de conceptualiser un sujet légal en français, autant mettre Le Devoir à l'anglais immédiatement.

    Trop c'est trop !

    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    mercredi 18 juillet 2007 06h47
    Les SLAPP
    « Si on n'est pas capable de conceptualiser un sujet légal en français, autant mettre Le Devoir à l'anglais immédiatement.

    Trop c'est trop !

    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    mercredi 18 juillet 2007 07h25
    Les corporations psychopathes 1 Citoyens 0
    « La disparition des SLAPP est un plancher d'auto respect citoyen minimum. L'existence même de cette aberration juridique est la preuve concrète que la corporation psychopathe telle que répertorié dans l'extraordinaire documentaire "The Corporation" est un danger constant et montant. (http://www.thecorporation.com/)

    " We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog, interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle

    Son emprise sur nos vies est déjà quasi totale et empêche toute évolution sociale hors de ses dictats. Les prodigieux dérapages de Enron et Nortel ne sont que la cerise sur le proverbial sundae.

    Les deux journalistes d'enquêtes francophones qui demeurent, miraculeusement, encore capable de faire leur travail, soit Éric Laurent et William Reymond en ont fait l'épicentre de leur dernier bouquin. http://www.eric-laurent.com/ & http://www.williamreymond.com/

    Laurent avec La Face cachée du Pétrole et Reymond avec Toxic déculottent les corporations en charge du pétrole et de la bouffe. Deux excellentes lectures d'été pour quiconque désire ruiner sa paix d'esprit pour le reste de son existence

    On comprend pourquoi le "Vivons heureux, vivons niaiseux" est si encouragé et populaire. Pour les étourdis qui osent encore s'informer hors des corpo de l'info et prendre sa condition de citoyen au sérieux et oser appeler un chat un chat... Un SLAPP par la tête devrait calmer toutes ces têtes brûlées !


    Sinon, nos charmants médias corporatifs s'en chargent à merveille...

    "A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself": Joseph Pulitzer »

  • Dominique Dupire
    Inscrite
    mercredi 18 juillet 2007 09h44
    A quand une loi anti poursuites abusives en matière familiale ?
    « ... Un problème connu, mais non reconnu, dont souffrent les enfants et les familles en général. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 18 juillet 2007 10h21
    Un démarche essentielle pour diminuer le déficit démocratique
    « Il faut à tout prix freiner cette tendance de droite
    qui sévit dans le monde et qui consiste à faire taire
    les citoyens en les bâillonnant. Les SLAPPS constituent une dangereuse censure des opinions citoyennes. Cela ressemble à une forme pervertie de totalitarisme institutionnel dont l'actuateur est l'outil juridique. Cette mesure dissuasive et efficace se traduit par l'appauvrissement et la marginalisation des personnes et des groupes de citoyens exprimant leurs opinions sur des sujets sensibles affectant les puissantes corporations de ce monde et les gouvernements. »

  • Josée Villeneuve
    Abonnée
    mercredi 18 juillet 2007 10h32
    quelles mesures contre de tels abus?
    « Le comité d'experts fera-t-il échec à la dégradation morale que suppose le SLAPP? Les avocats qui conseillent ces procédures méritent d'abord et avant tout des sanctions sévères et les administrateurs des entreprises mandataires en tant que personnes distinctes, aussi!
    Josée Villeneuve »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    mercredi 18 juillet 2007 10h54
    LE TEMPS PRESSE
    « Le minitre de la justice, Jacques Dupuis, doit agir rapidement et en toute clarté dans ce dossier qui remet en question la liberté de parole citoyenne et le droit fondamental de la participation de tout groupe ou individu dans la gestion d'une communauté humaine. Quand on cherche à étouffer, par moyens détournés, toute forme de résistance face aux décisions et pressions douteuses de certains lobbies économiques, c'est la qualité de vie et le droit fondamental de parole qui s'y rattache qu'on conduit à l'abattoire. »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    mercredi 18 juillet 2007 11h21
    Anti-SLAPP ? Ya-hou que c'est l'fun... !
    « Honorable salutation d'entraide tout le Monde,

    De ce mot, et de l'évolution de la mentalité-culture québécoise en rapport avec ce genre de dossier (dossier collatéral de justice d'accessibilité), il est d'intérêt collectif de demander au Gouvernement du Québec (ministère de la Justice) d'assurer au rapport du Comité R. A. Macdonald un suivi populationnel adéquat.

    D'ajouter, aussi, de ce rapport les problèmes (de "slapp" ?) que vivent toutes ces personnes qui, de revenus modestes, peuvent difficilement avoir accès au système judiciaire (ex.: revoir conditions d'admissibilité / Aide juridique) de qualité.

    Anti-SLAPP ? Ya-hou que c'est l'fun... !?

    En attendant, ANTI-SLAPPONS... ensemble et solidaireS... ! »

  • Dominic Demers
    Inscrit
    mercredi 18 juillet 2007 16h46
    Démocratie
    « Un projet qui influencera positivement la démocratie au Québec, ainsi que la libre opinion des gens. Cependant, il me semble très inquiétant de devoir créer des lois pour défendre les droits d'un être humain a sa libre expression contre des entreprises privés.

    Le concept me semble étrange que dans notre société, une entreprise privé qui abuse de l'environnent a la possibilité de poursuivre des gens qui dénonce la vérité sous simple prétexte qu'il perdre de l'argent.

    J'applaudi l'idée de la création de telle mécanisme de défense pour les individus, mais comment en somme nous arrivé a cette étape? »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 18 juillet 2007 17h20
    Comment en sommes-nous arrivés là ?
    « Monsieur Demers se demande comment la société québécoise en est arrivée à devoir « passer» des lois pour contrer le pouvoir économique, quasi absolu, rappelons-le. Nous en sommes là parce que, petit à petit, les individus-consommateurs en sont venus à avaler les couleuvres du néolibéralisme. Seule la poursuite du profit peut assurer un avenir à l'espèce humaine sur la planète. Voilà le credo auquel adhèrent de plus en plus de gens.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierre Purenne
    Abonné
    mercredi 18 juillet 2007 18h55
    Les Slapp ne visent pas exclusivement les groupes d'individus
    « Des compagnies privées exercent directement ou indirectement un genre de SLAPP lorsqu'un individu veut faire valoir ses droits vis à vis de grandes entreprises qui abusent d'eux. Souvent on entend dire "Je me défendrais bien en cour de justice, mais je n'ai pas la capacité de me payer des avocats face à la capacité de l'entreprise". L'individu accepte donc de payer même si la compagnie le fraude carrément. La loi anti-slapp defendrait-elle les individus ? »

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    jeudi 19 juillet 2007 07h59
    La responsabilité de l'éditeur et du journaliste
    « Pour faire suite à ma réaction d'hier, je veux ajouter qu'il est de la responsabilité de l'éditeur et du journaliste de faire l'effort adéquat pour nommer les nouveaux (?)phénomènes sociaux ou juridiques dans un français corrigé. Que le journaliste présente la version anglaise de ce phénomène dans la langue où celui-ci s'est concétisé, c'est tout à fait dans l'ordre des choses. Ensuite, dans le reste de l'article, il aurait fallu lire **poursuites-baillons** au lieu de **SLAPP**. Dans son texte d'aujourd'hui, 19 juillet, Pierre Trudel de la faculté de droit à l'Université de Montréal utilisera uniquement l'expression **poursuite-baillons** sans jamais parler des **SLAPP** qui relèvent d'une autre langue. Son texte est pourtant très intelligible.

    C'est quoi cette manie de toujours utiliser le vocabulaire de l'autre pour exprimer des phénomènes que notre langue est capable de supporter ?

    Je ne décolère pas !
    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 19 juillet 2007 10h40
    Faut-il en rire ou en pleurer ?
    « Ce que réclame les écolos c'est de pouvoir abuser des tribunaux pour parvenir à leurs fins. Ici au Québec, l'élément déclencheur est une procédure intenté par une compagnie de recyclage (AMI) contre des écolos adeptes du «pas dans ma cour» qui ont abusé des procédures pour empêcher l'expansion des opérations de recyclage pourtant dans leur philosophie de sauver la planète. Les écolos ont abusé de leurs droits et demandent d'en abuser encore plus pour stopper le recyclage de cette compagnie. Il y a contradiction évidente et la compagnie avait raison de tenter de stopper les procédures interminables...

    Imaginez-vous si la loi, appelée SLAPP, serait en vigueur ce qui se passerait dans le dossier Rabaska ??? Le dossier éterniserait encore plus au grand dam des promoteurs qui n'auraient aucune possibilité de stopper les procédures non fondées pour permettre à des écolos d'avoir raison contre toute logique. Naturellement quand des centaines de millions sont en jeu, c'est un avertissement sévère que tout développement serait irrémédiablement stoppé par des groupes de pressions organisés qui imposent leur moratoire économique. De quoi tuer toute initiative sur le territoire québécois imposant le véto des écolos. Comme ils sont contre tout, alors...

    Il y a des limites à la liberté d'expression et la justice est là pour équilibrer les chances. Elle n'est pas là pour tricher sur le balancier afin de faire gré de toutes les revendications d'un certain groupe qui veulent nous imposer leur façon de voir les choses. Y a des limites entre la logique et le dogme écolo à ne pas franchir et le gouvernement encore une fois calme le jeu en donnant des bonbons qui lui empoisonnera la vie encore plus en faisant gré à ces revendications pas toujours dans l'intérêt de la population...

    Il faut distinguer entre un groupe de pression organisé comme le sont les écolos et le simple citoyens. C'est la même chose à propos des islamistes qui nous imposent leur façon de faire en optant pour que leur athlètes portent des casque de bain, comme en parlait si bien Joseph Facal hier dans un autre média. Voici un groupe qui par des individus et un fait isolé imposent tranquillement leur mode de vie. Quant aux écolos, la simpolicité volontaire doit rester volontaire et non imposée...

    On s'est apercu récemment que ces groupes bénéficiaient des largesse s de l'État pour se défendre avec un bureau juridique subventionné qui se plaint de ne pas recevoir assez et menace de fermer boutique. »

  • Maurice Boucher
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 11h46
    Les avocats sont-ils assez voraces?
    « Les avocats qui conseillent et acceptent d'intenter ces procédures sont tombés bien bas. Il faut vraiment avoir faim. »

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