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La prison à perpétuité pour les infirmières bulgares

Sofia demandera l'extradition des six condamnés

Reuters   18 juillet 2007  Justice
La condamnation à mort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien naturalisé bulgare détenus en Libye a été commuée hier en peine de prison à perpétuité, a annoncé le Haut Conseil judiciaire libyen.

«Le Haut Conseil judiciaire a décidé de commuer les condamnations à mort contre les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien en peine de prison à perpétuité», a annoncé la plus haute instance judiciaire de Libye dans un bref communiqué.

Sofia a immédiatement fait savoir qu'elle demanderait dès aujourd'hui l'extradition de ces six personnes.

Ces six personnes ont été arrêtées en février 1999 dans le cadre d'une enquête sur la propagation du virus du sida dans un hôpital pour enfants de Benghazi. Elles ont été condamnées à mort en décembre, peine confirmée en appel par la Cour suprême et commuée par le Haut Conseil. Le Haut Conseil justifie son arrêt par un «accord de conciliation conclu avec les familles des victimes».

Un porte-parole des familles avait annoncé un peu plus tôt que les 460 familles des enfants infectés par le VIH à l'hôpital de Benghazi avaient reçu chacune un million de dollars.

«Toutes les familles ont reçu les indemnités. Elles signent maintenant des documents affirmant qu'elles les ont reçues et qu'elles acceptent que le Haut Conseil judiciaire prenne la décision qu'il jugera appropriée quant aux six personnes», avait déclaré Idriss Lagha. Ce règlement financier avait conduit nombre d'observateurs en Libye et à l'étranger à penser que les infirmières et le médecin pourraient être libérés.

Sofia réagit

Le parquet général de Sofia a annoncé qu'il formulerait dès aujourd'hui une demande d'extradition des infirmières et du médecin bulgares.

Le porte-parole du parquet, Kamen Mikhov, a précisé que la Bulgarie demanderait l'extradition non seulement des cinq infirmières, mais aussi du médecin d'origine palestinienne Achraf Joumaa Hajouj naturalisé bulgare en juin.

M. Mikhov a par ailleurs affirmé que l'extradition ne pourrait pas être compromise par d'éventuelles autres charges contre les accusés, ce cas n'étant pas prévu par l'accord d'entraide judiciaire ratifié par les deux pays en 1981.

L'avocat des six praticiens, Traïan Markovski, a lui aussi jugé qu'il n'existait «aucun obstacle» à une extradition de ses clients après la mesure de clémence du Conseil supérieur des instances judiciaires libyennes hier. Il a ajouté que «la présidence bulgare aurait le pouvoir de gracier» les condamnés une fois ceux-ci rapatriés.

Le docteur Zdravko Guéorguiev, époux de l'infirmière Kristiana Valtcheva, a souhaité un rapatriement dans les meilleurs délais des condamnés. «Chaque minute supplémentaire dans les geôles libyennes prolonge l'agonie» des détenus, a-t-il déclaré depuis Tripoli à la radio nationale bulgare.
 
 
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