Scandale des commandites - La police saisit des documents chez Jacques Corriveau
Photo : Agence Reuters
Jacques Corriveau, un des prin-cipaux acteurs du scandale des commandites.
Le père du système de ristournes au profit du Parti libéral du Canada, section Québec (PLCQ), Jacques Corriveau, a reçu la visite des policiers de l'Unité mixte des produits de la criminalité, qui ont perquisitionné hier à son domicile.
Une douzaine d'enquêteurs, principalement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ont frappé à la porte de M. Corriveau, à Saint-Bruno-de-Montarville, vers 7h30 hier matin. Munis d'un mandat de perquisition, ils ont saisi plus de 25 caisses de documents et des données informatiques en rapport avec leur enquête sur des allégations de fraudes commises dans le cadre du défunt programme fédéral de commandites. «Les documents couvrent pas mal toute la vie de M. Corriveau dans la période visée par le mandat», a confirmé le caporal Sylvain L'Heureux, porte-parole de la GRC.
Le mandat de perquisition est sous scellé, si bien que les policiers se sont montrés avares de commentaires. La démarche vise à vérifier si M. Corriveau a obtenu des biens de façon illégale et à alimenter la vaste enquête de la GRC sur le programme des commandites, a dit le caporal L'Heureux.
M. Corriveau se trouvait chez lui lors de cette opération qui a pris fin en après-midi. Il n'a pas été arrêté et a offert sa pleine collaboration aux autorités. «La perquisition s'est très bien déroulée», a confirmé M. L'Heureux.
Pour le moment, aucune accusation n'a été portée contre Jacques Corriveau, dont l'image et la réputation ont été ternies à jamais par la Commission d'enquête sur le programme de commandites. Ami intime de Jean Chrétien et militant libéral dans l'âme, M. Corriveau a été identifié dans le rapport final du juge John Gomery comme «l'acteur central d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui avait permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLCQ».
Selon des témoignages livrés par d'anciens dirigeants du PLC-Q à la commission Gomery en 2005, c'est à Jacques Corriveau que revient la paternité de ce système de corruption ayant permis de renflouer illégalement les coffres du parti à même les juteux contrats de commandites décrochés par les agences de publicité.
L'ex-directeur général du PLC-Q, Daniel Dezainde, a notamment rapporté lors de son témoignage la teneur d'une conversation entre Jacques Corriveau et lui à l'été 2001. «Il m'a dit: "Écoute bien: dans le passé, j'avais mis en place un système où je recevais des ristournes sur les commissions des agences de communication. J'en gardais une partie pour mes frais, et le reste, je le mettais à la disposition du parti''», a déclaré M. Dezainde.
Michel Béliveau, un ancien d.g. du PLC-Q, a affirmé pour sa part, en larmes, qu'il avait obtenu de 250 000 $ à 300 000 $ en liquide de Jacques Corriveau lors de la campagne électorale de 1997 afin de battre le Bloc québécois dans des circonscriptions jugées prenables. Le publicitaire Jean Brault a aussi confirmé que Jacques Corriveau lui avait fait de nombreuses demandes de financement en liquide pour le bénéfice du Parti libéral.
M. Corriveau possédait une firme de graphisme, Pluri-Design, qui a tiré environ les trois quarts de ses revenus des activités de commandites (par l'entremise du groupe Polygone/Expour, de Jean Lafleur Communication Marketing et de Groupaction) et du PLC-Q, entre 1996 et 2004. Il a ainsi empoché des salaires et dividendes de six millions de dollars.
M. Corriveau a notamment fait du démarchage auprès du ministère des Travaux publics pour le compte de Polygone/Expour sans être inscrit au registre national des lobbyistes, une infraction punissable d'une amende maximale de 25 000 $. Il a gagné 5,8 millions (l'équivalent d'une commission de 15,9 %) pour avoir rabattu vers Polygone/Expour des commandites de 36,7 millions. Dans la plupart des cas, les services décrits à la facturation de Pluri-Design n'ont pas été rendus. Le juge Gomery en a déduit que les factures étaient destinées à «camoufler l'entente de commission, probablement pour dissimuler le fait que M. Corriveau n'était pas enregistré comme lobbyiste rémunéré».
M. Corriveau en menait large, très large, à Ottawa. Même s'il n'était ni un élu ni un fonctionnaire, il a participé à plusieurs rencontres avec des personnes en situation d'autorité pour discuter de la création du programme des commandites. L'ex-directeur de ce programme, Charles Guité (reconnu coupable de fraude), a vu M. Corriveau pour la première fois en 1994 ou 1995 dans le bureau du ministre des Travaux publics de l'époque, David Dingwall. Il était accompagné du publicitaire Jean Lafleur (un autre fraudeur) et du chef de cabinet du ministre Dingwall, Warren Kinsella. Celui-ci a indiqué à Charles Guité que Jacques Corriveau était «un ami très, très intime du premier ministre» et qu'il devait s'occuper de sa firme et de lui.
Lors de son premier passage devant la commission Gomery, M. Corriveau s'est présenté comme un homme au-dessus de tout soupçon, minimisant l'étendue de ses liens d'amitié avec Jean Chrétien bien qu'il ait été invité à dormir au moins une fois à la résidence du premier ministre. Les multiples révélations sur sa participation au financement occulte du PLC-Q l'ont cependant forcé à revenir témoigner devant le juge Gomery. II a alors nié avoir remis de l'argent comptant au Parti libéral. «C'est de l'invention pure et simple», a-t-il dit.
Une douzaine d'enquêteurs, principalement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ont frappé à la porte de M. Corriveau, à Saint-Bruno-de-Montarville, vers 7h30 hier matin. Munis d'un mandat de perquisition, ils ont saisi plus de 25 caisses de documents et des données informatiques en rapport avec leur enquête sur des allégations de fraudes commises dans le cadre du défunt programme fédéral de commandites. «Les documents couvrent pas mal toute la vie de M. Corriveau dans la période visée par le mandat», a confirmé le caporal Sylvain L'Heureux, porte-parole de la GRC.
Le mandat de perquisition est sous scellé, si bien que les policiers se sont montrés avares de commentaires. La démarche vise à vérifier si M. Corriveau a obtenu des biens de façon illégale et à alimenter la vaste enquête de la GRC sur le programme des commandites, a dit le caporal L'Heureux.
M. Corriveau se trouvait chez lui lors de cette opération qui a pris fin en après-midi. Il n'a pas été arrêté et a offert sa pleine collaboration aux autorités. «La perquisition s'est très bien déroulée», a confirmé M. L'Heureux.
Pour le moment, aucune accusation n'a été portée contre Jacques Corriveau, dont l'image et la réputation ont été ternies à jamais par la Commission d'enquête sur le programme de commandites. Ami intime de Jean Chrétien et militant libéral dans l'âme, M. Corriveau a été identifié dans le rapport final du juge John Gomery comme «l'acteur central d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui avait permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLCQ».
Selon des témoignages livrés par d'anciens dirigeants du PLC-Q à la commission Gomery en 2005, c'est à Jacques Corriveau que revient la paternité de ce système de corruption ayant permis de renflouer illégalement les coffres du parti à même les juteux contrats de commandites décrochés par les agences de publicité.
L'ex-directeur général du PLC-Q, Daniel Dezainde, a notamment rapporté lors de son témoignage la teneur d'une conversation entre Jacques Corriveau et lui à l'été 2001. «Il m'a dit: "Écoute bien: dans le passé, j'avais mis en place un système où je recevais des ristournes sur les commissions des agences de communication. J'en gardais une partie pour mes frais, et le reste, je le mettais à la disposition du parti''», a déclaré M. Dezainde.
Michel Béliveau, un ancien d.g. du PLC-Q, a affirmé pour sa part, en larmes, qu'il avait obtenu de 250 000 $ à 300 000 $ en liquide de Jacques Corriveau lors de la campagne électorale de 1997 afin de battre le Bloc québécois dans des circonscriptions jugées prenables. Le publicitaire Jean Brault a aussi confirmé que Jacques Corriveau lui avait fait de nombreuses demandes de financement en liquide pour le bénéfice du Parti libéral.
M. Corriveau possédait une firme de graphisme, Pluri-Design, qui a tiré environ les trois quarts de ses revenus des activités de commandites (par l'entremise du groupe Polygone/Expour, de Jean Lafleur Communication Marketing et de Groupaction) et du PLC-Q, entre 1996 et 2004. Il a ainsi empoché des salaires et dividendes de six millions de dollars.
M. Corriveau a notamment fait du démarchage auprès du ministère des Travaux publics pour le compte de Polygone/Expour sans être inscrit au registre national des lobbyistes, une infraction punissable d'une amende maximale de 25 000 $. Il a gagné 5,8 millions (l'équivalent d'une commission de 15,9 %) pour avoir rabattu vers Polygone/Expour des commandites de 36,7 millions. Dans la plupart des cas, les services décrits à la facturation de Pluri-Design n'ont pas été rendus. Le juge Gomery en a déduit que les factures étaient destinées à «camoufler l'entente de commission, probablement pour dissimuler le fait que M. Corriveau n'était pas enregistré comme lobbyiste rémunéré».
M. Corriveau en menait large, très large, à Ottawa. Même s'il n'était ni un élu ni un fonctionnaire, il a participé à plusieurs rencontres avec des personnes en situation d'autorité pour discuter de la création du programme des commandites. L'ex-directeur de ce programme, Charles Guité (reconnu coupable de fraude), a vu M. Corriveau pour la première fois en 1994 ou 1995 dans le bureau du ministre des Travaux publics de l'époque, David Dingwall. Il était accompagné du publicitaire Jean Lafleur (un autre fraudeur) et du chef de cabinet du ministre Dingwall, Warren Kinsella. Celui-ci a indiqué à Charles Guité que Jacques Corriveau était «un ami très, très intime du premier ministre» et qu'il devait s'occuper de sa firme et de lui.
Lors de son premier passage devant la commission Gomery, M. Corriveau s'est présenté comme un homme au-dessus de tout soupçon, minimisant l'étendue de ses liens d'amitié avec Jean Chrétien bien qu'il ait été invité à dormir au moins une fois à la résidence du premier ministre. Les multiples révélations sur sa participation au financement occulte du PLC-Q l'ont cependant forcé à revenir témoigner devant le juge Gomery. II a alors nié avoir remis de l'argent comptant au Parti libéral. «C'est de l'invention pure et simple», a-t-il dit.
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