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Scandale des commandites - La police saisit des documents chez Jacques Corriveau

Brian Myles   5 juillet 2007  Justice
Jacques Corriveau, un des prin-cipaux acteurs du scandale des commandites.
Photo : Agence Reuters
Jacques Corriveau, un des prin-cipaux acteurs du scandale des commandites.
Le père du système de ristournes au profit du Parti libéral du Canada, section Québec (PLCQ), Jacques Corriveau, a reçu la visite des policiers de l'Unité mixte des produits de la criminalité, qui ont perquisitionné hier à son domicile.

Une douzaine d'enquêteurs, principalement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ont frappé à la porte de M. Corriveau, à Saint-Bruno-de-Montarville, vers 7h30 hier matin. Munis d'un mandat de perquisition, ils ont saisi plus de 25 caisses de documents et des données informatiques en rapport avec leur enquête sur des allégations de fraudes commises dans le cadre du défunt programme fédéral de commandites. «Les documents couvrent pas mal toute la vie de M. Corriveau dans la période visée par le mandat», a confirmé le caporal Sylvain L'Heureux, porte-parole de la GRC.

Le mandat de perquisition est sous scellé, si bien que les policiers se sont montrés avares de commentaires. La démarche vise à vérifier si M. Corriveau a obtenu des biens de façon illégale et à alimenter la vaste enquête de la GRC sur le programme des commandites, a dit le caporal L'Heureux.

M. Corriveau se trouvait chez lui lors de cette opération qui a pris fin en après-midi. Il n'a pas été arrêté et a offert sa pleine collaboration aux autorités. «La perquisition s'est très bien déroulée», a confirmé M. L'Heureux.

Pour le moment, aucune accusation n'a été portée contre Jacques Corriveau, dont l'image et la réputation ont été ternies à jamais par la Commission d'enquête sur le programme de commandites. Ami intime de Jean Chrétien et militant libéral dans l'âme, M. Corriveau a été identifié dans le rapport final du juge John Gomery comme «l'acteur central d'un dispositif bien huilé de pots-de-vin qui lui avait permis de s'enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLCQ».

Selon des témoignages livrés par d'anciens dirigeants du PLC-Q à la commission Gomery en 2005, c'est à Jacques Corriveau que revient la paternité de ce système de corruption ayant permis de renflouer illégalement les coffres du parti à même les juteux contrats de commandites décrochés par les agences de publicité.

L'ex-directeur général du PLC-Q, Daniel Dezainde, a notamment rapporté lors de son témoignage la teneur d'une conversation entre Jacques Corriveau et lui à l'été 2001. «Il m'a dit: "Écoute bien: dans le passé, j'avais mis en place un système où je recevais des ristournes sur les commissions des agences de communication. J'en gardais une partie pour mes frais, et le reste, je le mettais à la disposition du parti''», a déclaré M. Dezainde.

Michel Béliveau, un ancien d.g. du PLC-Q, a affirmé pour sa part, en larmes, qu'il avait obtenu de 250 000 $ à 300 000 $ en liquide de Jacques Corriveau lors de la campagne électorale de 1997 afin de battre le Bloc québécois dans des circonscriptions jugées prenables. Le publicitaire Jean Brault a aussi confirmé que Jacques Corriveau lui avait fait de nombreuses demandes de financement en liquide pour le bénéfice du Parti libéral.

M. Corriveau possédait une firme de graphisme, Pluri-Design, qui a tiré environ les trois quarts de ses revenus des activités de commandites (par l'entremise du groupe Polygone/Expour, de Jean Lafleur Communication Marketing et de Groupaction) et du PLC-Q, entre 1996 et 2004. Il a ainsi empoché des salaires et dividendes de six millions de dollars.

M. Corriveau a notamment fait du démarchage auprès du ministère des Travaux publics pour le compte de Polygone/Expour sans être inscrit au registre national des lobbyistes, une infraction punissable d'une amende maximale de 25 000 $. Il a gagné 5,8 millions (l'équivalent d'une commission de 15,9 %) pour avoir rabattu vers Polygone/Expour des commandites de 36,7 millions. Dans la plupart des cas, les services décrits à la facturation de Pluri-Design n'ont pas été rendus. Le juge Gomery en a déduit que les factures étaient destinées à «camoufler l'entente de commission, probablement pour dissimuler le fait que M. Corriveau n'était pas enregistré comme lobbyiste rémunéré».

M. Corriveau en menait large, très large, à Ottawa. Même s'il n'était ni un élu ni un fonctionnaire, il a participé à plusieurs rencontres avec des personnes en situation d'autorité pour discuter de la création du programme des commandites. L'ex-directeur de ce programme, Charles Guité (reconnu coupable de fraude), a vu M. Corriveau pour la première fois en 1994 ou 1995 dans le bureau du ministre des Travaux publics de l'époque, David Dingwall. Il était accompagné du publicitaire Jean Lafleur (un autre fraudeur) et du chef de cabinet du ministre Dingwall, Warren Kinsella. Celui-ci a indiqué à Charles Guité que Jacques Corriveau était «un ami très, très intime du premier ministre» et qu'il devait s'occuper de sa firme et de lui.

Lors de son premier passage devant la commission Gomery, M. Corriveau s'est présenté comme un homme au-dessus de tout soupçon, minimisant l'étendue de ses liens d'amitié avec Jean Chrétien bien qu'il ait été invité à dormir au moins une fois à la résidence du premier ministre. Les multiples révélations sur sa participation au financement occulte du PLC-Q l'ont cependant forcé à revenir témoigner devant le juge Gomery. II a alors nié avoir remis de l'argent comptant au Parti libéral. «C'est de l'invention pure et simple», a-t-il dit.
 
 
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  • André Mainguy - Abonné
    5 juillet 2007 07 h 08
    Démocratie libérale
    Quelle sorte de démocratie avons-nous, lorsqu'un parti politique utilise l'État, comme moyen de se maintenir au pouvoir et pour que rien ne change, même lorsqu'il y a crise comme c'est le cas entre le Québec et le Canada ? Les Commandites et Option Canada démontrent à quoi étaient prêts les libéraux pour se maintenir au pouvoir. Ces mêmes libéraux qui disent vouloir lutter contre les changements climatiques, n'ont jamais songé à délocaliser des institutions fédérales d'Ottawa vers Gatineau, afin de profiter de l'électricité sans GES d'Hydro-Québec, laquelle coûte 45% moins chère que celle des centrales au charbon de l'Ontario.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    5 juillet 2007 07 h 55
    LA FAUTE AU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES
    Nos partis politiques, sauf exception, souvent à court de fonds, sont tentés de prendre des moyens pas trop catholiques pour aller en chercher comme ceux découverts à la Commission Gomery.

    Faudrait changer les lois électorales pour réduire le plafond des dépenses permises pour les partis pendant et à l'extérieur des périodes électorales.

    En attendant, la police pas trop trop vite, M. Corriveau a eu tout son temps pour ne conserver que ce qui n'était pas dangereux...à la maison à côté du feu.
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  • Élodie Gagné - Abonné
    5 juillet 2007 09 h 04
    Scandale des commandites - Jacques Corriveau
    Faut-il pleurer ou faut-il rire lorsque l'on voit la Gendarmerie Royale rendre visite à M. Corriveau à 7h.30 am pour saisir des documents afin de juger si oui ou non, M.
    Corriveau est coupable d'avoir profité des largesses occasionnées par la propre organisation mise en place par lui-même ??? Le ridicule pour la GRC c'est, forcément, d'avoir attendu que M. Corriveau puisse se défaire de tous documents compromettants. On lui a donné presqu'un an pour cela. C'est pas merveilleux cela ! Et peut-on penser qu'en protégeant M. Corriveau on protégeait un peu, et même beaucoup, le Premier Ministre lui-même. Celui-ci ne pouvait pas ne pas être au courant des magouilles qui se tramaient pour apporter au Parti les sommes nécessaires pour les élections. Surtout que M. Corriveau était un grand ami de M. Chrétien. Naturellement, la justice ne sera jamais rendue vu que la GRC a le don d'oublier ou tout simplement de laisser pourrir les choses jusqu'à ce que tout soit oublié. Pas étonnant que les électeurs soient cyniques en ce qui concerne la justice et la politique.
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  • Jean-Guy Dagenais - Abonné
    5 juillet 2007 09 h 42
    Appelez-moi avant !
    Quelle belle réception, faite au force de l'ordre (hum) à son domicile. «La perquisition s'est très bien déroulée» dit le porte-parole de la GRC. On se retient pour ne pas applaudir. L'hôte, Jean Corriveau, qui niait tout à la commission Gomery, aurait donc chez lui des preuves qui pourraient l'incriminer ! Allons donc. Vaudrait mieux vérifier si ''Le père du système de ristournes au profit du Parti libéral du Canada'' n'a pas fait, il y a des années de ça, l'achat d'une déchiqueteuse pour fournir la récupération de St-Bruno. Un autre bon soldat qui souffre, comme c'est peinant ! Comme si les témoignages de Daniel Dezainde et Michel Béliveau et même Marc-Yvan Côté pèsent pour si peu maintenant. À d'autres !
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  • Élodie Gagné - Abonné
    5 juillet 2007 10 h 24
    Le scandale des commandites - Jacques Corriveau
    Faut-il pleurer ou faut-il rire en voyant et entendant que la Gendarmerie Royale du Canada a rendu visite à M. Corriveau à 7h.30 am pour récupérer des documents qui pourraient le compromettre dans le scandale des commandites. Quelles révélations s'attend-t-on à trouver après lui avoir donné un an pour ce débarrasser de tout ce qui pourrait lui nuire ??? A-t-on fini de nous prendre pour des imbéciles ?
    La GRC récupère 25 boîtes "qu'ils vont étudier attentivement"... pendant combien de temps ? Surtout que ce qui en reste doit être extrêmement innocent. La GRC en protégeant M. Corriveau, fait de même pour Jean Chrétien, qui ne peut pas ne pas avoir été au courant des magouilles puisque cela rapportait l'argent nécessaire pour les
    élections. Et de plus, les deux sont (étaient) de bons amis.Si Corriveau se sort indemne de ce scandale (ou avec une petite tape sur les doigts) le cynisme des gens vis-à-vis de la justice et de la politique ne fera que s'agraver.
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  •  
  • emeri - Abonné
    5 juillet 2007 11 h 42
    Et à quand un petit tour chez les «politiques»?
    Cela fait le plus grand bien à ma démocratie quand je vois
    la GRC débarquer chez nos fraudeurs et autre voleurs afin
    de leur faire payer leur malversation.
    Mais, parce que dans ce dossier il demeure toujours un mais.
    A quand la police chez les grands décideurs de ce programme.
    Ceux qui ont mis en oeuvre cette grande fraude pour tenter,
    une fois de plus, de se débarrasser des souverainistes:
    c'est-à-dire, les politiciens du parti libéral qui sévissait
    alors. Comme P, E. Trudeau à tenté de le faire avec sa foutu
    loi des mesures de guerre. Oui, à quand?
    Réjean Grenier
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    5 juillet 2007 11 h 44
    Juste pour rire
    Chérie ça sonne à la porte, va ouvrir...

    Bonjour, on s'excuse de vous réveiller si tôt, c'est la gendarme à rire, avez-vous une déchiqueteuse en votre possession, si oui on vous la confisque, merci-bonjour.
    Ivan Jobin
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  • Hélène Perras - Inscrite
    5 juillet 2007 12 h 33
    les bons apôtres partisans du fédéralisme
    Naturellement, il est un peu tard, deux ans après la Commission Gomery pour perquisitionner chez le bon monsieur.
    Mais, là n'est pas mon propos. Ce qui ressort de cette honteuse affaire ce serait que :
    1- Ils sont tous Québécois francophones dont l'image de fripouilles rejaillit sur nous.
    2- Ces bons apôtres -- soi disant -- du fédéralisme n'y croyaient même pas. En effet, lorsque on croit dans une cause, agit-on en pigeant dans les fonds de la cause ?
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  •  
  • Michel Hains - Inscrit
    5 juillet 2007 12 h 58
    Ménage dans sa propre cour
    Je suis d'accord Élodie...
    On nous prends pour des imbéciles et malheureusement la presse tant écrite qu'èlectronique ne fait pas son travail.Ils ne font que rapporté cette nouvelle comme un fait divers.
    Ils ne S'offusquent pas du fait qu'on ait donné(La GRC) plus de temps qu'il en avait besoin pour faire disparaitre tout ce qui pouvait l'incriminé.
    De l'autre côté ,la parie qui mène l'enquête n'est pas elle même capable de fair ele ménage dans sa propre cour ex;dans ce dossier et celui des fling flang dans leur caisse de retraite.
    Au bout du compte , je pense que Claude Poirier va plus en profondeur dans ses faits divers.
    Et vive la médiocratie
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  •  
  • G. Dex - Inscrit
    5 juillet 2007 14 h 09
    4 ans plus tard!
    ouch!!! ils vont en avoir des preuves! hein!
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  •  
  • Nicolas Courtois - Abonné
    5 juillet 2007 17 h 06
    Tous égaux devant la justice
    Ainsi donc, des enquêteurs de notre probe et combien diligente GRC ont payé une visite au Père La Ristourne. Et quelle prise, dites donc! 25 caisses de documents et de données informatiques! Sans nul doute, au milieu des photos de vacances et autres travaux scolaires de M. Corriveau, nos fins limiers trouveront-ils quelque compte d'Hydro ou reçu de dépanneur suspect. De quoi constituer une preuve en béton. S'ensuivra alors un procès retentissant, des révélations fracassantes sur un trafic de billes auquel ledit se serait livré durant sa difficile jeunesse, le tout culminant vers un verdict de culpabilité et une sentence exemplaire de quelques semaines de travaux communautaires (avant décompte du sixième de la peine, il est vrai) assortie du remboursement obligé des intérêts touchés sur les placements du semestre écoulé et d'une amende salée atteignant les trois chiffres payable en argent Canadian Tire. Bref, justice sera rendue et, une fois de plus, démonstration sera faite au quidam sceptique que, non, il n'est pas seul à devoir payer le plein prix pour répondre des délits qu'il peut commettre. Quoiqu'en disent les mauvaises langues...
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  •  
  • francis dery - Inscrit
    5 juillet 2007 20 h 46
    C'est un job pour la SQ, pas pour la GRC
    Enquêter sur les magouilles du pouvoir fédéral ne devrait pas relever d'un corps policier qui relève de ce pouvoir. C'est trop biaisé.
    Les promotions et budgets peuvent en souffrir.
    La fouille est-elle relié au départ de Zacardelli?
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