Terrorisme - Charkaoui réclame une commission d'enquête publique
23 juin 2007
Justice
Adil Charkaoui a nié hier avoir trempé dans un complot terroriste à être réalisé probablement en Europe, comme le laisse entendre un document du Service canadien du renseignement de sécurité obtenu par le quotidien La Presse.
«Je tiens à nier toute implication dans un complot quelconque. Ce sont de purs mensonges», a-t-il indiqué en conférence de presse.
Furieux de la divulgation de ce document, que lui et ses avocats n'ont jamais vu, Adil Charkaoui et ses procureurs ont réclamé une enquête policière, faisant valoir que la fuite d'un document secret est un geste criminel.
Il a également demandé au premier ministre Stephen Harper d'intervenir, estimant que le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, avait perdu la main: «Stockwell Day ne peut plus contrôler ses troupes [...]. Je ne peux plus faire confiance à Stockwell Day et je demande au premier ministre Stephen Harper de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur les agissements du SCRS. Dévoiler des documents ultrasecrets est criminel au Canada.»
Un complot
Il estime par ailleurs que le moment de cette divulgation n'est pas un hasard puisqu'il survient alors que des procédures sont entamées en vue de contester en Cour suprême les méthodes de fonctionnement du SCRS.
De plus, M. Charkaoui note que non seulement c'est un agent du SCRS qui a remis le document à La Presse il y a plusieurs semaines mais aussi qu'une source gouvernementale l'a authentifié au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant des terroristes à l'entraînement en Afghanistan en vue de mener des opérations terroristes au Canada, notamment.
Adil Charkaoui en déduit qu'on a voulu se servir de lui pour démontrer que la menace est bien réelle et pour faire bien percevoir la mission canadienne en Afghanistan au moment où l'opposition à cette mission s'intensifie.
«Le fait que, quelques jours après que [la chaîne de télévision américaine] ABC a dévoilé dans un documentaire que les méchants talibans s'apprêtaient à faire tomber des avions avec leurs turbans, on vienne m'utiliser comme une tête de Turc, comme une carte, pour faire monter la popularité de la mission en Afghanistan, je trouve ça insultant, méprisant à mon égard.
«Ils sont en train de salir ma réputation et je n'arrive pas à me défendre devant les cours, devant les tribunaux, mais je dois le faire devant les médias.»
M. Charkaoui, un résident canadien permanent d'origine marocaine âgé de 33 ans, note que celui que ce document identifie comme étant son présumé complice, Hisham Tahir, est toujours en liberté. Il affirme que leur relation se résume à avoir fréquenté la même mosquée, travaillé dans le même restaurant et joué ensemble au soccer.
Il fait valoir au passage que le nom de Hisham Tahir a été retiré par le juge Simon Noël de la liste de ses présumés contacts terroristes, ce qui indique, selon lui, qu'il s'agissait d'une fausse piste.
Vengeance
Malgré tout, le SCRS s'acharne, par vengeance, selon lui.
«Le SCRS a voulu m'enrôler pour que je devienne un mouchard contre ma propre communauté. Parce que j'ai refusé de travailler pour le SCRS, je suis en train de subir une campagne de salissage et de privation de mes droits constitutionnels comme le Canada n'en a jamais connu auparavant.»
Adil Charkaoui a été arrêté à Montréal il y a près de quatre ans en vertu d'un certificat de sécurité.
Il a passé 21 mois en détention. Maintenant libéré, il demeure soumis à de sévères conditions.
Il n'a pas subi de procès et n'a donc pas fait l'objet d'un verdict de culpabilité.
Il a cependant réussi dans une première cause devant la Cour suprême à faire déclarer inconstitutionnels les certificats de sécurité.
«Je tiens à nier toute implication dans un complot quelconque. Ce sont de purs mensonges», a-t-il indiqué en conférence de presse.
Furieux de la divulgation de ce document, que lui et ses avocats n'ont jamais vu, Adil Charkaoui et ses procureurs ont réclamé une enquête policière, faisant valoir que la fuite d'un document secret est un geste criminel.
Il a également demandé au premier ministre Stephen Harper d'intervenir, estimant que le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, avait perdu la main: «Stockwell Day ne peut plus contrôler ses troupes [...]. Je ne peux plus faire confiance à Stockwell Day et je demande au premier ministre Stephen Harper de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur les agissements du SCRS. Dévoiler des documents ultrasecrets est criminel au Canada.»
Un complot
Il estime par ailleurs que le moment de cette divulgation n'est pas un hasard puisqu'il survient alors que des procédures sont entamées en vue de contester en Cour suprême les méthodes de fonctionnement du SCRS.
De plus, M. Charkaoui note que non seulement c'est un agent du SCRS qui a remis le document à La Presse il y a plusieurs semaines mais aussi qu'une source gouvernementale l'a authentifié au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant des terroristes à l'entraînement en Afghanistan en vue de mener des opérations terroristes au Canada, notamment.
Adil Charkaoui en déduit qu'on a voulu se servir de lui pour démontrer que la menace est bien réelle et pour faire bien percevoir la mission canadienne en Afghanistan au moment où l'opposition à cette mission s'intensifie.
«Le fait que, quelques jours après que [la chaîne de télévision américaine] ABC a dévoilé dans un documentaire que les méchants talibans s'apprêtaient à faire tomber des avions avec leurs turbans, on vienne m'utiliser comme une tête de Turc, comme une carte, pour faire monter la popularité de la mission en Afghanistan, je trouve ça insultant, méprisant à mon égard.
«Ils sont en train de salir ma réputation et je n'arrive pas à me défendre devant les cours, devant les tribunaux, mais je dois le faire devant les médias.»
M. Charkaoui, un résident canadien permanent d'origine marocaine âgé de 33 ans, note que celui que ce document identifie comme étant son présumé complice, Hisham Tahir, est toujours en liberté. Il affirme que leur relation se résume à avoir fréquenté la même mosquée, travaillé dans le même restaurant et joué ensemble au soccer.
Il fait valoir au passage que le nom de Hisham Tahir a été retiré par le juge Simon Noël de la liste de ses présumés contacts terroristes, ce qui indique, selon lui, qu'il s'agissait d'une fausse piste.
Vengeance
Malgré tout, le SCRS s'acharne, par vengeance, selon lui.
«Le SCRS a voulu m'enrôler pour que je devienne un mouchard contre ma propre communauté. Parce que j'ai refusé de travailler pour le SCRS, je suis en train de subir une campagne de salissage et de privation de mes droits constitutionnels comme le Canada n'en a jamais connu auparavant.»
Adil Charkaoui a été arrêté à Montréal il y a près de quatre ans en vertu d'un certificat de sécurité.
Il a passé 21 mois en détention. Maintenant libéré, il demeure soumis à de sévères conditions.
Il n'a pas subi de procès et n'a donc pas fait l'objet d'un verdict de culpabilité.
Il a cependant réussi dans une première cause devant la Cour suprême à faire déclarer inconstitutionnels les certificats de sécurité.
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