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«Je vous connais, Monsieur le juge...»

On s'en doute, à peu près tout le monde estime avoir une bonne raison de ne pas pouvoir servir comme juré quand arrive le jour de la sélection. C'est dérangeant, après tout, et plusieurs perdront de l'argent dans l'aventure.

La loi prévoit que certaines personnes sont dispensées d'office. Les fonctionnaires qui participent à l'administration de la justice, les avocats et les juges, les membres des Forces armées, le personnel de l'Assemblée nationale, les ministres du culte, les handicapés, les personnes âgées, celles qui ont de graves problèmes de santé et ceux qui ont déjà été jurés au cours des cinq dernières années n'ont ainsi rien à craindre.

Il y a aussi une dernière catégorie fourre-tout: «Tout autre motif jugé valable par la shérif» ou encore par le juge. Là, on en entend des solides. «Il y en a vraiment beaucoup qui arrivent avec un papier du médecin indiquant qu'ils ont mal au dos», dit l'avocat Marc Labelle. À New York, le responsable des procès devant jury depuis plusieurs décennies racontait l'an dernier au New York Times que les demandes d'exemption pour cause d'hémorroïdes étaient parmi les plus fréquemment évoquées.

Les gens invoquent vraiment un peu tout: un voyage planifié (la shérif rappellera alors les candidats dans les mois suivants), des rencontres professionnelles impossibles à annuler, une incapacité à comprendre le français ou l'anglais (alors qu'ils le parlent bien dans les corridors), des travaux à faire dans la maison, un boulot autonome qui ne peut souffrir d'interruption. D'autres évoquent des préjugés qui sont déballés comme une fierté.

Le juge Jean-Guy Boilard, qui a quelques fois sermonné des citoyens en manque de motivation juridique, dit être «particulièrement choqué devant tous ceux qui s'estiment irremplaçables. Ils sont experts dans tout et sont tellement occupés au quotidien qu'ils n'ont même pas le temps de penser.»

En plus de 25 ans de pratique, Marc Labelle n'a jamais entendu de meilleure demande d'exemption que celle datant du milieu des années 80. Le juge demande à une candidate de s'approcher et d'indiquer pourquoi elle devrait être exemptée. Elle répond qu'elle est danseuse dans un bar. «Et puis après?, demande le juge, ça n'empêche rien.»

«Non, répond la danseuse. Sauf que je vous connais très bien, Monsieur le juge...» Pas besoin de dire qu'elle a pu continuer son boulot le soir même.






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  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    samedi 16 juin 2007 10h44
    Titre accrocheur : cible manquée
    « Le titre de l'article est accrocheur. Le sujet de l'article porte sur les excuses que donnent les citoyens sélectionnés par la cour pour ne pas être jurés. La fin de l'article porte sur une exemption pour cas de mauvaises moeurs d'un juge. Je vous suggère d'écrire deux articles de fond :

    1) Article sur la problématique liée au traitement des jurés et aux inconvénients auxquels ils font face en s'engageant pour la justice dans une cause.
    2) Un article sur les conflits d'intérêts des juges pour cause de mauvaises moeurs, d'actes légalement répréhensibles ou de partis pris politiques.
    Votre article contient en fait, deux boites de pandore mais n'en ouvre aucune. C'est dommage parce qu'à courir deux lièvres vous n'en attrapez aucun. Cela aurait pu être très éducatif pour les contribuables qui paient pour l'appareil juridique. Vous faites preuve d'une bonne maîtrise de la technique de nage entre deux eaux. Pierre Castonguay »

  • Adrien Pépin
    Inscrit
    samedi 16 juin 2007 17h03
    J'aurais donc dû ...
    « Eh bien monsieur le juge ... et vlan dans les gencives. »

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