Québec paie la défense de Lise Thibault
Lise Thibault a occupé le poste de lieutenant-gouverneur du Québec du 30 janvier 1997 au 7 juin dernier.
Québec — Lise Thibault n'est plus lieutenante-gouverneure depuis la semaine dernière, elle fait l'objet de rapports accablants — déposés hier — des vérificateurs généraux du Québec et du Canada sur ses «dépenses injustifiées», mais l'État, à qui elle devra rembourser des sommes, paie ses avocats et la firme de relations publiques qu'elle a embauchée pour clamer son innocence.
C'est en effet le conseil exécutif qui a payé hier la facture de la firme de relations publiques Sphère Communication, laquelle a produit et diffusé un long communiqué par lequel Mme Thibault a cherché à répondre aux faits présentés par les vérificateurs généraux. Dans un courriel au Devoir, Mme Thibault a fait savoir, par l'entremise de sa relationniste France Bouffard de Sphère Communication, que c'est le secrétaire général du Conseil exécutif, Gérard Bibeau, qui lui a «permis de retenir les services de conseillers juridiques et d'affaires publiques, conformément aux principes d'équité et de justice qui doivent prévaloir en pareilles circonstances». Mme Thibault, qui a eu 68 ans le 2 avril, touche une prestation de 33 240 $ à titre d'ancienne lieutenante-gouverneure, sans compter d'autres revenus de retraite, notamment de l'époque où elle était à la tête de l'Office des personnes handicapées.
Selon le vérificateur général du Québec (VG) Renaud Lachance, elle devra rembourser d'importantes sommes. Lors du dépôt de son rapport spécial hier, M. Lachance a déclaré: «Dans le cas où Mme Thibault recevait une allocation pour couvrir ses frais d'hébergement et qu'elle demandait un remboursement au gouvernement fédéral pour cet hébergement, il est clair que cette somme-là doit être remboursée. Pour ce qui est des dépenses personnelles, je dirais qu'il est clair qu'elles devraient être remboursées.»
Dans leur rapport conjoint, les vérificateurs généraux ont pointé des sommes totalisant 700 000 $ sur un montant total de 1,7 million qui lui a été versé entre 1997 et 2007. Les vérificateurs ont mis en relief des dépenses de 239 000 $ «liées à des activités personnelles ou dont les pièces justificatives ne permettaient pas d'établir un lien avec les activités officielles» de Mme Thibault. De plus, Mme Thibault a réclamé au gouvernement fédéral 129 000 $ pour de l'hébergement et des repas alors que ce type de dépenses était déjà couvert par le gouvernement du Québec. Aussi, Mme Thibault a considéré comme un «supplément de rémunération» un montant de 343 200 $ alors qu'il était destiné à couvrir les dépenses engagées dans la Vieille Capitale.
Parmi les dépenses injustifiées, le vérificateur général souligne:
- un montant de 45 000 $ pour des cadeaux sans liste de personnes à qui ils ont été offerts;
- 44 000 $ pour des pourboires sans pièces justificatives laissés par les gardes du corps;
- 4000 $ pour souligner l'anniversaire d'un membre de la famille Thibault;
- 12 000 $ pour un aller-retour en avion dans le cadre d'une excursion de pêche jumelée à la visite d'un parc provincial;
- une surveillance déficiente quant à l'utilisation des cartes de crédit;
- des dépenses reliées à la pratique d'activités sportives, telle la rémunération d'un professeur de ski;
- utilisation des trois voitures de fonction à des fins personnelles, notamment pour des vacances aux États-Unis.
Golf et ski
Les vérificateurs ont aussi «relevé des situations problématiques» quant à la direction de la sécurité de Mme Thibault, qui était assumée depuis 1998 par Guy Hamelin, celui à qui elle a payé un loyer mensuel remboursé par le fédéral. Logeant chez M. Hamelin à Beaupré, donc à l'extérieur de la capitale, Mme Thibault pouvait réclamer un remboursement au gouvernement fédéral.
Le 4 novembre 1998, le gouvernement du Québec avait adopté un décret par lequel la responsabilité de la sécurité était transférée au personnel du cabinet du lieutenant-gouverneur. «Ce transfert s'accompagnait de crédits supplémentaires annuels de 185 000 $», écrit le VG.
M. Hamelin suivait Mme Thibault partout, même lors des journées où il n'y avait aucune activité inscrite à l'agenda, «ou encore dans le cadre d'activités sportives, golf ou ski, alors qu'un autre garde du corps était généralement en fonction au même moment». Mme Thibault lui avait demandé de travailler même lorsqu'il était en congé. Coût estimé par le VG: 140 000 $. M. Hamelin était parfois le seul garde du corps en fonction. Lors d'un tournoi de golf, écrit le VG, il a décidé, contre les règles de déontologie policière, de participer audit tournoi. Or, «comme il a réussi un trou d'un coup, un prix valant 19 000 $ [une auto] lui a été remis».
Pour contredire les apparences et les rumeurs, Mme Thibault a diffusé un communiqué en fin d'après-midi hier où elle soutient «que le chef de la sécurité [Guy Hamelin] n'est pas et n'a jamais été son conjoint. Leur relation était strictement professionnelle et amicale». L'ancienne lieutenante-gouverneure est toujours mariée à René Thibault, qui habite la région de Montréal.
Pas d'enquête policière
Mme Thibault ne fera pas «pour l'instant» l'objet d'une enquête policière, a précisé hier le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier. Bien qu'il ait trouvé «troublant» et «choquant» le contenu des rapports, il a dit que «l'on n'en était pas encore là». Il convoquera donc une rencontre avec Mme Thibault afin «d'obtenir sa version des faits», après que des fonctionnaires du ministère du Conseil exécutif eurent fait «des vérifications supplémentaires» qu'il a décrites comme «très sérieuses». M. Pelletier n'a pas exclu la possibilité que le gouvernement décide par la suite de référer le dossier aux corps policiers: «Rien n'est impossible en soi, mais je peux vous dire que ce n'est pas un scénario que nous examinons en ce moment.» Selon lui, Mme Thibault — qui a été candidate libérale dans les années 80 — ne fait l'objet d'aucun traitement de faveur dû à son statut vice-royal — qui lui donne droit au titre d'honorable — puisque, a-t-il souligné, «personne n'est au-dessus des lois». Revenu Québec se penchera incessamment sur le cas de Mme Thibault, a précisé le ministre.
Réagissant au rapport, le leader parlementaire adéquiste Sébastien Proulx a réclamé que le procureur général du Québec se penche sur le dossier. Le porte-parole de l'opposition péquiste, Sylvain Simard, a fait pour sa part un lien entre la nomination de Mme Thibault en 1997 (par Jean Chrétien) et le scandale des commandites: «On est dans les mêmes eaux, on a nommé quelqu'un pour faire de la propagande. On ne s'est pas occupé de ce que ça coûtait.» Au gouvernement à l'époque, le PQ aurait dû être plus méfiant, a-t-il reconnu: «Nous avons accepté le fait que ses comptes n'étaient pas contrôlés. [...] nous avons continué une pratique qui n'est plus acceptable [...]. On a fait confiance, on a eu tort de faire confiance.»
Bonne foi et accommodements
Mme Thibault a écrit hier avoir «toujours agi en parfaite bonne foi en toutes circonstances». «Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis une personne honnête», a-t-elle écrit.
Elle s'est dite «satisfaite de constater» que le rapport soulève les lacunes des deux gouvernements dans l'accueil et l'accompagnement des lieutenants-gouverneurs. Selon elle, «les dépenses de 368 000 $ pour lesquelles des remboursements ont été obtenus respectaient les pratiques, les règles, les usages et la tradition s'appliquant aux lieutenants-gouverneurs au Canada». De plus, sa condition physique nécessitait des «mesures légitimes d'accommodement au plan du transport, de la sécurité et de l'accompagnement».
Elle insiste sur le fait qu'elle a beaucoup voyagé au Québec et rendu son poste très visible parce qu'elle souhaitait «servir mieux et autrement que par la seule signature des décrets et des lois». Tellement, en fait, que souvent Mme Thibault n'était pas disponible pour remplir le seul geste crucial de sa fonction, soit appliquer la sanction royale. Par exemple, en juin 2006, en pleine fin de session parlementaire, l'Assemblée nationale avait été contrainte de déléguer un de ses fonctionnaires à Bromont, dans un club de golf, pour que Mme Thibault sanctionne cinq projets de loi que la Chambre venait d'adopter. Le déplacement s'était fait aux frais des contribuables. Ce n'était pas la première fois qu'une telle situation se produisait. Mme Thibault a souvent apposé sa précieuse griffe à l'extérieur de la capitale et même sur un stationnement d'un Wal-Mart, comme une source à l'Assemblée l'a raconté au Devoir.
Nommée en janvier 1997, après la tempête qu'avait soulevée la nomination de Jean-Louis Roux, Mme Thibault avait raconté aux médias, peu après sa nomination, qu'elle avait «convoqué ses morts» pour que ces derniers l'assistent dans sa décision.
C'est une enquête des journalistes Mathieu Boivin et Serge Laplante, du Journal de Montréal, qui a attiré l'attention sur les dépenses inconsidérées de la lieutenante-gouverneure. Après la publication des premiers articles en février dernier, Mme Thibault avait répondu qu'elle n'avait pas à justifier ses dépenses. En 2006-07, Québec a consacré 1 163 000 $ en fonds publics au lieutenant-gouverneur alors que le fédéral a versé 147 400 $. Sans compter le salaire de 114 000 $ versé par le fédéral.
***
Avec la collaboration de Robert Dutrisac
C'est en effet le conseil exécutif qui a payé hier la facture de la firme de relations publiques Sphère Communication, laquelle a produit et diffusé un long communiqué par lequel Mme Thibault a cherché à répondre aux faits présentés par les vérificateurs généraux. Dans un courriel au Devoir, Mme Thibault a fait savoir, par l'entremise de sa relationniste France Bouffard de Sphère Communication, que c'est le secrétaire général du Conseil exécutif, Gérard Bibeau, qui lui a «permis de retenir les services de conseillers juridiques et d'affaires publiques, conformément aux principes d'équité et de justice qui doivent prévaloir en pareilles circonstances». Mme Thibault, qui a eu 68 ans le 2 avril, touche une prestation de 33 240 $ à titre d'ancienne lieutenante-gouverneure, sans compter d'autres revenus de retraite, notamment de l'époque où elle était à la tête de l'Office des personnes handicapées.
Selon le vérificateur général du Québec (VG) Renaud Lachance, elle devra rembourser d'importantes sommes. Lors du dépôt de son rapport spécial hier, M. Lachance a déclaré: «Dans le cas où Mme Thibault recevait une allocation pour couvrir ses frais d'hébergement et qu'elle demandait un remboursement au gouvernement fédéral pour cet hébergement, il est clair que cette somme-là doit être remboursée. Pour ce qui est des dépenses personnelles, je dirais qu'il est clair qu'elles devraient être remboursées.»
Dans leur rapport conjoint, les vérificateurs généraux ont pointé des sommes totalisant 700 000 $ sur un montant total de 1,7 million qui lui a été versé entre 1997 et 2007. Les vérificateurs ont mis en relief des dépenses de 239 000 $ «liées à des activités personnelles ou dont les pièces justificatives ne permettaient pas d'établir un lien avec les activités officielles» de Mme Thibault. De plus, Mme Thibault a réclamé au gouvernement fédéral 129 000 $ pour de l'hébergement et des repas alors que ce type de dépenses était déjà couvert par le gouvernement du Québec. Aussi, Mme Thibault a considéré comme un «supplément de rémunération» un montant de 343 200 $ alors qu'il était destiné à couvrir les dépenses engagées dans la Vieille Capitale.
Parmi les dépenses injustifiées, le vérificateur général souligne:
- un montant de 45 000 $ pour des cadeaux sans liste de personnes à qui ils ont été offerts;
- 44 000 $ pour des pourboires sans pièces justificatives laissés par les gardes du corps;
- 4000 $ pour souligner l'anniversaire d'un membre de la famille Thibault;
- 12 000 $ pour un aller-retour en avion dans le cadre d'une excursion de pêche jumelée à la visite d'un parc provincial;
- une surveillance déficiente quant à l'utilisation des cartes de crédit;
- des dépenses reliées à la pratique d'activités sportives, telle la rémunération d'un professeur de ski;
- utilisation des trois voitures de fonction à des fins personnelles, notamment pour des vacances aux États-Unis.
Golf et ski
Les vérificateurs ont aussi «relevé des situations problématiques» quant à la direction de la sécurité de Mme Thibault, qui était assumée depuis 1998 par Guy Hamelin, celui à qui elle a payé un loyer mensuel remboursé par le fédéral. Logeant chez M. Hamelin à Beaupré, donc à l'extérieur de la capitale, Mme Thibault pouvait réclamer un remboursement au gouvernement fédéral.
Le 4 novembre 1998, le gouvernement du Québec avait adopté un décret par lequel la responsabilité de la sécurité était transférée au personnel du cabinet du lieutenant-gouverneur. «Ce transfert s'accompagnait de crédits supplémentaires annuels de 185 000 $», écrit le VG.
M. Hamelin suivait Mme Thibault partout, même lors des journées où il n'y avait aucune activité inscrite à l'agenda, «ou encore dans le cadre d'activités sportives, golf ou ski, alors qu'un autre garde du corps était généralement en fonction au même moment». Mme Thibault lui avait demandé de travailler même lorsqu'il était en congé. Coût estimé par le VG: 140 000 $. M. Hamelin était parfois le seul garde du corps en fonction. Lors d'un tournoi de golf, écrit le VG, il a décidé, contre les règles de déontologie policière, de participer audit tournoi. Or, «comme il a réussi un trou d'un coup, un prix valant 19 000 $ [une auto] lui a été remis».
Pour contredire les apparences et les rumeurs, Mme Thibault a diffusé un communiqué en fin d'après-midi hier où elle soutient «que le chef de la sécurité [Guy Hamelin] n'est pas et n'a jamais été son conjoint. Leur relation était strictement professionnelle et amicale». L'ancienne lieutenante-gouverneure est toujours mariée à René Thibault, qui habite la région de Montréal.
Pas d'enquête policière
Mme Thibault ne fera pas «pour l'instant» l'objet d'une enquête policière, a précisé hier le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier. Bien qu'il ait trouvé «troublant» et «choquant» le contenu des rapports, il a dit que «l'on n'en était pas encore là». Il convoquera donc une rencontre avec Mme Thibault afin «d'obtenir sa version des faits», après que des fonctionnaires du ministère du Conseil exécutif eurent fait «des vérifications supplémentaires» qu'il a décrites comme «très sérieuses». M. Pelletier n'a pas exclu la possibilité que le gouvernement décide par la suite de référer le dossier aux corps policiers: «Rien n'est impossible en soi, mais je peux vous dire que ce n'est pas un scénario que nous examinons en ce moment.» Selon lui, Mme Thibault — qui a été candidate libérale dans les années 80 — ne fait l'objet d'aucun traitement de faveur dû à son statut vice-royal — qui lui donne droit au titre d'honorable — puisque, a-t-il souligné, «personne n'est au-dessus des lois». Revenu Québec se penchera incessamment sur le cas de Mme Thibault, a précisé le ministre.
Réagissant au rapport, le leader parlementaire adéquiste Sébastien Proulx a réclamé que le procureur général du Québec se penche sur le dossier. Le porte-parole de l'opposition péquiste, Sylvain Simard, a fait pour sa part un lien entre la nomination de Mme Thibault en 1997 (par Jean Chrétien) et le scandale des commandites: «On est dans les mêmes eaux, on a nommé quelqu'un pour faire de la propagande. On ne s'est pas occupé de ce que ça coûtait.» Au gouvernement à l'époque, le PQ aurait dû être plus méfiant, a-t-il reconnu: «Nous avons accepté le fait que ses comptes n'étaient pas contrôlés. [...] nous avons continué une pratique qui n'est plus acceptable [...]. On a fait confiance, on a eu tort de faire confiance.»
Bonne foi et accommodements
Mme Thibault a écrit hier avoir «toujours agi en parfaite bonne foi en toutes circonstances». «Ceux et celles qui me connaissent savent que je suis une personne honnête», a-t-elle écrit.
Elle s'est dite «satisfaite de constater» que le rapport soulève les lacunes des deux gouvernements dans l'accueil et l'accompagnement des lieutenants-gouverneurs. Selon elle, «les dépenses de 368 000 $ pour lesquelles des remboursements ont été obtenus respectaient les pratiques, les règles, les usages et la tradition s'appliquant aux lieutenants-gouverneurs au Canada». De plus, sa condition physique nécessitait des «mesures légitimes d'accommodement au plan du transport, de la sécurité et de l'accompagnement».
Elle insiste sur le fait qu'elle a beaucoup voyagé au Québec et rendu son poste très visible parce qu'elle souhaitait «servir mieux et autrement que par la seule signature des décrets et des lois». Tellement, en fait, que souvent Mme Thibault n'était pas disponible pour remplir le seul geste crucial de sa fonction, soit appliquer la sanction royale. Par exemple, en juin 2006, en pleine fin de session parlementaire, l'Assemblée nationale avait été contrainte de déléguer un de ses fonctionnaires à Bromont, dans un club de golf, pour que Mme Thibault sanctionne cinq projets de loi que la Chambre venait d'adopter. Le déplacement s'était fait aux frais des contribuables. Ce n'était pas la première fois qu'une telle situation se produisait. Mme Thibault a souvent apposé sa précieuse griffe à l'extérieur de la capitale et même sur un stationnement d'un Wal-Mart, comme une source à l'Assemblée l'a raconté au Devoir.
Nommée en janvier 1997, après la tempête qu'avait soulevée la nomination de Jean-Louis Roux, Mme Thibault avait raconté aux médias, peu après sa nomination, qu'elle avait «convoqué ses morts» pour que ces derniers l'assistent dans sa décision.
C'est une enquête des journalistes Mathieu Boivin et Serge Laplante, du Journal de Montréal, qui a attiré l'attention sur les dépenses inconsidérées de la lieutenante-gouverneure. Après la publication des premiers articles en février dernier, Mme Thibault avait répondu qu'elle n'avait pas à justifier ses dépenses. En 2006-07, Québec a consacré 1 163 000 $ en fonds publics au lieutenant-gouverneur alors que le fédéral a versé 147 400 $. Sans compter le salaire de 114 000 $ versé par le fédéral.
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Avec la collaboration de Robert Dutrisac
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