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Lacroix s'en prend à l'AMF

François Desjardins   1 juin 2007  Justice
Vincent Lacroix
Vincent Lacroix
Ayant pour la première fois l'occasion de contre-interroger le principal témoin à son procès, Vincent Lacroix a tout simplement contourné hier les 51 chefs d'accusation qui pèsent sur lui pour revenir sur un de ses arguments fétiches, à savoir que les déboires de Norbourg sont en partie liés à une transaction avec la Caisse de dépôt et placement survenue en 2003.
Soupçonné par l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'avoir orchestré un énorme détournement de 115 millions à même l'épargne de 9200 investisseurs, M. Lacroix a vite fait de laisser tomber le contre-interrogatoire de l'expert juricomptable à la faveur d'une longue «mise en contexte» dont le but était d'évoquer les problèmes «hérités» de la Caisse. M. Lacroix, qui se défend seul, se fait reprocher d'avoir effectué 137 «retraits irréguliers» dans la presque totalité des 29 fonds de placement dont l'argent était déposé chez le gardien des valeurs, Northern Trust. Pour chacun des 51 chefs d'accusation, l'AMF réclame la peine maximale, soit une peine de cinq ans moins un jour et une amende de cinq millions. Le procès se déroule devant juge seulement.

Pendant deux semaines, François Filion, qui travaille pour la firme Leclerc juricomptable et a cosigné le rapport d'enquête, a avancé une preuve plaçant M. Lacroix au centre de l'opération et lui prêtant l'intention d'avoir tenté de brouiller les pistes grâce à une multitude impressionnante de transferts interbancaires.

Or M. Lacroix, qui a tendance à faire de longs détours lorsqu'il tente d'établir des arguments, n'a pas perdu de temps hier avant de mettre sur pied un procès parallèle au sien.

Lorsque Norbourg a fait l'acquisition des Fonds Évolution auprès de Capital Teraxis, une société détenue par la Caisse à 80 %, a dit M. Lacroix, il n'a fallu que quelques semaines pour constater qu'il manquait de l'argent dans cinq des 21 fonds. Alors que des relevés de Trust Banque Nationale présentaient un actif de 19 millions dans les cinq fonds Perfolio au 31 mars 2004, le transfert des sommes chez Northern Trust au 31 avril 2004 a soudainement révélé un solde négatif de un million, a-t-il allégué.

«Comment on peut justifier autant de retraits irréguliers si on a hérité un trou de la Caisse?», s'est demandé M. Lacroix devant le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec. D'autant plus qu'au moment où l'AMF a approuvé la transaction, a-t-il ajouté, des enquêteurs avaient les mains dans les Fonds Évolution inc. dans le cadre d'un examen de l'industrie sur des pratiques interdites.

«À voir certains états de compte, il y a déjà des trous qui auraient dû allumer des lumières quelque part», a dit l'ancien président de Norbourg. Aux yeux de M. Lacroix, si l'AMF a approuvé la transaction en dépit de problèmes dans les Fonds Évolution, c'est en raison des «liens étroits» qui existent entre la Caisse de dépôt et l'AMF. «Avez-vous parlé à la Caisse?», a-t-il demandé au juricomptable. «Avez-vous parlé à Michel Fragasso [président de Teraxis, devenu cadre chez Norbourg]? Vous a-t-il parlé des problèmes avec Fonds Évolution?»

Le juge Leblond, dont le souci d'un procès équitable entraîne souvent des explications à l'intention de M. Lacroix, a semblé préoccupé par le soudain dérapage du procès, compte tenu des 51 chefs qui portent sur la manipulation des fonds et la falsification de documents. «Vous semblez vous orienter vers un débat sur la négligence de l'AMF», a-t-il dit à M. Lacroix. «Or le rapport... C'est pas en faisant dévier le procès vers un sujet qui pourrait faire en sorte de rouvrir la requête sur le conflit d'intérêts que ça rend la "négligence" de l'AMF pertinente», a-t-il ajouté.

Cette référence au «conflit d'intérêts» a trait au fait que l'AMF est non seulement poursuivante dans la présente cause mais également au banc des accusés dans le cadre d'un recours collectif mis sur pied par des investisseurs floués. Ceux-ci l'accusent de n'avoir rien vu chez Norbourg et d'avoir réagi trop lentement une fois qu'elle a constaté les problèmes. Avant le procès, M. Lacroix avait donc déposé une requête soulevant que l'AMF se trouvait dans l'impossibilité de le poursuivre. Le juge avait suspendu la requête.

Démentis à la Caisse et à l'AMF

L'AMF a fait peu de cas hier du contenu du contre-interrogatoire de l'ancien président de Norbourg, aujourd'hui en faillite mais toujours dans une maison de la Rive-Sud qui aurait été achetée avec l'argent des investisseurs. «Vincent Lacroix a fait toutes sortes d'allégations dans le but de faire diversion», a affirmé le porte-parole de l'AMF, Frédéric Alberro. «Ce sont des allégations qui n'ont aucune pertinence avec les accusations portées contre lui et qui ne changent rien à la faute commise envers les 9200 victimes.»

Du côté de la Caisse, on rejetait aussi les allégations «gratuites» de M. Lacroix. «C'est Teraxis qui a fait les démarches de vente, la Caisse était un investisseur», a dit Lucie Frenière, porte-parole à la Caisse. «M. Lacroix parle d'un "trou", or les états de Capital Teraxis étaient vérifiés et rien n'avait été porté à notre attention comme quoi il y avait des irrégularités. De plus, M. Lacroix, à titre d'acheteur, avait la responsabilité d'analyser ça, et rien ne nous indique qu'il a vu des irrégularités lui-même quand il a acheté.»

M. Frenière a dit que la Caisse ne gérait pas les fonds pour Capital Teraxis. «Les Fonds Évolution étaient gérés par des grands noms, comme Jarislowski Fraser, Montrusco Bolton, Addenda Capital, etc. Il y avait donc une série de gestionnaires qui géraient ces fonds-là et qui devaient respecter les exigences réglementaires.»

Le contre-interrogatoire mené par M. Lacroix avait commencé lentement. Première question: «M. Filion, connaissez-vous bien l'industrie des services financiers?» Tentant de miner la crédibilité du juricomptable, M. Lacroix lui a ensuite posé une série de questions très pointues sur le fonctionnement interne d'une firme de placement de même que sur certains montants apparaissant sur des documents qui n'avaient jusqu'à maintenant pas été déposés en preuve.

Les 51 chefs d'accusation qui pèsent sur M. Lacroix découlent de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec. Puisque la GRC fait elle aussi enquête dans l'affaire, il n'est pas impossible que des accusations criminelles viennent un jour s'ajouter.






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  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 08h11
    Toujours libre!!
    « Ca fait maintenant deux ans que ses crimes ont été révélés au public.

    Ca fait maintenant deux ans que 9000 épargnants, ainsi que leur famille immédiate soit environ 30,000 personnes, broient du noir, dorment mal, ayant vu une partie importante des économies d'une vie, voire toute leur économie, disparaitre du jour au lendemain.

    Comment expliquer que pareil individu soit toujours libre, deux ans après la révélation de ses crimes? Comment pareil individu peut encore se pavaner partout en ville sans la moindre contrainte?

    On parle d'une réforme de notre système de santé. Mais que dire de notre système de Justice, pourri par la Charte Trudeau? »

  • Gilles Viel
    Inscrit
    vendredi 1 juin 2007 11h14
    Il n'y a pas de fumée sans feu!
    « A l'épargnant qui me lira sur le scandale financier Norbourg!
    Jusqu'à ce jour, le scénario qui nous est présenté est un manufacturier Québécois Norbourg (NGA), né en 1998 dans l'esprit du rapport Rosaire Morin sur l'état d'exportation des épargnes québécoises et dont la direction jumelé au comité de gestion, tel qu'indiqué au rapport annuel 2004 des Fonds Évolution affichaient tous publiquement un lien antérieur assez étroit à la Caisse (CDPQ). On apprend cependant depuis le fameux Jeudi 25 août 2005 12.15 que:
    #1 la direction de Norbourg ayant acquis les Fonds Évolution de la Caisse le 19 décembre 2003,le tout approuvé en début janvier 2004 par l'ex-CVMQ(AMF) aurait détourné délibérement des épargnes appartenant légalement par fiducie aux porteurs de parts inscrits et ayant fait confiance à la Caisse. Plus est ils auraient falsifié des rapports, manipulés des données, endormis les vérificateurs et chloroformés les gardiens et fiduciaires de nos épargnes jadis confiées en toute confiance à la Caisse;
    #2 L'AMF a arrêté l'hémorragie Norbourg le 25 août 2005 faisant découvrir toute l'horreur du scandale Norbourg des derniers 19 mois suivant la transaction de la Caisse et dont les épargnants, tels des enfants innocents, se retrouvaient bien malgré eux touchés au sein de cette nouvelle "famille reconstituée" par les autorités du pays.
    #3 Un recours collectif légalement approuvé est en cours pour faire le point sur toute cette affaire et surtout remettre les pendules à l'heure pour les épargnants en leur permettant de retrouver, "In GOD we trust", 100% de la valeur des fonds transférés à Norbourg
    #4 L'AMF, autorité suprême en son domaine intente légalement et de bon droit une poursuite comprenant 51 chefs d'accusation contre le président déchu Vincent Lacroix.

    Soit, tout semble se déroulé selon un scénario d'une action en dommages réels suite à une "une vente d'une bagnole à un ancien juge dont ce dernier serait le seul et le grand responsable pour les troubles occasionnés à des pauvres gens innocents par sa conduite immorale et irresponsable."

    Au scénario qui nous est présenté en ce moment, il faudrait remonter dans le temps pour le bénéfice tant des épargnants frustrés de leurs avoirs que pour les québécois épargnants.
    Ainsi depuis août 2005, le commun des mortels intéressé à ce dossier aura appris ou compris via divers médias que:
    #1 Norbourg et sa direction faisait ou aurait pu faire l'objet de sérieuses inspections en tant que manufacturier naissant recevant depuis 1998 des épargnes québécoises;
    #2 Norbourg gestionnaire d'actifs s'est vu confié depuis l'an 2000 de la part du Groupe Desjardins des actifs forts importants de plusieurs millions et aucune vérification rigoureuse de type "inspection de caisse dans les règles de l'art à la Desjardins" ne semble avoir été faite;
    #3 NGA via son président avait été bloqué apprend t-on en début 2001 par la CVMQ(AMF) dans une tentative de sauvetage de la firme Maxima Capital. La raison? La CVMQ enquêtait sur la provenance des fonds injectés par Lacroix - ce qu'elle est en droit de demander. C'était suffisant pour déclencher une enquête selon de chevronnés professionnels interrogés.
    #4 La direction de la Caisse a en début 2003 exigé que son bras financier Capital Teraxis, dont elle était co-propriétaire à 80% soit totalement démantelé et ce, bien entendu sous le sceau de la confidentialité.

    LES QUÉBÉCOIS SONT EN DROIT D'AVOIR RÉPONSE À DES QUESTIONS;
    #1 QUE S'EST IL DIT OU FAIT ENTRE JANVIER ET DÉCEMBRE 2003 SOUS LE SCEAU DE LA CONFIDENTIALITÉ À LA CAISSE?
    #2 QUELS SONT LES SOUMISSIONNAIRES QUI SE SONT PRÉSENTÉS POUR ACHETER CAPITAL TERAXIS ET SES COMPOSANTES?
    #3 QUI PARMI EUX FUT RETENU COMME ACHETEUR POTENTIEL?
    #4 COMMENT S'EST ALORS DÉROULÉ LE DUE DILIGENCE DE 90 JOURS DES FONDS ÉVOLUTION, FONDS DONT LES ÉTATS FINANCIERS ÉTAIENT VÉRIFIÉS EN BONNE ET DUE FORME, ÉTAIENT GÉRÉS PAR DES FIRMES RENOMMÉES ET ÉTAIENT ENTRE LES MAINS D'UN FIDUCIAIRE NOTOIREMENT RECONNU EN CETTE PROVINCE?
    #5 POURQUOI Y A T IL EU UNE PROLONGATION AU 31 AOÛT 2003 DU DUE DILIGENCE (INSPECTION)? ET QU'AURAIENT DÉCOUVERT LES INSPECTEURS DU DIT SOUMISSIONNAIRE DURANT CE DUE DILIGENCE?
    #6 POURQUOI APRÈS LE RETRAIT DE CE MANUFACTURIER ACHETEUR, AUCUN AUTRE DES MANUFACTURIERS ANTÉRIEURS NE S'EST INTÉRESSÉ ET/OU N'A ÉTÉ APPROCHÉ QUANT À L'ACHAT DES FONDS ÉVOLUTION, NE SERAIT QU'À SA COQUILLE LÉGALE?
    #7 POURQUOI AVOIR RETIRÉ LE MANDAT DE VENDRE À LA DIRECTION DE CAPITAL TERAXIS ET DE L'AVOIR CONFIÉ À UNE AMIE DE LA CAISSE DONT LE SEUL CLIENT AURA ÉTÉ NORBOURG?
    #8 POURQUOI NGA, REFUSÉ EN 2001 PAR LA CVMQ DANS LA TRANSACTION DE MAXIMA CAPITAL A EU LA BÉNÉDICTION D'ACHAT PAR LA MÊME CVMQ/AMF EN JANVIER 2004?
    #9 EST CE QUE TOUT AU COURS DU PROCESSUS DE LA VENTE DE "CETTE BAGNOLE AVEC SES NOMBREUX PASSAGERS", EN HAUT LIEU ON S'EST JUSTEMENT PRÉOCCUPÉ DE LA SÉCURITÉ TANT DES PASSAGERS QUE DES VICTIMES FUTURES D'UN ACCIDENT POTENTIELLEMENT RÉALISABLE CONSIDÉRANT TANT L'ÉTAT DE LA BAGNOLE QUE LES ANTÉCÉDANTS DÉTECTABLES DU NOUVEAU PROPRIÉTAIRE?

    Et là, Lacroix nous parle de "liens étroits entre gens de Haut Lieu, de trous financiers importants dans les fonds Évolution lors du transfert de la Caisse à NGA" et quoi d'autres apprendrons-nous dans toute cette saga?

    Pour avoir le coeur net dans toute cette affaire, il faut, en plus du recours collectif par les épargnants et de la poursuite de l'AMF contre Lacroix, absolument faire toute la lumière dans le dossier Norbourg . Pour ce, seule UNE ENQUÊTE PUBLIQUE doit être mise en place.
    Une ENQUÊTE PUBLIQUE pour non seulement les 10000 épargnants touchés bien malgré eux, mais surtout au nom des 7.5 millions de Québécois qui sont en mode D'ADHÉSION CONFIANCE TOTALE à l'égard de leurs institutions dirigeantes de ce pays.
    En ce sens, la demande faite à l'assemblée nationale en mai 2006 par l'Association des victimes de Norbourg est toujours de rigueur.

    Il n'y a pas de fumée sans feu et, à ce que je sache dans "le grave accident impliquant la pseudo bagnole vendue légalement par des supposés bons pères de famille à des dirigeants aux cv ex-La Caisse/CVMQ, il y avait à ce que je sache comme passagers embarqués malgré eux, des gens bien de chez-nous, tout en confiance justement envers les bons pères de famille de ce monde."

    C'est bien à regret que j'ai lu et relu ce propos qui suit parlant de la responsabilité de la Caisse de dépôt dans la vente de Teraxis à Norbourg: "J'ai vendu une bagnole à un ancien juge. S'il a un accident avec qu'il s'arrange avec ses troubles". Tout simplement inadmissible et irrespectueux pour des gens de ce pays qui font confiance en leurs dirigeants et embarquent en toute confiance à titre de passagers dans les "bagnoles de nos institutions dirigeantes."

    Une enquête publique s'avère nécessaire ne serait ce que pour laver notre linge sale en famille n'est ce pas?

    Gilles Viel
    épargnant de Québec »

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