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Affaire Lizotte - Le policier Stante aurait frappé la victime à au moins quatre ou cinq reprises

Brian Myles   18 mai 2002  Justice
Des yeux remplis de colère, les mains crispées, une irrésistible envie de se masturber devant les jolis minois du Pizzédélic et du Shed Café. Jean-Pierre Lizotte affichait un comportement pour le moins dégoûtant le soir de son arrestation. Mais les gestes les plus surprenants allaient venir du policier Giovanni Stante en cette nuit fatidique du 5 septembre 1999.

Pendant que le portier du Shed, Steve Deschâtelets, immobilisait Lizotte par derrière, l'agent Stante lui a asséné «quatre ou cinq coups [de poing] très rapides», a témoigné hier Jonathan Brien, qui était gérant au Pizzédélic au moment des faits. «Tout le monde était sous le choc», a-t-il dit. Même le partenaire de Stante semblait surpris, selon le souvenir de Brien. Deschâtelets a relâché son étreinte sur Lizotte aussitôt la cascade de coups de poing terminée. Lizotte s'est affaissé. Il avait les jambes molles lorsque les deux policiers l'ont conduit dans la voiture de patrouille.


La version de Brien confirme à peu de chose près celle d'Aline Russo, une jeune femme attablée à la terrasse du Shed avec des amis. Elle a fait part la semaine dernière de sa stupéfaction, partagée par les clients, quand Stante s'est mis à frapper l'itinérant exhibitionniste au visage, à répétition. Des voix de désapprobation se sont élevées. «Arrêtez», «Abus de pouvoir», «Y ont pas le droit», a entendu Brien. «Je pensais qu'il y aurait un début d'émeute», a-t-il dit.


Le partenaire de Stante, Sylvain Fouquet, a livré cette semaine une version radicalement différente. Oui, Stante a asséné des coups de poing à Lizotte. Mais pas plus que deux. Et avant que Deschâtelets ne le maîtrise.


Le témoignage de Brien confirme que Lizotte s'est présenté sur le boulevard Saint-Laurent branché dans un sale état. Une serveuse du Pizzédélic a cédé à la panique lorsqu'il s'est mis à se masturber devant elle. En venant à son secours, Brien a fait la rencontre d'un personnage qui lui inspirait la peur. Lizotte avait l'air d'un bagarreur sous l'influence de la drogue. Brien a réussi à le pousser jusqu'à l'extérieur du restaurant. Lizotte s'est aussitôt rendu sur la terrasse du Shed, où il a répété ses gestes. C'est là que Deschâtelets a cloué Lizotte au sol avec l'aide de Brien, jusqu'à l'arrivée des policiers. Mais ceux-ci ont omis de lui passer les menottes, si bien que Lizotte est retourné faire du chahut sur la terrasse. Dans l'intervention musclée qui a suivi, l'itinérant a subi des lacérations à la moelle épinière qui l'ont plongé dans la paralysie. Il est décédé des suites d'une pneumonie en lien direct avec ces dommages, selon le rapport médicolégal.






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