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Michel Jalbert recouvre la liberté

15 novembre 2002  Justice
Bangor, Maine - Michel Jalbert a finalement été libéré de la prison du Maine où il était incarcéré hier après-midi et s'est ensuite dirigé vers le Canada.

M. Jalbert a pu quitter la prison peu après 15h pour être d'abord emmené à la frontière canado-américaine au poste de Clair, au Nouveau-Brunswick, situé à 50 kilomètres à l'ouest d'Edmundston.

Michel Jalbert a quitté sa cellule en signant une reconnaissance de présence illégale aux États-Unis. Cependant, un tel aveu pourrait nuire à la conduite ultérieure de sa cause devant le tribunal puisqu'il reconnaîtrait ainsi une certaine culpabilité.

Le procureur québécois qui travaille à sa défense, Jean-Pierre Rancourt, estime que son client n'avait pas le choix de procéder ainsi. «Si on ne veut pas rester encore 40 jours en prison, on doit signer ce document-là», a expliqué Me Rancourt.

Toutefois, «ça ne m'inquiète pas», a-t-il confié. Me Rancourt a indiqué qu'au retour devant le tribunal, en janvier ou février 2003, la défense invoquera l'obligation de signer ce document pour pouvoir permettre à son client de quitter les États-Unis. «Ce sera facile d'indiquer au jury qu'on a dû le faire avec le couteau sous la gorge parce que, sans ça, on restait en prison.»

Plus tôt hier, les procureurs fédéraux américains ont décidé de retirer l'appel du jugement rendu la veille et permettant à Michel Jalbert de recouvrer sa liberté.

Devant le tribunal, à Bangor, M. Jalbert avait enregistré un plaidoyer de non-culpabilité aux trois chefs d'accusation portés contre lui. Son père avait accepté de payer la caution de 5000 $US afin qu'il soit libéré.

M. Jalbert est accusé d'être entré illégalement aux États-Unis, il y a un mois, d'avoir été en possession d'un fusil de chasse et d'être un criminel en possession d'une arme à feu. Il avait traversé la frontière pour faire le plein d'essence à moindre coût, planifiant un week-end de chasse. S'il est reconnu coupable, il est passible d'une peine d'emprisonnement de dix ans.

Joint par téléphone, son père, Gérard Jalbert, s'est dit heureux et soulagé de la libération de son fils. «C'est un pas de fait», grâce aux médias et «aux députés qui ont bien voulu s'en occuper», a-t-il souligné.

M. Jalbert, qui avait l'habitude de passer quelques semaines de vacances aux États-Unis l'hiver, avoue que l'expérience de son fils lui a laissé un goût amer. «Avant ça, j'allais me promener aux États-Unis une couple de mois. Cette année, je n'irai pas aux États-Unis leur donner 10 000 $ en argent encore.»
 
 
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