Kane mordait à pleines dents dans la vie
L'agent-source Dany Kane n'affichait pas les signes d'une personnalité suicidaire quelques jours avant de s'enlever la vie par asphyxie au monoxyde de carbone, le 7 août 2000, dans le garage de sa résidence.
Trois ou quatre jours avant de se suicider, il avait joint sa soeur pour lui annoncer qu'il toucherait sous peu une gros somme d'argent, sans lui en dire davantage. Le principal artisan de l'opération Printemps cachait mal son enthousiasme à l'idée d'empocher les 1,75 million de dollars que lui avait consentis la Sûreté du Québec (SQ) pour ses services d'agent-source.
Avant de signer un contrat pour infiltrer les Hells Angels, le 14 mars 2000, Kane avait d'ailleurs manifesté un vif intérêt pour la sécurité et l'enrichissement de sa personne.
Les notes des policiers révèlent que le jeune motard de 31 ans était animé par la cupidité. Lors de ses négociations avec la SQ, il a réclamé deux millions de dollars pour sa collaboration ainsi qu'un salaire hebdomadaire de 5000 $. Kane a finalement accepté une contre-offre de 1,75 million, un boni à la signature de 63 000 $ et une paie de 2000 $ par semaine.
Kane n'a jamais touché les 1,75 million puisqu'il s'est suicidé avant le raid policier du printemps 2001. Il aurait reçu son magot en trois tranches à peu près égales après l'arrestation des Hells, après l'enquête préliminaire et au terme du mégaprocès. On ignore si les sommes ont été redistribuées dans sa famille après sa mort. Toujours est-il que Kane était soucieux de savoir ce qui adviendrait de sa fortune s'il était assassiné pendant l'enquête. Le policier Gaétan Legault se souvient d'avoir abordé ce sujet avec le membre en règle des Rockers, mais sans plus.
Tous les passages du contrat d'agent-source de Dany Kane portant sur les mesures de sécurité à son égard sont «caviardés», a déclaré la procureure de la Couronne, Madeleine Giauque.
Ces omissions ne cessent d'intriguer l'avocat de la défense, Jacques Bouchard, dans le procès pour trafic de drogue, complot pour meurtre et gangstérisme de 17 présumés membres ou associés des Hells Angels. Me Bouchard a le beau jeu d'exposer toutes ces zones grises pour laisser planer un doute sur le suicide de Dany Kane. La tactique a forcé l'intervention de Me Giauque. «Il faudrait être extrêmement prudent devant le jury. Il y a des choses, pour les raisons de sécurité que l'on sait, qui ne peuvent pas être transmises à tout le monde», a-t-elle dit. Le policier Legault s'est malgré tout engagé à trouver une copie intégrale du contrat de Kane d'ici la reprise des audiences, mardi.
Le contre-interrogatoire du policier Legault a permis de préciser la duplicité de Kane et des forces policières. Le tueur à gages des Rockers a commis deux meurtres, en 1996 et 1997, alors qu'il agissait à titre d'informateur pour la GRC. De novembre 1994 à avril 1997, il a touché 258 340 $ de la police fédérale pour services rendus. La SQ savait que Kane avait les mains tachées avant de le recruter comme agent-source. En octobre 1999, il collaborait déjà avec les policiers de l'escouade régionale mixte de Montréal. Ses contrôleurs l'ont avisé qu'il ne pourrait plus commettre de crimes sans leur consentement. Les motards vivent constamment dans la violence, a répliqué Kane. Les Rockers doivent se faire respecter et démontrer constamment qu'ils ont le pouvoir.
Trois ou quatre jours avant de se suicider, il avait joint sa soeur pour lui annoncer qu'il toucherait sous peu une gros somme d'argent, sans lui en dire davantage. Le principal artisan de l'opération Printemps cachait mal son enthousiasme à l'idée d'empocher les 1,75 million de dollars que lui avait consentis la Sûreté du Québec (SQ) pour ses services d'agent-source.
Avant de signer un contrat pour infiltrer les Hells Angels, le 14 mars 2000, Kane avait d'ailleurs manifesté un vif intérêt pour la sécurité et l'enrichissement de sa personne.
Les notes des policiers révèlent que le jeune motard de 31 ans était animé par la cupidité. Lors de ses négociations avec la SQ, il a réclamé deux millions de dollars pour sa collaboration ainsi qu'un salaire hebdomadaire de 5000 $. Kane a finalement accepté une contre-offre de 1,75 million, un boni à la signature de 63 000 $ et une paie de 2000 $ par semaine.
Kane n'a jamais touché les 1,75 million puisqu'il s'est suicidé avant le raid policier du printemps 2001. Il aurait reçu son magot en trois tranches à peu près égales après l'arrestation des Hells, après l'enquête préliminaire et au terme du mégaprocès. On ignore si les sommes ont été redistribuées dans sa famille après sa mort. Toujours est-il que Kane était soucieux de savoir ce qui adviendrait de sa fortune s'il était assassiné pendant l'enquête. Le policier Gaétan Legault se souvient d'avoir abordé ce sujet avec le membre en règle des Rockers, mais sans plus.
Tous les passages du contrat d'agent-source de Dany Kane portant sur les mesures de sécurité à son égard sont «caviardés», a déclaré la procureure de la Couronne, Madeleine Giauque.
Ces omissions ne cessent d'intriguer l'avocat de la défense, Jacques Bouchard, dans le procès pour trafic de drogue, complot pour meurtre et gangstérisme de 17 présumés membres ou associés des Hells Angels. Me Bouchard a le beau jeu d'exposer toutes ces zones grises pour laisser planer un doute sur le suicide de Dany Kane. La tactique a forcé l'intervention de Me Giauque. «Il faudrait être extrêmement prudent devant le jury. Il y a des choses, pour les raisons de sécurité que l'on sait, qui ne peuvent pas être transmises à tout le monde», a-t-elle dit. Le policier Legault s'est malgré tout engagé à trouver une copie intégrale du contrat de Kane d'ici la reprise des audiences, mardi.
Le contre-interrogatoire du policier Legault a permis de préciser la duplicité de Kane et des forces policières. Le tueur à gages des Rockers a commis deux meurtres, en 1996 et 1997, alors qu'il agissait à titre d'informateur pour la GRC. De novembre 1994 à avril 1997, il a touché 258 340 $ de la police fédérale pour services rendus. La SQ savait que Kane avait les mains tachées avant de le recruter comme agent-source. En octobre 1999, il collaborait déjà avec les policiers de l'escouade régionale mixte de Montréal. Ses contrôleurs l'ont avisé qu'il ne pourrait plus commettre de crimes sans leur consentement. Les motards vivent constamment dans la violence, a répliqué Kane. Les Rockers doivent se faire respecter et démontrer constamment qu'ils ont le pouvoir.
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