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Harper veut des juges qui pensent comme lui

15 février 2007  Justice
Stephen Harper
Photo : Agence Reuters
Stephen Harper
Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper a confirmé hier les «pires soupçons» des libéraux fédéraux et d'une bonne partie de la communauté juridique en reconnaissant qu'il modifiait le mode de sélection des juges afin que ceux-ci mettent en application l'ordre du jour conservateur. Sa déclaration a déclenché une tornade de critiques, sans compter que certains ont vite fait d'y voir un lien avec celles, émises en campagne électorale l'an dernier, selon lesquelles la fonction publique et les tribunaux étaient tellement libéraux qu'ils agiraient comme autant de remparts contre son administration. Pour la troisième journée consécutive, les changements apportés par les conservateurs au processus de sélection des juges ont occupé une bonne partie de la période de questions à la Chambre des communes. Dès l'ouverture des hostilités parlementaires, Stephen Harper a donné une réponse qui a soufflé tout le monde.

«Nous voulons nous assurer que nous adoptons des lois qui s'attaquent à la criminalité et rendent nos rues et nos communautés plus sûres. Nous voulons faire en sorte que le choix de nos juges corresponde à ces objectifs», a-t-il déclaré en anglais. Il n'en fallait pas plus pour que le député libéral Michael Ignatieff bondisse. «Le premier ministre a confirmé nos pires soupçons sur cette question.» Les libéraux reprochent aux conservateurs d'avoir nommé une majorité de sympathisants aux comités de sélection des juges afin d'influer sur le type de magistrats qu'on nommera.

M. Harper est alors revenu à la charge en français, avec une réponse similaire mais légèrement modifiée. «Ce gouvernement a établi un processus bien indépendant, avec la participation de plusieurs voix, y compris la voix de la police, qui doit renforcer nos droits. C'est important pour notre gouvernement de sélectionner des juges de haute qualité, ce qui va nous aider à maintenir nos rues et nos collectivités plus sûres et plus sécuritaires.»

Les trois partis d'opposition ont été unanimes à condamner sans retenue le premier ministre. «Le chat sort du sac!», s'est indiqué le chef bloquiste, Gilles Duceppe, à sa sortie de la Chambre. «On fait en sorte de trouver par les mécanismes qu'on met en place des personnes qui vont tout à fait appliquer le genre de politiques que l'on propose», a-t-il dit en établissant un lien avec ce qui se fait aux États-Unis. «Quand Bush est entré, il a choisi des juges qui seraient contre l'avortement, qui seraient contre l'égalité des femmes, qui seraient contre tout ce qu'il y a de progressif, exactement ce que Harper fait: c'est appliquer en justice le même modèle républicain de droite qu'il applique au niveau de l'environnement.»

Au NPD, on parle de position «inacceptable». «Il a dit qu'il pense que les juges doivent être d'accord avec les buts du gouvernement», a lancé le critique du NPD, le député Joe Comartin. Michael Ignatieff a ajouté que, selon lui, «le premier ministre est en train de remettre en question l'impartialité de la magistrature en disant explicitement à la Chambre des communes qu'il cherche des juges qui appuient sa doctrine sur la justice criminelle. Ce n'est pas comme ça que le gouvernement du Canada doit marcher. C'est une erreur capitale».

Les critiques se sont aussi fait entendre du côté des associations juridiques. Au Barreau du Québec, on s'insurge contre cette sortie «assez bouleversante». «Le gouvernement nous annonce qu'il y aura du profilage et il le dit fortement», a lancé le bâtonnier du Québec, Stéphane Rivard, qui, à la blague, a félicité le premier ministre pour son «honnêteté».

Me Rivard déplore que M. Harper confonde les rôles respectifs de la police et des juges. En outre, il a rappelé qu'à peine 20 % des juges nommés par Ottawa seront appelés à présider des causes de nature criminelle. «C'est inapproprié de dire que la sélection des juges doit maintenir l'objectif de réduction de la criminalité parce que c'est très réducteur.»

Le président de l'Association du Barreau canadien, Parker McCarthy, estime, tout comme Me Rivard, que cette déclaration du premier ministre «confirme» ses pires craintes en ce qui a trait aux changements apportés au mode de sélection des juges.

«Les commentaires du premier ministre creusent un fossé par rapport aux attentes des Canadiens envers les juges, a-t-il dit. S'ils sont appelés à comparaître devant un tribunal, les Canadiens veulent l'assurance qu'ils jouiront de la protection d'un juge sans préjugés, qui n'a pas déjà son idée toute faite sur leur cause. S'ils ne croient pas que les juges sont sans préjugés, cela ébranle leur confiance dans l'équité du système de justice.» Selon M. McCarthy, «la division entre l'exécutif, ou gouvernement, et le judiciaire s'estompe de façon fondamentale», ce dont tout le monde devrait se préoccuper.

À l'origine de toute cette controverse se trouve un changement apporté l'automne dernier par le gouvernement fédéral aux comités consultatifs recommandant à Ottawa des candidatures pour les postes de juge. À l'origine composés de sept membres, ces comités en comprendront désormais huit puisqu'on y ajoute une personne issue des rangs policiers. Pour éviter les votes à égalité, le représentant de la magistrature a perdu son droit de vote.

Par conséquent, ce sont désormais les personnes nommées par le gouvernement fédéral (et non plus celles nommées par le Barreau ou la magistrature) qui y détiennent la majorité. Or le Globe and Mail a révélé cette semaine qu'une majorité des membres nommés par Ottawa étaient des proches du Parti conservateur, certains ayant été candidats aux élections, d'autres, chefs de cabinet ministériel.

Les commentaires de M. Harper hier ont vite été assimilés à ceux faits en toute fin de campagne électorale l'an dernier, selon lesquels les Canadiens ne devaient pas craindre une majorité conservatrice parce que les conservateurs ne jouiraient jamais d'une véritable majorité.

«Je peux vous dire qu'il n'y a pas vraiment de majorité conservatrice [possible]», avait-il dit lors de son passage en Beauce. «Il y a un Sénat libéral, des cours nommées par les libéraux et une bureaucratie nommée par les libéraux. Même avec une majorité, c'est impossible d'avoir une majorité absolue pour les conservateurs.» Plusieurs analystes avaient conclu que cette déclaration avait probablement coûté sa majorité à Stephen Harper en ravivant les craintes au sujet de ses prétendues intentions cachées. «L'an passé, en campagne, il disait qu'il y a des contrepoids, entre autres les juges. Alors là, il s'arrange pour choisir les juges. C'est véritablement ça qu'il fait», a rappelé Gilles Duceppe.

Les libéraux ont par ailleurs fait écho aux propos de l'ex-juge de la Cour suprême du Canada, Claire L'Heureux-Dubé, rapportés dans Le Devoir hier, selon lesquels les changements apportés conduisaient à l'américanisation du système judiciaire canadien. «Quelle sera la prochaine étape du plan conservateur? L'élection des juges comme aux États-Unis?», a demandé la députée Lucienne Robillard. Elle a réclamé un débat public sur la question. Le premier ministre a saisi la balle au bond en reprochant à l'opposition de politiser le dossier. «Il est évident que le Parti libéral veut rendre politique le processus de nomination des juges. Le Parti libéral tourne cette question en débat politique. Ce n'est pas en Chambre des communes qu'on doit choisir les juges.»






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  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 15 février 2007 01h16
    Les clowns paranoïaques
    « Je suis consternée et je le suis sur une base régulière depuis l'élection de M. Harper. Cela a débuté avec sa position dans le conflit israélo-libanais, puis on a eu le refus de respecter Kyoto, l'affaire des avions, les brèches dans le bilinguisme à la défense nationale, une publicité pré-électorale vulgaire, typiquement américaine, le registre des armes à feu, le renversement du fardeau de la preuve pour les crimes graves, une tendance lourde à vouloir régler le problème de la criminalité en incarcérant les criminels pour de plus longues périodes et en abaissant l'âge de l'incarcération, une attitude rétrograde, qui se calque sur les détestables manières américaines en matière de traitement de la criminalité dont on sait qu'elles n'ont absolument aucun impact significatif sur le taux de criminalité et maintenant M. Harper, joignant l'injure à l'insulte et démontrant qu'il n'a aucun respect pour le principe de la séparation entre l'exécutif et le judiciaire, nous dit en pleine face que les juges doivent penser comme lui. Il enlève le seul droit de vote vraiment pertinent sur les comités de sélection, celui de la magistrature, pour y substituer celui de policiers qui seront choisis pour leur conformité avec ses idées. Il ne manque plus que le rétablissement de la peine de mort et une loi interdisant l'avortement pour compléter ce joli tableau. Dans l'ensemble, un gouvernement mesquin, rétrograde, maladivement pro-américain, sans conscience sociale, ni environnementale ; en résumé, un sinistre petit cénacle de clowns paranoïaques. Donner une majorité à ces hystériques de la loi et de l'ordre équivaudrait à mettre la hache dans un demi siècle de civilisation. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 07h38
    La Commission Gomery nous avait appris bien pire...
    « La grande révélation de la Commission Gomery n'était pas le petit réseau d'agences de pub près d'Alfonso, mais bien le comité de Libéraux qui choisissaient les juges.

    Pareille bombe aurait dû susciter les hauts-cris de nos éditorialistes et entrainer un flot d'articles, un long suivi. Qui fait parti de ce comité? Combien de juges nommés sous Chrétien-Martin ont été membres du Parti Libéral ou on un conjoint(e) qui l'a été? Combien ont-ils donné au PLC? Pourquoi 3 des 4 dernières nomitations à la Cour Suprême sont des juifs (alors que les Juifs ne font que 1% de la population canadienne). Pourquoi qu'on ne nomme jamais de juges souverainistes (alors que la moitié des Québécois le sont, et au moins les trois-quarts des Québécois scolarisés)

    Eh bien non. On est retourné au Canadien, à Star Académie et à la saga Myriam Bédard. Du pain et des jeux... »

  • Serge Gravel
    Abonné
    jeudi 15 février 2007 09h10
    Assez, c'est assez!
    « Je crois que l'on en a soupé du gouvernement conservateur et des dommages qu'ils font. Peut-on maintenant espérer que les partis de l'opposition s'entendent pour renverser ce gouvernement? »

  • Guy Bergeron
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 09h16
    Garde-fous
    « Ce mois-ci, le réseau américain PBS diffusait une série fascinante sur leur Cour Suprême: on y parcourait l'histoire des USA par le biais de la biographie des juges-en-chef et d'une série de décisions exemplaires, pour le meilleur ou pour le pire. Un facteur-clé: le système républicain offre une distance utile, un garde-fou par rapport à la partisanerie. Ici, M. Harper, dans son admiration béate pour la politique de nos voisin, constatera sans doute que le système parlementaire offre une résistance implicite au type d'ingérence qu'il croit pouvoir se permettre dans nos Cours, croyance résultant, ne l'oublions pas, des jalons qu'établit il y a trente ans P.-E. Trudeau en vue de judiciariser notre vie politique. Notre système d'origine britannique mettra rapidement en évidence que les actions du Premier Ministre ne s'inscrivent pas dans la bonne Constitution. »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 15 février 2007 09h28
    Effets de toge !
    « Bonjour Mme Buzzetti,

    Étonnant tout ce fatras au sujet de ce qu'on savait déjà. Les juges sont nommés suivant les courants politiques. Quand l'honorable Michel Robert, juge en chef de la Cour d'appel, a déclaré qu'il ne voulait pas de juges indépendantistes sur les bancs de la Cour Supérieure, on a eu droit à une petite brise de contestation que le Conseil de la magistrature s'est empressé de calmer en excusant l'honorable magistrat qui ne voulait pas dire ce qu'il a dit. Aujourd'hui, c'est tout le Canada qui paie pour ce laxisme. Jadis, il y avait les méchants séparatistes, maintenant il y a les dangereux redneck. Ça fait des années que les ministres de la Justice profilent les candidats à la magistrature en excluant systématiquement les candidats ouvertement séparatistes. Je n'ai jamais vu un Bâtonnier du Québec déchirer sa chemise pour cette raison. Tous ces biens pensants de dernière minute paient aujourd'hui pour leur complaisance d'antan. Il n'y a aucune cause qui peut justifier la discrimination ou le favoritisme!

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • lise jacques
    Abonnée
    jeudi 15 février 2007 09h44
    C'est très inquiétant!
    « Je suis du même avis, ce sont des clowns paranoïaques, et c'est très inquiétant de constater tous ces faits. Ce gouvernement qui est la copie du gouvernement américain ne s'en va pas dans la bonne direction. Le gouvernement conservateur fait ce qu'il veut en se "foutant" de la population, comme il le fait avec la loi C288. Déjà le gouvernement annonce qu'il ne se conformera pas à cette obligation légale et ne va pas tenir compte de cette loi.


    Est-ce que les Canadiens vont continuer à soutenir ce genre de gouvernement anti-démocratique?

    Voilà la question à se poser...

    Lise Jacques »

  • Steve Fortin
    Abonné
    jeudi 15 février 2007 12h00
    La nécessité d'élire une gouvernement conservateur MAJORITAIRE...
    « La meilleure façon de constater le danger et les dommages que peut causer un gouvernement néo-conservateur à la sauce républicaine est de lui laisser le haut du pavé... L'écart et le schisme entre cette idéologie et ce que l'on admet (notamment en ce qui concernele système judiciaire) en ce pays du Québec ne fera qu'avancer la cause indépendantiste. Car ce gouvernement fait la preuve quotidiennement de la nécessité de l'émancipation du peuple québécois. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    jeudi 15 février 2007 15h51
    L'hypocrisie semble être le "MODUS VIVENDI" des Candidats(es) CONservateurs(es), dès qu'ils sont au POUVOIR...
    « J'ai espéré que ce Parti de CON$(NE$)-$erviteur$(e$) agisse d'une façon différente que le précédent qui a régné sur le CANADA de 1984 à 1993. Mais, "chassez le naturel et il revient au GALOP..." alors, si les gens pouvaient avoir un peu de mémoire et se souvenir de ce qui est arrivé pendant le régne de celui-ci, entre les années citées ci-avant, on ne seraient pas surpris(es) de ces décisions.

    Ce parti a la fâcheuse habitude de faire des actions d'éclats restreignant le "LIBRE-ARBITRE" des gens, laissant entrevoir une SÉVÉRITÉ dans la mentalité. Puis, après avoir "pistonnés(es)" leurs "pions" dans les plus Hautes Sphères Décisionnelles du Pays, il pourra faire entériner toutes les modifications aux LOIS qui limitent les possibilités que le "CRIME ORGANISÉ" s'infiltre dans notre $ociété Humaine $aine.

    Pour VOUS rafraîchir la MÉMOIRE, il ne suffit que de se souvenir le règne du "CRIME ORGANI$É MULRONEYEN" qui sévit entre juin 1989 et juin 1993. Après avoir amadouée la population canadienne avec diverses "modifications" aux MODES de VIE CANADIENNE durant les quatres premières années de son mandat et fait quelques NOMINATIONS POLITIQUES aux Sénat Canadien et à la Cour Suprême, en 1989, il fit entériner la prolongation des heures d'ouverture des débits d'alcool. Puis, prétextant une réce$$ion imminente, un peu après, il fit AVALISER la "DAN$E TOPLE$$", que$tion de permettre aux femmes qui ne sont pas "trop regardantes $ur ce qu'elle$ doivent faire pour gagner leur vie", de pouvoir gagner leur pitance. Mais, ceci, c'était pour OCCULTER les TRAFIC$ de COCAÏNE qui $e font dan$ ce$ "TROU$ de PERDITION", la nuit, puisque ce$ bar$ étaient dorénavant ouverts pratiquement toute la nuit.

    À cela c'est ajoutée la "LIBÉRALI$ATION du COMMERCE" par le "LIBRE-ÉCHANGE, ce qui permit le pa$$age de drogues aux frontières, les DOUANES étant devenues presqu'une formalité, sans plus. Au$$i, ce parti a étendu ce LAXISME de "LIBRE-ÉCHANGE" à presque tous les pays de la PLANÈTE...

    Alors, faudrait-il qu'On citent d'autres travers que ce parti a infligés au Pays depuis 1989, pour qu'on réalisent qu'il y a des risques que tout se reproduise comme entre 1989 et 1994...? »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 19h10
    Tout à fait d'accord avec la réaction de Linda Hart
    « Et j'ajouterai à vos propos, madame, quelque chose qui m'a déplu des conservateurs depuis un an qu'ils sont au pouvoir:

    . la possibilité pour les mineurs de faire de la prison dès l'âge de 12 ans, la hausse de l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans, et l'espace de 5 ans que doivent avoir des partenaires sexuels avec un mineur.

    Il ne faut guère se surprendre de l'attaque à l'individualité par les tories, individualité établie par les libéraux de formation jésuite qui ont passé avant eux, au nom du bien non de la collectivité canadienne mais pour servir les intérêts dominants de la classe religieuse du pays.

    Je n'irais pas jusqu'à souhaiter l'élection des juges qui seraient alors sujets au chantage économique des bandits en devenir, mais je ne donnerais pas mon vote inconditionnel aux libéraux qui eux aussi ont nommé des juges, des sénateurs durant leur long exercice traditionnel du pouvoir whig au Canada.

    On devrait prioritairement, avant de nommer un juge à la cour du banc de la reine, fédéral ou autre, s'assurer qu'il ou elle s'y connaît en droit. Ça va de soi, et par-dessus tout, éviter le copinage de façon à ce qu'on ne dise jamais qu'au Canada, la justice et l'état sont liés comme autrefois l'Église et l'état. »

  • Omar Benchekroun
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 20h07
    Démocrates de tout bord, levez-vous !
    « La séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire fait partie des fondements même de la démocratie. Une fois cet équilibre entre les pouvoirs rompu, tous les écarts sont permis. Il est très difficilement imaginable de faire sortir le Canada du club des nations démocratiques, et pourtant, c'est de cela qu'il s'agit en subordonnant la justice au pouvoir exécutif. Ceci vaut tant pour ce gouvernement conservateur que pour tout autre gouvernement.
    Démocrates de tout bord, levez-vous! Plus tard, il risque d'être trop tard.
    Quand au renforcement des peines criminelles, cela relève du code criminel et le gouvernement peut le modifier par voie législative. Les juges - indépendants -auront alors à l'appliquer tant dans son esprit que dans ses lettres. »

  • Normand Painchaud
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 23h33
    LA FACE CACHÉE DE LA RÉFORME DE M. HARPER
    « Le but de M. Harper serait donc de punir plus sévèrement et plus systématiquement les délinquants et les criminels. Aux oreilles de plusieurs, cela sonne spontanément comme de la vertu, même si tous ne seront pas d'accord.

    Or, cette réforme ne peut viser, et encore moins atteindre ce résultat.

    Les magistrats qui jugent et condamnent les délinquants et les criminels au quotidien sont des juges de nomination provinciale (cour du Québec, chambre criminelle). Ce sont ces juges qui auraient dû être visés par la réforme de M. Harper, si le but qu'il a affirmé était réellement celui visé.

    Alors quel est l'objectif de M. Harper?

    L'effet réel de la réforme proposée candidement par M. Harper aura un effet tout autre que celui de corriger et de punir les délinquants. Car au lieu de mettre des délinquants au pas, ces nouveaux juges, plus conservateurs, vont avoir tendance à faire la vie belle aux délinquants, mais pas les mêmes.

    Ces délinquants sont ceux qui polluent, ceux qui mondialisent, ceux qui pillent, ceux qui agissent de façon irresponsable. Ne généralisons pas. Référons seulement à ceux qui ont tendance à étirer l'élastique. Des manufacturiers brouillons, des pharmaceutiques pressantes, des financières et des pétrolières gourmandes, par exemple. Toutes avec des budgets faramineux de relations publiques et d'honoraires d'avocats, budgets qui seront d'autant mieux investis avec les performances que la réforme de M. Harper laisse entrevoir.

    Il ne faut pas laisser passer cette réforme. Il faut la dénoncer haut et fort avant qu'il ne soit trop tard et qu'on n'en parle plus. Pour bien des partis politiques au pouvoir ces jours-ci, la fin justifie trop souvent les moyens. »

  • Olivier Nguyen
    Inscrit
    vendredi 16 février 2007 02h36
    Des abysses de bassesse arriviste
    « M. Harper n'a certes pas encore fait la preuve que les qualités de leader qui l'on fait élire premier ministre aient jamais existé. Par son outrecuidante manoeuvre, il a trouvé des moyens de se couvrir de honte d'une façon qui n'est pas entièrement exempte de sophistication: en effet, l'infamie de ses actes n'a d'égale que sa truculence de sa périlleuse manoeuvre. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    vendredi 16 février 2007 09h06
    Les juges dans le cirque du clown paranoïaque
    « Lorsqu'un pays adopte le principe de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), l'intervention de l'exécutif dans le processus de nomination de ceux qui exercent le judiciaire me semble poser un grave problème éthique. Je serais personnellement favorable à la création d'un comité de nomination des juges entièrement autonome. Je pense que dans notre pays, il existe un nombre très suffisant de personnes qu'on peut considérer comme capables de s'élever au-dessus des luttes partisanes et dont la formation et l'expérience pourraient être utilement mises à contribution au sein d'un tel comité. Cela réglerait la question des nominations à saveur de récompense politique et nous éviterait d'avoir à supporter le spectacle répugnant auquel s'adonne l'actuel premier ministre du Canada. En terminant, je comprends mal le silence total des principaux intéressés devant une pareille manoeuvre qui les ravale au rang de simples lèche-bottes du pouvoir. »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    vendredi 16 février 2007 12h47
    Le jupon est à terre.
    « Ajoutez le désir de M. S. Harper de modifier le Sénat pour en avoir un de type 'TRIPLE E'.

    L'argent du pétrole déforme l'esprit des gens de l'Alberta et provoque un glissement du pouvoir effectif là où les moyens sont.

    L'Alberta veut mener le Canada par le pouvoir de son argent! »

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