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Zaccardelli rend les armes

7 décembre 2006  Justice
Ottawa — Le commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, a finalement démissionné hier devant la controverse qui n'a cessé de gagner de l'ampleur à la suite de ses témoignages contradictoires. Il a finalement présenté la démission qu'il se refusait pourtant à envisager la veille encore après 36 années passées au sein de la police fédérale.

«C'est avec beaucoup de regret et de tristesse que, par la présente, je démissionne du poste de commissaire de la Gendarmerie royale du Canada», écrit M. Zaccardelli dans une lettre adressée hier au premier ministre Stephen Harper. «Il est clair que la GRC et moi-même dépendons de la confiance des Canadiens et des représentants élus. Sans cette confiance, nous ne pouvons pas réussir.»

M. Zaccardelli ne part pas immédiatement. Il sortira de piste le 15 décembre. Ce sera donc lui qui devra répondre au second rapport de la commission d'enquête sur Maher Arar. Ce rapport, qui sera dévoilé mardi, suggérera au gouvernement la création d'un mécanisme d'examen indépendant des activités de la GRC en matière de sécurité nationale.

Dans sa lettre, le commissaire ne reconnaît pas avoir failli à ses responsabilités dans la gestion du dossier de Maher Arar, ce Canadien expulsé vers les cachots syriens, où il a été torturé. Il conclut plutôt que ses témoignages divergents en comité parlementaire ont suscité une controverse malsaine pour l'image de l'institution qu'il dirige.

«Les événements qui ont suivi la publication du rapport du juge Dennis R. O'Connor concernant l'affaire Maher Arar ont pris des proportions inattendues. Je dois assumer le fait d'avoir participer [sic] à la confusion lors de mon premier témoignage devant le comité parlementaire. Récemment, j'ai tenté de faire le point et de corriger certaines perceptions erronées que j'avais contribué à créer, mais cela n'a fait qu'engendrer une nouvelle controverse.»

Dans sa lettre de réponse, le premier ministre Harper a salué son «désir d'agir dans l'intérêt de cette grande organisation» et l'a remercié «des services [qu'il a] rendus à notre pays». M. Zaccardelli fera une déclaration publique aujourd'hui alors que Maher Arar tiendra une conférence de presse demain.

Il y a deux mois, M. Zaccardelli avait affirmé en comité parlementaire avoir acquis dès l'automne 2002 la conviction que M. Arar avait été étiqueté à tort par ses policiers comme un «extrémiste terroriste». Il avait alors provoqué la colère des députés, qui s'étaient demandé pourquoi, dans ce cas, il n'avait pas informé ses maîtres politiques et tenté de faire libérer un innocent. Par la suite, M. Zaccardelli a changé sa version des faits. En fonction de cette nouvelle version, ce n'est qu'à la lecture du rapport de la commission d'enquête, déposé cet automne, qu'il a appris que M. Arar avait été catalogué comme un terroriste par la GRC. Les députés ne l'ont pas cru.

Tous se réjouissaient de cette démission hier mais se demandaient comment, en ce cas, le gouvernement de Stephen Harper avait pu garder aussi longtemps confiance en cet homme. «Le ministre expliquera-t-il enfin pourquoi il a attendu plus d'un mois pour commenter le changement de version du commissaire?», a lancé le libéral Michael Ignatieff à la Chambre des communes.

C'est que dès le 2 novembre dernier, soit quelques jours après sa première comparution, M. Zaccardelli avait demandé par écrit aux députés siégeant à ce comité de témoigner de nouveau devant eux afin de «clarifier» certains passages de son témoignage. Dans cette lettre, il modifiait plusieurs de ses affirmations. L'opposition croit aujourd'hui que le gouvernement aurait dû conclure à ce moment qu'il n'avait pas la situation en main.

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a répliqué qu'au moins, les conservateurs avaient fait quelque chose. «La question est plutôt de savoir pourquoi les membres du précédent gouvernement ont mis tant de temps à s'intéresser à l'affaire Maher Arar alors qu'il était clair qu'il y avait un problème. Les ministres de l'époque n'ont posé aucune question à la GRC. Ils ont laissé les choses aller. Nous avons agi. Pas eux.»

Le calvaire de Maher Arar est survenu alors que les libéraux étaient au pouvoir. Les ministres de l'époque refusaient d'offrir quelque détail que ce soit sur ce cas délicat. Il a fallu l'arrivée de Paul Martin au pouvoir, soit deux ans après l'expulsion de M. Arar vers la Syrie, pour qu'une commission d'enquête soit créée et que la lumière soit faite.

Un successeur intérimaire sera nommé sous peu. Proviendra-t-il de l'extérieur de la GRC? Impossible de le savoir pour l'instant. Les libéraux croient qu'il ne devrait pas, à tout le moins, provenir des rangs de la haute direction, elle aussi impliquée dans le dossier Arar.

La GRC aura été le seul et unique employeur de Giuliano Zaccardelli, âgé de 59 ans. Né à Prezza, en Italie, il est arrivé au Canada à l'âge de sept ans. Il grandit à Montréal, principalement dans le quartier Saint-Léonard. Il étudie au collège Loyola (devenu l'université Concordia) et obtient son diplôme en 1970. La même année, il entre à la GRC et accède en 2000 au plus haut des échelons en devenant le vingtième commissaire de l'histoire de la GRC.






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  • Christian Grenier
    Abonné
    jeudi 7 décembre 2006 22h56
    Maladie ou mensonge éhonté?
    « À moins de maladie mentale grave, il est humainement impossible de se tromper dans le temps comme le prétend Zaccardelli.

    Le 28 septembre 2006, devant le comité, Zaccarcelli se souvient avoir, dès octobre 2002, soit plus de 1400 jours plus tôt, fait sortir le dossier Arar, s'être aussitôt rendu compte de l'erreur, avoir tenté de la corriger, et avisé qui de droit. Comment il a concrètement tenté de corriger l'erreur? Sur ce point, dès le 28 septembre, trou de mémoire.

    Puis, le 5 décembre 2006, Zaccardelli raconte s'être aperçu de l'erreur seulement à la lecture du rapport O'Connor, soit moins de 10 jours avant son témoignage du 28 septembre 2006 devant le comité.

    Le cerveau de Zaccardelli serait donc incapable de replacer les choses dans la perspective du temps! Il prétent avoir confondu un temps écoulé de 10 jours (sortie du rapport O'Connor le 18 septembre 2006 et comparution devant le comité le 28 septembre 2006) avec plus de 1400 jours écoulé (sa déclaration du 28 septembre à l'effet qu'il s'est rendu compte de l'erreur dès octobre 2002).

    C'est l'une preuve maîtresse du mensonge de Zaccardelli. S'il ne souffre pas d'une maladie mentale affectant la perception du temps écoulé, alors il ment tout simplement.

    Mais pourquoi le 28 septembre 2006, Zaccardelli a-t-il été incapable de préciser les mesures qu'ils disait avoir prises dès octobre 2002 pour corriger l'erreur? Tout simplement qu'à partir d'octobre 2002 où effectivement il se rend compte de l'erreur, il ne cherche pas à la corriger mais tout au contraire à la cacher à tout prix.

    Ignoble me répondrez-vous! Tout à fait de votre avis. Loi du silence aidant, son règne tout entier a été marqué de ce genre de comportement.

    Continuer à chercher et vous trouverez. Seule la presse peut faire la lumière et éventuellement contrer cette abjecte criminalité.

    cg »

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