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Blanchiment d'argent - Martin Tremblay plaide coupable à une accusation réduite

21 novembre 2006  Justice
New York — Le banquier québécois Martin Tremblay a plaidé coupable hier devant un tribunal de New York à une accusation réduite d'avoir blanchi 20 000 $US provenant du trafic de drogue. En contrepartie, la poursuite a accepté d'abandonner les autres accusations qui faisaient porter le compte total à plus de 1 milliard $US. L'homme originaire de Saguenay a admis avoir accepté de blanchir 220 000 $US en fonds illicites au nom d'agents fédéraux qu'il croyait être des trafiquants de drogue. Il restera détenu jusqu'à sa sentence, le 13 février. Mais le crime qu'il a avoué se limite aux 20 000 $US qu'il a reçus à New York. Ses avocats ont en effet plaidé qu'il n'était pas au courant des virements supplémentaires de 200 000 $US dans des comptes aux Bahamas.

Le gouvernement américain a par conséquent renoncé aux accusations plus sérieuses de blanchiment de 1 milliard $US de profits tirés du trafic des narcotiques et d'autres activités criminelles.

Selon les confessions de Tremblay au juge John Keenan, il avait rencontré en mars 2005 à New York des individus qui lui avaient demandé son aide pour dissimuler les profits tirés de la vente de drogue. Puis il a avoué qu'il avait reçu un virement de 20 000 $US dans un compte de New York en mai 2005, en vue de blanchir la somme de diverses façons. «Je savais que ce n'était pas bien», avait-il dit au juge.

La poursuite et la défense se sont entendus pour recommander une fourchette de 70 à 87 mois d'emprisonnement, assortie d'une amende de 12 500 $ à

125 000 $US. Le juge a toutefois le pouvoir de rendre une sentence qui sort de ce cadre.

Un des avocats de Tremblay, Martin Auerbach, a clairement affirmé que son client ne reconnaissait pas sa culpabilité à l'accusation de s'être servi de son entreprise aux Bahamas, la Dominion Investments, pour blanchir plus de 1 milliard $US provenant d'une foule d'activités illicites. Il avait plaidé non coupable lors des procédures précédentes et a toujours clamé son innocence. «Je me contenterai de dire que le gouvernement a renoncé à ces accusations», a énoncé l'avocat.

À l'extérieur de la salle d'audience, Martin Auerbach a dit aux journalistes que Tremblay avait gardé sa bonne humeur. «Il est fort et il survivra», a-t-il commenté.

En réponse aux questions des journalistes, il a ajouté qu'il était actuellement «prématuré» de demander à ce que son client purge sa sentence au Canada. La défense se penchera sur cette question plus tard. En vertu d'un traité bilatéral conclu en 1978, les citoyens canadiens condamnés à la prison aux États-Unis peuvent demander à purger leurs peines dans leur pays en autant que les deux parties acceptent et que la sentence prononcée ne soit pas la prison à vie.
 
 
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