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Un nouveau juge pour Saddam

Reuters   20 septembre 2006  Justice
Bagdad — Le gouvernement irakien a demandé au tribunal qui juge Saddam Hussein de remplacer le juge Abdallah al-Amiri, estimant que celui-ci avait montré qu'il n'était pas neutre en disant la semaine dernière que l'ancien raïs n'était pas un dictateur.

Le porte-parole du gouvernement, Ali al-Dabbagh, a déclaré que le tribunal avait accepté de remplacer al-Amiri, le président du tribunal, par un nouveau juge. Le tribunal n'a pu être joint dans l'immédiat pour confirmer cette information, et, de source américaine, on disait ne rien savoir d'un tel changement.

«Nous avons demandé au tribunal de remplacer le juge, car il a abandonné sa neutralité en disant que Saddam n'était pas un dictateur», a précisé al-Dabbagh. «Le tribunal nous a dit qu'il avait déjà été remplacé. C'est une décision prise par le cabinet du premier ministre», a-t-il ajouté.

Jeudi dernier, al-Amiri avait affirmé en pleine audience qu'il ne considérait pas le raïs déchu comme un dictateur. La veille, le procureur en chef du procès avait demandé le départ du magistrat, auquel il reprochait une souplesse excessive vis-à-vis de l'ancien dirigeant irakien.

Lors de l'audition d'un paysan kurde qui racontait comment il avait été reçu en audience par Saddam en 1988 pour tenter de sauver sa femme et sept de ses enfants, l'ancien raïs avait lancé au témoin: «Si je suis un dictateur, pourquoi êtes-vous venu me voir?»

Le juge s'était alors adressé poliment à Saddam: «Vous n'êtes pas un dictateur. C'est le peuple et le système qui l'entoure qui ont fabriqué des dictateurs.»

«Merci», avait repris un Saddam Hussein souriant et visiblement ravi en se rasseyant.

Saddam Hussein et six autres accusés sont poursuivis pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide contre les populations kurdes.

L'ancien dirigeant irakien et son cousin Ali Hassan al-Madjid, dit Ali le chimiste, sont poursuivis pour leur rôle présumé dans la campagne Anfal (Dépouilles de guerre) qui, d'après l'accusation, a fait 182 000 morts ou disparus parmi les Kurdes du nord du pays dans les années 1980, en raison notamment de bombardements chimiques.
 
 
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