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Procès Enron - Kenneth Lay accuse le directeur financier

«Tout a commencé avec les mensonges d'Andy Fastow», affirme l'ex-p.-d.g.

25 avril 2006  Justice
Kenneth Lay, l’ex-p.-d.g. du groupe de courtage en énergie Enron, est arrivé en compagnie de sa femme Linda devant les nombreux médias venus couvrir le procès.
Photo : Agence France-Presse
Kenneth Lay, l’ex-p.-d.g. du groupe de courtage en énergie Enron, est arrivé en compagnie de sa femme Linda devant les nombreux médias venus couvrir le procès.
Houston — Kenneth Lay, l'ex-p.-d.g. du groupe de courtage en énergie Enron, a blâmé hier son ancien directeur financier Andrew Fastow qu'il a accusé de porter la responsabilité de la faillite du groupe en décembre 2001.

Au premier jour de son interrogatoire, Ken Lay a qualifié de «ridicules», les six chefs d'inculpation retenus contre lui et affirmé que «tout a commencé avec les mensonges d'Andy Fastow».

Il a aussi estimé que des opérations de spéculation boursière et des articles de presse défavorables avaient contribué à l'effondrement du groupe.

Par moments indigné et à d'autres en colère, Kenneth Lay, 64 ans, a estimé que ce n'était pas tant la quantité d'argent détournée par Andrew Fastow qui était en cause mais plutôt «ce qu'il a fait pour le voler» qui a provoqué «une érosion de la confiance dans un marché déjà effrayé».

La faillite d'Enron, dont la capitalisation boursière juste avant la faillite atteignait 100 milliards de dollars, est devenue emblématique des excès des entreprises américaines à la fin des années 90.

Le procès de Kenneth Lay et de son ex-adjoint Jeffrey Skilling — qui avait également été brièvement p.-d.g. avant la faillite du groupe — s'est ouvert en janvier et les deux hommes risquent plusieurs années de prison s'ils sont jugés coupables.

Andrew Fastow a lui déjà plaidé coupable dans le cadre d'un accord avec l'accusation et encourt plusieurs années de prison. Il avait affirmé lors de son témoignage en mars avoir prévenu ses supérieurs des complexes montages financiers qu'il avait mis en place pour dissimuler les pertes du groupe.

Hier, Kenneth Lay — qui avait fondé Enron dans le milieu des années 1980 — a admis que le groupe connaissait quelques problèmes financiers avant de faire faillite, tout en affirmant que «les données fondamentales de l'entreprise étaient solides».

Il a estimé que ces problèmes avaient été aggravés par la soudaine démission de Jeffrey Skilling en août 2001, six mois après avoir été nommé p.-d.g. pour le remplacer.

Lors de sa propre déposition, Jeffrey Skilling, 52 ans, avait confié avoir démissionné car il pensait rassembler sur son nom l'hostilité des critiques du groupe et «avait perdu sa crédibilité à Wall Street» après avoir insulté un analyste financier lors d'une conférence téléphonique.

Kenneth Lay avait été contraint de reprendre les rênes d'Enron après le départ de Jeffrey Skilling sans toutefois parvenir à empêcher la faillite en décembre. Il a estimé à mots couverts hier que cette décision de reprendre la direction du groupe avait sans doute été une erreur. «Si je ne l'avais pas fait, je ne serais pas là aujourd'hui» devant le tribunal, a-t-il dit.

Kenneth Lay était l'une des figures de la haute société de Houston, la grande ville texane où Enron avait son siège social.

Répondant aux questions de son avocat George «Mac» Secrest, Kenneth Lay a jugé que sa principale faiblesse était d'être trop optimiste. «Les gens n'aiment pas les dirigeants pessimistes», a-t-il dit.

Il a rappelé que les auditeurs et les avocats avaient considéré légales les structures financières créées par Andrew Fastow mais qu'«on ne peut pas se protéger contre quelqu'un qui se révèle être un menteur et un voleur».

Plusieurs milliers d'investisseurs et d'employés s'étaient retrouvés ruinés par la faillite d'Enron. Kenneth Lay avait continué à les inciter à y investir leur argent jusqu'au dernier moment, affirmant qu'il avait confiance dans les perspectives financières de son entreprise.
 
 
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