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Les Livernoche continuent de réclamer justice

Leur fils, Alexandre, a été assassiné par le récidiviste Mario Bastien

14 avril 2006  Justice
Alors qu'André Livernoche a amorcé hier à travers le Québec sa vente de macarons, à 2 $ pièce, sur lesquels on peut voir la photo de son fils Alexandre, assassiné par le récidiviste Mario Bastien il y a six ans, son ex-épouse et ses deux autres fils attendent impatiemment de connaître la date du procès.

Celui-ci se tiendra contre le ministère de la Sécurité publique et la Commission québécoise des libérations conditionnelles, normalement à l'automne. Leur demande d'indemnisation s'élève à 900 000 $.

Selon les informations fournies par M. Livernoche, les employés du bureau de son député Claude Béchard (Kamouraska-Témiscouata) ont refusé de signer la pétition invitant le gouvernement à régler sa demande de 400 000 $.

L'homme de 48 ans, qui habite Saint-Bruno-de-Kamouraska, a été plus chanceux auprès des clients des épiceries de la région, où il a vendu quelque 300 macarons sur lesquels se trouvent la photo d'Alexandre et l'inscription «erreur gouvernementale».

Il s'est ensuite rendu à Rivière-du-Loup, au bureau du chef de l'Action démocratique du Québec, où il a été accueilli par un attaché de presse qui s'est engagé à faire signer sa pétition.

M. Livernoche s'est dit en rémission d'un cancer qui a duré huit ans. Il est atteint d'une maladie du coeur et des poumons.

M. Livernoche a récemment consulté Me Marc Bellemare pour voir s'il accepterait de prendre en main la poursuite entreprise en son nom personnel, en avril 2001, plus ou moins au point mort à l'heure actuelle.

«Je devrais bientôt lui donner une opinion. Il faut regarder la situation du père par rapport à l'enfant, il faut évaluer si les dommages réclamés sont fondés», a commenté Me Bellemare.

M. Livernoche a fait valoir hier qu'il n'avait pas donné de mandat à Me Bellemare et qu'il n'avait pas besoin de son aide en ce moment.

Il entend poursuivre son équipée au cours des prochaines semaines. Il sera à Rimouski aujourd'hui et à Québec demain et dimanche.

Les Livernoche ne vivent plus ensemble depuis bien longtemps. Au moment où Alexandre était encore bébé, Mme Livernoche avait obtenu la garde légale de ses trois enfants. Alexandre a vu son père pour la dernière fois deux mois avant sa mort. Ils étaient allés à la chasse aux oies.

Selon André Livernoche, des fonctionnaires lui ont fait miroiter une compensation de 17 000 $, qu'il juge insuffisante, d'où sa tournée québécoise.

Il veut mener le gouvernement à s'occuper du dossier d'Alexandre plutôt que «d'un tas de roches» (vraisemblablement le mont Orford), a-t-il dit.

Interrogée à propos de l'initiative de son ex-mari, la mère d'Alexandre, Sylvie Girard, a fait ce commentaire: «Ça fait longtemps qu'on est séparés. Il fait ses affaires et je fais les miennes.»

Me Jean-Pierre Rancourt, qui représente le trio Livernoche, Mme Girard ainsi que ses fils Jimmy et Sylvain, a indiqué qu'il s'attendait à connaître la date du procès d'ici la fin de mai et que celui-ci pourrait bien avoir lieu à l'automne.

Il demeure ouvert à un règlement à l'amiable. «On attend toujours que le gouvernement nous fasse une offre raisonnable», a-t-il dit.

Me Rancourt évalue que «la négligence est tellement crasse que ça vaut des dommages punitifs et exemplaires. On demande à la Cour supérieure de faire un exemple, pour une fois, pour que les fonctionnaires n'agissent plus de la sorte».

Compte tenu des circonstances, il réclame en outre une compensation pour les dommages moraux subis par la mère d'Alexandre et ses fils.

Quant à l'initiative d'André Livernoche, Me Rancourt fait remarquer qu'au moment du drame, «il était divorcé, n'était plus à la maison depuis des années et n'avait pas grand contact avec Alexandre et les deux autres fils. Ses droits sont moins importants que ceux de la mère, qui s'en est occupée et lui a fourni de l'affection pendant des années», a-t-il déclaré.

Alexandre Livernoche a été agressé sexuellement et poignardé en août 2000 à l'âge de 13 ans par Mario Bastien, un délinquant condamné une cinquantaine de fois. En raison de la surpopulation à la prison de Trois-Rivières, il avait été remis en liberté par un directeur de prison qui ignorait son penchant pédophile et ses nombreux problèmes psychiatriques. Dans un rapport sur Bastien, il était relaté qu'il rêvait de kidnapper un enfant pour en faire un esclave sexuel.
 
 
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