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Benoît, saint patron de la chrétienté occidentale

20 avril 2005  Éthique et religion
Paris — Benoît de Nursie (480-547), dont le nom a été choisi par le cardinal Joseph Ratzinger, le nouveau pape, est considéré comme un saint patron de la chrétienté occidentale et le fondateur de l'institution monastique, le monachisme, en Occident.

Benoît était un noble de Nursie, en Ombrie (Italie centrale), que ses parents aisés destinaient à une carrière administrative. À quinze ans, il est envoyé à Rome faire des études de droit. Mais il finit par choisir de fuir les tentations de la grande ville pour se réfugier dans une grotte où un ermite accepte de lui servir de guide dans sa quête de Dieu.

Il est ensuite invité à devenir le père abbé d'un monastère voisin, où les moines vont toutefois se raviser et tenter de l'empoisonner à cause de sa volonté de les sanctifier et de les réformer. Il retourne alors dans sa grotte de Subiaco où des disciples viennent le rejoindre.

Il les organise en prieuré, avant de se réfugier en 529 avec ses compagnons dans les ruines d'une forteresse au mont Cassin, situé en Italie, entre Rome et Naples, et qui deviendra le premier monastère bénédictin.

Prier et travailler

La règle de saint Benoît, qui organise avec précision en 73 chapitres la vie spirituelle et matérielle des moines, y sera rédigée en 540. «Prier et travailler», telle est sa devise.

Il y mourra en 547, la même année que sa soeur jumelle, sainte Scholastique. Leurs reliques, dérobées durant le Moyen Âge, sont désormais conservées sur les bords de la Loire, à l'abbaye de Fleury-sur-Loire, devenu Saint-Benoît-sur-Loire.

La règle bénédictine vise à l'équilibre du travail manuel et intellectuel, ce qui a permis aux moines de redécouvrir l'héritage intellectuel de l'Antiquité. Fondée sur l'humilité, la pauvreté et la charité, son objectif est de parvenir à la sainteté en respectant le silence pour écouter Dieu et en obéissant au supérieur du monastère.

L'ordre des bénédictins est l'ordre auquel appartiendront par la suite les clunisiens et les cisterciens. La règle sera diffusée par le pape Grégoire le Grand (590-604), tandis que l'empereur Charlemagne l'impose en 809 à tous les monastères de l'Occident. Les abbayes bénédictines se développeront dans toute l'Europe aux VIIe et VIIIe siècles.






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