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La fumée était noire

Les 115 cardinaux voteront à nouveau aujourd'hui

19 avril 2005  Éthique et religion
Cité du Vatican — Une fumée noire a annoncé hier soir l'échec du premier vote des 115 cardinaux électeurs, coupés du monde depuis la fin d'après-midi dans la chapelle Sixtine, pour élire à huis clos un nouveau pape, le 265e de l'histoire de l'Église.

Après le vote, les cardinaux ont regagné pour la nuit la Maison Sainte-Marthe, leur lieu de résidence pendant le conclave. Les deux prochains tours de scrutin doivent avoir lieu ce matin.

Quelque vingt mille personnes se sont rassemblées en fin d'après-midi place Saint-Pierre pour attendre le résultat du scrutin, les yeux rivés sur le conduit de cheminée d'où est sortie la fumée, deux heures trente après le début du conclave.

Peu après le coucher du soleil et alors que le carillon venait de sonner 20h, les premières volutes de fumée de couleur incertaine sont sorties de la cheminée, applaudies par la foule qui a cru un instant à de la fumée blanche.

Les 115 «princes de l'Église» vêtus de pourpre étaient arrivés en procession à la chapelle Sixtine peu après 16h30, par ordre de préséance et en chantant la litanie des saints. Les prélats venus de 52 pays se sont installés à leur place (numérotée et tirée au sort) derrière deux rangées de trois tables de chaque côté de la chapelle.

Un par un, ils ont ensuite prêté serment, la main droite posée sur les Évangiles, de garder le secret de leurs délibérations et de faire leur choix sans aucune pression extérieure.

«Extra omnes» (dehors, tous) a alors lancé Mgr Piero Marini, maître des célébrations liturgiques, puis les portes de la chapelle Sixtine se sont refermées. Isolés du monde pour un huis clos à la durée inconnue, les cardinaux ont écouté une ultime prédication avant de procéder à un premier vote conformément à la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis promulguée par Jean-Paul II en 1996.

Même sans résultat, le premier tour a pu permettre aux deux courants, conservateur et progressiste, qui traversent l'Église, de mesurer leurs forces respectives.

«Dieu connaît déjà le nom du prochain pape. C'est à nous de trouver qui c'est», a déclaré le cardinal italien Ennio Antonelli à la veille du conclave.

L'élection du successeur de Jean-Paul II sera annoncée à n'importe quel moment de la matinée et de l'après-midi par une fumée blanche, accompagnée pour la première fois par les cloches de la basilique Saint-Pierre.
 
 
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