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Jean-Paul II 1920-2005 - Un concert d'éloges dans le monde

4 avril 2005  Éthique et religion
Plus de 100 000 personnes se sont massées hier place Saint-Pierre pour assister à la première messe dominicale depuis le décès du pape Jean-Paul II, samedi soir au Vatican.
Photo : Agence Reuters
Plus de 100 000 personnes se sont massées hier place Saint-Pierre pour assister à la première messe dominicale depuis le décès du pape Jean-Paul II, samedi soir au Vatican.
Cité du Vatican — Foules de fidèles en larmes, propos laudatifs de dirigeants politiques et de dignitaires religieux, toutes obédiences confondues, journées de deuil national, y compris en Inde et au Liban, drapeaux en berne, la mort de Jean-Paul II a suscité un véritable élan de compassion.

Plus de 100 000 personnes se sont massées hier place Saint-Pierre pour assister à la première messe dominicale depuis le décès du pape polonais, samedi soir au Vatican.

Illustration de l'émotion qui règne dans les pays dont la population est majoritairement chrétienne, le Paraguay et le Gabon ont décrété cinq jours de deuil national, contre quatre au Costa Rica, trois en Italie, au Portugal, au Chili, en Bolivie, au Cap-Vert, aux Seychelles et au Timor-Leste, l'Espagne et le Pérou se limitant à la seule journée d'aujourd'hui.

Faits notables, Cuba, seul État communiste occidental, n'a pas hésité à opter pour un deuil officiel de trois jours, et la Chine et le Vietnam ont officiellement présenté leurs condoléances.

Non moins surprenant, en Inde, où la communauté chrétienne ne représente qu'un peu plus de 2 % de la population, le gouvernement a décrété, à compter d'hier, trois jours de deuil national, Jean-Paul II étant cher au coeur des Indiens pour avoir béatifié en 2003 mère Teresa, fondatrice de l'ordre des Missionnaires de la charité de Calcutta.

De même, au Liban, dont environ 38 % des 3,5 millions d'habitants sont chrétiens, le premier ministre désigné, Omar Karamé, a décrété trois jours de deuil à partir d'hier, ainsi que pour les funérailles.

Dans d'autres pays, l'Allemagne et la France par exemple, les drapeaux devaient être mis en berne.

Par ailleurs, des milliers de fidèles ont accouru au sanctuaire portugais de Fatima pour assister à une messe célébrée en plusieurs langues, tandis que Lourdes, autre haut lieu du catholicisme, dans le sud-ouest de la France, s'est réveillée au son des 84 coups (l'âge du pape) du glas de la basilique de l'Immaculée Conception.

Une nuée de fidèles a également envahi la basilique Notre-Dame de Guadalupe, au Mexique, et les cloches ont retenti, hier, aux Philippines.

Réactions politiques

Parallèlement, des responsables politiques et religieux de toutes origines ont solennellement salué la mémoire de Jean-Paul II.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan l'a ainsi qualifié d'«infatigable avocat de la paix», le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, de «carillon de la paix», le président sud-coréen, Roh Moo-Hyun, préférant l'image d'«apôtre de la paix».

Le chef de la Maison-Blanche, George W. Bush, a insisté sur le rôle du défunt pape dans la lutte contre le communisme, avant de considérer que «le monde a perdu un défenseur de la liberté humaine».

Le président russe, Vladimir Poutine, pour sa part, a évoqué «une figure exceptionnelle de notre temps», à l'instar de son homologue français, Jacques Chirac, qui a parlé d'un «souverain pontife exceptionnel» et du premier ministre britannique, Tony Blair, qui a regretté la disparition d'«un homme remarquable».

«Le monde perd un grand pont spirituel entre toutes les nations», a renchéri la présidente philippine, Gloria Arroyo, le Sud-africain Thabo Mbeki affirmant que son enseignement continuerait à être source d'inspiration.

Le Brésil, quant à lui, se sentait «affligé», selon son président, Luiz Inacio da Silva.

Dignitaires religieux

Réactions de sympathie aussi chez des dignitaires des principales religions.

Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Églises, qui regroupe 347 Églises représentant pratiquement toutes les traditions chrétiennes en dehors de l'Église catholique romaine, a estimé que l'influence du pape avait «largement dépassé les limites de l'Église catholique romaine et de la communauté chrétienne mondiale».

Cependant que pour Edgar Bronfman, président du Congrès juif mondial, il «a fondamentalement changé 2000 ans de relations entre l'Église et le peuple juif».

Dans ce concert de louanges, le mouvement contestataire catholique «Wir sind Kirche» («Nous sommes l'Église»), particulièrement actif dans les pays de langue allemande, déteignait en évoquant les «nombreuses décisions erronées» du pape.
 
 
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